Résister jusqu’au sang

PSG 2008-11-03

« Je tourne rapidement sur une intersection et voici que deux soldats vêtus de gris se tiennent juste devant moi.  Aussitôt, deux flashs rougeoyants m’apparaissent en pleine figure.  Pourtant ils ne m’ont pas atteint alors c’est maintenant mon tour de tirer. Un coup de feu atteint le premier soldat tandis que le second prends la fuite. La voie est libre! «  Allez, les gars, faisons-leur goûter l’enfer! »

À l’intersection suivante, une pluie de balle provenant d’un poste de tir siffle près de ma tête. J’ouvre alors le feu avec démence jusqu’à ce que mon magasin soit vide. Puis je laisse tomber mon arme et lance mes grenades l’une après l’autre en direction de l’ennemi.  La tranchée est saturée de poussière et de fumée.

Mac me rejoint par derrière et ses coups de feu rugissent dans mes oreilles.  Derrière nous, ils lancent des bombes à la douzaine.  Ils crient et hurlent: « Faisons-leur goûter l’enfer, les gars! » Les explosifs ennemis éclatent de partout, dans les tranchées et sur les parapets.  Nous nous jetons à plat ventre au fond de la tranchée et ne sommes même pas atteints par une déflagration qui survient à trois mètres de nous, bien qu’une tonne de débris nous tombe sur le dos.  Jack surgit alors par derrière et nous rapporte un approvisionnement de grenades à fragmentation.  (…)

Quelques survivants du poste de tir ennemi essaient de s’enfuir tandis que nous nous ruons sur eux, déchirant nos mains et nos vêtements sur les barbelés.  Nous enjambons la mitraillette retournée ainsi que les fusilleurs morts ou agonisant.  Puis nous poursuivons notre course dans les tranchées sèches et arides, essoufflés et bondés de sueur, avançant d’une intersection à une autre… puis nous atteignons le poste de tir ennemi suivant et nous jetons dessus, hurlant et rugissant, avec les bombes et les baïonnettes, fous de rage – ne nous souciant de rien au monde, notre être tout entier étant centré sur une seule chose: forcer notre chemin et tuer. »

Ce récit poignant d’un soldat de la première guerre mondiale, Thomas Dinesen, est imprégné de deux réalités importantes qui peuvent nous aider à comprendre ce que représente un véritable combat contre le péché:

  1. L’intensité et le chaos
  2. La détermination et la rage des soldats

Notre lutte ressemble vraiment à cela.  Surtout lorsque le péché a déjà gagné beaucoup de terrain dans notre vie.  Sevrer notre chair de ce qu’elle réclame nous plonge dans un chaos d’une intensité remarquable.  C’est alors qu’il faut déployer la même énergie et la même détermination que les soldats décrits dans ce récit de guerre.  Il faut avancer coûte que coûte.  Malgré la peur, la confusion et la douleur.  La raison est simple: si ce n’est pas nous qui gagnons, c’est l’ennemi qui nous abattra sans pitié.

Trop souvent, le combat contre le péché ne semble pas revêtir une telle gravité à nos yeux.  L’ennemi utilise effectivement des armes sans bruit et opère dans un domaine de nous-même qui échappe trop souvent à notre conscience.  Et pourtant, le drame qui se déploie autour de nous diffère peu du récit de guerre cité plus haut.  Dans un monde qui est sous la domination du prince des ténèbres, le péché déferle partout et brise des millions de vies.

Lorsque nous combattons contre le péché, nous ne luttons pas seulement pour notre propre liberté mais pour celle de notre nation.  Nous prenons position contre la corruption et protégeons l’honneur, la vertu et la dignité humaine.  Et surtout, nous combattons pour la gloire de Dieu et pour l’avancement de son royaume.  Chacune de nos victoires revêt un caractère très important.  Et notre succès influencera tôt ou tard la vie d’autres personnes.

Le combat contre le péché ne peut donc pas être pris à la légère.  On ne peut avancer dans les tranchés de façon nonchalante et rebrousser chemin dès que l’on pressent le danger.  Nous avons été créés pour vaincre l’ennemi et pour honorer notre Dieu.  Et nous avons reçu les armes nécessaires pour obtenir la victoire.  Si Dieu ne nous retire pas miraculeusement du champ de bataille, c’est qu’il désire nous donner l’occasion de triompher.

Il est normal de douter et de craindre.  Nous avons été mis en échec si souvent que nous avançons parfois avec les mains tremblantes et le coeur défaillant.  Nous craignons le prochain poste de tir ennemi, la prochaine tentation.  Mais il faut avancer malgré tout.  Il faut haïr le péché et un point tel que nous refusons de capituler une fois de plus.  Quitte à y laisser notre peau:

Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang, en luttant contre le péché.  (Hébreux 12.4)

Cette exhortation de Paul devrait être en permanence devant les yeux de notre esprit.  Tant et aussi longtemps que nous respirons encore, nous pouvons avancer et servir une leçon à ce monstre qui essaie de nous ravir notre liberté et celle de notre peuple.  Motivés par la haine du vice et l’amour de la vertu.  Guidés par l’Esprit du Dieu vivant.  Soutenus jusqu’à la victoire par sa grâce !

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