La rupture de votre digue émotionnelle

Les pensées anxieuses.  L’ennui et la solitude.  Le sentiment d’être rejeté.  La honte.  Le sentiment de n’avoir aucune valeur.  La colère et le ressentiment.    La liste des émotions négatives que nous pouvons ressentir au cours de notre vie peut être très longue.  Or, tout homme est appelé à reconnaître, accepter et triompher de ces émotions.  Et c’est avec l’aide de Dieu que nous pouvons y arriver.  Dieu est notre Père, notre refuge, notre forteresse, notre rocher immuable.  Par lui, nous pouvons amener toute pensée – et par ce fait, toute émotion – captive (2 Corinthiens 10.5) et obtenir une paix qui surpasse toute intelligence (Philippiens 4.7).   Malheureusement, la plupart d’entre nous n’avons jamais appris à placer notre confiance en Dieu.  Très tôt dans notre vie, nous avons composé avec les émotions négatives en ayant recours à des alternatives humaines.  Nous avons en effet découvert que nous pouvions fuir les émotions négatives en recherchant et obtenant du plaisir.  Pour plusieurs, ce fut la pornographie ou les relations sexuelles.  Pour d’autres, ce fut la nourriture, l’alcool, le tabac, la drogue, le jeu ou les médias sociaux.  Certains ont même eu recours à des formes plus subtiles d’évasion comme le travail, le sport ou même la religion.  Dans tous les cas, nous avons érigé une immense digue qui nous “protège” de cette réalité qui nous fait souffrir, une digue qui nous isole du flot des émotions que nous ne désirons pas affronter.  Toutefois, ce n’est qu’en faisant face à cette réalité intérieure avec l’aide de Dieu que nous pouvons croître spirituellement et émotionnellement et devenir des hommes de caractère.

Il est vrai que nous avons réussis à endiguer la rivière des émotions. Mais une digue ne supprime pas le courant; elle le contient. Et ce qui se trouve derrière cette digue n’est pas statique; le réservoir se remplit et exerce une pression grandissante sur l’obstacle que nous avons érigé. C’est une des raisons pour lesquelles notre recherche du plaisir est devenue de plus en plus impérative.  Nous avons été contraints de fortifier sans cesse le barrage afin de maintenir en place le flot des émotions et rester au sec.  Dès lors, la recherche du plaisir n’a plus été un choix mais une contrainte, un esclavage.  Et plusieurs d’entre nous ont perdu le contrôle de leur vie.  La solution est devenue un problème.  Notre recherche du plaisir s’est transformée en dépendance.

Renoncer à tout comportement compulsif équivaut à fermer le chantier de construction. Nous renonçons à fortifier le barrage qui nous sépare de nos propres émotions. Il faut donc généralement peu de temps avant de voir apparaître des brèches par lesquelles les émotions se mettent à nous atteindre. Notre construction se fragilise et nous devons faire face à ce que nous avons fuit depuis si longtemps.

Lorsque nous faisons le choix de la sobriété, notre décision est spirituelle. Elle vient du coeur, là où repose la conscience que Dieu nous a donné. Cette décision vient de notre désir inné d’expérimenter la liberté.  Mais lorsque notre digue commence ainsi à se fissurer et que les émotions jaillissent de toutes parts, nous sommes soudainement saisis de terreur et avons l’impression que nous seront emportés et anéantis par le courant.  Aussitôt, nous cherchons à retourner à nos vieux réflexes, à poursuivre notre fuite de la réalité.  Il est alors important de comprendre ce qui nous arrive.

Le sevrage implique toujours la confrontation avec ce qui a été refoulé et nié pendant longtemps. C’est pourquoi il faut s’armer de courage et faire face au flot. Après avoir passé plusieurs jours sans compulser, nous pouvons nous sentir soudainement envahis par la tristesse, la colère ou une profonde angoisse. Il ne faut pas s’en inquiéter mais s’en réjouir car nous savons alors que notre digue est en train de céder et que la liberté est à notre portée. Dans ces moments critiques, il est impératif de résister à la tentation de se préparer du ciment et de réparer la brèche. Autrement dit, il faut résister au désir de planifier la prochaine rechute et de s’y vautrer. Il faut plutôt tenir ferme et remplacer notre réflexe dysfonctionnel face à la douleur par une réponse saine: aller vers Dieu.  C’est de cette façon que nous aurions dû affronter la réalité dès notre tendre enfance.  Mais nous ne l’avons pas fait.  Le moment est donc venu de laisser derrière nous l’immaturité et de devenir des hommes.  Lorsque le flot des émotions fait fureur, la main puissante du Seigneur nous apprend à naviguer sur ces torrents impétueux, jusqu’à ce que le courant se calme et que nous nous retrouvions là où nous devions être depuis le début: en pirogue sur le magnifique fleuve de la vie… plutôt que recroquevillés au pied d’un barrage.

Avant d’entreprendre tout sevrage, déterminez à l’avance que vous ne succomberez pas à la peur et demandez l’aide de Dieu. Lorsque les émotions ouvrent une brèche, accueillez-les. Reconnaissez votre colère, votre angoisse, votre honte. N’essayez pas de les engourdir par le sexe, la nourriture, la drogue ou même des techniques méditatives qui vous couperaient à nouveau de la réalité. Laissez coulez et naviguez.

J’ai souvent été pris de court par de brusques courants d’émotions. Je me suis parfois retrouvé seul, assis par terre, à pleurer sans raison. Toute ma chair réclamait sa drogue mais je demeurais là, laissant les larmes couler, laissant la digue se rompre. Et je me rendais compte après coup que ces émotions n’étaient pas l’ennemi. Le véritable ennemi était ma propre peur. Ma peur de souffrir et de ressentir les choses de façon authentique. La peur de reprendre ma vie là où je l’avais abandonné, lorsque tout petit j’avais réalisé que le monde dans lequel je vivais était parfois cruel et incompréhensible.

Il est fréquent d’entendre les incroyants dire que Dieu est une béquille.  Il s’agit d’une telle ironie car en réalité, c’est exactement l’inverse: sans Dieu, tout homme se tournera vers une béquille pour affronter la réalité.  Et pour plusieurs, cette béquille deviendra une source d’esclavage.  Se confier en Dieu, à l’inverse, nous permet d’expérimenter la liberté, d’être affranchi de la tyrannie des plaisirs charnels pour goûter à la joie du salut et de la communion avec le Père céleste.

Puisque nous vivons dans un monde déchu, nous serons toujours confrontés à la douleur.  Mais cette fois nous pouvons faire le bon choix. Au lieu de nous tourner vers l’idole du plaisir, nous pouvons nous tourner vers le véritable remède: Jésus-Christ.  Il est notre Créateur mais aussi notre Sauveur et il nous appelle à expérimenter la liberté et la victoire en Son Nom.

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug, et apprenez de moi, parce que je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos de vos âmes; car mon joug est aisé, et mon fardeau léger.  (Matthieu 11.28-29)

Que Dieu vous donne la force et le courage de reprendre contact avec la personne que vous êtes réellement et qu’il vous guide sur le magnifique et fascinant fleuve de la vie!

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