La sanctification est un marathon et non un sprint

psg 2009-07-10

Tout chrétien aimerait parvenir complètement et instantanément à la stature de Jésus-Christ, notre héros et notre modèle.  Hélas, ce que  nous apprenons tôt ou tard, c’est que la sanctification n’a rien d’un sprint.  Il s’agit plutôt d’un marathon.  La course est longue, notre rythme est irrégulier et il arrive même souvent que nous chutions.  Pour franchir la ligne d’arrivée de façon victorieuse, l’important est d’accepter ce processus, de ne pas perdre courage et de toujours se relever.

Aucun coureur de marathon ne peut espérer remporter un prix s’il est intransigeant envers lui-même.  S’il trébuche sous l’effet de la fatigue et qu’il reste par terre à s’auto-flageller et à rager contre sa situation, il ne fait que gaspiller son temps et perdre le momentum de la course.

La seule option possible pour le coureur, c’est de se relever.  Malgré la tentation de se décourager, malgré l’humiliation de tomber devant de nombreux spectateurs, il faut puiser en Dieu la force nécessaire pour poursuivre la course.  Car nous ne courons pas pour le plaisir mais pour remporter un prix d’une valeur éternelle:

Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix, ou que j’aie déjà atteint la perfection ; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j’ai été saisi par Jésus Christ. Frères, je ne pense pas l’avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus Christ. (Philippiens 3.12-14)

Cette parole adressée aux Philippiens parle de résilience et de détermination à remporter la victoire.  Elle nous encourage à mettre de côté nos apitoiements théâtraux et notre complaisance tissée d’orgueil et à tout simplement courir avec suffisamment d’humilité pour accepter notre imperfection et pour mettre une croix sur notre passé… même si ce passé est un péché survenu il y a seulement quelques minutes.  Il est important de ne jamais céder aux chuchotements de l’ennemi, qui tire profit de chaque échec pour tenter de nous injecter une bonne dose de honte: «Tu vois bien que tu n’y arrives pas!  Regarde-toi un peu!  Crois-tu vraiment être sauvé?  Crois-tu vraiment que Dieu veut encore de toi?  Tu es et tu seras toujours misérable.  Tu ne t’en sortiras jamais.»  Ces propos sont évidemment ridicules.  Nous savons très bien que nous sommes pécheurs et que nous pouvons donc faire de faux-pas.  Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que nous essuyions des revers.  Certes, il est normal et même souhaitable de ressentir de la déception et du regret.  Mais une fois que la faute est confessée devant Dieu, le passé doit être laissé derrière.  Nous devons nous relever et poursuivre la course.  C’est la seule option possible.

Cette détermination n’est possible qu’en comprenant la grâce de Dieu et l’oeuvre de Jésus-Christ sur la croix.  Si nous nous engageons dans cette course en nous reposant sur nos propres forces, convaincus que notre vertu et notre bonté nous mèneront à destination, nous nous exposons à beaucoup d’amertume et risquons de nous décourager.  En effet, chaque péché jettera par terre l’image fausse et orgueilleuse que nous nous faisons de nous-mêmes, ce qui anéantira peu à peu nos espoirs de vivre dans la sainteté .  Notre déchéance contredira sans cesse nos prétentions et nous conduira au désillusionnent.

Une des raisons pour lesquelles Jésus nous invite à venir à lui, c’est que nous trouvons en lui le repos.  Son joug est doux, et son fardeau est léger.  Car ce n’est plus nous qui portons le poids de nos rechutes et de nos divers péchés.  C’est LUI.  Certes, nous devons prendre notre croix, celle de l’obéissance à Christ.  Mais cette croix est d’une douceur sublime.  Elle est un bienfait merveilleux, comparé au lourd fardeau de culpabilité auquel nous sommes assujettis lorsque nous sommes notre propre dieu et que nous nous reposons sur nos misérables capacités humaines.

En reconnaissant que nous sommes pécheurs et en nous repentant, en laissant Dieu entrer dans notre vie et nous transformer progressivement à son image, nous n’avons plus à prouver quoi que ce soit.  Nous savons que nous sommes en ce moment imparfaits et qu’il est donc possible que nous tombions à nouveau.  Cela ne justifie pas nos péchés et ne nous donne pas un passeport pour la débauche.  Nous devons toujours viser la perfection, qui est l’ultime but à atteindre.  Mais nous devons courir vers ce noble but avec suffisamment d’humilité et de lucidité pour accepter ces moments où nos yeux s’éloignent de Christ et où nous sommes à nouveau captivés par les mirages de ce monde.

Ne faites par l’erreur de chercher ce qu’on appelle en anglais un quick fix, une sorte de solution instantanée qui nous dispense de tout effort et qui promet des résultats parfaits et immédiats.  Ne vous lancez pas dans un sprint alors que vous êtes en ce moment sur une piste conçue pour le marathon.  Autrement, vous vous retrouverez épuisé et découragé avant même d’avoir franchi le premier kilomètre.  Acceptez votre faiblesse mais luttez de toutes vos forces pour triompher d’elle.  Et surtout, rappelez-vous que tout progrès ne peut se faire sans l’aide de votre Dieu.  Que ce soit LUI qui soit votre rocher, votre secours et votre salut!

Que Dieu vous garde.

 

7 réflexions sur “La sanctification est un marathon et non un sprint

  1. Merci pour ton travail édifiant, que notre Dieu et Père te bénisse abondamment et te gardes dans des voies.Au nom merveilleux de son Fils notre sauveur.

  2. Salut Fr.Jean! c’est toujours une joie pour moi de lire tes articles! je trouve honnetement que le Père fait avec toi un travail formidable! Que tes yeux ne cessent de se fixer sur Lui au nom de Jésus! J’ai deux questions Fr:
    -Quelle signification pourrait-on donner à « marathon »? comment est-ce que cela se vit-il dans notre vie de chaque jour?
    -Par ailleurs, j’aimerais savoir s’il te plait, quel sens donner aux expressions « Jésus Christ fut crucifié pour toi » et « il est ressuscité des morts » dans la vie d’un pécheur! je veux dire, comment faire le lien entre ces expressions et la vie d’un pécheur pendant une prédication? quelles implications ont-elles pour lui et pour son éternité S’il te plait? Soit bénit Frère Jean et épouse aussi! Fr Emmanuel au Cameroun

  3. Bonjour frère,

    C’est vrai que Dieu fait un travail formidable en moi, tout comme en chacun de ses enfants. Qu’il soit loué pour sa patience et sa bonté envers nous!

    Concernant tes questions:

    Le marathon exprime le fait que lorsque nous sommes nés de nouveau, Dieu entreprend en nous un processus de transformation qui durera notre vie entière afin de nous conformer à l’image de son Fils. La conversion n’est donc que le commencement, le signal de départ de cette course. Au quotidien, nous sommes donc appelés à fournir des efforts constants, à travailler notre salut « avec crainte et tremblement » (Philippiens 2.12) Nous ne pouvons nous relâcher, sachant que notre chair, le diable et le monde saisiront toute négligence spirituelle comme une opportunité pour nous éloigner de notre Sauveur. Ce marathon se vit donc au quotidien en utilisant tous les moyens que Dieu a mis à notre disposition pour notre sanctification (prière, lecture de la Parole, fraternité, etc.) et en gardant en tout temps un esprit d’humilité, de repentance, d’obéissance et de consécration à notre Dieu.

    L’expression « Jésus Christ fut crucifié pour toi » est naturellement le message central des Évangiles (et de la Bible en entier) mais cette ultime vérité ne peut avoir de signification que si nous sommes conscients de notre nature déchue. La croix est le remède au péché mais le pécheur ne sera pas intéressé par ce remède s’il ne connaît pas la maladie qui le ronge et s’il n’est pas conscient de la fatalité de cette maladie. Les prédicateurs qui tentent d’obtenir des conversions en évitant le sujet du péché agissent donc comme des insensés car sans connaissance du péché, les auditeurs ne peuvent expérimenter une véritable repentance. Et sans repentance, ils périront assurément (Luc 13.3,5). Certes, c’est l’Esprit Saint qui convainc l’homme de ses péchés, mais le prédicateur travaille contre l’Esprit s’il cherche à taire ce sujet par peur d’offenser. Son désir d’approbation des foules représente une défiance face au Dieu qui l’appelle à exposer le plein Évangile et non seulement les portions de l’Évangile qui n’offensent personne. C’est une position dans laquelle je ne voudrais jamais me retrouver personnellement.

    Le pécheur doit reconnaître non seulement qu’il est esclave du péché mais que sa condition est irrémédiable. S’il croit pouvoir se sauver lui-même en devenant « une bonne personne », il ne fera jamais de Jésus son Sauveur et encore moins son Seigneur. Pour lui, la croix ne sera qu’un symbole de l’amour de Dieu qui éveille sa sentimentalité… mais elle ne sera jamais ce qu’elle est réellement, c’est-à-dire la colère de Dieu qui lui était destinée mais que Jésus a reçu à sa place. Lorsque nous comprenons pleinement ce mystère, alors nous plaçons réellement notre foi en Christ et le sacrifice de la croix devient effectif dans notre propre vie. Dès lors, la reconnaissance que nous éprouvons envers notre Sauveur, nourrie par l’œuvre de la grâce en nous, nous lance dans le fameux marathon dont nous discutions plus haut. Nos efforts ne sont plus alors des tentatives stériles visant à gagner la faveur de Dieu (ce qui est le fait de toute religion humaine) mais une expression d’amour pour notre Sauveur.

    Quant à la résurrection, elle est le sceau divin qui atteste historiquement que les promesse du Salut en Jésus-Christ ne sont pas vaines. Parce que Jésus a vaincu la mort, nous savons que nous avons au Ciel un avocat qui intercède pour nous. Nous savons que Jésus n’était pas un simple maître ou un prophète mais bien celui qu’il disait être: Dieu incarné parmi nous. Et nous savons qu’en plaçant notre foi en lui, nous avons l’assurance de la vie éternelle auprès du Père. Alleluia!

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