Confessions d’un pharisien

psg 2009-10-26

Il y a quelques jours, j’ai décidé d’écouter un enseignement de Zac Poonen, The danger of pharisaism.  Je crois qu’une partie de moi désirait entendre parler des pharisiens afin de se sentir bien. En considérant les péchés des autres, nous oublions pendant un moment nos propres manquements.  Finalement, la situation s’est retournée contre moi (pour mon plus grand bien spirituel) lorsque j’ai réalisé que cet enseignement s’adressait à nul autre que moi.  Je désirais entendre parler des pharisiens. Et j’ai entendu parler de ma propre vie.  Je désirais distraire mon attention vers les autres.  L’Esprit de Dieu m’a ramené vers mon propre coeur.

Il est si facile de glisser de la spiritualité vers la religiosité, de la ferveur à la prétention.  Et c’est ce que j’ai fait.  Et c’est ce que je risque de répéter encore si je ne suis pas prudent.  A un certain moment de mon cheminement, j’ai dévié légèrement de trajectoire.  Mais j’ai parlé et agit publiquement comme si j’étais une personne spirituelle.  Oh, ce n’était rien de désastreux.  Je ne suis pas retourné là où j’ai déjà été.  Je n’ai touché aucun bas fond.  Mais j’ai laissé le compromis s’installer dans ma vie.  Et je suis devenu à mon insu un pharisien, exhortant les gens à se conformer à un standard auquel je ne me consacrais plus moi-même de tout mon coeur.  Jésus parlait des pharisiens ainsi:

Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt.  (Matthieu 23.4)

Plus les semaines se sont écoulées, plus cette description me concernait.  J’établissait publiquement un standard de pureté sexuelle.  Mais je laissais passer un fantasme ici et là, jusqu’à ce que les exceptions se multiplient et que cela me mène à la rechute.  Si bien qu’hier, je me suis demandé si je ne devais pas supprimer les articles écrits pendant cette période de tiédeur. C’est à ce moment que le Seigneur m’a rappelé le passage suivant, où Jésus parle des enseignements des chefs religieux de son époque:

Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent ; mais n’agissez pas selon leurs oeuvres.  Car ils disent, et ne font pas.  (Matthieu 23.3)

Le problème n’est donc pas le contenu de mes articles, mais l’esprit dans lequel je les écris parfois.  La matière qui s’y trouve est conforme aux Écritures.  Mais ma réticence à me soumettre à mes propres standards de moralité constitue une fraude et une hypocrisie regrettables.

L’exhortation est biblique.  Elle est salutaire à la foi chrétienne.  Nous devons avertir et corriger.  Mais lorsque nous ouvrons notre bouche pour exhorter, l’orgueil n’est jamais loin.  Il est tapis en silence, attendant le bon moment pour venir infiltrer nos motivations et nos sentiments.  C’est pourquoi l’amour et l’humilité doivent toujours être les force directrice de toute exhortation.  Poonen a dit quelque chose qui m’a frappé à ce sujet: Jésus a reprit sévèrement les gens. Mais en le faisant, il savait qu’il allait donner sa vie pour ces personnes.  D’où la question suivante: Que suis-je prêt à sacrifier pour la personne que je désire exhorter? Ai-je vraiment à coeur son salut? Suis-je prêt à prier et jeûner pour cette personne? Des chrétiens qui exhortent, il y en a des millions. Des chrétiens qui exhortent dans l’amour authentique de Christ sont plus rares.  Et je crains de ne pas en faire partie.  Mais tout peut s’arranger par la grâce de Dieu. Et mon souhait le plus cher, c’est qu’à l’avenir, mes propos n’aient d’autre source que mon amour du prochain.

Récemment, nous avons cohabité avec un homme qui souffre d’alcoolisme. Je me comparais avantageusement à cet homme et j’étais affligé de constater qu’il n’éprouvait pas plus d’intérêt pour les choses de Dieu, alors qu’il se prétendait catholique et qu’il était assez certain d’être sauvé.  Puis un soir, après le souper,  j’ai eu à coeur d’aller voir cet homme, alors qu’il se trouvait dehors en train d’aménager un sentier.  J’y ai été et me suis mis à parler de tout et de rien avec lui, à la questionner sur ce qu’il faisait.  Après un moment, il m’a dit: « Tu n’es pas venu me voir juste pour parler, n’est-ce pas? ».  C’est alors que j’ai réalisé que j’avais consacré si peu de temps à notre relation qu’il ne pouvait croire que je m’intéressais soudainement à lui. Cette révélation eut l’effet d’un coup de couteau. Je suis retourné en prière en pleurant.

Je réalisais que je n’avais pas aimé cet homme.  Je ne l’avais que jugé.  Et une fois encore, alors même que je me croyais spirituel, je comprenais que je n’étais rien et que j’étais à mille lieux de l’Évangile.  Et si cet homme ne s’intéressait pas à Dieu, c’était peut-être parce que moi-même je n’avais jamais été un exemple de l’amour de Christ. Finalement, je condamnais secrètement un homme pour une attitude envers Dieu dont j’étais peut-être en partie responsable.

Mon ancienne vie de péché m’a appris à maîtriser l’art du mensonge et de l’hypocrisie.  Et même si le Seigneur m’a libéré de mes chaînes, tout n’est pas réglé. Ma tendance à dissimuler et à prétendre semble s’être infiltrée gravement dans ma vie spirituelle. Je dois faire preuve d’une vigilance de tous les instants pour demeurer vrai avec les autres. Cet article est une tentative de rétablir la vérité, de me montrer tel que je suis. Il est aussi une occasion pour moi de vous exprimer mon désir brûlant de me repentir et de changer de voie à cet égard. Vous méritez plus qu’une mise en scène. Vous méritez la vérité. Et la vérité ne doit pas seulement habiter les mots mais celui qui l’exprime. Sinon, il s’agit de vérités mortes, qui ne sont pas porteuses du souffle de la vie divine. Théologiquement exactes mais spirituellement creuses. Que Dieu me garde pour toujours du mensonge, de l’hypocrisie et du pharisaïsme.

Seigneur Dieu, je te demande pardon pour l’endurcissement de mon coeur. Je te demande pardon pour avoir tenu un discours qui dépasse ma véritable teneur spirituelle, pour avoir affiché une vertu dont je me détachait secrètement. Que ta lumière me garde dans la vérité. Que ta Parole me guide dans des sentiers droits et vrais. Imprègne ton caractère en moi, modèle-moi selon ta parfaite et glorieuse image. Que mes lèvres ne cachent pas la tromperie, que mes paroles correspondent à la réalité de ma vie. Que je ne cherche pas tant à parler de la croix que de la porter courageusement jour après jour, afin de suivre fidèlement tes pas et de te rejoindre là où tu règnes éternellement.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s