Dieu est-il contre le plaisir? (3 de 6)

psg 2009-11-30Le plaisir selon Jésus Christ

Nous avons vu que l’Ancien Testament ne condamne pas le plaisir. Dieu prescrit en effet des fêtes à son peuple afin qu’il se réjouisse et qu’il célèbre la vie. Or, toute la révélation divine contenue dans la Torah pointait ultimement vers un événement sans précédent: l’incarnation de Dieu parmi les hommes afin de nous enseigner la vérité par sa propre bouche et nous sauver par son propre sang. À partir de ce moment, qu’advint-il du plaisir? Dieu allait-il soudainement interdire le plaisir ou bien allait-il y apposer le sceau de son approbation? Allait-il considérer le plaisir comme une chose agréable à ses yeux ou comme un péché? Sachant que Dieu ne change jamais, nous pouvons déjà deviner la réponse…

De nombreux commentateurs bibliques ont déjà fait une remarque que je réitère ici pour le besoin de la cause: lorsque Jésus a été prêt à débuter son oeuvre sur terre, son premier miracle a été effectué au cours d’une fête . Dieu y a transformé l’eau en vin (Jean 2.1-11).  La première fois que Jésus a suspendu les lois naturelles, ce fut pour que la fête puisse continuer.  Ce geste ne transmet-il pas un message?

Que le Seigneur ait voulu ou non passer sciemment un message par ce miracle, nous pouvons en tirer une conclusion logique: Dieu n’est pas contre la fête. Si Dieu avait été contre la fête, le plaisir et le vin, il n’aurait certainement pas usé de sa domination sur l’univers matériel pour permettre que la fête se poursuive. Nous savons en effet que Dieu ne pèche pas et qu’il ne tente personne. Si la fête, le plaisir ou le vin avaient été répréhensibles aux yeux de Dieu, ce dernier n’aurait pas donné son aval à ce qui va à l’encontre de sa propre volonté. Il n’aurait pas suspendu les lois de la nature pour que se poursuive le péché.

Si Jésus approuve, Dieu approuve

Les Évangiles nous permettent de comprendre le caractère de Dieu. En étudiant Jésus, nous arrivons à la connaissance du Père, de celui qui nous a créés et qui a déterminé ce qui est bien et mal:

Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe! Celui qui m’a vu a vu le Père; comment dis-tu: Montre-nous le Père? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les oeuvres. (Jean 14.8-10)

Lorsque nous voyons vivre Jésus, nous n’observons pas un représentant de Dieu. Nous voyons Dieu. Les gestes de Jésus sont les gestes de Dieu. Ses paroles sont celles de Dieu. Ce qu’il approuve est approuvé de Dieu. Ce qu’il hait est haï de Dieu. En constatant l’attitude de Jésus par rapport au plaisir, nous connaissons ainsi la volonté du Père. Or, nous savons que Jésus n’était pas un ascète. Il n’était pas un homme austère qui se flagellait dans les rues.  C’est ce que nous confirment les paroles du Maître:

Le Fils de l’homme [Jésus] est venu, mangeant et buvant, et ils disent: C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par ses oeuvres. (Matthieu 11:19)

Un mangeur et un buveur.  D’autres traductions donnent « un glouton ».  Le portrait du Christ, confirmé de sa propre bouche, ne nous permet donc pas de le dépeindre comme un être sombre qui transforme les plaisirs de la vie en occasions de culpabilisation. Au contraire, nous le voyons dans les Évangiles comme un bon vivant qui ne se prive pas de boire du vin et qui a une bonne fourchette. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les chefs religieux de l’époque avaient une poussée d’eczéma à chaque fois qu’ils le voyaient. Eux qui se glorifiaient de leurs jeûnes et observances et qui mettaient un lourd fardeau de culpabilité sur le peuple en multipliant les interdictions de toutes sortes, ne pouvaient concevoir que Dieu lui-même puisse être attablé avec les pécheurs et boire du vin avec eux. Selon les pharisiens, cet homme ne pouvait être Dieu.  Ce ne pouvait être qu’un blasphémateur, un fou et un possédé.

Et c’est là qu’il est impératif d’exercer notre discernement. Car il est facile de dériver de la pure et parfaite volonté de Dieu vers une religiosité servile. Il est facile de pervertir notre désir de sainteté en un légalisme destructeur et aliénant. S’il est vrai que Jésus nous a appelés à la perfection, il est aussi vrai qu’il a consacré la joie et le plaisir comme faisant partie intégrante de la vie spirituelle du chrétien. Le plaisir n’est pas anti-spirituel. La jouissance n’est pas un péché. Ce sont au contraire des opportunités de rendre grâce à Dieu et de l’honorer par une vie pleinement vécue dans la joie et la liberté.

Le prochain article démontrera, par les écrits de Paul et des disciples, que ce que je viens d’énoncer n’est pas une vision libérale et compromise de l’Évangile, mais bien la volonté de Dieu pour chacun de nous.

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