Dieu est-il contre le plaisir? (4 de 6)

psg 2009-12-03

Le plaisir et la grâce

Maintenant que nous avons établi que ni les textes de l’Ancien Testament ni les enseignements ou la vie de Jésus n’ont condamné le plaisir, nous pouvons nous faire une opinion éclairée sur le sujet.  Pour ce faire, il nous sera utile d’étudier les écrits des apôtres et de considérer la vie de l’Église primitive. En effet, c’est sans doute à ce moment que l’Église de Jésus Christ était à sa forme la plus pure et que les chrétiens y vivaient les enseignements de Christ dans toute leur puissance. L’homme n’avait pas encore ajouté ses raisonnements, ses traditions et importé ses pratiques et concepts païens.

Mais avant de considérer ce qu’enseignent les apôtres, il est important de nous rappeler certains principes bibliques fondamentaux qui nous permettront de recevoir la vérité avec un esprit de discernement.

Bien que l’Ancien Testament comporte beaucoup d’interdits et de prescription, l’idée de Dieu n’était pas d’interdire le plaisir et de se créer un peuple à l’esprit chagrin. Les nombreuses interdictions de la Torah visaient à préserver le peuple élu de la décadence à laquelle il était naturellement porté à cause de la chute originelle. N’eût été de ces interdictions qui servaient de balises au peuple de Dieu, ce dernier aurait été maintes fois dissout par la débauche et détruit par les nombreux forces spirituelles qui étaient à l’oeuvre sur terre et qui tentaient d’éradiquer la descendance d’Abraham.

À cause de l’endurcissement du coeur des juifs, le Seigneur devait imposer des lois parfois très sévères afin que son peuple puisse survivre jusqu’à son incarnation parmi eux. Ces lois allaient jusqu’à la lapidation. Car si les pécheurs impénitents n’avaient alors pas été physiquement détruits, la corruption aurait gagné l’ensemble du peuple.  Dieu devait parfois même envoyer l’ange de la mort et retirer de la terre des milliers d’hommes en un instant, afin que le péché n’emporte pas l’ensemble de la nation juive. C’était une époque très sombre que nous ne pouvons pas comprendre car nous vivons actuellement sous la domination de Christ. Son Esprit couvre la terre et préserve continuellement l’humanité de l’auto-annihilation. Mais à l’époque, le péché était virulent. Le diable détenait un pouvoir énorme et l’humanité était esclave du péché. Le Sauveur n’étant pas encore né, l’humanité devait être guidée et préservée par la loi.

En s’incarnant parmi nous, le fils de Dieu a vaincu le péché de deux façons:  par la JUSTIFICATION et la SANCTIFICATION. D’abord, il a pris sur lui la condamnation qui nous était destinée à cause de nos péchés, si bien que quiconque croit en lui se voit libéré de toutes ses dettes envers Dieu, par la pure miséricorde de ce dernier. Nous sommes donc JUSTIFIÉS, rendus justes par les mérites de celui qui est mort à notre place. Cette justification nous a réconciliés avec Dieu et lui a permit de placer en nous la pleine mesure de son Esprit Saint, si bien qu’en le recevant, nous recevons littéralement une nouvelle vie. Notre nature pécheresse est ensevelie et la vie de Christ établit son règne en nous. Cette transformation dépasse l’expérience religieuse ou intellectuelle. Il s’agit d’une transformation surnaturelle et miraculeuse. À partir de ce moment, nous ne sommes plus ennemis de Dieu mais notre relation nous confère le titre d’enfants de Dieu. Notre Père entreprend alors en nous une oeuvre de SANCTIFICATION, où il nous transforme à l’image de son fils Jésus:

Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est Esprit.  (Jean 3.3-6)

Si l’on résume, l’humanité a connu deux ères distinctes: la première ère, où les croyants étaient sous la loi et devaient obéir à des prescriptions révélées par les prophètes. Puis l’ère de la grâce, où le croyant obéit non plus à des lois externes mais à l’Esprit de Dieu qui l’habite. Dans la première ère, l’homme était prisonnier du péché et n’arrivait pas à se soumettre aux commandements de Dieu. La loi qui devait le guider apportait du même coup sa condamnation car elle lui révélait son péché et son incapacité à faire le bien. Dans la nouvelle ère, l’homme est sauvé du péché, purifié de ses fautes et la loi de Dieu est gravée sur son propre coeur, si bien qu’il est désormais guidé par l’Esprit-Saint qui l’habite. Il n’est plus contraint par la loi à faire ce qui est juste mais il fait ce qui est juste à cause de la nouvelle naissance qui a implanté dans son coeur les mêmes désirs que ceux de Dieu.

Cette distinction est essentielle car elle nous permettra dans le prochain article de comprendre tout l’esprit de l’Évangile, des Actes et des différentes lettres écrites par les apôtres de Jésus. Elle nous permettra de déterminer la place que doit avoir le plaisir dans notre vie. En effet, si nous essayons de juger le plaisir selon l’ancien paradigme, qui était celui de la loi, nous risquons de devenir légalistes et de ne pas être à l’écoute de la volonté de Dieu dans notre vie. Nous essaierons de classer systématiquement les plaisirs de cette vie dans la colonne du bien ou du mal et nous y perdrons notre joie et notre liberté d’enfants de Dieu. Alors que si nous jugeons le plaisir selon l’Esprit de Dieu qui est en nous – dans la mesure où nous avons vraiment donné notre vie à Christ – nous pourrons inclure le plaisir dans notre vie avec souplesse et discernement, selon la sagesse et l’équilibre que le Seigneur a implanté en nous.

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