Pourquoi les bonnes résolutions ne fonctionnent-elles pas? (1 de 2)

psg 2010-05-21Nous sommes tous habitués de voir notre corps suivre les ordres de notre esprit.  Si nous décidons de lever le bras droit, ce dernier exécutera l’ordre donné.  Si nous décidons de marcher jusqu’à l’épicerie, rien ne s’y opposera.  Pourtant, certains péchés nous confrontent à une situation des plus désespérantes: notre volonté s’engage dans une direction mais notre corps et nos pensées refusent d’obéir.

Face à ce problème, nous avons généralement le réflexe de mettre un peu plus d’emphase sur notre décision.  Nous prenons alors ce que l’on appelle une RÉSOLUTION.  Notre décision devient alors un engagement plus sérieux, une concentration de notre volonté sur un objectif bien précis.  Mais hélas, nous réalisons au fil du temps que même les résolutions ne semblent pas fonctionner.  Nous répétons encore et encore les comportements qui nous font du mal.  Comme le dit Paul dans sa lettre aux Romains: « … je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. » (Romains 7.19)

Mais pourquoi est-ce ainsi?  La volonté de l’homme n’est-elle pas la clé de ses comportements?  Et si ce n’est pas le cas, quelle est donc l’origine de nos actions?  Comment expliquer que nous péchons alors même que toute notre volonté s’y oppose?

Le coeur et son trésor

Le péché est difficile à vaincre mais son mécanisme fondamental est très simple à comprendre lorsque nous le plaçons à la lumière de la Parole de Dieu.

L’homme a été créé pour adorer Dieu.  Son coeur, la partie essentielle, spirituelle et éternelle de son être, est un sanctuaire d’adoration.  Il est conçu pour déverser son amour, sa dévotion, son attachement, au Dieu qui l’a créé, et pour recevoir en retour l’amour de Dieu.

Lorsque le coeur de l’homme adore Dieu, toutes les pensées et les comportements de ce dernier vont dans la direction de Dieu.  Ce qu’il pense et ce qu’il fait est donc marqué par la perfection, la sainteté, la beauté, l’ordre.   Mais dès que le coeur se détourne de Dieu, la vie entière est plongée dans le chaos et les ténèbres.  Car l’homme se détourne de sa fonction première, du but pour lequel il a été créé.

La condition chaotique de l’homme est une réalité universelle, à cause du péché originel.  Il suffit de regarder autour de soi et en soi-même pour réaliser que l’homme est perdu.  Il est une créature égarée, errant loin de la face de Dieu.  Les gens font le mal et se font du mal, entraînés par des désirs qui sont contraires à la volonté de Dieu.  Parce que l’homme se détourne de sa fonction première, qui est d’aimer et d’adorer Dieu de tout son coeur, de toute son âme et de toute sa force, il s’expose irrémédiablement à la souffrance et à la mort.

Lorsque le coeur de l’homme se détourne de Dieu, ce coeur demeure néanmoins un lieu d’adoration.  Il ne peut donc cesser d’adorer.  Son adoration sera donc orientée vers un objet de remplacement.  Tout être humain adore quelque chose ou quelqu’un.  C’est ce que l’on appelle l’idolâtrie.  Il existe une multitude de formes d’idolâtries.  Ce peut être l’argent, le sport, le prestige, le sexe, l’alcool.  La liste est presque infinie.  Mais nous pouvons ultimement tout ramener à une seule et ultime forme d’idolâtrie: l’idolâtrie de soi-même.  Car au fond, lorsque l’homme se détourne de Dieu, c’est pour s’aimer et se servir lui-même, pour accomplir SES désirs et SA volonté, indépendamment de ce que le Seigneur lui demande.

Avant le péché, Dieu était le trésor de l’homme.  Et à raison, puisque Dieu est digne de toute adoration et de toutes les louanges: il est éternel, infini, gracieux, puissant, incomparable et immuable.  Dieu est parfait.  Mais une fois le péché survenu, Dieu a été relégué au second plan.  Et la créature s’est attachée à la création plutôt qu’au Créateur.  Ainsi, ce n’est plus Dieu qui est le trésor de l’homme.  Mais l’homme lui-même.  Et les plaisirs de cette vie.

Une fois que l’objet de notre adoration est déplacée vers nous-même, vers la création, vers ce qui est fini et temporel, les pensées et les actions suivent la même direction et se corrompent.  L’amour tourne à l’égoïsme, le don de soi devient repli sur soi, la vertu tourne au péché, la consécration à Dieu tourne à la dépendance au plaisir.

Voilà pourquoi les bonnes résolutions ne peuvent rien pour nous.  Car nos comportements ne découlent pas de notre volonté mais de l’objet de notre adoration.  Ainsi, même si notre volonté, nos pensées et même notre conscience cherchent à faire ce qui est bien, nous nous retrouvons à faire le mal malgré nous.  Le problème n’est pas un manque de volonté, mais un coeur attaché à lui-même et à un monde qu’il chérit.  Comme l’a dit le Maître:  « … là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur. » (Luc 12.34)

La question à se poser devant un problème de péché récurrent n’est donc pas: « Comment puis-je avoir plus de volonté» ou « Quelles techniques pourrais-je apprendre pour vaincre ce péché?»  La question fondamentale est: « Qui est véritablement le maître de ma vie?  Est-ce Dieu ou moi-même? » et « Quel est l’objet de mon adoration?  Dieu ou moi-même? »

Face à ces questions, deux scénarios se présentent:

  • Ou bien nous rejetons complètement Dieu et demeurons résolus à être l’objet de notre propre adoration.
  • Ou bien nous sommes disposés à laisser Dieu être le centre de notre vie et ainsi lui permettre de nous libérer de notre attachement idolâtre à nous-même et aux plaisirs de ce monde.

Dans le premier cas, il y a peu à dire, sinon que le rejet de Dieu mène à l’esclavage et à la mort.

Dans le deuxième cas, tout est possible.  L’homme qui renonce à lui-même pour se tourner vers Dieu accepte ce pour quoi il a été créé.  Il peut donc être libéré de ses chaînes et vivre avec la puissance de l’Esprit de Dieu.  Mais cela ne veut pas dire que la liberté est instantanée et complète.  DONNER NOTRE VIE À DIEU est un élément défini dans le temps, un point tournant de notre vie où tout est transformé.  Mais VIVRE POUR DIEU est un apprentissage, un long chemin sur lequel nous apprenons à obéir aux commandements de Dieu.  C’est ce que nous aborderons dans le prochain article…

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