Restaurer le couple et apprendre à aimer (5 de 9)

psg 2012-01-05

Marcher dans la vérité

Soyons francs. Lorsque nous sommes esclaves de l’impureté sexuelle, les gens ne peuvent nous faire confiance. Nous sommes malhonnêtes, menteurs et manipulateurs.  Je me souviens du jour où cette vérité m’a frappé. Jusque là, je me considérais comme une personne bonne et honnête.  J’avais appris depuis mon enfance à projeter cette image du bon garçon, qui dit et fait ce qui est susceptible d’attirer l’approbation des autres. Et visiblement, j’étais un si bon acteur que j’en étais arrivé à être pris à mon propre jeu. Chaque fois que je me regardais dans le miroir, je voyais le petit garçon plein d’innocence, qui était à part des autres, qui avait un petit quelque chose de spécial, qui n’était pas comme ces brutes sans âme et conscience que je rencontrais à l’école…

Cette image idéalisée de moi-même résista longtemps à la lumière de la vérité. Probablement parce que la dépendance fait son oeuvre en arrière-plan, de façon progressive et inconsciente. On débute par un « petit mensonge » ici pour éviter des ennuis. Puis un autre là pour se sortir d’affaire. On commence à déformer la vérité pour obtenir de la pornographie. Puis on manipule carrément les gens pour arriver à nos fins.  Et peu à peu, même si en apparence notre personnalité demeure la même, notre caractère se déforme et s’enlaidit sans que nous nous en rendions compte.

Je me souviens de ce jour où nous sommes allés chez des amis de mon beau-père. Je ne les avais jamais rencontrés. Et je n’allais jamais plus les rencontrer par la suite. J’avais à l’époque environ 15 ans. Les adultes décidèrent en après-midi d’aller souper au restaurant et d’y passer la soirée. Ils me confièrent la garde des jeunes enfants des amis de mon beau-père. Pas de problème. À la minute où tout le monde fut parti et que les enfants furent au lit, je descendis au sous-sol où se trouvait la télé. Je crois qu’initialement, c’était pour jouer au Nintendo. Mais en remarquant les piles de cassettes VHS qui traînaient dans le meuble de télé, je me dis qu’il s’y trouvait peut-être des films pornographiques. Je me mis alors à fouiller dans le meuble et à essayer systématiquement toutes les cassettes qui n’étaient pas identifiées. Et en moins de 10 minutes, je trouvai effectivement un film XXX.  Je le visionnai en me félicitant de ma débrouillardise. Il n’y avait pourtant pas matière à être fier. Je venais de trahir la confiance qui avait été placée en moi. J’avais fouillé dans les armoires de purs étrangers pour assouvir ma soif de plaisir. Et cet incident n’était pas le premier en son genre. Pendant des années, à chaque fois que je me suis retrouvé seul dans une nouvelle maison, j’ai fouillé le coin télé pour trouver de la pornographie. Pathétique mais vrai.

Ce genre de comportement faisait de moi un petit polisson. Un menteur et un dissimulateur. Mais je n’en faisais pas tout un plat.  Je minimisais et éprouvais même du plaisir à chercher des accès secrets à la pornographie. Avant qu’Internet existe, c’était une façon facile d’obtenir du plaisir et c’était comme une sorte de petit jeu. Le problème, c’est que lorsque je rencontrai la femme de ma vie, mon caractère était profondément entamé par cette idolâtrie. Allais-je soudainement être imprégné de vertu parce que j’avais enfin une femme dans ma vie? Certains célibataires croient qu’il en est ainsi. Ils se disent que le jour où ils seront mariés, ils n’auront plus à lutter contre la masturbation compulsive ou l’envie de consommer de la pornographie.  Mais cela n’a rien à voir.  Une bague à votre doigt ne fera pas de vous un saint.  Au contraire, cela vous forcera à devenir un démon. Car vous réaliserez que même si vous avez dans votre lit toute la volupté possible, votre nature pécheresse vous pousse à regarder par-dessus la clôture et à vouloir « plus » et « mieux ». Votre mariage ne sera donc plus une réponse à vos problèmes mais un obstacle à vos désirs. Et vous aurez à mentir pour aller chercher ce petit quelque chose qui vous manque. C’est TOUJOURS ainsi. TOUS LES DÉPENDANTS mariés vous le diront. Tous ont cru que le mariage était la solution. Mais le mariage ne fait qu’amplifier la problème.  Jusqu’à ce que nous nous trouvions plongés en plein enfer, sans trop comprendre ce qui s’est passé.

Il en fut ainsi dans mon cas. Au début de ma vie de couple, les choses allaient bien. Je n’avais pas à chercher ailleurs car tout était nouveau, beau et frais. Ma femme avait 18 ans. Elle était belle et voluptueuse (et elle l’est encore). Que pouvais-je demander de mieux? Eh bien après quelques semaines seulement de vie commune, l’impureté sexuelle reprit du service. Pourquoi? Parce que c’était une idole. Un point c’est tout. On ne se sépare pas aussi simplement d’une idole car l’idolâtrie est une maladie spirituelle que Dieu seul peut guérir. Ma femme était là, elle était toujours disponible, elle aimait l’intimité sexuele. Mais il existait toujours ce « merveilleux » monde imaginaire que je m’étais créé pendant des années. Un monde où je peux avoir toutes le femmes que je veux, au moment exact que je veux, dans le contexte que je veux. Un monde peuplé de souvenirs, de copines d’école, d’inconnues rencontrées au marché ou dans la rue. Un monde sans limites. Et surtout un monde où je n’ai aucun effort à investir. Un monde où je n’ai pas à donner en retour, où je n’ai pas à cultiver l’amour et l’intimité. Un monde de facilité et de réconfort. Un monde où je m’étais réfugiée des milliers de fois avant mon mariage, dans les moments où j’étais triste, angoissé ou en colère.

Un des hic de ce monde imaginaire est qu’il pose un problème de conscience.  Car à moins que notre couple souscrive librement et ouvertement au libertinage, notre épouse s’attend à ce que tout notre coeur et nos désirs se portent vers elle, ce qui est tout à fait normal et dans l’ordre des choses voulu par Dieu. C’est alors qu’entre en scène le mensonge. Car nous devons dissimuler nos comportements compulsifs. Et comme le mensonge entraîne d’autres mensonges, nous nous retrouvons bien vite avec une vie parallèle. Nous mentons et manipulons afin de maintenir notre royaume fantaisiste. Et nous brisons les liens délicats de l’intimité avec notre douce moitié afin d’assouvir notre égoïsme profond. Alors que nous devrions être des hommes, nous régressons vers l’enfance et agissons comme des gamins malicieux qui font semblant d’être obéissants mais qui font le mal dès que les parents on le dos tourné. Et si nous nous faisons prendre la main dans le sac, nous avons tout un arsenal de stratégies psychologiques pour nous en tirer. Nous manipulons, nous nous justifions, nous accusons et nous culpabilisons. Et notre partenaire, au lieu d’être la perle sans prix de notre existence, se trouve catapultée dans le camp ennemi. Alors que son âme se languit auprès de nous, cherchant à être l’objet de notre amour et de notre désir, elle se trouve de plus en plus repoussée. Car nous la tenons à distance de notre monde imaginaire. Et malgré la légitimité de ses désirs, nous ignorons les cris de son coeur et disparaissons de plus en plus de son monde pour nous réfugier dans le notre. Et pour les deux personnes, cette situation tourne invariablement au cauchemar.

C’est ce que nous approfondirons dans le prochain article.

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