La spirale de l’impureté sexuelle

psg 2012-01-10

L’impureté sexuelle n’est généralement pas un problème statique.  Particulièrement à notre époque où la pornographie est si facilement accessible, il est très commun de se retrouver dans une dynamique où notre simple curiosité initiale peut conduire à la fascination puis à l’obsession.  Comme pour toute autre dépendance, il existe alors une progression en fréquence et/ou en intensité, jusqu’à ce que l’on perde le contrôle de nos comportements et éventuellement de notre vie.

La raison de cette progression se trouve dans la nature même du plaisir. Nous cherchons en lui un moyen rapide et infaillible de fuir la réalité. Mais si le plaisir offre effectivement un moyen de fuite rapide, il n’est cependant pas infaillible, et ce pour deux raisons, l’une biologique et l’autre spirituelle.

Biologiquement parlant, aucun plaisir ne peut offrir une stimulation constante au fil du temps. Les substances chimiques qui sont libérées lors de l’excitation sexuelle sont d’abord très puissantes. Mais le cerveau s’ajuste afin de maintenir un certain équilibre. La réaction au plaisir est donc réduite au fil du temps, ce qui nécessite une stimulation supplémentaire. Le principe est le même que pour la consommation d’héroïne. Pour l’héroïnomane, l’accoutumance au plaisir nécessite une dose toujours plus forte de drogue. Pour le sexolique, l’accoutumance exige ou bien une stimulation plus fréquente (plus de masturbation, plus de partenaires sexuels, plus de fantasmes, etc.) ou plus intense (progression dans les fantasmes, exploration de domaines inusités ou interdits, perversion, flirt avec le danger, etc.).

D’un point de vue spirituel, le plaisir ne peut également apporter de satisfaction à cause de sa nature matérielle. Dieu a ordonné les choses ainsi, peut-être dans le but que l’on ne puisse trouver la plénitude dans ce qu’offre ce monde. Nous avons tous en nous ce fameux “vide en forme de Dieu” qu’aucun plaisir ne peut combler, ce qui nous force à rechercher une réalité transcendante.  D’où l’universel sentiment religieux que nous retrouvons à toutes les époques et dans toutes les cultures.

Face à la lassitude que provoque tout plaisir, l’homme devrait donc théoriquement se tourner vers Celui qui peut étancher la soif de son âme.  Mais lorsque le plaisir se métamorphose en dépendance, la fuite par l’excitation est si fortement ancrée cérébralement et spirituellement que le dépendant ne peut se résoudre à chercher sa satisfaction ailleurs. Il est enchaîné à des rituels et des comportements qui le maintiennent fermement en place, même lorsqu’il réalise que sa dépendance devient destructrice. Au lieu de chercher ailleurs que dans le sexe, il plonge donc encore plus profondément dans ce dernier et se retrouve dans une puissante spirale qui l’aspire et l’engloutit.

Concrètement parlant, la dépendance commence souvent par un intérêt pour la nudité. Puis le cerveau s’ajuste, l’âme reste assoiffée et l’intérêt se porte vers du matériel plus explicite. Puis après un certain temps la lassitude refait surface et les goûts sexuels s’orientent vers des formes plus perverses ou violentes de sexualité.  D’où naissent une multitude de désirs dégradants dont se nourrit l’industrie pornographique. Si ces désirs se limitent au domaine de l’imaginaire, le désir de passer à l’acte avec de vraies personnes se présente alors comme suite logique à cette progression.  Pour d’autres, les fantasmes demeurent sensiblement les mêmes mais la recherche de l’excitation devient de plus en plus impérieuse. Les fantasmes deviennent omniprésents, l’intérêt pour le sexe tourne à l’obsession, la masturbation devient compulsive et très fréquente, la recherche de partenaires sexuels devient un mode de vie.

Il existe évidemment autant de manifestations variées de la dépendance qu’il existe de personnalités. Mais quel que soit le visage que prend la dépendance, la progression est un dénominateur commun. Les choses dégénèrent, la vie prend une direction inattendue et nous réalisons que nous assujettis à une force sombre que nous n’arrivons plus à contrôler.  C’est désormais elle qui nous contrôle.

A cause de sa nature spirituelle, l’homme qui se tourne vers le sexe comme source d’épanouissement est condamné à l’échec. L’homme est fait pour être en communion avec son Créateur, qui est sa source de vie. En se tournant plutôt vers le plaisir charnel, sa recherche d’épanouissement tourne à l’idolâtrie et cette idolâtrie tourne à l’esclavage et à l’auto-destruction. Coupé de Celui qui pourrait lui donner la vie en abondance, le dépendant meurt de soif.  C’est ce qu’exprime ce magnifique passage de la Bible:

… mon peuple a commis un double péché : Ils m’ont abandonné, moi qui suis une source d’eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l’eau. » (Jérémie 2.13)

Le plaisir sexuel est effectivement comme une citerne crevassée. Non seulement l’eau y est stagnante mais elle ne peut être retenue indéfiniment. Elle nous laisse continuellement insatisfaits, nous obligeant à creuser d’autres citernes, à consacrer toute notre vie à chercher avec désespoir quelques gouttes qui pourraient rafraîchir notre âme languissante.

C’est dans cette situation d’insatisfaction que se trouvait visiblement la samaritaine que Jésus rencontra au puits de Jacob. Le Seigneur, sachant que la femme multipliait les relations amoureuses, désigna le puits et lui offrit une alternative:

(…) Quiconque boit de cette eau aura encore soif ;mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » (Jean 4.13-14)

Nous pouvons accepter cette invitation de Dieu et mettre un terme à l’inexorable progression de la dépendance. Ou nous pouvons chercher la prochaine et ultime expérience sexuelle qui, croyons-nous, nous apportera la satisfaction que nous n’avons pas encore goûté. Mais dans ce cas, nous devons être conscient que cette quête n’a pas de fin. Il s’agit d’une quête qui nous amènera toujours plus loin et plus profondément, qui nous contraindra à jeter par terre nos propres principes moraux, jusqu’à ce que notre vie ne soit plus que désolation et ruine. Comme le disent les Sexoliques Anonymes, la dépendance mène ultimement à la folie, à la prison ou à la mort.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s