Satan, péché et esclavage (3 de 3)

Nous venons de tracer un portrait plutôt sombre de la condition humaine en nous appuyant sur ce que la Parole de Dieu nous révèle.  L’homme naît dans le péché, est esclave du péché et meurt dans ses péchés, ce qui le condamne à être séparé de Dieu.  Et pendant son séjour sur terre, il est sous la domination du prince de ce monde, Satan, et des démons qui exercent continuellement leur influence afin de pousser l’homme non pas à se repentir mais à se rebeller contre l’autorité de Dieu, ce qui ne fait qu’empirer sa condition et l’exposer à un esclavage encore plus profond.  Cependant, grâces soient rendues au Seigneur, alors que nous étions serviteurs du diable, Jésus a payé de son propre sang afin de nous racheter et nous rendre la liberté.  Ainsi, celui qui place sa foi en Jésus Christ n’est plus sous la domination de Satan.  Parce que Jésus a vaincu le monde et qu’il possède tout pouvoir et toute autorité, et parce que ce Dieu triomphant habite en nous qui croyons en son nom, nous sommes désormais assis avec Christ dans les lieux célestes et sommes appelés à exercer son autorité.

La sainteté selon Dieu

Dans le langage populaire, la sainteté signifie simplement un haut degré de moralité.  Il y a effectivement une part de vérité dans cette définition mais la sainteté selon Dieu va beaucoup plus loin.  Celui qui est sanctifié par le sang de Jésus est en fait séparé, mis à part pour Dieu.  Autrement dit, Dieu le retranche de ce monde voué à la destruction, le restaure et lui donne une nouvelle position où il est appelé à régner et servir avec Christ.  On peut résumer ainsi:

Avant le salut, l’homme est:

  • Ennemi de Dieu
  • Vouant un culte à lui-même
  • Vaincu par Satan

Après le salut, l’homme est:

  • Fils de Dieu
  • Serviteur des hommes
  • Vainqueur sur Satan

Si nous comprenons cela, nous réalisons que le christianisme n’est pas une question de rituels et de dogmes, ce qui n’en ferait qu’une foi morte qui ne se distinguerait d’aucune autre religion.  La foi chrétienne conduit à une transformation radicale, une nouvelle naissance qui renverse complètement la donne.  Alors que nous étions autrefois asservis par le péché et aux éléments de ce monde, nous nous retrouvons en position d’autorité et sommes appelés à régner avec le Roi des rois.  Cela ne doit jamais amener à développer un sentiment de supériorité car ce miracle n’est que l’oeuvre de la miséricorde de Dieu envers nous.   Mais cela doit entraîner un changement radical dans notre relation avec le monde.

En priant le Père, Jésus a dit de nous que nous étions en ce monde, mais pas de ce monde (Jean 17.14-18).  En effet, même si nous sommes physiquement ici, notre esprit est uni à celui de Dieu et nous marchons selon sa Parole.  Nous ne partageons ainsi plus les valeurs véhiculées par le monde, nous ne sommes pas animés par ses passions, ses promesses, ses prétentions.  Nous sommes de nouvelles créatures nées de l’Esprit du Dieu vivant.  Nous devons donc comprendre que tout attachement au monde va à l’encontre de notre appel et de notre identité en Christ.

Jésus nous a tracé le chemin par rapport à l’attitude que nous devons adopter.  Notre Sauveur était constamment conscient qu’il appartenait au Père et non à ce monde.  Ceux qui le suivaient, animés par des pensées charnelles, ont pourtant tentés maintes fois de faire de Jésus un dirigeant sur terre.  Un homme doté d’un tel charisme, qui fait fi des autorités religieuses et politiques, aurait sans doute été un leader redoutable.  Mais Jésus avait les yeux fixés sur le ciel et disait: “Mon royaume n’est pas de ce monde…” (Jean 18.36)  Même Satan tenta de lui offrir ce monde:

Le diable, l’ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre, et lui dit : Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes ; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux.  Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi.  (Luc 4.5-7)

Jésus rejeta l’offre avec force, d’une part parce qu’il n’adorait que Dieu et d’une autre part parce qu’il était saint, mis à part, séparé de ce monde.  Et c’est ce que nous sommes tous, nous qui avons invité Christ en nous.

La nécessité de haïr le monde

Une des tragédies spirituelles de notre époque vient de ce que des pasteurs, prêtres ou enseignants prétendent que nous pouvons être chrétiens tout en étant amis du monde.  Cette erreur conduit au compromis et met en péril la vie éternelle de ceux qui reçoivent un tel enseignement.  On essaie aujourd’hui de créer des chrétiens “dans le vent”, qui croient certes à Christ mais dont la culture et le système de valeurs demeurent étroitement associés au système satanique dans lequel nous vivons.  On dira que l’objectif est de ne pas se mettre le monde à dos, de lui ressembler afin de pouvoir le gagner à l’Évangile.  Le chrétien arrive certes à ressembler au monde.  Mais il doit pour cela éteindre l’esprit en lui et faire des concessions à Satan.  Alors non seulement il compromet son salut, mais en plus il ne touche pas les inconvertis car rien ne le distingue du monde.  Ce n’est pas parce que vous avez des autocollants de Jésus sur votre pare-choc d’auto ou que vous publiez des vidéos chrétiens sur Facebook que les gens se jetteront à vos pieds en s’écriant “Comment peut-on obtenir la vie éternelle?”  Car la majorité des gens n’ont pas le moindre intérêt pour Dieu et ne sont pas impressionnés par un christianisme de surface.  La seule chose qui peut les tirer de leur torpeur et les confronter, c’est la présence de Dieu en vous.  Et Dieu ne se manifestera pas en vous (ou à peine) tant que vous aimerez le monde.  C’est pourquoi Jésus a dit non seulement que nous ne devions pas aimer le monde, mais que nous devions haïr le monde.  Cette expression musclée revient à dire que nous devons accepter de renoncer à tout pour suivre Christ.  Tout ce qui est hors du Royaume de Dieu doit être considéré comme un déchet, comparé à la glorieuse lumière de Dieu.

Cet impératif revient encore et encore tout au long des Évangiles.  Jésus nous exhorte continuellement à prendre une position ferme et radicale par rapport à ce monde qui est frappé par la malédiction originelle et qui est dominé par des principautés et forces spirituelles ennemies de Dieu.  Et cela va à l’encontre de la tendance moderne, qui essaie de rendre le christianisme acceptable et lui donner un visage mondain.  Au fond, ce qui nous intéresse peut-être dans cette tendance, c’est la perspective de pouvoir être sauvé sans avoir à porter notre croix, sans avoir à être persécuté et haï à cause de notre foi.  Ainsi, pour l’amour du monde, nous risquons de perdre la vie éternelle car Christ a toujours été tranchant à cet égard.  De grâce, prêtez l’oreille à ses avertissements:

Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suis pas, ne peut être mon disciple. Car, lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever ? Ou quel roi, s’il va faire la guerre à un autre roi, ne s’assied d’abord pour examiner s’il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui vient l’attaquer avec vingt mille ?  S’il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. Le sel est une bonne chose ; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? Il n’est bon ni pour la terre, ni pour le fumier ; on le jette dehors. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.  (Luc 14. 26-35)

Rappelons-nous aussi de ces paroles de l’apôtre Jean:

Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui. (1 Jean 2.15)

Pour certains, cette réflexion permettra peut-être de comprendre la raison pour laquelle certains péchés reviennent de façon récurrente dans leur vie.  Vous avez peut-être fait un choix pour Dieu, mais en désirant toujours faire partie de ce monde.  Vous avez tenté de profiter des bénédictions de Dieu, tout en prêtant l’oreille aux promesses du diable.  Mais cette position est incompatible avec l’esprit évangélique.  Vous ne pouvez servir deux maîtres à la fois.  Jésus invite donc chacun de nous à prendre un temps pour réfléchir et calculer le coût que nous devons payer pour obtenir la vie éternelle.  Non pas que le salut puisse être acheté car il s’agit d’un don gratuit.  Mais le salut nécessite de sacrifier sur l’autel notre propre vie, nos passions charnelles, notre amour pour le monde, nos péchés.  Tenter de préserver ce que nous avons sur cette terre tout en cherchant la face de Dieu nous mènera à l’état le plus misérable qui soit.  Vaut mieux demeurer dans nos péchés que de nous retrouver dans cette situation de tiédeur et de compromis qui déshonore Dieu et piétine le sang versé pour nous sur la croix.

Si vous désirez être affranchi du péché, assurez-vous que vous ne voulez pas seulement être libéré de ses conséquences fâcheuses, mais que vous haïssez véritablement le péché et tout ce que le monde vous offre.  Avec une telle attitude de radicalité, le Seigneur aura à sa disposition un terrain fertile pour faire croître la vie de l’Esprit en vous et poursuivre ainsi votre sanctification.

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