De la relativisation à la perfection (2 de 2)

psg 2013-02-17Une des plus grandes leçons que le chrétien doit apprendre afin d’honorer Dieu est celle de la responsabilisation. Nous sommes responsables de nos pensées, de nos paroles, de nos actions, de nos intentions et aussi en grande partie des événements de notre vie. Nous forgeons notre caractère et notre destinée par des choix personnels conscients. Nous ne sommes pas le jouet du hasard, du destin, des astres ou de forces obscures autour de nous ou en nous. Nous sommes des esprits libres, créés à l’image de Dieu, et nous avons du pouvoir sur nos vies. Cela n’enlève rien à la souveraineté de Dieu, puisqu’il peut intervenir au moment et de la façon qu’il le veut dans nos vies (et c’est ce qu’il fait)… sauf que nous ne sommes pas comme des marionnettes. Nous ne sommes pas attachés à sa main par des ficelles. Nous sommes libres. Et cette liberté implique beaucoup de responsabilité.

Je débute cet article en soulignant ce point car l’un des plus grands obstacles au changement est la déresponsabilisation. Se déresponsabiliser, c’est attribuer nos comportements à des facteurs extérieurs à nous. C’est une stratégie commode pour justifier nos égarements. Mais le revers de la médaille, c’est que nous n’avons alors plus de contrôle sur notre vie. Car si nous attribuons nos comportements à une condition extérieure, nous sommes condamnés à demeurer les mêmes tant et aussi longtemps que cette condition demeure.

Nous entendons dans le monde une foule de petites phrases qui révèlent à quel point les gens essaient de se soustraire à la responsabilité de leurs gestes:

  • « Cet homme a trompé sa femme. Que voulez-vous… c’est le démon du midi. »
  • « Je me suis mis dans une telle colère… c’est mon tempérament italien qui est ressorti. »
  • « Cela ne me surprend pas de lui. Il est né sous le signe du scorpion. »
  • « Il ne faut pas lui en vouloir. Son père l’a négligé lorsqu’il était petit. »
  • « Si les filles ne s’habillaient pas si sexy, ce viol n’aurait jamais eu lieu. »
  • « J’ai pété les plombs car j’étais à la veille de mes règles. »

La liste pourrait s’étendre indéfiniment. Et malheureusement, lorsque nous donnons notre vie à Dieu, de nouvelles justifications sont également disponibles pour expliquer nos comportements:

  • « Le diable m’a tenté. »
  • « Tout le monde est pécheur. »
  • « J’ai prié Dieu de me libérer de cela mais… »

Dans tous les cas cités, l’individu se place lui-même en position de victime et prétend qu’il est manipulée par des forces qui le dépassent. Il ne se considère donc pas responsable. Il peut reconnaître ses erreurs mais s’en lavera les mains.

Je ne dis pas qu’il n’existe aucune influence extérieure à nous. Il est vrai que nous devons composer avec des hormones, des gènes, un bagage familial, un monde qui s’oppose souvent à notre volonté. Mais cette influence ne justifie en aucun temps nos comportements. Car nous sommes ultimement responsables de chacun de nos actes.

Qu’est-ce que Dieu en pense?

La tendance du monde est de croire que le croyant est un être faible, qui utilise Dieu comme une béquille et qui accuse le diable pour expliquer ses propres comportements. Un tel portrait correspond hélas très souvent à la réalité des personnes qui sont simplement religieuses et qui n’ont pas de relation avec Dieu. Mais celui qui connaît Dieu est au contraire une personne forte de caractère, qui prend l’entière responsabilité de ses actions. Pourquoi? Parce que c’est ce que Dieu attends de nous.

Il est fascinant de voir comment Dieu s’est toujours opposé à toute forme de justification et de complaisance. Il m’est souvent arrivé, avant de rencontrer Dieu personnellement, de m’adonner à d’intensives séances d’apitoiement. Et dans ces moments de tristesse et de désolation, j’avais le secret sentiment que Dieu me regardait et avait compassion de moi, qu’il versait des larmes avec moi, qu’il me disait: « Pauvre petit… »  La réalité, c’est que Dieu n’était pas touché par ces mises en scènes. Si je choisissais de me voir comme une victime des événements, Lui savait qu’il m’avait créé à son image et que je n’avais qu’à remettre ma vie entre ses mains et à changer.

Adam et Ève, nous le savons, ont tenté de justifier leur désobéissance. Ils n’ont pas pris la responsabilité de leur acte. Après le premier péché commis sur terre, ils ont immédiatement jeté le blâme sur une autre personne. Ève a accusé le serpent. Adam a accusé Ève et Dieu. Comment Dieu a-t-il répondu à cette attitude? Simplement en étant fidèle à sa Parole et en chassant l’humanité de l’Éden. Il n’a pas été convaincu par ces rationalisations. Il ne s’est pas dit: « C’est vrai, au fond, ces pauvres petites créatures étaient sans défense face à de telles circonstances. » Non. Dieu avait créé l’homme à son image, avec la domination sur toute la terre. En n’étant pas à la hauteur de ses responsabilités, l’homme a perdu sa position et la création entière, qui était sous son égide, a été entraînée dans la spirale de la souffrance et de la mort.

Au fond, Dieu a plus haute estime de nous que nous en avons nous-mêmes. Nous tendons à nous voir comme des victimes, alors que Dieu nous voit comme des princes. Nous nous voyons comme des marionnettes, alors que Dieu nous voit comme des agents libres.

Dès la deuxième génération humaine, l’auto-justification et la complaisance ont continué à faire leur oeuvre en la personne de Caïn, fils d’Adam et Ève. Car la justification va de pair avec le péché. L’homme ayant été créé à l’image de Dieu, il tente continuellement de préserver l’image de la perfection tout en agissant comme bon lui semble. C’est ce qui explique pourquoi même des pécheurs notoires justifient fréquemment leurs agissements. Pourquoi n’assument-ils pas simplement qu’ils font le mal? Parce qu’ils ont le besoin impérieux de préserver leur image originelle. Dale Canergie, dans How to Win Friends and Influence People, raconte comment Al Capone, qui fut une célébrité dans le monde du crime organisé, en était venu à se convaincre qu’il était une victime des autorités, qui s’évertuaient à le traquer alors que, selon lui, il était un « Bienfaiteur social ». Cet exemple montre à quel point un homme peut aller jusqu’à verser le sang de ses semblables tout en arrivant à préserver cette image originelle de justice et d’intégrité.

Comme mentionné auparavant, cette tendance peut être observée chez Caïn. Nous voyons dans la Genèse que Caïn s’est irrité contre Dieu car ce dernier n’avait pas agréé son offrande. Je ne crois pas que le problème était l’offrande elle-même, mais plutôt les dispositions du coeur de Caïn. Et ces dispositions se sont révélées dès que Caïn a été confronté au rejet de l’offrande. Plutôt que de répondre avec repentance, il a répondu avec colère. S’il avait su et cru que Dieu est parfaitement juste, il n’aurait pas cherché en Dieu un motif d’accusation. Il s’en serait pris à lui-même. Il se serait examiné honnêtement pour comprendre les motifs du rejet de cette offrande. Mais à la place, il s’est adonné à la complaisance. Comment Dieu a-t-il répondu à cette attitude? A-t-il prit Caïn en pitié? Certainement pas. Fidèle à lui-même, Dieu a confronté l’homme à sa responsabilité:

Et l’Éternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu? Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui. (Genèse 4:6-7)

Cette Parole est précieuse car elle révèle que Dieu s’attend à ce que nous dominions sur le péché. Lorsque nous nous justifions en disant que nous ne sommes que des hommes, que tout le monde pèche, Dieu répond: « Ok. Mais TOI, DOMINE SUR LE PÉCHÉ. » Car même dans un homme déchu, Dieu voit un prince. Et son standard demeure donc celui qu’il avait dans l’Éden; la perfection.  Dieu ne nous voit pas comme des êtres condamnés à la médiocrité. Il n’accepte aucune complaisance de notre part. Et il n’entrera jamais dans notre petit jeu d’auto-justification. Lorsque nous disons « J’ai fait le mal mais …[ placer ici la justification de votre choix ]« , Dieu fait un pas en arrière, se croise les bras et attends que nous revenions à la raison. Car il ne peut opérer aucun changement dans un homme qui se croit justifié de pécher. Cela serait tout simplement contre-productif. Car l’homme qui se croit juste ou normal ne commencera pas même à déployer des efforts. Et s’il essaie malgré tout, ce sera avec des pensées et des comportements d’auto-sabotage qui résultent de sa conviction intime d’être condamné à la médiocrité. Pour réellement changer, l’homme doit élever son regard au-dessus de ses conditionnements et embrasser la vision élevée que Dieu a de lui. Il doit prendre l’entière responsabilité de ses actes et se mettre au travail avec la collaboration de Dieu. L’adage populaire « Aide-toi et le Ciel t’aidera » se révèle ici parfaitement juste. Nous devons prendre la décision de changer et agir avec la conviction que c’est possible. C’est le premier pas. Dieu fera le reste.

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