10 moyens pour marcher selon l’Esprit et faire mourir les désirs de la chair (6 de 10)

psg 2013-07-17

6- Pensez en fonction du Royaume de Dieu

Avant de débuter la rédaction de cet article, j’ai eu la vive impression que son contenu ferait du mal à l’ennemi (j’utilise ici les mots exacts que j’ai eu à coeur).  J’ai été un peu étonné, car le sujet ne me semblait pas particulièrement menaçant. Puis en débutant l’écriture, j’ai rencontré des difficultés majeures pour mettre de l’ordre dans mes idées et ne pas dévier du message central. J’ai même été assailli par de fortes tentations. Tout cela indique peut-être que le sujet abordé est d’une grande importance, surtout qu’il s’agit d’un sujet qui est généralement peu abordé dans l’Église.

La séduction du monde

Vous savez, il existe une myriade de leurres que l’ennemi utilise pour éloigner les gens de Dieu ou s’assurer qu’ils ne le connaissent jamais. Ce monde est rempli de choses scintillantes, de parfums suaves, d’ambiances électriques qui envoûtent la chair et endorment la conscience.

En mai dernier, j’ai eu l’opportunité de travailler au centre-ville de Montréal, au Square Victoria. Ce milieu de travail est aux antipodes du bureau où je travaille habituellement, situé dans une petite ville de moins de 800 habitants, nichée dans les montagnes gaspésiennes.

Pendant ces 10 jours à l’extérieur de chez moi, j’ai profité de mes soirées pour me balader en ville avec ma douce moitié. L’air était chaud. Les terrasses étaient ouvertes. Partout, on voyait le bonheur des gens qui profitaient de la première vague de chaleur significative de l’été. L’ambiance était vraiment festive. Le long du trottoir étaient garées des voitures luxueuses qui ne semblaient pas avoir le moindre grain de poussière. Des voitures sport aux courbes racées, des VUS noirs avec des garnitures chromées et un fini impeccablement lustré qui reflétait les lumières du centre-ville. Les terrasses laissaient jaillir des éclats de rires et le bruit des coupes de vin, de la vaisselle et des ustensiles qui s’entrechoquaient. Ici et là, nous pouvions voir des couples ou des groupes d’amis sortir des restaurants, la plupart impeccablement vêtus, les femmes habillées de robes délicates et portant leurs menues sacoches design. Les hommes en chemise ou veston, affichant une allure fière, sûrs d’eux. En croisant ces gens, on pouvait humer de subtils effluves de parfums musqués ou fruités.

Puis à chaque matin, je me rendais au travail.  J’entrais dans l’un des nombreux ascenseurs de la Tour de la Bourse pour monter au 30ième étage, côte à côte avec des hommes et des femmes qui travaillaient pour la plupart à l’étage de l’Autorité des Marchés Financiers. Ils respiraient le luxe et la prestance. Des hommes discutaient affaire en jetant un oeil sur leur montre en argent ou en ajustant leur cravate. L’aura propre à cette catégorie de gens était palpable.

Un matin, je me suis retrouvé seul, le temps de monter les derniers étages, avec une femme très belle, jeune et visiblement à l’aise financièrement. J’échangeai quelques mots avec elle, relatant un incident qui s’était produit la veille avec l’un des ascenseurs, puis je suis sorti au 30ième.  Une autre fois, en remontant du stationnement sous-terrain de l’hôtel, je me retrouvai dans un ascenseur exigu, cette fois en compagnie de quatre jeunes femmes rutilantes qui échangeaient des blagues et jetaient un oeil sur leur téléphone intelligent.

Pourquoi décrire tout cela? C’est que toute cette activité humaine, toute cette ambiance avait sa propre pulsation. Une sorte de rythme, de chant envoûtant. Je sentais ma propre chair trépigner et vouloir se joindre à ce monde. Certains seraient d’avis qu’il n’y a pourtant aucun mal inhérent à ce que j’ai décrit jusqu’à maintenant. Peut-être. Mais tout cet univers enivrant était dépourvu de Dieu. C’était le domaine exclusif de l’homme, où la beauté, le succès, le luxe, les apparences et le culte du soi représentent pour la majorité les règles indiscutables et fondamentales de la vie. Pendant ce séjour, j’expérimentais la quintessence de l’humanité sans Dieu.

Ce qui est troublant, c’est que je n’étais pas indifférent à ce monde. Le vieil homme en moi, pourtant crucifié avec Christ, reprenait conscience et remuait. Il entendait la voix du Prince de ce monde, qui disait: « Si tu le veux, tu peux avoir tout cela. Tu peux goûter à la fortune, tu peux être aimé et désiré par ces jolies femmes. Tu peux être quelquun. Pense à tes nombreux talents.. Tu pourrais être une star! Tu pourrais avoir une belle vie! »

Si vous pensiez que j’étais une sorte de saint qui flotte au-dessus des nuages, je crois important de vous rappeler que je suis comme vous. Je suis sensible aux suggestions de l’ennemi. Je ne demeure pas indifférent en regardant la beauté. Je dois alors m’intérioriser et réaffirmer mon allégeance à Dieu. Le combat n’est pas aussi difficile que dans les débuts, mais la guerre n’est pas terminée pour autant. Et il arrive parfois des moments où je me sens las du combat et où j’aurais envie tout simplement de m’abandonner. Tout serait tellement « plus facile ». Sauf que…

Je n’appartiens pas à ce monde. J’y suis né, j’en ai été jadis l’esclave, mais Christ a versé son sang afin de me racheter. J’ai alors été retiré de l’emprise de ce monde. J’ai été éveillé de la transe qui me tenait captif de ce rythme envoûtant. Et je suis devenu citoyen du Royaume de Dieu. J’ai reçu une nouvelle identité. J’étais auparavant un pécheur. Je suis maintenant un saint. C’est le nom que Dieu m’a donné. J’étais autrefois de ceux qui poursuivent le vent et ruinent leur vie dans l’abîme de l’égoïsme. Mais j’ai reçu un coeur et un esprit nouveaux, j’ai reçu le désir consumant d’aimer Dieu et le prochain. Je n’ai donc rien à regretter. Je n’ai pas à tourner la tête et à revenir en arrière.

Prendre conscience de notre identité et de notre citoyenneté royale est un puissant antidote à ces moments de tentation où le monde semble si beau et délectable. Lorsque la chair s’éveille et veut s’éclater dans les rues de Babylone, nous devons voir au-delà des apparences et nous transporter hors du temps et de l’espace pour saisir le portrait d’ensemble. Nous devons chasser les mirages et revenir en contact avec la réalité. Et la réalité se résume ainsi:

Les plaisirs de ce monde ne durent que quelques instants. Et lorsqu’ils sont consommés en-dehors des paramètres bibliques, ils s’opposent à Dieu, ils laissent un goût amer dans la bouche et n’apportent aucune satisfaction. La beauté des femmes tarit rapidement. La force et la prestance de l’homme se dissout avec la vieillesse. Le luxe est temporaire. Tout finit un jour dans la pourriture et la rouille. L’approbation des autres est une quête vaine et douloureuse. Elle mène l’homme à la captivité. Vouloir faire partie des « grands » de ce monde implique de vendre notre âme au prince de ce monde.

Avez-vous vu à la télé ou sur Internet les images des tsunamis survenus dans les dernières années? Avez-vous vu les milliers de voitures balayées par les vagues? Il devait y avoir parmi ces voitures de très beaux modèles dont les propriétaires devaient être fiers. Des voitures qui leur donnaient l’impression, en se garant en ville, qu’ils étaient quelqu’un de significatif! Mais en un instant, leur symbole a été balayé comme un vulgaire déchet. La tôle a été froissée, déchirée et réduite en lambeaux. Le rêve a été éclipsé par la réalité, et cette réalité est que rien de tout cela n’a de valeur et tout peut nous être enlevé en un instant. Seul Dieu importe.

Bientôt, quelque chose d’encore plus désastreux qu’un tsunami surviendra sur terre. Il s’agit de l’apocalypse. Ce monde d’apparences, ce rêve futile que les gens entretiennent afin de remplacer Dieu, sera balayé par des désastres d’une telle ampleur que personne n’y échappera:

« Les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes. Et ils disaient aux montagnes et aux rochers: Tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l’agneau » (Apocalypse 6.15-16)

Cette image troublante provient d’une prophétie de l’apôtre Jean. Il s’agit des paroles que Christ lui a révélées directement. Elles nous rappellent que nous n’avons absolument aucun avantage à investir quoi que ce soit dans un empire qui appartient au diable et qui est voué à une destruction imminente. Nous ne sommes pas de ce monde. À moins que nous voulions être détruits avec lui.

Le chrétien est un fils de Dieu. Un fils du Royaume. Et il n’est plus sur terre pour alimenter la Bête mais pour la combattre. Il n’est plus sur terre pour participer à cette folie collective qui prévaut. Il est sur terre pour aimer, délivrer et guérir. Il est sur terre pour poursuivre le ministère de réconciliation de Christ. Il est sur terre pour combattre le bon combat. Il est un émissaire, un ambassadeur du Ciel. Il est la lumière dans les ténèbres. Il a reçu la volonté et le pouvoir de révolutionner le monde et de fracasser les portes de l’enfer. Il n’a pas été destiné à se retrancher derrière un buisson, rempli de honte comme Adam. Il a été revêtu de la Puissance d’en-haut. Par le sang de Jésus, il a été déclaré juste et l’ennemi ne peut plus l’accuser. Même lorsqu’il chute et rechute. Car son identité n’est plus définie par ses fautes, mais par ce qui a été accompli sur la croix pour lui. Lorsque le Père voit ses enfants, il ne dit plus, comme au temps des patriarches: « je n’irai pas au milieu de vous, car vous êtes un peuple rebelle et je pourrais être amené à vous exterminer pendant le voyage » (Exode 33.3) car sa justice a été satisfaite par le sacrifice de Jésus. Sa colère est donc apaisée et il déverse désormais en nous grâce par-dessus grâce. Lorsque Dieu nous regarde, il ne tient plus compte de notre corruption mais du vêtement de justice dont il nous a revêtu… et il nous déclare, comme il l’a déclaré à Jésus: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qui fait toute ma joie » (Matthieu 17.5)

Penser en fonction du Royaume de Dieu signifie que nous cessons de nous identifier à ce monde. Satan n’est plus notre maître. Les démons n’ont plus d’autorité sur nous. C’est nous qui avons l’autorité sur eux. Car notre Royaume est au-dessus du royaume du prince de ce monde. Cette terre et tout ce qu’elle contient est frappée par la malédiction du péché. Elle est infestée d’esprits mauvais. Elle est tourmentée par la violence, la destruction et la mort. Et elle est sur le point d’être détruite, comme au temps de Noé.

Nous n’avons plus rien en commun avec ce monde et sa façon tordue de penser. Nous ne souscrivons plus à ses valeurs égoïstes. Nous sommes des enfants de Dieu. Mais parce que nous sommes sur terre, notre nature humaine succombe encore parfois à la séduction. Nous nous laissons captiver par les mirages. Nous sommes envoûtés par la beauté, la popularité, l’approbation, le luxe, la jouissance. Alors nous perdons de vue les véritables enjeux de notre vie. Nous oublions que notre vie n’est pas consacrée à la recherche de ces futilités mais à la poursuite de la justice. Et lorsque nous tombons, l’ennemi se présente devant nous et dit: « Tu vois, tu es comme tous les autres ». Mais nous ne sommes pas comme tous les autres. Car notre coeur ne se complaît pas dans le péché. Nous avons seulement été faibles. Et cette faiblesse ne nous définit pas. Elle signifie que nous avons besoin davantage de la grâce de Dieu pour gagner le prochain combat.

Penser en fonction du Royaume signifie que nous gardons les yeux fixés sur l’éternité. Nous considérons notre vie et l’existence humaine en général dans le contexte du plan de Dieu. Nous ne nous laissons pas séduire par ce qui scintille. Nous voyons la corruption de toutes choses et apprécions la supériorité des trésors du ciel sur ceux de la terre. Avec un tel état d’esprit, nous sommes beaucoup moins enclins à tomber dans les pièges de l’ennemi. Et nous commençons à vivre véritablement en fonction de notre statut royal.

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