10 moyens pour marcher selon l’Esprit et faire mourir les désirs de la chair (7 de 10)

psg 2013-07-18

7- Jeunez

De toutes les façons de faire mourir les désirs de la chair, le jeûne constitue probablement la voie la plus efficace et expéditive. Il devrait faire partie de l’arsenal de combat de tout chrétien. Lorsque nous nous privons de nourriture, nous envoyons un message sans équivoque à notre chair: « Ce n’est pas toi qui dirige. Ce n’est pas toi qui prends les décisions. Tu es soumise à l’esprit et tu mangeras quand je te le dirai. »

Le jeûne aide à briser une faille de caractère que les hommes modernes – surtout en occident – ont tous en commun: la tendance à ne rien se refuser. Nous nous sommes habitués pendant des années à placer la chair au poste de commande de notre vie. Si la chair disait: « Je veux voir de la porno », nous disions: « Ok ».  Si la chair disait: « Je veux trois barres de chocolat, deux sacs de croustilles et une grosse bouteille de soda », nous disions: « Ok ».  Si la chair disait: « Je veux de la bière, des cigarettes ou de l’herbe, nous disions: « Ok ».  Si la chair disait: « Je veux louer un jeu vidéo et passer la fin de semaine à jouer », nous disions « Ok ».  Bref, vous saisissez le topo. Nous étions comme de dociles marionnettes, pratiquement impuissantes devants ces pulsions qui tiraient les ficelles et menait notre vie dans la direction que le diable avait déterminé pour nous.  Mais pour ceux d’entre nous qui sont sauvés, une autre autorité a pris les commandes: L’Éternel Dieu.  Nous avons donc échappé à la tyrannie de la chair pour nous soumettre à une autre forme d’esclavage, mais celui-là sources de vie et de bénédictions: l’esclavage de l’amour.  Désormais, ce n’est plus la chair qui dicte nos comportements, mais l’amour que nous avons pour Dieu et le prochain.

Malgré tout, la chair ne dort pas.  Elle tape du pied et réclame qu’on lui redonne ses titres de noblesse.  Elle veut se hisser à nouveau sur le trône de notre vie et jouer aux dictateurs comme dans le « bon vieux temps ».  La chair a gagné tant de pouvoir au moment de la chute originelle. Elle a réussi à se donner un semblant d’allure de divinité. Elle a réussi à se donner le sentiment d’être auto-suffisante, d’être l’égale de Dieu.  Et maintenant, la voilà ignorée, comme un pauvre chien qu’on écarte du pied: « Et moi alors? Demande-t-elle avec indignation. Qu’advient-il de mes désirs? De mes besoins? De mes rêves?  Ne dit-on pas qu’il faut penser à soi avant tout? C’est ce qu’on répète toujours à la télé. Et même mon psy a dit que je devais penser davantage à moi-même. Après tout, on ne peut pas vivre toujours dans le renoncement… il faut profiter de la vie! »

Bien entendu, la vie à laquelle la chair fait référence est la vie physique, matérielle, et tous les plaisirs – permis ou non – qu’elle comporte. La chair n’a aucune perspective de l’éternité. Elle ne se soucie pas le moins du monde de l’état de votre esprit ou de votre salut. Elle n’a aucun égard envers votre relation avec Jésus, votre paix ou votre bonheur. Que vous soyez plongé en pleine détresse émotionnelle, que vous soyez accro du sexe, du vin ou de la cocaïne n’a absolument aucune importance pour elle. Du moment qu’elle mène la barque et obtient ce qu’elle veut, vous… vous pouvez bien brûler en enfer. La chair est ainsi constituée. Elle suit la trajectoire que le chute originelle a fixée: vers le bas. Elle tend donc toujours vers le péché, la destruction et la mort.

Plusieurs personnes qui confessent le nom de Jésus n’ont jamais résolu cette problématique.  Elles ont adhéré à l’idée de faire de Jésus leur sauveur personnel.  Mais elles n’ont pas destitué la chair de sa position d’autorité.  Jésus est leur Sauveur.  Mais leur chair est leur Seigneur.  Personne ne veut demeurer dans une telle situation.  Car s’il est vrai que la sanctification est un processus graduel et que nous avons tous une partie charnelle qui reste à dompter, il ne faut toutefois pas s’imaginer que nous pouvons vivre une vie entière sans que l’autorité et la domination de Dieu sur notre vie soit manifeste.  Celui qui se dit chrétien et qui obéit généralement à la voix de sa nature déchue plutôt qu’à la voix du bon Berger est possiblement damné.  C’est à dire que peu importe ses prétentions et ses prières, sa vie témoigne qu’il est encore un fils de la perdition, qu’il ne s’est jamais soumis véritablement à la royauté de Jésus Christ.  Il tente d’accéder à la résurrection des morts sans passer par la crucifixion.  Il est trop conditionné à se complaire dans le plaisir pour en venir à un renoncement véritable.  Il est tiède et ne reflète que rarement la gloire de Dieu.  Il vit encore pour lui-même.  Et même s’il va à l’église tous les dimanches, qu’il utilise un langage religieux et qu’il a un autocollant de Jésus sur son pare-choc de voiture, il rencontrera à sa mort une porte fermée lorsqu’il voudra accéder au Ciel.  Et il entendra ces dures paroles de Christ: « Éloigne-toi de moi, toi qui commet l’iniquité ».

Ainsi donc, pour mettre fin à cette tyrannie de la chair, outre la repentance véritable et une relation étroite avec Dieu, il existe certaines armes efficaces telles que le jeûne.

Avant d’aller plus loin, il est important de préciser que le jeûne n’est pas un sacrifice que vous présentez à Dieu. Car le seul sacrifice valable que vous pouvez offrir à Dieu est votre vie-même. Les actions que vous posez (jeûnes, privations, bonne oeuvres, etc.) n’ont pas une valeur de sacrifice. Jésus a déjà offert sa vie en sacrifice pour vous et ce sacrifice parfait couvre toutes vos fautes.  Alors ne tombez pas dans le piège de jeûner en ayant l’impression que vous gagnez ainsi la faveur de Dieu.  Le jeûne n’est pas une monnaie d’échange ou un outil de persuasion à utiliser avec Dieu.  Vous avez peut-être lu des passages de l’Ancien Testament qui montrent des gens qui jeûnaient pour ajouter du poids à leurs prières ou pour demander pardon à Dieu mais ces pratiques n’étaient valables que sous l’ancienne Alliance.  En tant que chrétien, vous êtes sous la nouvelle Alliance et le jeûne est désormais une discipline spirituelle pour vous-mêmes.  Il sert à vous rapprocher de Dieu, à favoriser la vie selon l’esprit.

Comment jeûner?

Le jeûne n’étant pas un rituel ou une obligation religieuse, il peut prendre différentes formes. Il peut être fait de façon aléatoire dans l’année ou être planifié de façon régulière. Il peut être un jeûne complet ou inclure certains aliments. Il peut être rompu au souper ou se poursuivre sur 24 heures ou plus. Nous avons donc le loisir de déterminer les paramètres selon l’inspiration… dans la mesure où l’inspiration ne vient pas de la chair!

La chair peut intervenir entre autres de deux façons dans notre décision de jeûner.  Elle peut soit nous inciter à la complaisance et la tiédeur. Son but est alors de ne pas trop ressentir l’effet de la privation. Ou au contraire, elle peut nous inciter à verser dans un zèle exagéré, surtout si vous semblez très motivé dans votre décision.  Le but est alors de transformer votre jeûne en une performance spirituelle dont la chair pourra ensuite tirer des mérites: « Oh, mon frère, tu ne jeûnes pas, toi? Eh bien moi je jeûne souvent pendant trois jours en ne buvant pas la moindre goutte d’eau… Ce n’est pas facile mais la grâce de Dieu me soutient… »

L’esprit dans lequel le jeûne doit être fait est donc celui d’une discipline que l’on s’impose soi-même pour favoriser notre santé spirituelle. Nous jeûnons librement, nous jeûnons avec joie, et nous jeûnons dans le secret.  Le but de garder le jeûne secret est évidemment de laisser la chair en-dehors de cette histoire. Car nous savons qu’elle récupère tout ce qu’elle peut pour se gonfler d’orgueil.  Jésus a dit que celui qui jeûne pour être vu perd sa récompense.  Car toutes les bénédictions potentielles découlant du jeûne sont neutralisées par l’orgueil spirituel que nous retirons de notre vantardise.  Ce n’est pas un péché de dire à quelqu’un que l’on jeûne.  Mais si nous en parlons pour être admiré, nous sommes comme les pharisiens.  Si par contre nous en parlons pour enseigner ou édifier nos frères, pour offrir des conseils ou exemples, il n’y a rien de mal car nos motifs sont justes.  Nous ne perdrons alors pas notre récompense.  De toute façon – juste une petite note en passant – nous ne devrions pas être motivés par les récompenses. Les caniches fonctionnent de cette façon quand on les dresse à suivre les ordres.  Mais les chrétiens devraient avoir une source de motivation beaucoup plus noble, à savoir la gloire de Dieu.  Jésus a certes parlé de récompenses à plusieurs reprises, mais ce n’était pas pour que nous devenions des chrétiens qui agissent de façon intéressée et conditionnelle. Il s’agit simplement d’encouragements de la part de Dieu, pour nous rappeler que peu importe les difficultés qu’entraîne une vie selon l’Évangile, nous aurons tôt ou tard l’occasion de nous réjouir et de goûter au fruit de notre labeur.

Le jeûne idéal est un jeûne à l’eau seulement. Il est idéal parce qu’il est plus susceptible de calmer la chair qu’un jeûne de sucreries, par exemple.  Mais attention de ne pas créer une loi avec ce que je dis.  Si vous jeûnez autrement qu’à l’eau, vous ne commettez aucun péché, vous ne décevez pas Dieu et vous n’êtes pas moins spirituel.  Je parle seulement en termes d’efficacité.  Une privation totale de nourriture crée un effet notable sur les appétits charnels qu’un jeune partiel produira plus difficilement.  Mais il se peut que pour des raisons de santé ou des motifs personnels, vous ne puissiez ou ne vouliez pas jeûner à l’eau seulement.  Dans ce cas, allez-y avec un jeûne qui est à votre portée.  Il vaut mieux faire un jeûne partiel dans lequel vous honorerez Dieu que de faire un jeûne total par principe ou culpabilité et devenir exécrable avec tout le monde autour de vous.  Le jeûne rend la plupart des gens plus irritables (y compris moi) mais si l’irritation tourne à la crise de nerf, il vaut mieux réévaluer notre façon de jeûner.

Pour donner un exemple, je jeûne habituellement le mercredi. Le matin, je me fais quand même un café, mais en n’y ajoutant pas de sucre. Le but est d’éviter les maux de tête car même si je bois seulement 2 à 3 cafés par jour, je ressens facilement les symptômes du sevrage. En n’ajoutant pas de sucre, je respecte l’esprit du jeûne en refusant à la chair ses plaisirs quotidiens. Encore là, ce sont des décisions strictement personnelles, en accord avec ma propre conscience. Dieu nous parle de différentes façons alors il est important que vous suiviez votre propre rythme et respectiez les directives de l’Esprit Saint à votre égard. Ensuite, je vais au travail et bois de l’eau toute la journée. J’apporte souvent un contenant de jus au travail, juste au cas où la privation de nourriture induirait un trop grand état de faiblesse. Généralement, le jeûne me donne plus d’énergie mais quand je suis très fatigué ou que j’ai peu dormi, je ressens au contraire de la faiblesse. Le jus me permet alors d’avoir un apport de calories qui me redonne de l’énergie et me permet de poursuivre mon jeûne sans manger. Comme vous pouvez le constater, mon jeûne est flexible et s’adapte aux situations.

Si je me fixe un objectif (exemple: jeûner 24 heures) et que survient un imprévu, je n’ai aucun problème à rompre mon jeûne. Par exemple, je peux revenir du travail et constater que mon épouse a eu une journée difficile avec les enfants. Alors rien ne m’empêche de rompre mon jeûne pour l’inviter au restaurant. Et lorsque je le fais, je ne me sens pas coupable et je ne demande pas pardon à Dieu, car je n’ai commis aucune faute.  J’ai simplement mis fin à ma discipline pour répondre à quelque chose de plus important: L’amour.

Dans d’autres cas par contre, le désir de rompre le jeûne peut venir de la chair.  Je suis souvent revenu le soir à la maison pour réaliser que des crevettes étaient au menu ou qu’une personne avait apportée des gâteries chocolatées.  Et bien des fois, j’ai pris la décision de mettre fin au jeûne afin de ne pas passer à côté du délice.  Même dans ce genre de situations, Dieu n’est pas en colère contre nous.  Mais nous donnons du pouvoir à la chair en lui laissant le pouvoir de mettre fin à notre jeûne.  Il faut donc être prudent, surtout si la situation se répète souvent.

Peu importe notre façon de jeûner, il faut toujours garder à l’esprit que nous le faisons d’abord pour nous-mêmes.  Nous nous donnons des moyens concrets pour faire taire la chair et nous rapprocher de Dieu.  Il n’y a donc aucune règle préétablie, sinon que nous devons jeûner avec humilité et amour, et non de façon religieuse et légaliste.  De toute façon, personne ne va impressionner Dieu avec ses jeûnes.  Jésus, notre héros, a jeûné sans nourriture et sans eau en plein désert pendant 40 jours! Alors je crois que nous devrons être drôlement motivés pour réussir le même exploit.

Si nous n’atteignons pas nos objectifs, nous n’avons rien à nous reprocher.  Dieu n’est pas déçu ou fâché, il se réjouit au contraire de nos efforts.  Car même en ne sautant qu’un seul repas, nous avons déjà franchi un pas qu’une vaste proportion des croyants n’a jamais atteint.  Comme dans toute discipline, nous pouvons être confrontés à nos limites et réaliser que nous ne sommes pas parvenus à la maturité spirituelle que nous recherchons.  Mais si tel est le cas, nous n’avons pas à nous auto-flageller ou à éprouver de la honte.  Nous pouvons simplement aller vers le Père et lui demander la grâce de mieux réussir la prochaine fois.

Débutez chaque jeûne dans la prière, en demandant à Dieu son aide pour que vous puissiez jeûner selon sa volonté et son coeur.  Vous verrez que la main de l’Éternel sera fidèle pour vous soutenir tout au long de la journée.

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