3- De la pornographie aux troubles obsessionnels compulsifs

psg 2013-08-21

Pour l’homme, le sexe peut facilement devenir un trouble obsessif-compulsif parce qu’il génère la production d’hormones qui agissent comme une véritable drogue sur le cerveau. Cette drogue naturelle, comme toute autre drogue, remplace Dieu et devient la source fondamentale de paix et de réconfort.

Trois hormones sont principalement impliquées dans le processus d’addiction: La dopamine, la prolactine et l’oxytocine.

La dopamine entre en scène dès que nous tombons amoureux de quelqu’un. Lorsque nous éprouvons du désir sexuel (comme par exemple en visionnant de la pornographie ou en fantasmant), nous augmentons la production de dopamine. Au moment de l’orgasme, nous subissons une véritable tempête de dopamine, que les experts comparent à l’effet de l’héroïne sur le cerveau. C’est ultimement cet effet que nous recherchons afin de vaincre le stress ou contrecarrer des émotions indésirables (sentiment de rejet, anxiété, colère, etc.).

Dès que l’orgasme est passé, le niveau de dopamine chute drastiquement. Émotionnellement et physiquement, l’homme se sent alors repu et plus distant. La femme expérimente aussi une chute du niveau de dopamine mais cette chute ne survient qu’après un certain délai.

Après l’orgasme, le niveau d’oxytocine – une hormone qui contribue à la recherche de la proximité – chute en même temps que la dopamine, Simultanément, le niveau de prolactine augmente, cette hormone étant responsable du sentiment de satiété.

Comme nous pouvons le voir, ces modifications chimiques forment un modèle prévisible qui se répète à chaque fois:

  1. Augmentation de l’excitation sexuelle accompagnée d’une hausse du niveau de dopamine
  2. Orgasme accompagné d’une décharge massive de dopamine
  3. Chute drastique de la dopamine et de l’oxytocine après l’orgasme, accompagnée de la sécrétion de prolactine, le tout amenant un sentiment profond de satiété et de calme.

Ces phénomènes biochimiques étaient initialement destinés au bonheur du couple et à l’épanouissement du mariage. Dans le cadre conjugal, ce cycle hormonal accompagnant la relation sexuelle rapproche les deux partenaires, apaise les tensions et ouvre ensuite le terrain à une plus grande communion spirituelle. Dans un contexte normal, une fois l’orgasme passé, la chair repue entre en repos et les deux partenaires peuvent communier spirituellement, se cajoler, discuter, et profiter pleinement de ce moment où plus rien autour ne semble exister.

Dans le contexte du péché, par contre, la provocation artificielle de ce cycle hormonal entraîne au fil du temps un dérèglement profond de la personnalité, une vie dysfonctionnelle et des difficultés conjugales majeures.

Évidemment, l’homme ne se résume pas à des phénomènes biochimiques, comme le prétend le naturalisme. L’homme peut aimer et éprouver un désir de proximité sans qu’aucune hormone ne soit impliquée, puisqu’il est d’abord esprit. En fait, les hormones et les émotions sont destinées à accompagner et incarner les sentiments spirituels. Mais lorsque l’homme vit selon la chair, il devient tributaire de ses changements hormonaux. Il n’est plus en contact avec son esprit; son amour est donc un amour purement humain, physique et émotionnel. Et cet amour est constamment malmené par les fluctuations hormonales. Tantôt il est doux, attentif et romantique (hausse progressive de la dopamine) puis le lendemain il est froid et distant (chute de la dopamine et de l’oxytocine). Lorsque l’homme s’est masturbé en regardant de la pornographie, il en essuie le revers chimique pendant une à deux semaines. Pendant ce temps, il est plus irritable, insatisfait, anxieux ou dépressif. Il cherche spontanément la controverse et blesse souvent ceux qu’il aime.

En cherchant à régler ses divers problèmes par le biais de la dopamine, l’homme en arrive à ne plus pouvoir vivre sa vie « à froid ».  Il se retrouve ainsi dans la même position que le joueur compulsif ou l’héroïnomane.  Il cherche à maintenir un certain niveau de dopamine dans son organisme par le biais des fantasmes, par la recherche de la pornographie et par la planification de son prochain péché sexuel. Si son niveau de dopamine baisse ou qu’il n’arrive pas à obtenir l’objet de sa convoitise, il commence à ressentir les effets du sevrage, à être agressif ou dépressif. Cela le pousse à chercher un expéditif sexuel qui apaisera son agressivité et le replongera au début d’un autre cycle. Et puisque la dépendance est progressive, ce besoin récurrent se fera sentir de plus en plus intensément et fréquemment, jusqu’à ce que le fonctionnement normal de la personne se trouve altéré. Le cerveau n’est plus alors dans un état normal. Une partie de ses ressources sont consacrées à la recherche et à l’obtention du plaisir. Cette recherche, qui était au départ un mécanisme malsain d’évitement de la souffrance, devient un puissant mécanisme de survie qui accapare les pensées et les émotions. Nous avons alors affaire à ce que les gens désignent comme un « obsédé sexuel », qui deviendra parfois un délinquant sexuel à mesure qu’il perd le contrôle de sa vie.

Lorsqu’un homme est solidement enchaîné par une sexualité obsessive-compulsive, le sexe devient omniprésent dans sa vie. Son langage tourne fréquemment autour du sexe – au point de provoquer parfois le malaise chez les gens qui le côtoient, il déshabille mentalement toutes les femmes qu’il voit, il interprète les paroles ou les actions du sexe opposé comme des avances sexuelles, il est préoccupé par l’image qu’il projette, il cherche à séduire et à être séduit. Son existence est filtrée à travers une pensée tordue et sexualisée. Le sexe le dévore et le détruit peu à peu. Il en arrivera même à négliger ses besoins de base, son hygiène, ses responsabilités familiales ou professionnelles, pour nourrir son obsession. S’il a des prédispositions à la maladie mentale, il aggravera son cas. Ainsi, le sexolisme peut faire basculer certaines personnes vers une perturbation importante du jugement, vers la paranoïa, la violence, la schizophrénie, la dépression grave, les troubles bipolaires, la psychose, les troubles paniques, etc. D’un point de vue psychiatrique, ces problèmes s’expliquent simplement par des dérèglements chimiques. Et c’est le cas en un sens puisqu’un tel homme a déréglé ses fonctions cérébrales normales par le biais du plaisir sexuel utilisé à outrance.  Mais plus profondément encore, ces problèmes sont les symptômes d’une condition spirituelle plus grave et révèlent même parfois la présence d’esprits mauvais.

À la lumière de ce que nous venons de voir, nous en venons au même constat que ce que les Sexoliques Anonymes disent: Ultimement, une dépendance sexuelle non réglée mène à la folie, à la prison ou à la mort.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s