Le ciseau de Dieu

psg 2014-08-24Ce blog est depuis le début un grand paradoxe.  D’une part, j’ai la certitude – et mon épouse également – qu’il s’agit d’un projet inspiré de Dieu et que je suis réellement appelé, à travers ce blog, à proclamer l’Évangile et plus particulièrement le message de la pureté sexuelle.  Mais d’une autre part, je constate souvent que je suis indigne de proclamer ce message.  Et la rechute qui est survenue il y a deux semaines me l’a encore rappelé…

Lorsque nous sommes placés dans une position d’enseignement, les gens ont tendance à nous idéaliser.  Du fait que je proclame haut et fort que l’homme est appelé à une vie de pureté et de sainteté, plusieurs lecteurs auront l’impression que je parle en tant que parvenu en la matière.  Ça pourrait être le cas, sauf que je suis parti de loin et que j’ai encore beaucoup de chemin à faire.  Je traverse comme vous des moments plus difficiles, des moments de sécheresse spirituelle où ma relation avec Dieu se refroidit.  Je suis confronté à ma nature dysfonctionnelle et à toutes les ramifications qu’une vie de dépendance a pu engendrer dans ma vie personnelle, conjugale, sociale et spirituelle.  Je maîtrise très bien les mots.  Je sais comment verbaliser mon idéal et le partager avec fougue.  Mais ma vie personnelle n’est pas toujours à la hauteur de cet idéal.  Je cours la course mais je n’ai pas encore remporté le prix.  Je combat mais la guerre n’est pas encore terminée.  Parfois encore, je mords la poussière.

Une question peut se poser à ce moment-ci: Si moi, qui enseigne la pureté, je n’y arrive pas encore parfaitement, est-ce à dire que la pureté sexuelle est illusoire, qu’il s’agit d’un but qu’on ne peut atteindre?  Non.  Je sais que c’est possible et que beaucoup de gens marchent dans la victoire complète et définitive à ce chapitre.  Vraiment.  Mais dans mon propre cas personnel, le problème vient de ma lenteur à comprendre.  Spirituellement, je suis un âne.  Et c’est précisément pour cette raison que j’ai effacé tous les articles de ce blog il y a quelques mois.  Car je voyais ma vie spirituelle en déroute et je me disais que je n’avais aucune crédibilité pour parler de vertu.  Et vous vous doutez bien que Satan, l’accusateur des frères, se régalait de cette opportunité pour me marteler jour après jours que je n’étais qu’un hypocrite religieux.

Il y avait une part de vérité dans ces accusations.  Car même si mon intention n’était pas de tromper les gens autour de moi, je commençais à manquer de transparence.  Je m’assurais de préserver ma réputation spirituelle en ne parlant pas de mes combats sur ce blog, alors que mon caractère commençait à décliner.  Je suis conscient, très conscient de l’image que je projette.  L’homme qui lutte avec la dépendance sexuelle est généralement un as en la matière car il a passé sa vie à dissimuler sa vraie nature.  Je suis donc conscient de l’image idéalisée que mes lecteurs peuvent entretenir à mon égard.  Et je ne voulais pas briser cette image.  Je me disais qu’en tant qu’enseignant, je devais donner l’exemple.  Et rechuter n’est pas un exemple.  J’ai donc gardé une distance par rapport à mon lectorat.  J’ai continué de vivre mes difficultés dans l’ombre tout en maintenant le même discours.  C’était là ma part d’hypocrisie.  Et je vous en demande pardon.

Le Seigneur m’a toutefois montré que l’hypocrisie que j’avais commencé à entretenir n’était pas un sujet à me condamner et à tout détruire.  Ce n’est pas parce que je ne suis pas à la hauteur de mes exhortations que mes exhortations perdent toute crédibilité.  Sinon, aucun chrétien ne serait en mesure de prêcher la Parole.  Car lorsque nous prêchons la Parole, nous prêchons la perfection de la vérité.  Et nous nous « condamnons » donc aussitôt à prêcher quelque chose qui nous dépasse, qui est saint et glorieux alors que nous sommes encore empêtrés dans les filets de notre nature charnelle.  Si nous devions garder le silence pour cette raison, Satan remporterait la victoire car il est le père du mensonge et il a donc tout intérêt à ce que le chrétien ne prêche pas la vérité.  La condamnation est une de ses meilleures armes à cet effet.  Il tente de nous persuader que nous sommes inaptes à proclamer la vérité.  Et dans un sens, il a raison:

Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. (1 Corinthiens 1.26-29)

Notre inaptitude à servir Dieu est bien réelle.  Sauf qu’elle ne doit pas conduire à la condamnation, comme Satan aime le faire.  Elle doit conduire à une adoration encore plus profonde de Dieu.  Elle doit conduire à une admiration exceptionnelle pour un Dieu qui arrive à changer des vies à travers des gens aussi inaptes que nous.  Et c’est là que se trouve toute la sagesse du plan de Dieu: Si une vie est transformée par le biais d’une personne aussi faible et dysfonctionnelle que moi, ce n’est pas moi qui en retirera la gloire et l’honneur.  Ce sera Dieu.

J’ai écrit plus haut que spirituellement, je suis un âne.  Avez-vous déjà lu le passage du livre des Nombres où une ânesse adresse la parole à Balaam?  C’est une histoire savoureuse:

Balaam se leva le matin, sella son ânesse, et partit avec les chefs de Moab. La colère de Dieu s’enflamma, parce qu’il était parti; et l’ange de l’Éternel se plaça sur le chemin, pour lui résister.

Balaam était monté sur son ânesse, et ses deux serviteurs étaient avec lui. L’ânesse vit l’ange de l’Éternel qui se tenait sur le chemin, son épée nue dans la main; elle se détourna du chemin et alla dans les champs. Balaam frappa l’ânesse pour la ramener dans le chemin.

L’ange de l’Éternel se plaça dans un sentier entre les vignes; il y avait un mur de chaque côté. L’ânesse vit l’ange de l’Éternel; elle se serra contre le mur, et pressa le pied de Balaam contre le mur. Balaam la frappa de nouveau.

L’ange de l’Éternel passa plus loin, et se plaça dans un lieu où il n’y avait point d’espace pour se détourner à droite ou à gauche. L’ânesse vit l’ange de l’Éternel, et elle s’abattit sous Balaam. La colère de Balaam s’enflamma, et il frappa l’ânesse avec un bâton.

L’Éternel ouvrit la bouche de l’ânesse, et elle dit à Balaam: Que t’ai je fait, pour que tu m’aies frappée déjà trois fois? Balaam répondit à l’ânesse: C’est parce que tu t’es moquée de moi; si j’avais une épée dans la main, je te tuerais à l’instant. L’ânesse dit à Balaam: Ne suis-je pas ton ânesse, que tu as de tout temps montée jusqu’à ce jour? Ai-je l’habitude de te faire ainsi? Et il répondit: Non.

L’Éternel ouvrit les yeux de Balaam, et Balaam vit l’ange de l’Éternel qui se tenait sur le chemin, son épée nue dans la main; et il s’inclina, et se prosterna sur son visage. L’ange de l’Éternel lui dit: Pourquoi as-tu frappé ton ânesse déjà trois fois? Voici, je suis sorti pour te résister, car c’est un chemin de perdition qui est devant moi. L’ânesse m’a vu, et elle s’est détournée devant moi déjà trois fois; si elle ne fût pas détournée de moi, je t’aurais même tué, et je lui aurais laissé la vie.

Balaam dit à l’ange de l’Éternel: J’ai péché, car je ne savais pas que tu te fusses placé au-devant de moi sur le chemin; et maintenant, si tu me désapprouves, je m’en retournerai. (Nombres 22.21-34)

Dans ce récit, qui n’est pas une allégorie mais un fait vécu, Dieu utilise une ânesse pour corriger la trajectoire d’un homme.  C’est une anecdote vraiment drôle, mais aussi encourageante.  Car elle permet de comprendre que même si je suis aussi têtu qu’un mulet, Dieu peut m’utiliser.

La raison pour laquelle je me compare à un âne est que j’ai une fâcheuse tendance à oublier les leçons du passé.  Lorsque les choses vont bien, qu’il n’y a plus de combat pour la pureté, que je glisse sur la vague de la grâce, je vais souvent oublier mon absolue dépendance vis-à-vis Dieu.  Je vais alors écourter mes temps de prière et manquer de vigilance tout au long de la journée.  La Bible dit pourtant que nous devons « veiller et prier ».  Veiller est une action qui est posée dans le paisible silence qui précède la bataille.  Veiller est une décision de se tenir sur ses gardes alors que rien n’indique que l’ennemi va frapper.  L’ennemi sait que lorsque je suis armé et prêt, il ne peut me défaire car je suis revêtu de la puissance d’en-haut.  Alors il attends que je relâche mon attention.  Il me laisse un long répit et m’observe.  Puis il me suggère de remplacer un temps de prière par un projet super passionnant.  Rien de mal.  Juste quelque chose qui me fera dériver lentement de la vie de l’Esprit pour entrer progressivement dans l’agitation de la chair.  Il attend que mes yeux spirituels s’appesantissent puis il frappe par surprise.  Et je me retrouve défait et humilié comme une jeune recrue qui n’aurait aucune expérience du combat.

Les derniers mois ont donc été pénibles.  Car j’ai emprunté à nouveau de vieux sentiers dans lesquels je ne voulais plus jamais marcher.  Et j’en ai beaucoup souffert.  Et mon épouse encore plus.  Ayant oublié l’ingrédient indispensable de la grâce, je me suis enlisé pendant un long moment.  Mais Dieu a été à nouveau patient et miséricordieux.  Vous avez probablement déjà expérimenté cela: Vous combattez pendant des jours, des semaines, voire même des mois… mais vous semblez tourner en rond et revenir sans cesse à la case départ.  Vous désirez vaincre, mais en même temps, une partie de vous semble apathique et incapable de combattre.  Puis quelque chose se produit en vous.  Ce quelque chose peut prendre naissance  suite à un sermon inspiré par Dieu, à une lecture, un événement, un temps de prière ou simplement parce que vous avez atteint le fond du baril… et soudain vous expérimentez une repentance beaucoup plus profonde et votre combat devient plus sérieux.  Je crois que ces moments sont des moments de pure grâce.  Car si ce n’était que de nous, nous poursuivrions notre trajectoire dans la spirale de l’addiction.  Mais une fenêtre s’ouvre dans le ciel.  Dieu nous tend la main à nouveau et nous offre une force surnaturelle pour vaincre le cycle aliénant de la dépendance.  C’est ce qui s’est passé il y a deux semaines.  J’ai expérimenté une repentance profonde, un déchirement de l’âme qui m’a amené à me tourner à nouveau vers Dieu, vers le seul qui possède le pouvoir de me garder pur et saint dans un monde sombre et perdu.  Lorsque j’ai senti que la main de Dieu se posait sur moi, je m’y suis accroché comme un homme sur le bord de la noyade.  J’ai pleuré et j’ai dit à Dieu que j’allais m’accrocher à Lui de toutes mes forces et ne plus m’éloigner.  Car sans cette main puissante tendue vers moi, sans le secours divin, je suis condamné à dériver et à me noyer.  La pureté n’est possible que par une dépendance complète et quotidienne envers Dieu.  Point final.

J’ai hésité à écrire cet article.  Mais je savais que je devais faire tomber le masque et me montrer tel que je suis.  Ma « crédibilité » n’est pas la chose la plus importante.  Mon honnêteté, si.  Lorsque j’enseigne, ce n’est pas moi qui parle mais Dieu qui parle à travers moi (dans une grande mesure, du moins).  Plusieurs d’entre vous le savez.  Vous avez lu plusieurs textes sur ce blog qui ont touché votre coeur, qui ont fait bondir votre esprit de joie et qui vous ont fait crier: « Amen! »  Vous avez reconnu la voix du Grand Berger à travers mes mots.  Je n’ai donc pas à me soucier de l’image que je projette.  Je n’ai pas à feindre la perfection.  Je n’ai qu’à désirer la perfection de tout coeur et à marcher humblement devant mon Dieu.  Et Dieu s’occupera du reste.  Et si certains sont déçus d’apprendre que j’ai été faible, je désire rappeler fraternellement que nous ne devons jamais transformer un homme en idole.  Nous sommes tous des frères qui marchons sur un chemin étroit et difficile.  Et nous ne pouvons y arriver qu’en fixant les yeux sur Jésus.  Non sur un homme.  Car un jour ou l’autre, les hommes nous décevront.  Nous pouvons nous inspirer de ceux qui marchent à nos côtés.  Mais nous devons demeurer prudent pour n’exalter aucune personnalité humaine.  Que seul le Dieu Tout-Puissant soit exalté à jamais.  Amen!

Je sais que Dieu se servira de ce détour dans le désert pour apporter encore plus de profondeur à mes écrits.  Tout concours au bien de ceux qui aiment Dieu et mes erreurs seront assurément transformées en bénédiction.  La vie est une école et certaines leçons sont simplement plus difficiles à assimiler.  Ma prière est que Dieu me donne de la sagesse à profusion afin que je ne m’égare plus jamais sur les voies de l’abandon. Je crois que Dieu a le désir et le pouvoir de me garder pur.  Et je m’accroche désormais à lui, sachant que c’est en lui que je trouve la puissance de vaincre.  J’ai intitulé cet article Le ciseau de Dieu en référence à une vidéo très touchante que j’ai traduit et publié sur YouTube il y a quelques mois.  Cette vidéo nous rappelle que la discipline divine n’est pas toujours un processus agréable.  Nous devons accepter à chaque jour de crucifier notre chair afin que la vie de l’esprit en nous puisse s’épanouir.   Le salut n’est pas seulement un événement défini dans le temps, mais un chef d’oeuvre que Dieu est en train de créer en nous à partir d’un homme faible, dysfonctionnel et inapte.  Par son génie et sa souveraineté, Dieu arrive à transformer cette créature misérable en un prince, en un fils couronné de gloire.  Ce miracle dépasse celui de la création de l’univers.  Et c’est ce qui se passe en chacun de nous lorsque nous laissons Dieu nous ciseler au quotidien afin de nous conformer à l’image de son Fils Jésus.  Si vous n’avez pas vu la vidéo, je vous la partage ci-dessous.  Elle dure moins de 12 minutes et vous permettra de vous rappeler celui que vous êtes et ce que Dieu est en train d’accomplir en vous.  La vidéo est ensuite suivie d’une très belle chanson de Luc Dumont (accompagné de ses paroles, en dessous) qui exprime parfaitement ma prière et mon coeur pour Dieu en ce moment.  Je vous reviens la semaine prochaine, si Dieu le veut.  Paix et grâce en Jésus-Christ, notre Seigneur et Maître!

Que jamais (Luc Dumont)

Parfois le chemin semble si long
Et grandes sont les déceptions
Comme l’oiseau, je voudrais m’envoler
Dans le désert, me réfugier

Si je m’égare sur les voies de l’abandon
Tu me ramènes à la raison
Puisses-tu comprendre tout le sens de mes soupirs
Oui mon âme voudrait tout te dire

Que jamais
Je ne m’éloigne de toi
Que jamais
Je n’perde le feu en moi
Que jamais
je n’abandonne tes voies

Quand du passé, la honte fait surgir
L’écume de mes souvenirs
Tu me rappelles ce moment d’éternité
Là où mes chaînes furent brisées

Quand je suis seul, pensant être oublié
Tu viens toujours à mon secours
Je chanterai l’hymne de ton amour
Un chant sublime de liberté

Que jamais
Je ne m’éloigne de toi
Que jamais
Je ne perde le feu en moi
Que jamais
Je ne m’éloigne de toi
Que jamais
Je ne perde le feu en moi
Que jamais…

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