Chute et rédemption (Dialogue avec Dieu)

psg 2014-10-01

Ce soir, je ressens le besoin de dialoguer avec Dieu. Je ressens le besoin d’aller beaucoup plus en profondeur que dans les derniers jours. On ne se repent pas de l’adultère comme on se repent d’une blague de mauvais goût. L’adultère est un péché qui trace de profonds sillons dans le coeur de ceux qui ont été trahis. Et dans le coeur du traître. Je désire mettre à nu ce coeur de pierre qui a blessé l’amour de sa vie. Je désire labourer ce champ stérile dont la terre est si sèche et inhospitalière que seules les ombres semblent vouloir s’y aventurer. Je veux m’ouvrir à Dieu. Et je veux que vous y soyez.

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Seigneur, tu es là? Es-tu toujours là, dans le secret de mon coeur, dans les profondeurs de mon esprit? Es-tu toujours présent, à mes côtés? Ce que je ressens, c’est que tu n’y es pas. Ou plutôt que tu as détourné ta face. Mais c’est le regret qui me fait sentir ainsi, car par la foi je sais que ce n’est pas le cas. Tu me regardes en ce moment avec tes yeux d’amour. Et cet amour me blesse et me transperce. Car je me sais indigne d’être aimé par toi.

Le temps est venu de faire le point, mon Roi. Car j’ai atteint une fosse dont j’ignorais même l’existence. J’ai lâché ta main un moment et mon pied a glissé sur une pente abrupte. Je n’ai pas eu le temps de crier à l’aide. Mais plus grave encore, je n’ai pas voulu à crier à l’aide. Et c’est là que tu poses ton doigt, mon Dieu, en ce soir de repentance. Tu le poses sur la partie malade de mon âme. Sur cette dimension de ma personnalité qui se fabrique encore des idoles et qui se prosterne devant elles malgré tous tes avertissements.

Les hommes m’ont enseignées bien des religions. Avant de porter ton nom, j’ai eu droit à un vaste étalage de divinités. Mais tu sais pourquoi je t’ai choisi (même si c’est toi qui m’a choisi en vérité). Parce que de tous les dieux, Toi seul a accepté de me prendre tel que je suis. Toi seul a accepté que je n’aie pas une note parfaite, que je ne sois pas un modèle inébranlable de vertu. Ce n’est pas que tu ignores mes péchés… mais c’est que tu as eu cet amour inexprimable qui t’a poussé à offrir ton fils en sacrifice pour mes péchés et pour les péchés de tous mes frères et soeurs. Toi seul nous a fait ce don précieux. Et ce soir, je suis le premier à me jeter à genoux devant ce torrent de grâce et de miséricorde… car j’en ai tellement besoin.

Je ne veux pas faire de la poésie ou jouer avec les sentiments des gens en ce moment. Même si je sais que beaucoup de gens, partout sur la terre, liront ces mots, je veux qu’ils soient des mots vrais, destinés d’abord à Toi. Il faut que nous discutions de ce que j’ai fait. J’ai besoin de t’en parler. Et j’ai besoin que tu me répondes. Car je ne veux plus jamais tomber dans ce péché. Je ne veux plus jamais faire de mal à ceux et celles que j’aime. Et j’ai besoin que tu m’expliques ce qui est arrivé et comment je peux me préserver de commettre à nouveau une telle erreur.

Je prête l’oreille en ce moment à ta Parole. Je n’ai jamais entendu le timbre de ta voix… mais je la reconnais pourtant distinctement parmi des milliers. Elle est inaudible mais s’impose pourtant avec une telle force en moi que je ne peux l’ignorer ou la confondre avec une autre.

Des mots commencent à passer de ton coeur au mien. Tu veux me parler de l’orgueil. Très bien. Parlons de l’orgueil. De mon orgueil. Mes lecteurs ne savent pas même à qui ils ont affaire. Certains, qui me suivent depuis longtemps, croient même que je suis humble. Mais soyons francs… je ne le suis pas. Je suis un cas très sévère d’orgueil. Il ne peut en être autrement. Pour être aussi rebelle à ta voix et tomber si facilement dans le péché, il faut avoir une très haute estime de ses propres forces et une immense admiration envers ses propres raisonnements. Je n’aurais jamais pu vivre dans l’infidélité pendant tout ce temps si j’avais marché humblement devant mon Dieu. Je ne me serais pas berné si facilement si j’avais passé plus de temps avec ta Parole et moins de temps avec mes propres pensées. Mais voilà, j’ai cette habitude effrayante de me passer de toi. Je passe des jours sans ouvrir ma Bible, je me lève de bon matin et passe devant toi comme devant un tableau accroché au mur. Jean le Magnifique qui entreprend sa grandiose journée sans l’aide de qui que ce soit. Avec ses propres forces, sa propre sagesse, sa propre volonté. Merci pour cette chute, Seigneur. Merci d’avoir laissé ce vase fragile voler en éclat au fond du ravin. Cet échec me rappelle combien je ne suis RIEN sans toi. Ce n’est pas une figure de style. Je ne suis RIEN sans toi. Et sans toi, je ne peux RIEN. Tu es mon tout et j’ai besoin de toi à chaque instant.

La prière que je t’adresse à ce moment-ci de notre conversation, est la suivante: Brise-moi. Brise mon orgueil. Ce péché m’a déjà brisé. Mais il n’a fait que me briser en trois ou quatre morceaux. J’ai besoin que tu me réduises en poussière, que tu me mélanges aux eaux vives qui jaillissent de ton coeur et que tu formes un tout nouveau vase. Je ne veux pas juste être réparé. Je veux être détruit et reconstruit. Je ne veux pas sortir de ce temps de prière avec une repentance bon marché. Je ne veux pas sortir de cette réflexion en me félicitant de ma spiritualité. Je veux agoniser sous ta main. Je veux éprouver la tristesse selon Dieu. Je veux goûter à l’amertume de mon péché et en boire la coupe jusqu’à la lie. Je veux sentir l’odeur sulfureuse de l’enfer dont tu m’as sauvé, je veux tendre l’oreille et écouter un moment les cris de désespoir de ceux qui ont haïs tes voies et qui sont jetés dans un feu qui ne s’éteint point. Je veux contempler ta colère, celle qui est détournée de moi en ce moment-même à cause du sang de l’Agneau qui marque ma tête. Si ce n’était de cette marque, ta colère serait en train de me broyer sans pitié et de me réduire à néant. Et le Ciel entier et ses saints anges se réjouiraient de l’exercice de ta parfaite justice. Mais tu as daigné m’offrir ton Fils unique sur la croix afin que je ne goûte jamais à ces tourments.

Père, tu portes maintenant mon attention vers la croix. Je la connais si peu, car je la porte si peu souvent. Ma vie est une vie de facilité et de compromis. Tu désires en ce moment que j’embrasse cette croix, que je cesse de la fuir. Elle est le lieu de transition entre ce monde et ton Royaume. Elle est l’instrument qui doit faire mourir ma chair. Cette chair que je dorlote avec un tel naturel. Si je suis devenu dépendant du sexe, c’est parce que j’ai fuit ta croix toute ma vie. J’ai préféré une vie sous sédatif plutôt qu’une vie de sacrifice. Mais je ne peux plus continuer dans cette direction. Suis-je de ceux qui croient pouvoir ressusciter sans d’abord passer par la mort à eux-même? Suis-je de ceux qui s’abreuvent de ta paroles mais qui ne la mettent jamais en pratique?

Seigneur, tu sais que je t’aime. Et il m’est insupportable de vivre dans une telle tiédeur.

« Non, c’est faux. Tu le supportes très bien. »

(Moment de silence)

Oui, c’est vrai, Père. Je supporte la tiédeur et c’est ce qui me terrorise en ce moment. Car tu vomiras les tièdes de ta bouche. Et je sais que je n’ai pas le pouvoir d’embraser mon propre coeur. Je dépends entièrement de ta souveraineté sur ma vie pour que cet amour si frêle en moi devienne un amour digne de Toi. Je n’ai aucune formule magique pour faire apparaître en moi une passion dévorante pour ton Nom. Je suis un mendiant qui t’ouvre des mains vides. Je te supplie, Seigneur, de m’aider à t’aimer comme tu le désires. Je t’en supplie, Seigneur. Car de moi-même, je suis plus sombre et froid que les tréfonds de l’univers, là où aucune étoile n’apporte sa chaleur.

Si ma vie se poursuit dans l’indifférence qui me caractérise si souvent, ma vie est vaine. J’occupe de la place inutilement sur cette terre. N’abandonne pas l’oeuvre que tu as entrepris en moi, Seigneur. Que ma vie aille de vertu en vertu et de gloire en gloire. Qu’elle ne soit plus la démonstration d’une religion dépourvue de puissance. Que ma vie porte du fruit. Tu sais que lorsque je me désempêtre des filets de ce monde, mon plus grand désir est de porter du fruit pour ta gloire. Oh, mon Roi, fais tout ce qu’il faut faire pour que ce désir qui nous est commun se réalise. Fais TOUT ce qu’il faut faire. Je le dis presque en tremblant car j’ai peur de ce que ça pourrait impliquer. J’ai peur de l’épreuve qui est destinée à me purifier. Mais je préfère m’ouvrir à la souffrance de la sanctification plutôt que de ramper dans la souffrance de la médiocrité.

(Pause)

Pourquoi ai-je tourné mes yeux vers une femme inconnue, Père?

« Parce que tu as abandonné [ta femme], ton premier amour.   Parce que tu m’as abandonné. »

Je sais que c’est vrai, Seigneur. Je me suis éloigné de Toi et de mon épouse. Les deux plus grands amours de ma vie. J’ai été si étourdi, enfermé dans mon propre monde, captif de mes pensées, de mes projets, de ma hâte perpétuelle. Mais si je veux aimer comme tu l’as commandé, je dois sortir de moi-même et ralentir le pas. Car je passe en ce moment à-côté de la vie véritable et je bâcle l’obéissance au premier et au plus grand des commandements.

Je dois prendre une pause et cesser d’écrire un moment. Car je crains de me perdre dans les mots. Je ne suis pas ici pour écrire des mots mais pour te laisser sonder mon coeur et enseigner mon esprit. J’ai besoin d’une révélation de ce qu’est vraiment l’amour. Car je ne sais pas comment aimer. À preuve, j’ai utilisé une femme au bureau pour satisfaire mes propres besoins égoïstes et j’ai appelé cela de l’amour.

Je te connais depuis plusieurs années maintenant, Seigneur Dieu. Comment est-ce que je peux être encore si loin de l’amour? Comment est-ce que je peux être tellement rempli de moi-même et si indifférent aux autres? Si un aspect de ma vie me fait douter de mon salut, c’est celui-là. J’aime si peu. Et je m’aime tant.

« Oui. Et c’est précisément là que se trouve l’explication de tous tes échecs »

Assurément, Seigneur. Alors c’est à ce niveau fondamental que tu dois me transformer. C’est dans ces voies que tu dois me diriger. Car je suis en territoire inconnu. C’est d’une telle ironie, de la part d’un chrétien qui devrait se définir par son amour pour Dieu et son prochain. Mais c’est la pure vérité: je ne sais pas aimer. Je suis imbu de moi-même et tu dois me montrer comment ne plus l’être. Finalement, je crois que nous revenons au thème de la croix. C’est de toute façon le thème central de toute la vie chrétienne. Nous devons mourir à nous-mêmes pour que ta vie puisse jaillir en nous.

« C’est exact. Et je serai fidèle à te montrer la voie puisque tu me le demandes. Car je désire te combler d’une vie de bénédictions et assouvir les désirs de ton âme. »

Ta bienveillance et ta fidélité me bouleversent, Père éternel. Je ne mérite pas tant de grâces et je ne peux que me prosterner devant ta magnificence. Je me place devant toi et suis à ta disposition. Fais de moi ce que tu voudras. Enlève de ma vie ce qui ne t’appartient pas et transforme-moi à ton image. Je veux te ressembler, Seigneur. Je veux être amour.

Je pensais écrire beaucoup ce soir. Mais chaque mot est difficile à émettre. Il semble que de pleurer ou gémir exprimerait beaucoup mieux ce que l’Esprit Saint tente de faire remonter en moi. Alors pour terminer ce moment intime avec Dieu que je partage avec mes amis et ceux qui sont simplement de passage sur ce blog, j’aimerais simplement faire un geste de foi et laisser la conclusion à Dieu. Seigneur, ouvre mes oreilles à ta voix, afin que j’exprime fidèlement ce que tu désires transmettre ici:

« Mon enfant. Je suis un Dieu fidèle et je t’appelle à la fidélité. Tu vis dans un monde qui ne connaît pas ce mot mais je veux t’enseigner la beauté et la souffrance d’un engagement total envers l’autre. Ne crains pas et abandonne-toi simplement à ma main puissante. Je saurai te diriger dans des sentiers nouveaux, que tes pieds n’ont jamais foulés. Tu trouveras dans ces sentiers la paix que tu as toujours recherché. Ne cours plus vers tes idoles mais marche calmement et humblement dans la présence de ton Dieu. Celui qui demande reçoit, et parce que tu demandes mon aide, tu verras des prodiges se réaliser dans ta vie. Ta foi ouvrira les écluses du Ciel et des armées célestes se rangeront à tes côtés afin de te faire goûter à la victoire des élus. Ne présume jamais de tes forces, mais demeure attaché à moi à chaque moment, afin que je puisse te communiquer ma vie et te soutenir par ma grâce. Tu es mon fils et je t’aime. Et mon amour sauvera tous ceux qui crient vers moi. Car Fidèle est mon nom et je n’abandonnerai jamais celui qui se confie en son Dieu. Paix et restauration à tout homme qui place sa confiance en moi. »

Amen Seigneur, ta Parole est vie. Qu’il me soit fait selon ta volonté.

Avec du recul…
30 juin 2016

L’article précédent s’était terminé dans un grand sentiment de paix.  Mais cette paix fut de courte durée.   Dès le lendemain, mon coeur était à nouveau tenaillé par un sentiment d’oppression.  Malgré mes convictions de la veille, je sentais qu’une partie de moi était toujours porté vers ma maîtresse.  Il ne s’agissait pas d’un désir pleinement conscient et assumé, mais plutôt d’une ombre menaçante qui gagnait du terrain en moi à chaque heure malgré mon désir sincère de changer.  J’étais découragé par cette ambivalence et j’avais peur de moi-même.  Je me demandais si je n’étais pas hypocrite, si mes moments de repentance avaient une réelle valeur.  Au fond, je commençais à comprendre l’impact réel de l’adultère.  Ce n’était pas un péché comme les autres.  C’était un péché qui divisait le coeur et l’âme.

J’ai tenté de contrer ma nature charnelle et de consolider mes bonnes intentions en écrivant cet article articulé autour de la repentance.  La démarche eut pour fruit un bon article… mais j’aurais dû plutôt consacrer ce temps à genoux devant Dieu plutôt qu’à mon clavier.  Le combat était trop sérieux et les enjeux trop importants pour que j’approche le problème de cette façon.

Notez que ce dialogue avec Dieu n’en était pas un au sens strict du terme.  J’essayais simplement d’être à son écoute et de transcrire en mots les impressions que j’avais à coeur.  Ce que Dieu me transmettait sans utiliser de mots, j’essayais de le verbaliser de façon intelligible.  Mais je tiens à souligner que je ne suis pas un prophète et que je ne prétends pas avoir été dans cet article le messager du Seigneur.  J’ai seulement utilisé cette forme narrative pour exprimer mes sentiments et tenter de comprendre et exprimer ceux de Dieu, mais d’une façon probablement très imparfaite.

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