Chute et rédemption (8 leçons à propos de l’infidélité)

psg 2014-10-16

De toute évidence, ce blog  qui est généralement une plate-forme vouée à l’enseignement a été momentanément transformé en outil d’introspection.  De toute façon, puisque je ne suis pas en position d’enseigner pour l’instant, tout ce qu’il me reste à faire est de partager mes réflexions suite aux événements de septembre et de mettre ma confiance en Dieu pour qu’il utilise ma faiblesse comme un moyen de toucher les coeurs et d’exhorter ceux qui sont tentés d’emprunter les sentiers de l’adultère.

Je croyais que l’article précédent, avec ses 5740 mots (rien de moins), serait la conclusion de cette série.  Mais aujourd’hui, des pensées un peu plus ordonnées se sont mises à me traverser l’esprit.  J’ai pris plusieurs notes et me suis rendu compte que le temps était venu de tirer des leçons concrètes de cet épisode d’infidélité.   Les articles précédents étaient écrits avant tout afin de mettre de l’ordre dans le chaos qui m’habitait et tenter de comprendre ce qui m’arrivait.  Maintenant que la poussière commence à retomber et que je vois à nouveau la lumière de Dieu, j’arrive à dégager un sens à tout cela:

1. L’infidélité est un des plus grands périls spirituels (si ce n’est le plus grand) car elle entraîne un aveuglement et une dégradation morale rapide:

Au fil des années, ceux qui me suivent sur ce blog en sont venus à me connaître et à voir que si Dieu a encore beaucoup de travail à faire en moi, il n’en demeure pas moins que je suis un homme qui lui est consacré et qui est consumé par un désir de sainteté et de parfaite soumission à la volonté du Père.  Pourtant, lorsque je fais la rétrospective de septembre, je réalise qu’il a suffit de quelques minutes pour que cet homme soit englouti dans d’épaisses ténèbres et qu’il n’arrive plus à discerner la vérité.

Cette prise de conscience est effrayante car elle me révèle la faiblesse de ma nature humaine et la méchanceté de mon propre coeur.  En même temps, il s’agit de ma plus grande leçon sur mon absolue dépendance vis-à-vis Dieu.  Avant le 8 septembre, je suivais Jésus…. mais à une certaine distance.  La Bible n’était pas ma nourriture QUOTIDIENNE.  La prière n’était pas ma priorité ABSOLUE.  C’est ce que je désirais.  Mais je ne réalisais pas – malgré mes prétentions – à quel point je DEVAIS marcher en tenant la main de Christ.

J’ai déjà dit qu’au cours de cette aventure passionnelle, j’étais presque prêt à renier mon salut.  Et ce n’est pas une blague ou une façon sensationnaliste de parler.  J’étais presque prêt à renoncer au paradis.  Je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement avec l’histoire de Ésaü et Jacob:

Comme Jacob faisait cuire un potage, Ésaü revint des champs, accablé de fatigue. Et Ésaü dit à Jacob: Laisse-moi, je te prie, manger de ce roux, de ce roux-là, car je suis fatigué.(…). Jacob dit: Vends-moi aujourd’hui ton droit d’aînesse. Ésaü répondit: Voici, je m’en vais mourir; à quoi me sert ce droit d’aînesse? Et Jacob dit: Jure-le moi d’abord. Il le lui jura, et il vendit son droit d’aînesse à Jacob. Alors Jacob donna à Ésaü du pain et du potage de lentilles. Il mangea et but, puis se leva et s’en alla. C’est ainsi qu’Ésaü méprisa le droit d’aînesse. (Genèse 25.21-34)

J’ai longtemps trouvé ce passage invraisemblable.  Renoncer à des droits aussi importants pour du pain et un bol de potage aux lentilles?  Allons!  Comment peut-on être aussi insensé?  Pourtant, ce n’est rien.  Moi, j’étais presque prêt à sacrifier mon éternité pour un instant d’euphorie.  J’étais donc encore plus insensé qu’Ésaü.

La raison de cet aveuglement est qu’une fois que j’ai fait le choix conscient de détourner mon coeur de mon épouse pour me tourner vers une autre femme, je ne me suis pas seulement détaché affectivement de mon épouse mais aussi et avant tout de Dieu.  Car aux yeux de Dieu, le mariage est sacré.  Et ma désobéissance a forcé Dieu à me laisser à moi-même (tout en gardant un oeil sur moi) afin que j’expérimente pleinement le fruit de ma folie.  À partir de ce moment, mon esprit s’est obscurci et vous n’avez pas idée des raisonnements tordus que j’ai élaboré en l’espace de quelques jours pour justifier cette relation interdite.  Je me disais entre autre que le fait qu’elle vienne de la même région du globe que mon sauveur Jésus avait peut-être une signification surnaturelle (!!!).  Au bout de quelques jours, j’étais prêt à renoncer à l’éternité simplement parce que l’éternité n’était plus une réalité tangible pour moi.  M’éloigner de Dieu m’éloignait du domaine de l’esprit et ne me laissait plus qu’avec ma perspective charnelle de l’existence.  Et pour la chair, il n’existe que le moment présent et le plaisir qu’on peut en retirer.  Cet état est le plus grave qui soit pour un chrétien.  Et plusieurs… des millions… on atteint ce point et n’en sont jamais revenus.  Jamais.

2. L’infidélité est un acte de suicide conjugal

Pour s’engager dans une relation adultère, le coeur de l’homme doit nécessairement se désengager de sa relation conjugale.  Très rapidement au cours de cette aventure passionnelle, je me suis rendu compte que les émotions que j’éprouvais me consumaient à un tel point que ma relation avec ma femme se détériorait à un rythme accéléré.  Ma maîtresse m’écrivait que j’étais tout pour elle.  Et j’étais en quelque sorte scandalisé qu’elle utilise un langage aussi fort envers moi, alors que ces mots auraient dus être réservés pour son mari.  Mais je crois qu’elle était simplement plus honnête que moi envers ses propres sentiments car en vérité, à ce moment précis, j’expérimentais la même chose envers elle.  Je tentais toutefois d’amenuiser les choses en rationalisant et en faisant preuve d’un optimisme navrant; je lui disais que nous devions apprendre à multiplier notre amour au lieu de le diviser ou le soustraire.  Bref, je croyais que nous pouvions arriver à connecter avec nos partenaires respectifs tout en connectant ensemble.  Mais il s’agissait d’une impossibilité.  Je m’en suis rendu compte probablement pour la première fois quand, une semaine après le début de cette aventure, je suis allé au restaurant avec ma femme.  J’ai tendu la main pour tenir la sienne, comme je le fais souvent… et je me suis rendu compte à son contact que plus rien ne circulait entre nous.  C’était comme si je tenais la main d’une étrangère.  On ne se rend pas compte de ces petits détails lorsque nous vivons au quotidien avec notre moitié.  Mais lorsque nous nous tenons la main, il y a quelque chose de doux, subtil, spirituel, qui circule entre nous et qui se ressent.  Et c’est lorsque cette sensation a disparue que je me suis rendu compte que je n’arrivais pas à connecter simultanément avec deux personnes.  J’étais en train de sacrifier ma relation conjugale pour expérimenter une relation adultère.

3. L’infidélité tord la vérité sur la nature de notre épouse et sur celle de notre maîtresse

Dans le point précédent, j’ai précisé que je me suis détourné de ma femme pour m’engager dans une relation adultère… ce qui est plus juste que de dire que je me suis détourné de ma femme pour aller vers une autre femme.  Car en fait, je n’ai jamais réellement connu cette autre femme.  Je n’ai connu qu’une facette de sa personnalité qu’elle a voulu me présenter.  Et vice-versa.  Nous n’avons pas eu de coup de foudre pour une personne mais pour une image, un fantasme.  Dans le jeu de la séduction, nous entrons dans un mode comportemental où nous ne montrons que le meilleur de nous-mêmes.  Cette femme a réellement cru que j’étais l’incarnation de la romance.  Et j’ai cru qu’elle était presque parfaite.  Nos fantômes et nos squelettes étaient soigneusement rangés dans le placard et protégés par un verrou.  Et il ne restait qu’une image idéalisée que nous présentions l’un à l’autre et dont nous nous sommes épris.

Naturellement, cette passion artificielle apporte la forte tentation de commencer à comparer ce que nous expérimentons avec ce que nous vivons au quotidien avec notre réelle partenaire.  Nous comparons un rêve et la réalité.  Quelle injustice envers la personne qui nous a consacrée sa vie!  Si notre partenaire ne peut pas rivaliser avec l’image parfaite des stars du porno, elle ne peut pas non plus rivaliser avec un fantasme, que ce fantasme soit issu de notre imagination ou incarné par une personne réelle.  Comment peut-on placer sur le balancier d’une part une relation de longue date qui ressemble à un fleuve tranquille, et d’autre part une violente passion pour une personne que nous ne connaissons absolument pas?  Je me souviens de ce moment passé dans la parc alors que je tenais la main de ma maîtresse.  Elle me regarda, l’air réflectif, et laissa tout simplement glisser ces mots: « A perfect stranger… » (un pur étranger).  Et ces mots me rappelaient l’incongruité de la situation.  Nous étions persuadés d’aimer.  Mais nous ne connaissions pas la personne qui se trouvait devant nous.  Car on ne connaît pas le coeur d’une personne en une semaine.  Ni même en un mois.  Ni même en une année.  Le coeur est quelque chose de complexe et même une longue vie commune ne nous permet d’en comprendre qu’une certaine partie.  Comment peut-on aimer ce que nous ne connaissons pas?  Mais dans notre délire romantique, nous avions l’impression de connaître l’autre personne comme nous-mêmes.  Nous pensions avoir rencontré l’âme soeur alors que nous étions captivés par un mirage et trompés par nos propres émotions.  Nous suivions les sentiers tortueux de notre propre coeur, nous bernant nous-mêmes et bernant l’autre.

4. L’infidélité peut impliquer des émotions et de la romance mais n’a pas de lien avec  l’amour

À partir du moment où je me suis engagé dans la voie de l’infidélité, je me suis engagé dans la voie du mensonge.  Je DEVAIS dissimuler et mentir pour développer cette relation extra-conjugale.  Si l’amour ment, que vaut l’amour?  Si ce qui semble vertueux est fondé sur une trahison de la personne qui place sa confiance en nous, peut-on parler de vertu?  Sauf que nous étions tous les deux dans la dynamique d’une aventure passionnelle.  Nos émotions nous poussaient à croire que l’amour nous faisait signe et que nous étions appelés à le suivre.  Et nous étions prêts à laisser ce simulacre d’amour ruiner tout ce qui nous était le plus cher.  Or, l’amour ne nous faisait pas signe.  L’amour se trouvait déjà dans nos foyers respectifs.  Un amour qui nécessitait certainement des efforts pour être nourri davantage et être porté vers une plus grande maturité, mais malgré tout un amour véritable.  Ce n’est donc pas l’amour que nous avons suivi mais le conseil de notre propre coeur.

La Parole de Dieu dit:

Il y a telle voie qui semble droite à un homme, mais des voies de mort en sont la fin. (Proverbes 14.12, version Darby)

Ayant fermé tous les deux  l’oreille à la voix de Dieu, nous n’avions que notre coeur pour nous guider.  Ainsi, nous avons laissé nos émotions diriger nos pas.  Mais les émotions sont les pires guides imaginables.  Elles ne sont pas fondées sur la vérité.  Elles ne sont pas du domaine de l’absolu.  Elles sont des vagues qui courent en tous sens, qui vont de haut en bas, de gauche à droite.  Elles sont sujettes aux illusions, aux rêves, aux goûts et dégoûts.  Elles n’ont aucune profondeur, aucune stabilité.  Les émotions sont l’écume de l’océan de l’âme humaine.  Elles n’ont pas été créées pour diriger notre vie mais pour être soumises à quelque chose de plus grand, qui est la Vérité.  Notre coeur n’est pas un guide.  Il est un sanctuaire destiné à abriter LE guide, l’Éternel Dieu.  Lorsque nous nous abandonnons aux penchants de notre coeur, il n’y a pas de limites au mal que nous pouvons faire, alors même que nous sommes persuadés de faire le bien.  Je cite à nouveau ce passage clé de la Parole de Dieu:

Le coeur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant: Qui peut le connaître? (Jérémie 17.9)

Ce que nous ressentons ne peut donc définir l’amour.  DIEU est la définition de l’amour.  Et lorsque nous plongeons nos regards dans le coeur de Dieu, nous ne voyons pas cet amour passionnel et infidèle que nous, humains faillibles, considérons comme de l’amour.  L’amour véritable implique au contraire la mise à mort de notre nature charnelle.  L’amour se sacrifice pour l’autre.  L’amour met un terme au règne du SOI pour embrasser le règne de Dieu sur notre vie.  L’amour exige de renoncer à être le maître de notre propre vie et de tout remettre entre les mains de Celui qui nous a créés.  Je n’ai donc pas aimé cette femme.  Et elle ne m’a pas aimé.  Nous avons en fait nié l’amour et élevé notre propre coeur au titre de divinité.  Nous avons nié les commandements de Dieu et la voix de notre conscience pour embrasser la voix trompeuse des émotions.  Nous pensions vivre une expérience romantique.  Mais nous ne vivions qu’un rêve égoïste avec très peu d’égard aux conséquences.  Nous avons méprisé notre mariage et avons piétiné nos véritables engagements.

5. L’infidélité est une voie sans issue

Alors même que j’étais dans les bras de cette femme, j’ai entendu en esprit une voix qui a dit: « Tu t’es engagé dans une voie sans issue ».  Et je savais que c’était vrai.  Alors j’ai chassé cette pensée et me suis concentré sur le moment présent.

Où cette aventure pouvait-elle mener concrètement?  Si nous avions été tous les deux sans foi ni loi, sans conscience et sans fondement moral, il y avait toujours la possibilité de balancer par la fenêtre nos familles respectives et de refaire notre vie à deux.  Mais ce scénario était exclu.  Il était tragique et pathétique.  Et nous aurions découvert après un certain temps que nous n’avions pas trouvé la perle rare mais simplement une autre personne ayant des qualités et des défauts différents.  L’autre option était que nous conservions nos rapports interdits tout en demeurant au sein de nos familles respectives, ce qui impliquait de mener une insupportable vie de mensonges (donc une négation de l’amour véritable).  Et enfin, il y avait l’espoir que la passion retourne au simple stade de l’amitié une fois que nous serions éloignés l’un de l’autre, ce qui était irréaliste à en juger par le fait que la distance ne faisait qu’accentuer le sentiment de manque et nous donner le désir de fusionner.  Dans tous les cas imaginables, nous étions perdants sur toute la ligne.  Nous étions l’un comme l’autre engagés irrémédiablement dans une voie sans issue et la souffrance était devenue inévitable.  Faire le premier pas vers l’infidélité, c’est accepter implicitement de souffrir et de faire souffrir tôt ou tard.

6. L’infidélité est un jeu dangereux

En me rapprochant intimement d’une femme mariée, je n’étais pas conscient du risque omniprésent que la vérité soit connue de son mari et de la possibilité que ce dernier ne réagisse pas d’une façon civilisée.  J’étais tellement envoûté par cette relation que j’en ignorais les périls.  Le risque effleurait mon esprit de temps à autre, mais sans plus.  Ce n’est que plus tard, de retour à la maison, que j’ai commencé à prendre conscience de mon insouciance, alors que je parcourais le profil Facebook de cette femme et que je la voyais en compagnie de son époux, un homme fortuné à la carrure imposante.  Dieu s’est alors mis à me faire tourner en boucle une série de versets dans la tête:

Mais celui qui commet un adultère avec une femme est dépourvu de sens, celui qui veut se perdre agit de la sorte;  Il n’aura que plaie et ignominie, et son opprobre ne s’effacera point. Car la jalousie met un homme en fureur, et il est sans pitié au jour de la vengeance;  Il n’a égard à aucune rançon, et il est inflexible, quand même tu multiplierais les dons. (Proverbes 6.32-35)

Inutile d’élaborer davantage sur le sujet.  Il est simplement évident que toutes les aventures extra-conjugales ne finissent pas dans le secret et l’oubli.  Certaines éclatent au grand jour et se terminent par la vengeance.  Certains paient cher pour un moment d’évasion et j’ai couru ce risque.

7. L’infidélité n’est pas attribuable à une diabolique tentatrice ou à une épouse inadéquate; elle est l’aboutissement d’un caractère faible

Dans l’article précédent, j’ai expliqué que j’avais été vulnérable à l’infidélité parce que je ne m’attendais pas à ce qu’une femme fasse intrusion dans ma vie de façon pro-active.  Toutefois, je ne veux pas laisser entendre que j’ai été la pauvre victime d’une diabolique tentatrice.  Dans certains systèmes religieux, la femme est perçue comme l’instrument du diable ou comme le diable lui-même.  Dans certains mouvements islamistes par exemple, on couvre les femmes de la tête au pieds afin de s’assurer qu’elles ne fassent pas tomber les hommes dans le péché.  Ce réflexe dénote une lamentable méconnaissance du coeur humain.  On croit devoir contrôler l’environnement et les gens autour de nous afin de protéger notre coeur du péché.  Mais Jésus a enseigné une vérité diamétralement opposée à ce mensonge religieux:

C’est ce qui sort de l’homme qui le rend impur.  En effet, c’est de l’intérieur, c’est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l’immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l’homme impur. (Marc 7.20-23)

Justifier nos erreurs en pointant les autres du doigt pourrait être facile mais j’ai compris il y a longtemps que j’avais tout intérêt à prendre l’entière responsabilité de mes actions si je voulais un jour progresser spirituellement.  Ce n’est pas ce qui est extérieur à moi qui m’a mené au péché.  C’est l’inclinaison charnelle que j’avais au moment de rencontrer cette inconnue.  C’est un esprit mal disposé, tourné vers lui-même et prisonnier de ses émotions négatives.  Rien de plus.

De la même façon, je pourrais alléger le fardeau de ma faute en me tournant vers mon épouse.  Je pourrais lui dire que si elle avait été plus ceci ou moins cela, je n’aurais peut-être pas cédé si facilement à une aventure extra-conjugale.  Mais en l’accusant de la sorte, je ferais preuve de lâcheté et exposerais encore plus ma faiblesse de caractère.  Pourtant, c’est exactement ce que j’ai fait au tout début lorsque ma femme a appris que je l’avais trompée.  J’ai eu ce réflexe de la blâmer, ce qui en dit long sur moi-même.  Cette pensée m’a quittée depuis, mais je l’ai entretenue pendant un moment.  Or, s’il fallait que nos défauts constituent un motif suffisant pour que notre partenaire nous trompe, alors ma femme aurait trouvé en moi beaucoup plus de motifs pour m’être infidèle que j’aurais pu en trouver en elle.

Cette semaine, j’ai expliqué à mon épouse que cet épisode d’infidélité n’avait absolument rien à voir avec elle.  Ce que j’ai cherché, ce n’était pas une femme plus belle ou meilleure qu’elle.  Ma femme aurait pu être l’incarnation de la perfection physique et morale et j’aurais fait le même choix stupide.  Car ce que j’ai recherché, c’était une émotion.  J’ai été adultère non pas parce que ma femme était inadéquate mais parce que je suis pécheur et que je me suis préféré à elle.  J’ai préféré m’abandonner lâchement à une expérience grisante plutôt que d’honorer notre union et son amour pour moi.  Voilà la seule vérité qui importe.  La bonne nouvelle, c’est que si je suis entièrement responsable de ce qui s’est passé, ça signifie que j’ai le plein pouvoir, par la grâce de Dieu, de changer les choses.  Je ne pourrai pas empêcher d’autres femmes de faire intrusion dans ma vie dans le futur.  Je ne pourrai pas non plus corriger les défauts de la femme que Dieu a placé dans ma vie.  Mais je peux travailler sur mon caractère et apprendre à devenir un homme selon le coeur de Dieu.  Un homme qui ne cédera pas à la première tentation mais qui exercera son autorité spirituelle pour poser des balises et les respecter.  Un homme qui ne cultivera pas un sentiment d’insatisfaction que le diable pourrait ensuite utiliser afin de justifier une aventure extra-conjugale.

8. L’infidélité causes des traumatismes profonds et ouvre une large brèche dans la muraille défensive du chrétien

Consommer de la pornographie provoque deux brèches par lesquelles l’ennemi essaiera ensuite de nous tenter: au niveau mental et physique.  Ainsi, nous serons assaillis mentalement par des fantasmes et par le souvenir d’images pornographiques.  Et nous serons assaillis physiquement par des pulsions.  L’infidélité est beaucoup plus dévastatrice car elle ouvre une brèche supplémentaire au niveau émotionnel.  En tournant notre coeur vers une relation adultère, nous permettons à l’ennemi de se servir ensuite de ce nouvel accès pour nous attaquer émotionnellement.

Si vous songez à l’adultère et pensez vous en sortir sans trop de mal, vous n’avez aucune idée de ce que vous racontez.  À moins, bien sûr, que vous n’ayez pas de conscience parce que vous pratiquez le mal depuis longtemps.  L’adultère est une dévastation et j’en serai marqué à vie.  Je me souviens avoir entendu le témoignage d’un chrétien qui avait vécu un épisode d’infidélité et qui, pendant toute l’année qui a suivi, a été malmené par des hauts et des bas continuels, si bien qu’après plusieurs mois, il a dû faire un séjour dans un département de psychiatrie, où on lui a diagnostiqué des troubles mentaux.  Il était pourtant sain d’esprit auparavant.  Mais le traumatisme l’avait tellement secoué psychologiquement qu’il a eu besoin de la grâce de Dieu pour refaire surface et retrouver la paix et l’équilibre.  Même si je sais que je ne passerai pas par le même chemin, je peux très bien comprendre cet homme maintenant.  Depuis des semaines, mon coeur est tenaillé de façon cyclique par une oppression, une douleur qui n’est pas physique mais spirituelle et émotionnelle.  Et je suis devenu extrêmement sensible à tout ce qui est susceptible de ramener le souvenir de cette femme.  Lundi, j’étais à une station service et une odeur de bois de santal m’est parvenue, probablement en provenance d’encens vendu sur place.  Et cette odeur m’a aussitôt reconnecté émotionnellement avec le parfum que dégageait ma maîtresse et a amplifié cette oppression au coeur.  Il peut s’agir d’un parfum, d’un mot, d’une image… tout ce qui est relié à cette histoire passionnelle a le potentiel de me replonger dans la souffrance.  Je crains comme la peste d’aller dans un lieu publique et d’entendre la chanson All Of Me de John Legend car cette chanson a gravité autour de cette relation et est devenue à ce moment « notre chanson ».  Je n’ose même pas imaginer ce qu’aurait provoqué en moi un épisode d’infidélité qui aurait aboutit à une relation sexuelle complète.  Sans exagérer j’ignore si j’y aurais survécu.

Lundi soir, j’ai été prendre un temps de prière car j’en avais assez de cette oppression et de cette vulnérabilité.  Je me demandais si cette souffrance était la souffrance du regret ou celle de la mélancolie.  Je suis descendu au salon et dès que je me suis assis sur le sofa, j’ai eu le sentiment que ce n’était pas le genre de prière qu’on adresse à Dieu de cette façon.  Je me suis alors mis à genoux.  Puis finalement je me suis retrouvé face contre terre.  J’ai imploré Dieu de sonder mon coeur et de me révéler la nature exacte de cette souffrance.  Il m’a alors révélé que j’avais encore un lien émotionnel avec elle.  Ce n’était pas ce que je voulais entendre car j’avais plutôt chéri l’hypothèse que cette souffrance était celle du regret.  Dieu m’a indiqué que ce lien émotionnel devait être attaqué sans relâche dans la prière, jusqu’à ce qu’il disparaisse complètement.  Sinon, il allait être pour moi une occasion de chute dans le futur.

Je ne suis donc pas encore revenu à la normale et je ne le serai probablement jamais plus tout à fait.  Cet épisode de folie m’a laissé brisé.  Mais ce brisement, Dieu l’utilisera pour son bien.  Car je serai désormais extrêmement méfiant vis-à-vis les inclinaisons de mon coeur.  Ce péché m’a fait tellement de mal que j’en conserverai toujours une plus grande crainte de Dieu et une peur plus intense du péché.  Si cet ultime coup de l’ennemi était destiné à achever mon mariage et faire éclater ma famille, je crois que Dieu utilisera plutôt ces événements pour manifester sa gloire.  Toutefois, ne vous précipitez jamais dans une relation adultère en croyant que vous vous en sortirez nécessairement.  Car ce piège a faillit me coûter mon salut.  Et la vie de ma femme.  Rappelons-nous que si Dieu n’avait pas fait en sorte que la lettre d’amour de ma maîtresse aboutisse directement entre les mains de mon épouse, je serais probablement en ce moment en train d’écrire à cette lointaine inconnue plutôt que d’écrire sur ce blog.  Et ma condition spirituelle serait absolument terrible.  Je serais au fond du gouffre.  Peut-être serait-il bon que je cite mes propres paroles à ce sujet, provenant d’un article rédigé en 2009:

Il n’y a qu’une bonne journée pour cesser la compulsion sexuelle, et c’est MAINTENANT. À la seconde même. Ne faites surtout pas l’erreur de remettre cela à plus tard et de vous permettre toutes espèces d’orgies en attendant ce fameux jour. Vous ne savez jamais ce que vous coûtera la prochaine rechute. Vous ne savez jamais ce que vous pouvez perdre à ce petit jeu que vous jouez avec vous-même et avec Dieu.

Avec du recul…
3 juillet 2016

J’avais conclu cet article avec la chose la plus importante que je devais réaliser et que Dieu m’avait confirmé en prière:  Un lien émotionnel existait toujours avec cette femme et je devais  attaquer ce lien sans relâche jusqu’à ce qu’il disparaisse complètement, afin qu’il ne devienne pas une occasion de chute.

Dans les jours précédant cet article, j’avais prié à plusieurs reprises en ce sens mais je n’ai pas persévéré.  Il s’agit là d’un de mes points faibles: il m’est difficile de prier fidèlement et sur le long terme pour un besoin en particulier.  Alors après quelques jours, j’ai estimé que le plus gros du combat était gagné et que je pouvais relâcher ma vigilance.  Cette négligence indique à nouveau que je ne comprenais pas l’ampleur du danger.  Je ressentais pourtant régulièrement des soubresauts de nostalgie toujours plus fréquents et intenses.  Mes pensées quittaient régulièrement le domaine rationnel et dérivaient vers des perceptions tordues de la réalité, ce qui aurait dû alerter mon âme et me pousser à genoux dans une prière fervente.  Mais je croyais que le temps allait arranger les choses, qu’il ne s’agissait que du processus normal du deuil.  Mais j’avais tort.  Un feu infernal avait été allumé en moi et je devais consacrer TOUTES mes énergies à éteindre ce feu jusqu’à ce qu’il ne reste plus le moindre tison enfoui dans les profondeurs de mon coeur.  N’ayant pas mené ce combat, j’ai donc laissé les cendres du désastre couvrir et dissimuler ces braises ardentes.

En relisant cet article presque deux ans plus tard, je suis beaucoup plus en mesure de discerner, à travers mes mots de l’époque, à quel point le mal couvait encore en moi.  J’essayais de conformer mes pensées à la vérité mais mon coeur rebelle était toujours divisé et semblait encore idéaliser ma maîtresse.  Étant incapable de me débarrasser de ces mensonges, il suffisait maintenant que le vent se lève et souffle sur ces braises enfouies tout au fond de moi afin que l’incendie reprenne vie et poursuivre son implacable destruction spirituelle.

2 réflexions sur “Chute et rédemption (8 leçons à propos de l’infidélité)

  1. Je suis contente que vous étiez capables d écouter la voix de Dieu même si vous avez été loin. Mon mari a fait la même chose mais il a quitté le foyer et m a blâmée de l avoir laisser seul. Il connaît Dieu mais il s’est vraiment éloigné de tout. Méconnaissable. Même les enfants ont bcp souffert. Il continue avec cette femme 12 ans plus jeune. Dommage aucun remord et nos 23 ans de vie , ont été envoyé dans l’eau. Mais la volonté de notre seigneur et sa vérité l emporteras. Gloire à Dieu qu il vous a gardé d aller plus loin. Dommage les cas d adultère sont nombreux.

  2. Je suis reconnaissant aussi pour ce choix que j’ai fait. Et je suis conscient que ce choix résulte uniquement de l’oeuvre de l’Esprit en moi. Sans l’aide de Dieu, la puissance de séduction qui m’aveuglait totalement m’aurait emporté loin de Dieu et de ma famille. Et lorsque je pense à tous les autre mariages comme le tien où Dieu a décidé de laisser l’homme à sa perdition, je me sens vraiment brisé par la grandeur de cette grâce que j’ai reçu. Je ne comprends pas pourquoi je l’ai reçu. Je sais que je ne l’ai pas mérité. Je sais seulement que Dieu en a décidé ainsi, pour sa plus grande gloire. Et je vis maintenant dans un état perpétuel de reconnaissance.

    Je vais prier pour toi et pour tes enfants. Et aussi pour cet homme qui a cru trouver le bonheur dans les bras d’une autre femme plutôt que dans les voies de Dieu. Et toi, si tu ne t’aigris pas contre cet homme et que tu lui manifestes la même grâce que Dieu t’a manifesté malgré tes innombrables offenses contre lui, ce déchirement sera pour le Seigneur une opportunité de te rapprocher de son coeur et de te faire goûter à une paix qui surpasse toute intelligence.

    Que Dieu te garde.

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