La mort ou la vie?

psg 2014-11-27

Depuis septembre dernier, mes yeux se sont posés successivement sur le temps et sur l’éternité, sur ce monde et sur le Créateur de ce monde, sur le mal et sur le bien.  Et étrangement, le choix m’a semblé difficile.  Je viens de relire avec émotion ce passage de Deutéronome:

J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer l’Éternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t’attacher à lui: car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c’est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l’Éternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. (Deutéronome 30.19-20)

A priori, ça semble cocasse que Dieu place devant l’homme la vie et la mort et qu’il prenne ensuite la peine de l’exhorter à choisir la vie.  Comme si le choix n’allait pas de soi.  Eh bien non.  Il ne va pas de soi.

La mort est pour chacun de nous une offre alléchante.  Elle nous est présentée à différents moments, sous différentes formes.  Mais nous le remarquons rarement.  Car la mort est enrobée de sucre, présentée dans un emballage-cadeau, accompagnée d’une musique d’ambiance.

Évidemment, je ne parle pas ici de la mort physique mais de la mort spirituelle.  Et le germe de cette mort se retrouve dans toute chose qui se situe en dehors de la volonté de Dieu.  Dès que nous nous braquons face à ce que Dieu demande de nous, nous laissons la mort gagner du terrain et exposons notre âme à de graves périls.  Le 8 septembre dernier, la mort s’est présentée sous la forme d’un amour extra-conjugal.  Mais je n’ai évidemment pas vu la mort face à face.  J’ai seulement ressenti un léger inconfort.  Car la mort était parée de ses plus beaux atouts.  Elle me procurait un sentiment d’être aimé, admiré, d’être le centre de toute l’attention.  À ce moment, Dieu plaçait devant moi la vie (incarnée par la fidélité) et la mort (incarnée par l’adultère).  À ce moment, ce n’était pas Dieu qui me tentait, car Dieu ne tente personne.  Mais Dieu ouvrait la porte à l’ennemi afin que mon caractère soit mis à l’épreuve.  Car l’Éternel sonde les hommes (Psaumes 11.4-5).

Malgré ma conscience troublée, j’ai fait un pas en direction de la mort.  Parce que cette mort était à ce moment précis d’un éclat sidérant.  Elle éclipsait la vie.  Parce que je n’étais pas suffisamment ancré en Dieu, en celui qui est ma vie, ma perspective était faussée.  J’ai cru que l’infidélité allait me procurer quelque chose qui surpasse les bontés de Dieu.  C’est en fait l’essence de toutes les tentations, dont la tentation originelle qui insinuait que Adam et Ève allaient trouver hors de Dieu quelque chose qui surpassait ce que Dieu leur offrait déjà.

Le livre des proverbes met l’homme en garde contre la tentation de l’adultère de cette façon:

Car les lèvres de l’étrangère distillent le miel, et son palais est plus doux que l’huile; mais à la fin elle est amère comme l’absinthe, aiguë comme un glaive à deux tranchants. Ses pieds descendent vers la mort, ses pas atteignent le séjour des morts. (Proverbes 5.3-5)

En ce 8 septembre, une femme a croisé ma route.  Mais contrairement à la plupart des femmes, elle n’est pas restée indifférente à cette rencontre.  Elle a commencée à distiller sa beauté et sa personnalité comme s’il s’agissait d’un arôme de miel.  Alors j’ai voulu goûter à ce miel.  J’ai voulu m’approcher d’elle, mieux la connaître.  Jusqu’à ce que mes lèvres goûtent aux siennes.  J’ai cru alors que s’ouvrait devant moi un nouvel univers, une nouvelle vie, de nouvelles promesses.  Je croyais goûter la vie.  Oui, son palais était plus doux que l’huile.  Oui, le péché était agréable à consommer.  Mais ce fut de très courte durée.  Dieu avait raison (surprise!!!) et ses avertissements étaient d’une justesse absolue.   Car encore ce matin, j’ai débuté la journée avec ce goût amer dans la bouche et avec ce glaive à deux tranchants enfoncé dans mes entrailles.  Exagérations?  Ok… suivez-moi un instant dans l’intimité de ce matin.

Ce matin, je me suis refusé à ma femme car mon coeur était troublé et divisé.  J’avais peur de l’intimité.  Il s’en est suivit une discussion.  Puis une dispute.  Car ma femme constatait que mon coeur dérivait à nouveau.  Malgré toute la souffrance des derniers temps, il dérivait à nouveau.  Malgré le goût d’absinthe extrêmement amer que le péché laissait en moi, je cherchais encore, à quelque part, cet arôme grisant de miel.

Je suis descendu au sous-sol.  Je me suis observé moi-même, de l’extérieur, en train d’hésiter encore entre la mort et la vie.  En train d’hésiter entre ma famille et une inconnue.  Et j’ai été dégoûté par cette hésitation.  J’ai pris ma guitare et j’ai spontanément créé une chanson, en quelques minutes, qui exprimait mon sentiment du moment.  Et cette chanson ne ressemblait en rien à ce que j’ai composé dans le passé.  Voici les paroles*:

There’s no love inside
That’s why I try to hide
There’s no heart, just a void
An emptiness I try to avoid

Hell is after me
Help!  Would you help me?
God, I can’t stand my reflection in the mirror
I understand, I’m a mistake, I’m an error

I’m like a black hole, wandering in the desert
If you get near, you’ll get sucked in and be hurted
I’m a mystery, but the darkest of all mysteries
Don’t try to love me, run away from this disease

There’s no light inside
Long ago, I lost sight
I’m loosing hope to be whole
Like a posession of my soul

Hell is after me
Help!  Would you help me?
God, if you hear me
Grab my hand and save me

*Traduction textuelle: Il n’y a pas d’amour à l’intérieur et c’est pourquoi je me cache.  Il n’y a pas de coeur, que le vide… un néant que j’essaie d’éviter.  L’enfer me poursuit; À l’aide!  Voudrais-tu m’aider?  Dieu, je ne peux supporter mon reflet dans le miroir.  Je comprends… je suis une faute, une erreur.  Je suis comme un trou noir qui vagabonde dans le désert.  Si tu t’approches, tu seras aspiré et blessé.  Je suis un mystère, mais le plus sombre de tous les mystères.  N’essaie pas de m’aimer, fuis cette maladie!  Il n’y a pas de lumière à l’intérieur, j’ai perdu la vue il y a longtemps.  Je perds l’espoir d’être un jour sain.  C’est comme une possession de mon âme.  L’enfer me poursuit; À l’aide!  Voudrais-tu m’aider?  Dieu, si tu m’entends… prends ma main et sauve-moi!

Maintenant, avez-vous l’impression que ces paroles, réellement pensées et ressenties au moment de les écrire, témoignent d’un homme qui se délecte de miel ou qui est empoisonné par l’absinthe?  Ressentez-vous un quelconque plaisir résultant de cette infidélité?  Oh, lorsque j’étais dans les bras de cette femme ou que je planifiais avec elle par Internet le moment où nous allions nous unir intimement, je ne ressentais pas cette douleur résultant du péché.  J’étais en transe, j’étais sous l’effet anesthésiant de ces doses d’héroïne pure que je m’injectais dans les veines.  Je perdais de vue le sens-même de ma vie, je tournais le dos à l’infini et à l’éternité du Royaume des Cieux, pour me perdre dans ces moments de bonheur artificiel où il n’y avait plus que elle et moi.  Ma femme disparaissait, son mari disparaissait.  Mes enfants disparaissaient, ses enfants disparaissaient.  Dieu disparaissait.  Tout disparaissait.  Tout cela au profit d’un moment éphémère de plaisir, d’un moment d’égoïsme revêtu d’une apparence d’amour.

Une des paroles les plus sages que Thalia m’a dite a été dans un moment de doute.  Elle m’a demandé: Don’t you see it’s all illusion?

Oui.  Tout n’était qu’illusion.  Tout n’était que poudre aux yeux.  De la prestidigitation émotionnelle de haut niveau.  Nous étions tous les deux intelligents, habiles au niveau du langage, de l’esprit, de l’humour, de l’imagination.  Et ces qualités se sont retournées contre nous, pour créer un fantasme plus grand que nature.  Nous avons créé une image irréelle que nous avons ensuite projetés sur l’autre, de façon à ce que l’autre devienne l’amour idéalisé auquel nous avions aspiré toute notre vie et que nous pensions trouver enfin.  Alors que l’amour ne se trouve pas.  Il se construit.  Sous notre propre toit.  Mari et femme.  L’adultère ne pouvait rien nous apporter, sinon ce glaive à deux tranchants qui nous a transpercés tous les deux.

J’ai dit plus haut que dans mes moments d’euphorie, je tournais le dos à l’infini et à l’éternité.  Et le sentiment était très étrange.  Je me rappelle avoir marché plusieurs fois dehors, comme par exemple en revenant du bureau.  Je regardais le ciel.  Et je me rendais compte à ce moment que le ciel ne m’apparaissait plus de la même façon qu’à l’habitude.  C’était une impression subtile mais en même temps extrêmement réelle et palpable.  Je me rendais compte qu’avant d’embrasser l’adultère, le ciel semblait s’étendre à l’infini.  Il n’était qu’une mince pellicule me séparant de quelque chose d’immensément plus grand.  Mais tout à coup, le ciel semblait être comme un plafond de fer, comme quelque chose qui se refermait au-dessus de ma tête.  Je n’avais plus cette conscience de l’infini et de l’éternité.  Je me sentais comme dans une cage étroite, avec une conscience extrême du temps qui me restait et de la mort qui me guettait.  Et la mort ne me semblait plus être une transition.  Elle me semblait être une finalité, une sentence à venir.  J’étais en train de troquer l’éternité pour le temps, la vie éternelle pour un bref moment présent.  J’étais en état de délire grave.  Car mes yeux avaient vu le Dieu vivant, le Roi de gloire.  Et ils s’en détournaient maintenant pour contempler et adorer des idoles dépourvues de vie.

Il y a ce chant de Luc Dumont qui me vient à l’esprit en ce moment.  Ce chant m’a toujours touché et il me touche encore plus aujourd’hui:

Comment ai-je pu détourner mes yeux de Dieu?  Comment ai-je pu détourner mes yeux de l’Amour pour embrasser quelque chose qui n’avait rien à voir avec l’amour?  Dès le moment où j’ai pris la décision de m’ouvrir émotionnellement à cette femme, j’ai tué l’amour véritable, l’amour de Dieu, pour le remplacer par une contrefaçon.  En disant « oui » à l’infidélité, même à ses premiers stades, même lorsqu’elle ne se manifestait que par des papillons dans le ventre, je poignardais l’amour silencieusement et faisais le choix de l’égoïsme.  Dans toute cette histoire, je ME suis aimé, je ME suis choisis.  Car l’amour véritable me commandait de mettre une garde à mon coeur, de respecter et honorer Thalia en respectant et honorant son mariage et sa famille.  L’amour véritable me commandait de penser à la précieuse épouse et aux merveilleux enfants que j’ai.  Mais à la place, je me suis laissé enivrer par ce parfum de miel.  J’ai laissé mes sens me dicter la voie.  J’ai laissé mon coeur tortueux définir la vérité.

En parlant de vérité, poursuivons avec le livre des Proverbes:

Bois les eaux de ta citerne, les eaux qui sortent de ton puits. Tes sources doivent-elles se répandre au dehors? Tes ruisseaux doivent ils couler sur les places publiques? Qu’ils soient pour toi seul, et non pour des étrangers avec toi. Que ta source soit bénie, et fais ta joie de la femme de ta jeunesse, biche des amours, gazelle pleine de grâce: Sois en tout temps enivré de ses charmes, sans cesse épris de son amour. Et pourquoi, mon fils, serais-tu épris d’une étrangère, et embrasserais-tu le sein d’une inconnue? (Proverbes 5.15-20)

En voilà, une bonne question!  Pourquoi embrasserais-je le sein d’une inconnue?  Encore une fois, la Bible ne s’embarrasse pas d’une pudeur inutile lorsque vient le temps d’aborder les questions sérieuses.  Et Dieu interroge l’homme sans détours.

Alors?  Pourquoi embrasserais-je le sein d’une inconnue?  Je sais pourquoi.  Le diable m’a livré la réponse sans le vouloir.  Car au moment de lire ces versets, j’ai eu le sentiment de l’entendre ricaner au-dessus de mon épaule alors que je considérais ces mots: Fais ta joie de la femme de ta jeunesse, biche des amours, gazelle pleine de grâce: Sois en tout temps enivré de ses charmes.  Pourquoi aurait-il rit?  Parce qu’il mettait en doute le fait que la femme de ma jeunesse soit celle que Dieu m’avait choisi.  Et c’est ce doute, qu’il instillait en moi depuis longtemps, qui a ouvert la porte à l’adultère.

Aujourd’hui, j’ai regardé avec ma femme un sermon de Paul Washer portant sur le mariage.  Dans ce sermon, Paul déclare ce qui suit:

« Une des meilleurs façons pour le diable d’arriver à placer sa barre de fer sous votre maison afin de la faire basculer à l’envers est de vous amener à être convaincu – ou du moins à commencer à soupçonner – que vous avez marié la mauvaise personne, parce que vous rencontrez tellement de difficultés dans votre couple.  C’est un mensonge et vous devez lui résister par la foi.  C’est un mensonge! »

Ces mots m’ont touché en plein coeur comme une flèche décochée par Dieu lui-même.  Tout au long de cette relation avec Thalia, c’est ce mensonge qui a alimenté ma folie et fait taire ma conscience.  Je ne pensais plus comme Dieu.  Je pensais comme Satan.  Et penser comme Satan ne signifie pas qu’on rêve de sacrifier des chauves-souris un soir de pleine lune ou de boire une coupe de sang humain dans un temple orné de pentagrammes.  Penser comme Satan signifie que nous cessons de penser en fonction de Dieu et du prochain et que nous devenons notre propre dieu.  Penser comme Satan signifie que nous piétinons l’humilité la plus élémentaire et exaltons notre propre personne et nos propres désirs au-dessus de toute autre chose.

Cet orgueil satanique m’a amené à croire deux mensonges:

  1. Ma femme ne rencontre plus mes standards et je suis donc en droit de la tromper.
  2. Le mari de Thalia ne rencontre plus ses standards alors je suis en droit de me substituer à lui.

J’ai toujours condamné l’amour humain pour sa propension à traiter l’autre comme un objet de consommation dont on se départit lorsqu’il ne nous satisfait plus.  Et pourtant, c’est ce que je songeais à faire avec ma femme.  Quel orgueil et quel aveuglement!  Ma vie familiale était devenue comme un titre en bourse.  Je le voyais fluctuer et souvent déprécier au fil du temps et je me suis dit soudainement qu’il était temps que je vende mes actions.  Oh mais attendez!  J’avais oublié un détail:  Ces actions étaient celles de ma propre entreprise, celle dont je suis le PDG.  Alors pourquoi étais-je si surpris de voir les actions dégringoler, alors que je désertais si souvent mon poste de président pour aller jouer au golf?  Pourquoi ai-je tant de fois abandonné mon équipe pour ensuite lui reprocher de ne pas être à la hauteur?

Messieurs, penser que notre femme ne rencontre pas nos standards est la pensée la plus incroyablement hautaine, condescendante et prétentieuse que nous pouvons entretenir.  Comme si NOUS, nous rencontrions les standards de notre femme!  Wow!  Personnellement, j’ai passé les dernières années de ma vie de couple à trahir ma femme par le biais de fantasmes, de pornographies, de gestes et de paroles inappropriés, tentant par la suite de couvrir mes traces par le mensonge.  Et j’ose ensuite me poser en juge impitoyable et décréter que ma femme n’est plus à la hauteur de mes attentes?!?

Le mariage est l’union sacrée qui lie deux pécheurs.  Le mariage est donc, d’un point de vue naturel, voué à l’échec.  Et c’est pourquoi il nécessite l’intervention de Dieu pour devenir un miracle de l’amour.  Car tôt ou tard, nous sommes déçus par l’autre.  Nous faisons face à ses péchés et nous n’aimons pas ce que nous voyons.  Et si nous ne prenons pas garde, nous nous exposons à l’insatisfaction et à l’amertume.  Thalia était insatisfaite de son mariage.  J’étais insatisfait du mien.  Mais nous étions si satisfaits l’un de l’autre.  Nous nous comprenions à la perfection.  Bien entendu, puisque nous n’habitions pas sous le même toit.  C’était comme aimer une voiture sur la seule base de la pub télé qui la représente.  La pub fait abstraction de tous les défauts de la voiture et met le paquet pour nous vendre ses qualités.  Mais une fois la voiture dans notre cour, nous réalisons peut-être qu’elle est gourmande en essence, qu’elle est bruyante, qu’elle offre peu d’espace, qu’elle attire les voleurs, etc.  La réalité nous rattrape tôt ou tard.  Alors vaut mieux y faire face maintenant, dans notre couple actuel, et apprendre à composer avec les péchés de l’autre.  Le bonheur ne se trouve jamais chez le voisin.  Il se trouve sous notre toit.  Sauf qu’il exige qu’on le nourrisse.  Car nous récoltons ce que nous semons.

Maintenant, admettons que mon couple n’avait pas été caractérisé par le choc de deux âmes pécheresses qui cohabitent sous un même toit.  Admettons que j’aurais été monsieur vertu et que ma femme aurait été une créature vicieuse qui m’inflige des tourments au quotidien.  N’aurais-je pas alors été en droit de la tromper?  Ou du moins de la quitter?

Tout dépend de notre définition du mariage.  Si notre définition est celle de ce monde perdu, ouais… j’aurais été en droit de le faire.  Pourquoi?  Parce que selon ce monde, JE suis la fin ultime de mon mariage.  Alors si mon mariage ne réponds plus à MES besoins, je peux rompre le contrat et passer à la suivante.  À peu près à chaque fois que j’entends des gens parler de leur divorce ou de leur séparation, la raison qui revient le plus souvent est: cette relation ne nous apportait plus.  Cette raison est politiquement correcte et est supposée faire poli.  Mais à mes yeux, elle ne fait que trahir cette philosophie égoïste du couple, où l’autre n’existe que pour répondre à nos propres besoins.  Et ça, d’un point de vue biblique, ça n’a rien à voir avec l’amour.  C’est une transaction, rien de plus.  Notre degré de satisfaction personnelle est notre devise  monétaire et la valeur de l’autre est conditionnelle à son rendement.  Avec une vue si étroite de l’amour, il ne faut pas se surprendre de voir autant de divorces.  Le mariage n’est pas seulement devenu volatile parce que la religion a perdu son influence décisionnelle sur cette institution.  Il l’est devenu parce que le sacrifice, qui était perçu auparavant comme une vertu, est maintenant catégorisé comme une faiblesse et un vice.  Alors qu’en vérité, le sacrifice est l’ultime signe d’un amour véritable:

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.  (Jean 15.13)

Évidemment, je ne dis pas ici que l’homme ou la femme maltraités doivent jouer à la moquette et accepter tous les abus.  Mais dans la majorité des cas, il n’y a pas de motifs sérieux pour déserter le mariage.  Les gens le font simplement parce qu’ils se considèrent eux-mêmes (inconsciemment) comme des dieux et n’acceptent pas qu’on ne leur accorde pas l’adoration qui leur est due.  Alors ils cherchent l’adoration ailleurs.  Et c’est ce que j’ai cherché en Thalia.  Une personne qui allait me faire sentir beau, sexy, intelligent, important.   Pourtant, mon épouse me faisait souvent des compliments et m’édifiait sans relâche par ses paroles.  Mais j’étais devenu inconscient de son amour, aveuglé par cette recherche de la personne qui allait non seulement m’apprécier mais m’élever au sommet des nues.  Et Thalia a parfaitement accompli ce rôle, n’étant pas impliquée de près avec ma nature pécheresse.  Tout comme j’ai parfaitement accompli mon rôle auprès d’elle, n’étant pas impliqué de près avec sa nature pécheresse.  Avec mes mots et mes attentions, je lui ai fait sentir qu’elle était une déesse.  Et avec ses mots et attentions, elle m’a fait sentir que j’étais un dieu.  Un pacte d’idolâtrie réciproque qui faisait fi de tout le reste.  Nous étions prêts à tout sacrifier pour ce culte.  Et ultimement, ce culte n’était pas tourné vers l’autre mais vers nulle autre personne que nous-mêmes.  Car le péché est toujours motivé par l’égoïsme et l’auto-adulation.  Assaisonnez ce péché de toute la romance imaginable, vous n’échapperez pas pour autant à cette vérité.  Le péché est un culte de soi qui fait horreur à Dieu.  Point à la ligne.

Conclusions

J’ai pris la décision d’écrire cet article avec énormément de combats intérieurs et de déchirements car je savais qu’il allait mettre fin aux ambiguïtés qui m’habitaient dans les derniers jours.  Vous avez été témoins dans les dernières semaines de mes nombreux doutes et hésitations, de mes luttes sans précédent pour me raccrocher à la vérité alors qu’une partie de moi voulait la tordre et même parfois la rejeter.  Mais je crois être enfin parvenu à une clarté d’esprit que je recherchais depuis longtemps.   Et maintenant que je conclus l’article, tout me parait clair et limpide.

En considérant les événements qui ont précédé le 8 septembre, je comprends que Satan avait un plan pour me rayer de la carte.  Dans les mois et même les années précédentes, le Seigneur faisait en moi un travail colossal et malgré mes faiblesses et rechutes, je me rapprochais de Lui et me soumettais de plus en plus à sa volonté, ce qui irritait l’ennemi au plus haut point.  Je pense à mes cours bibliques à distance, à mes efforts pour faire croître ma foi et partager l’Évangile.  Je pense au mois d’août dernier, où j’avais pris l’habitude, à chaque matin de la semaine, de prendre un temps de louange, lecture et prière avec mes deux filles.  Je pense à mes projets musicaux, à mes concepts de livres, à mes mille et une idées pour faire connaître Dieu.  Toutes ces choses auraient été définitivement réduites à néant si j’avais poursuivi dans le péché.  Et c’est ce que le diable souhaitait.  Si vous désirez travailler à la vigne du Seigneur, soyez assuré que vous attirerez l’attention de nombreux ennemis.  C’est pourquoi la vie chrétienne ne peut se vivre qu’en veillant et priant.  Travailler pour Dieu sans prier suffisamment est le meilleur moyen de souffrir.

Maintenant que je suis revenu à la raison, que j’ai chassé mes doutes, je peux retourner au travail pour le Royaume de Dieu.  Maintenant que j’ai renoncé à la déification de mon ego démesuré, je peux me replacer sous le joug DOUX  et LÉGER de mon sauveur Jésus.  Et j’insiste sur le DOUX et LÉGER.  Car j’ai cru qu’en me soustrayant de son joug, j’allais expérimenter l’euphorie de la liberté.  Mais je n’ai goûté qu’à un esclavage insupportable.  Vous croyez que Dieu vous prive de vos droits?  Ha!  Ha!  Attendez de voir ce que vous offre ce monde.  Asservissement garanti ou argent remis.  En vérité, Dieu ne nous prive que de ce qui nous détruit.  Et il nous accorde avec abondance tout ce qui nous comble.  Le problème est que nous sommes simplement trop bêtes pour le réaliser.

J’ai cru aimer Thalia.  Mais en fait, je n’ai commencé à l’aimer vraiment qu’il y a quelques heures, quand j’ai enfin accepté pleinement de me détacher d’elle, de « la laisser » retourner vers son mari, de renoncer totalement à cette relation destructrice.  L’amour a ressuscité au moment où j’ai pris la décision ferme d’honorer mon mariage et le sien.  Et comme vous le savez, je n’ai aucun mérite à avoir fait ce choix.  J’ai été une brebis si rebelle que Dieu a été contraint de me poursuivre et même de me rouer de coup et de me battre presque à mort pour éviter que je saute bêtement dans le ravin.  Je prie d’avoir plus d’intelligence lorsque l’ennemi frappera à nouveau.  Je prie de ne plus perdre ma perspective de l’éternité.  Je prie d’honorer Dieu et de mourir à moi-même.  Je ne veux plus JAMAIS retourner là où j’ai été.  Je veux que cette leçon reste gravée de façon profonde et permanente en moi, jusqu’à ce que je sois uni à mon Dieu dans le Ciel.

Il est temps maintenant pour moi de passer à autre chose et de consacrer tous mes efforts et mon amour à reconstruire ma famille, à honorer ma femme, à être le mari que je dois et désire être.  Que Dieu me garde, qu’il nous garde tous… et que sa parfaite et juste volonté s’accomplisse en chacun de nous, afin que nous soyons trouvés purs et irréprochables au jour du jugement.

Avec du recul…
8 juillet 2016

Il est intéressant mais aussi affligeant de me rappeler l’état mental dans lequel je me trouvais à cette période précise de ma vie.  Aujourd’hui, toute cette aventure me semble étrangement irréelle.  Mais en relisant ce texte, je me souviens de la confusion et des contradictions internes qui me tourmentaient, de la haine que j’éprouvais parfois envers moi-même, de mon désespoir face à mon incapacité à reprendre convenablement le dessus.  Être témoin de cet épisode me permet d’apprécier plus que jamais le bonheur que j’éprouve alors que je marche à nouveau dans les voies de Dieu.

Cet article, tout comme les précédents, témoignent en même temps de ma grande présomption de l’époque.  Chaque article se termine avec de grands états d’âmes où j’affirme et réaffirme que CETTE FOIS, j’ai tout compris.  Je le disais sincèrement mais j’étais néanmoins naïf et présomptueux en écrivant de la sorte.  Chaque article aurait dû idéalement se terminer avec un sentiment de la crainte de Dieu, avec la reconnaissance de ma dépravation et de mon besoin du secours divin.  Mais à la place, nous retrouvons toujours ces conclusions sirupeuses à la Walt Disney, où je semble me considérer comme le héros qui s’est hissé hors du gouffre et qui se permet même, en prime, d’ajouter une petite morale pour ses lecteurs.  Dieu devait donc me briser davantage.  Il ne devait pas me laisser avec ce vil sentiment d’avoir vaincu par mes propres forces.  Il devait m’amener à comprendre le titre de mon propre blog: PAR SA GRÂCE.  Car ce n’est qu’en lui et par lui que nous pouvons vaincre le péché.  Et lorsque nous vainquons, toute gloire doit revenir à LUI seul.

psg 2014-11-27

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