Épisode d’adultère: le mot de la fin

psg 2014-12-09Il y a plusieurs années, lorsque Dieu m’a arraché des griffes des ténèbres pour me plonger dans sa lumière et me faire goûter à son amour, une transformation radicale s’est produite en moi.  Je ne parle pas de la transformation qui survient lorsqu’une personne adopte une philosophie ou une religion.  Je parle d’un changement de coeur.  Il a pris un coeur vil, corrompu, tordu, idolâtre, égoïste et ennemi de Dieu, pour en faire un coeur aimant la vertu, la vérité, la justice, le sacrifice… un coeur qui aime Dieu et est consumé par le désir de le servir.  Ce désir a été maintes fois contrarié par l’opposition de la chair, défait par les plans de l’ennemi, combattu par l’esprit de ce monde.  Mais il s’agissait néanmoins d’un désir inextinguible, d’une flamme alimentée par l’Esprit Saint, d’une force silencieuse qui renverse tous les obstacles.

En me donnant un coeur nouveau, Dieu m’a donné de nouveaux désirs.  Ce qui faisait auparavant ma joie faisait désormais mon dégoût.  Et ce qui me répugnait faisait maintenant mes délices.  Le péché me semblait être soudainement l’ultime perte.  Et la vertu l’ultime richesse à posséder.  J’ouvrais les pages de la Bible et ne lisais plus un livre ardu parsemé de lettres mortes comme lorsque j’étais aveugle.  J’ouvrais la Parole de mon Dieu et chaque mot était comme du miel sur mes lèvres.  J’étais embrasé, consumé par le désir d’honorer Dieu.  J’étais saturé de lui, ses pensées imprégnaient les miennes, ses projets motivaient les miens.  Son Royaume était ma patrie.  J’étais sauvé.  Marqué par le sang de Jésus, destiné à lui ressembler.  Tout mon être tendait désormais vers le haut et mon obéissance m’amenait de vertu en vertu et de gloire en gloire.

Mais il y avait ce petit ensemble de péchés qui subsistaient.  Comme une forteresse établie en moi.  Il y avait ces images que je visionnais à l’ordinateur.  Ou sur mon propre écran mental.  Et il y avait également la masturbation.  Ces comportements venaient de mon ancienne vie, du temps que j’étais vendu au péché et que la volonté de Dieu était le dernier de mes soucis.  Maintenant, je pouvais reconnaître la nature mauvaise de ces actions.  Mais étrangement, je n’arrivais pas à m’en défaire totalement.  Ou plutôt, je ne le voulais pas.  Car la grâce de Dieu était à ma disposition afin que je triomphe de cette partie rebelle de moi.  Les années se sont donc écoulées avec cette ombre au tableau, avec cette idole qui tentait continuellement de rivaliser avec mon Dieu.  Et bien souvent, dans les moments de fatigue, de solitude, d’angoisse, de colère… je me dirigeais à pas feutré vers ce sanctuaire païen de la luxure afin d’y offrir mon corps et mes pensées en sacrifice, en échange d’un bref moment de paix.  Plutôt que de courir vers Dieu, mon Rocher et mon Salut, j’ai préféré trop souvent l’alternative du monde, celle du péché, celle de la dépendance.

Chaque article de ce blog a été écrit avec sincérité.  Ceux qui ne l’étaient pas ont été supprimés.  J’ai toujours voulu honorer Dieu, depuis le premier jour de ma nouvelle naissance.  J’ai toujours eu cette flamme en moi qui me pousse à vaincre le mal et à chercher le bien.  Et chacun de mes articles est imprégné de ce feu.  Et ce feu a embrasé l’esprit de plusieurs d’entre vous, reconnaissant la Vérité de Dieu et vous laissant transformer par elle.  Mais au-delà de cette sincérité et de ce désir de travailler pour le Royaume de Dieu, il y a toujours eu cette lâcheté face aux démons de la tentation.  À la petit école, j’évitais à tout prix la confrontation.  J’étais du genre à acheter la paix ou à faire une blague pour me sortir d’ennuis et ne pas me faire tabasser.  Et ça fonctionnait plutôt bien.  Mais dans la vie spirituelle, nous ne pouvons pas appliquer les mêmes stratégies.  Car nous faisons face à des ennemis dont les plans sont beaucoup plus sombres que ceux de nos copains d’école.  Ces ennemis veulent nous détruire.  Et nous ne les faisons pas fuir en achetant la paix ou en faisant des blagues.  Nous devons saisir nos armes et nous ruer sur eux.  Nous devons les détruire, les exterminer sans la moindre pitié.  Car si ce n’est pas eux, ce sera nous.

Lorsque j’ai commencé à bloguer sérieusement en 2008, j’ai expérimenté de grandes victoires.  Des mois et des mois sans porno ou plaisirs solitaires.  C’était une époque spirituellement révolutionnaire.  J’apprenais à connaître mon Dieu et j’étais tout simplement obsédé par lui, par le désir qu’il me communique sa volonté et qu’il me donne la grâce de m’y conformer.  Mais le temps a passé, mon amour pour Dieu s’est refroidi et des rechutes se sont produites ici et là.  J’étais loin de la vie obsessive-compulsive d’où Dieu m’avait tiré.  J’étais véritablement un nouvel homme.  J’AIMAIS la pureté sexuelle.  Et j’haïssais les rechutes.  Et pourtant, le porno revenait de façon cyclique.  Et à chaque fois, elle laissait des marques.  Dieu me pardonnait fidèlement.  Je me pardonnais également.  Mais chaque décision de céder à l’ennemi avait un impact en moi et autour de moi.  Car malgré toute la grâce que Dieu nous offre continuellement et sans compter, nous ne pouvons croire que le péché n’aura aucun effet sur nous, à court ou à long terme.

Ce que je vois maintenant, ce que je crois, c’est que cette nonchalance spirituelle a tracé la voie vers ce qui devait être ma destruction.  L’Esprit Saint m’exhortait si souvent à consacrer plus de temps à la prière, à m’appuyer davantage sur la grâce, à faire des efforts pour mieux connaître mon Dieu et développer la conscience de sa présence omniprésente.  Mais je me suis progressivement épris de moi-même et de mes projets.  Je me suis mis à sacrifier mon précieux temps de prière pour travailler sur telle ou telle chose qui me semblait si urgente… et parfois, il s’agissait de choses spirituelles!  Mais Dieu n’était pas intéressé d’abord par mes réalisations.  Il était intéressé par mon âme.  Il ne voulait pas que je mette toutes mes énergies à FAIRE de bonnes choses, mais plutôt à ÊTRE un homme de Dieu.  Mais j’ai ignoré les avertissements divins.  J’ai banalisé mes rechutes.  Après tout, elles étaient peu fréquentes.  Et de façon générale, je ne fantasmais pas et ne vivais pas une vie de dissolution comme avant d’être sauvé.  Non.  Mais je jouais avec le feu.  Je tolérais quelque chose qui attristait l’Esprit Saint en moi et qui heurtait mon âme et mon propre entourage.

Dans la série Chute et rédemption, j’ai raconté cet épisode d’adultère qui a débuté le 8 septembre 2014.  Avec du recul, je comprends maintenant que cet adultère n’était pas un événement fortuit ou une attaque survenue de nulle part.  Il était le piège vers lequel m’avait conduit ma nonchalance spirituelle de toutes les dernières années.  Chaque épisode de masturbation, chaque visionnement de pornographie, chaque session de fantasmes projetés sur mon écran mental, m’avait très subtilement conditionné à ouvrir la porte à un péché beaucoup plus grand et dévastateur.  Chaque péché était un cours préparatoire en vue de la grande tentation.  Si j’avais appris à résister au diable, si j’avais fui l’impudicité, si j’avais jeté par terre toute idole placée entre mon Dieu et moi, je n’aurais probablement pas cédé à la tentation de l’adultère.

Soyez conscient que votre dernière rechute n’est pas un événement isolé et sans signification.  Chacune de vos rechutes résulte d’une action de l’ennemi contre vous.  Et chacune de ces actions est orientée vers un but bien précis.  Votre ennemi est intelligent, alors vous avez tout avantage à vous appuyer sur un Dieu omniscient qui, seul, peut déjouer ces ruses sataniques.  Et l’ennemi ne veut rien d’autre que votre perte.  Et chaque rechute vous oriente dans cette direction.  Chaque compromis vous affaiblit légèrement.

Le 8 septembre, lorsque mon regard a croisé celui d’une femme qui me manifestait visiblement de l’intérêt, j’aurais dû fuir.  J’aurais dû fermer les portes blindées sur moi, fermer les fenêtres et empoigner mon épée jusqu’à ce que le danger passe.  Mais qu’est-il plutôt arrivé?  Je n’ai offert aucune résistance.  Je me suis lancé à la poursuite de cette femme.  J’ai oublié mon Dieu, ma femme, mes enfants, mes principes et la vérité elle-même, pour poursuivre cette inconnue.  Mais si la Parole de Dieu avait habitée en moi dans toute sa plénitude, si je n’avais pas affamé mon coeur de vérité en préférant mes vaines occupation quotidiennes, je me serais rappelé de ces paroles:

J’aperçus parmi les stupides, je remarquai parmi les jeunes gens un garçon dépourvu de sens. Il passait dans la rue, près de l’angle où se tenait une de ces étrangères, et il se dirigeait lentement du côté de sa demeure: C’était au crépuscule, pendant la soirée, au milieu de la nuit et de l’obscurité. (…) Elle le saisit et l’embrassa, et d’un air effronté lui dit: Je devais un sacrifice d’actions de grâces, aujourd’hui j’ai accompli mes voeux. C’est pourquoi je suis sortie au-devant de toi pour te chercher, et je t’ai trouvé. J’ai orné mon lit de couvertures, de tapis de fil d’Égypte; j’ai parfumé ma couche de myrrhe, d’aloès et de cinnamome. Viens, enivrons-nous d’amour jusqu’au matin, livrons-nous joyeusement à la volupté. Car mon mari n’est pas à la maison, il est parti pour un voyage lointain; il a pris avec lui le sac de l’argent, il ne reviendra à la maison qu’à la nouvelle lune. Elle le séduisit à force de paroles, elle l’entraîna par ses lèvres doucereuses. Il se mit tout à coup à la suivre, comme le boeuf qui va à la boucherie, comme un fou qu’on lie pour le châtier, jusqu’à ce qu’une flèche lui perce le foie, comme l’oiseau qui se précipite dans le filet, sans savoir que c’est au prix de sa vie. (Proverbes 7.7-23)

Comme le jeune homme de cette histoire, comme ce garçon dépourvu de sens parmi les stupides, j’étais prêt à suivre une inconnue comme un boeuf va à la boucherie, comme un fou qu’on lie pour le châtier.  Nous jurions qu’il s’agissait de romance et d’amour.  Mais tout n’était qu’une monumentale désobéissance à Dieu.  Il n’y avait pas plus d’amour dans cette scène que dans une scène d’horreur, puisqu’il s’agissait d’un carnage spirituel.  Il s’agissait d’un fils de Dieu qui renonçait aux voeux de son mariage, qui oubliait la compagne de sa vie, celle qui lui était destinée, pour suivre une femme croisée au bureau.  Il s’agissait d’un homme qui piétinait l’intégrité, le respect et la noblesse de l’âme, pour s’abandonner à une amourette d’adolescent vécue hors du contexte sacré du mariage.

Chaque rechute passée pointait vers ce coup de foudre mensonger.  Et ce coup de foudre mensonger pointait vers la mort.  Ce n’était définitivement pas l’impression qu’il donnait au départ.  Tout semblait si beau et parfait.  Mais rapidement, je me suis retrouvé comme un oiseau dans un filet.  J’avais beau me débattre, je ne faisais que m’empêtrer de plus en plus.  Je n’ai jamais eu si peur de perdre mon éternité auprès de Dieu.  Le 8 septembre, j’ai posé le pied dans un piège qui m’a fait dégringoler dans une fosse immense et profonde.  Je n’ai pas eu le temps de voir et de comprendre ce qui m’arrivait.  J’ai simplement senti que le sol se dérobait sous mes pieds, que tout se bousculait autour de moi, que je perdais mes repères à une vitesse vertigineuse, que le plongeais en chute libre sans savoir où et quand cette chute allait se terminer.  Et une fois au fond, je me suis rendu compte que ce péché n’allait pas être comme tous les autres péchés « banals » du passé.  Il était un de ces péchés qui brisent un homme et lui laissent peu de chances de survivre.

La philosophie de ce monde

Cet automne, j’ai flirté avec ce monde.  Quand je parle du monde, vous savez que j’en parle à la façon de la Bible.  Je parle d’un système, d’une philosophie, d’une manière de penser qui est en opposition à celle de Dieu.  Ce système est articulé autour d’un concept fondamental: celui de la souveraineté de l’homme.  Pour ce monde, l’homme n’a pas à se soumettre à qui que ce soit.  Il n’a pas à se faire dicter ce qui est bien et mal.  Décréter la nature morale des choses est une prérogative humaine et l’homme a donc le loisir d’emprunter les sentiers qu’il désire, selon les penchants de son propre coeur.  J’en suis donc venu à croire qu’il était justifié d’abandonner notre famille pour habiter ensemble et donner libre cours à ce simulacre d’amour que nous ressentions l’un pour l’autre.  Tant pis pour les mari et femme.  Tant pis pour les enfants.  Et tant pis pour nos propres âmes.  L’amour était devenu notre ultime référence et justification morale.  Sauf  que cet amour n’en était pas.  Oups!  Si bien que si nous avions effectivement fait le choix de tout quitter pour être ensemble, nous aurions fini par nous entre-déchirer.  Et tout le monde aurait été perdant.

Afin d’apaiser ma conscience, j’ai emprunté pour un moment la pensée de ce monde.  Je me suis mis à penser en fonction de moi-même, de mes désirs, de mes aspirations.  Je me suis exalté au-dessus de tout et j’ai relégué Dieu au second plan.  Ou plutôt au placard, car je ne supportais plus sa présence.  J’ai pris plaisir à être adulé par cette femme.  Et j’ai pris plaisir à l’aduler.  Je m’imaginais parfois vivre avec elle, aller au cinéma ou au restaurant avec elle, marcher dans la rue en lui tenant la main, faire avec elle toutes ces petites choses routinières de la vie de couple, comme si tout allait devenir magique à ses côtés, comme si la réalité n’allait pas nous rattraper un jour et nous permettre de constater notre profond vide intérieur.  Mais dans cet univers fantasmagorique que je m’étais créé, seul le moment immédiat était pertinent.  Et seul mon petit bonheur importait.  J’oubliais mon appel divin, j’oubliais le Royaume de Dieu, j’oubliais le rôle que j’avais à jouer sur cette terre et j’étais maintenant consumé par cette recherche de la plénitude dans les bras d’une parfaite inconnue.

Ce monde est perdu.  Ce monde est mensonger.  Ce qu’il offre n’est que du vent.  Non… ce qu’il offre est du poison.  Car ce qu’offre le monde, c’est de nous détacher de Dieu pour nous abandonner au plaisir.  Ce que le monde nous offre, c’est de nous éclater pendant quelques années, en faisait fi de tout et en oubliant la lourde facture qui nous attend au-delà de notre dernier souffle.  Car une vie de désobéissance ne conduit nulle part ailleurs que dans une mer de feu et de tourments.  Jésus nous a avertis à ce propos plus que quiconque dans la Bible.  Dieu ne désire pas que nous périssions.  Mais si nous méprisons le don de la grâce, que nous piétinons le sang de Jésus et que nous persistons à chérir nos petites idoles, nous récolterons un jugement terrible au jour de la colère.

Un sacrifice démesuré

Dieu seul sait ce qui serait arrivé si j’avais décidé de laisser ma famille pour courir dans les bras de ma maîtresse.  Peut-être que je n’aurais même pas pu en « profiter » longuement.  Peut-être que Dieu aurait permis que je sois foudroyé d’un cancer fulgurant, abrégeant mes jours et terminant ainsi mon histoire dans le plus profond pathétisme.  Ou que ma maîtresse soit handicapée à vie par un ACV.  Ou que nous nous haïssions au bout de quelques mois.  Je ne connais pas ce qui m’attendait de l’autre côté de la rivière.  Mais il y a une chose que je connais, c’est ce que j’étais prêt à abandonner de ce côté-ci de la rivière.  J’aurais abandonné une femme formidable qui m’a toujours aimé d’un amour inconditionnel.  J’aurais abandonné une femme qui me ressemble et qui me connaît.  Une femme intelligente, drôle, unique.  Une femme qui partage ma foi, qui essaie toujours de s’améliorer, qui corrige ses défauts plutôt que de les assumer.  Une femme qui sait ce qui est bien et mal, qui ne s’applique pas à relativiser le péché.  Une femme qui élève ses enfants dans les voies de Dieu, qui ne cède pas à la pression populaire mais qui marche au rythme de son Roi et Seigneur.  Une femme qui peut lire dans mes yeux, qui peut deviner mes pensées.  Une femme que je trouve belle et sensuelle, que j’admire et apprécie.    Une femme qui embrasse mieux que toute autre femme, qui sait comment me donner du plaisir et à qui je sais lui rendre.  Une femme qui fait partie de moi, qui habite en moi, qui se fond en moi.  Une femme qui m’a marié pour le meilleur et pour le pire et qui en a trop souvent récolté le pire… mais qui est demeurée à mes côtés malgré tout, me manifestant une patience et une bonté hors du commun.  Une femme que Dieu m’a choisi.  MA femme.  MON épouse.  MA Mélanie, à moi seul.  Et moi je suis SON Jean, à elle seule.  Son époux, Son mari.

Si j’étais parti, j’aurais également abandonné des enfants merveilleux.  Des enfants qui m’aiment et que j’aime.  Des enfants uniques, drôles, intelligents, sensibles, hors du commun.  J’aurais abandonné ma belle Marianne, qui aura bientôt 16 ans, avec sa passion pour les arts et la danse, avec sa sensibilité aux relations humaines, avec son humour et sa générosité.  J’aurais abandonné ma belle Rébecca, avec sa passion pour les animaux et pour l’espionnage, avec sa profonde compréhension pour les choses spirituelles malgré ses 14 ans.  J’aurais abandonné mon fils de 5 ans Isaac, avec sa curiosité incessante, son verbiage hyper-élaboré, son émotivité et sa joie de vivre contagieuse.

Étrangement, toutes les fois où je me suis abandonné à cet esprit d’adultère, j’ai perdu de vue ces trésors.  J’ai oublié le prix qu’il m’en coûterait.  Je n’avais devant les yeux que le plaisir qui m’était promis.  Cette romance n’était qu’une transe induite par un profond égoïsme de part et d’autre.  La transe est maintenant terminée.  De retour à la réalité.  Et la réalité, c’est que je suis né pour aimer la femme qui vit en ce moment à mes côtés.  Et elle est née pour moi.  Je suis soumis à Dieu, ma femme m’est soumise, nos enfants nous sont soumis, et tous ensemble nous formons un TOUT indissociable.

Renoncer à l’adultère impliquait un deuil.  Mais cette douleur était brève, comparée à celle qui aurait résultée d’une relation plus longue et plus intime.  Je ne suis pas l’homme qu’il fallait pour Thalia.  Et elle n’est pas la femme qu’il me fallait.  Le destin ne nous a pas réunis afin de nous faire expérimenter « l’amour de notre vie » mais plutôt pour nous montrer combien notre coeur a besoin de repentance et d’une transformation radicale.  Lors de nos innombrables conversations, j’ai souvent déformé les faits.  Pour aider Thalia à calmer sa conscience, j’ai souvent dépeint ma femme négativement afin que ma maîtresse n’éprouve pas de remords à entretenir une relation avec moi.  Mais j’ai souvent exagéré, en plus d’omettre ma propre part de responsabilité dans mes conflits de couple.

En réalité, ma femme est une femme merveilleuse et c’est elle que j’aime.  Je regrette d’avoir menti afin d’arriver à mes propres fins.  Je regrette de m’être présenté à cette inconnue comme le plus grand des romantiques alors que je suis un homme bien ordinaire qui est simplement très habile avec les mots.  Mais les mots ne font pas la réalité.

Pour la première fois depuis le début, je peux dire que je regrette amèrement cette aventure et que si j’avais la possibilité de retourner en arrière, je ferais un choix différent.  Je regrette d’avoir déclaré un amour qui n’en était pas un, d’avoir entretenu un mirage.  Je regrette d’avoir été irrespectueux envers le mari et la famille de ma maîtresse.  Je regrette cet adultère, ce péché, cet affront à la volonté de Dieu.  J’aurais aimé que ça n’arrive jamais.  Mais c’est arrivé.  Il ne reste plus qu’à nous tourner vers Dieu et à le laisser changer nos coeurs de façon à ce que nous devenions des personnes de caractère, fidèles à leurs promesses, aimant Dieu au-dessus de toute chose.  Car son amour à Lui est réel.  Son amour est inconditionnel.  Son amour ne nous laisse jamais amers et désillusionnés.  Il EST l’amour.

Avec du recul…
8 juillet 2016

L’introspection à laquelle je m’étais livré dans cet article-ci était valable mais une chose importante m’échappait: la nature profonde de ce qui m’était arrivé pendant l’automne.  Une partie de moi établissait toujours une distinction entre cet adultère (qui portait un masque de romance) et la dépendance sexuelle avec laquelle j’avais toujours eu à lutter.  Or, il s’agissait d’un seul et même problème.

Dans cet article, je faisais mention des enjeux qui étaient impliqués dans l’éventualité où j’aurais décidé de rejoindre définitivement ma maîtresse.  Je parlais de la famille que j’aurais abandonné et je spéculais sur ce que le destin, ou plutôt Dieu, aurait pu me réserver si j’avais osé faire le grand saut.  Mais de toute évidence, une partie de moi croyait encore que si j’avais fait ce saut, j’aurais éventuellement retrouvé une vie normale et belle, une fois les tribulations du divorce passées, à moins que Dieu n’en décide autrement.  Je ne réalisais donc pas que cette décision n’aurait été que le premier jalon d’une longue et inévitable déchéance morale.  Je ne me dirigeais pas vers un nouveau mariage heureux mais vers ma mort.

Comme nous pouvons le constater dans l’article Chute et rédemption (Au bord du gouffre), « l’amourette innocente » des premiers jours s’était transformée en quelque chose de beaucoup plus sombre et sexuel.  Et bientôt, cette composante sexuelle allait déborder en-dehors de cette relation avec ma maîtresse.  D’abord, la pornographie était revenue après quelques semaines.  J’avais d’ailleurs dissimulé à ma maîtresse une rechute, ce qui indique que je lui mentais déjà alors que j’étais supposé être son prince charmant.  Puis, j’allais me surprendre plus tard à éprouver du plaisir à flirter subtilement avec une autre femme alors même que j’avais des liens avec ma maîtresse.  Rien de sérieux, mais tout de même… ces quelques minutes de flirt révélaient la nature obsessive-compulsive de mon adultère, alors que je considérais ce dernier comme une « expérience unique ».  Oui, cette expérience était unique en ce sens qu’elle était inégalée en intensité… mais elle n’était rien d’autre que de la convoitise.  Et en tenant compte de mes grandes faiblesses à ce niveau, il m’est aujourd’hui très facile de prédire où m’aurait menée la décision de quitter ma femme pour ma maîtresse.  En faisant ce choix, j’aurais ouvert en moi la porte à l’adultère de façon définitive.  Cette porte ne m’aurait pas amené vers un nouveau mariage stable mais vers de nouvelles expériences adultères.  C’était inévitable.  J’avais goûté à cette drogue et je n’allais pas me marier avec Thalia pour ensuite voir ma convoitise se dissiper par enchantement.  J’allais tromper ma nouvelle femme.  Cette infidélité allait ensuite mener à une seconde rupture puis à une succession de relations de plus en plus motivées par le sexe.  Tôt ou tard, j’allais perdre totalement le contrôle de ma vie et éventuellement me tourner vers les prostituées.  Et qui sait ce qui serait arrivé par la suite.  Et tout au long de ce processus, je n’aurais probablement pas réussi à retrouver mon chemin vers Dieu car j’aurais su que j’avais quitté MA famille, celle que Dieu m’avait confié, et j’aurais été écrasé par la culpabilité, la honte et un profond dégoût de moi-même, lesquels n’auraient fait qu’accélérer le processus de la dépendance sexuelle et m’auraient conduit vers ma ruine finale.

Cet article est donc une manifestation supplémentaire de la naïveté qui caractérisait déjà les articles précédents.  J’étais conscient de ce que j’avais failli perdre mais je ne réalisais pas à quel point j’étais malade.  Je n’avais pas assimilé entièrement la réalité.  J’étais à moitié dégrisé.  Le poison de l’adultère parcourait encore mes veines, envahissait mon cerveau, me poussait à parer encore le péché de quelques petites dentelles supplémentaires, m’empêchant d’haïr ce péché et de le rejeter avec l’énergie du désespoir.  Je n’haïssais pas l’adultère comme Dieu l’haïssait.  Mais ce jour allait venir…

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