Dépendance, culpabilité et haine de soi (2 de 2)

psg 2014-12-22Comment être conscient du mal que nous faisons sans toutefois nous en vouloir?  Comment réaliser que nous avons contribué massivement aux souffrances de nos proches tout en résistant à la tentation de nous haïr pour ce que nous avons fait?  Comment considérer l’ensemble de nos échecs tout en gardant une attitude positive et une foi indéfectible en Dieu?  La réponse est d’une grande simplicité et se résume en deux mot: La CROIX.

Lorsque nous aimons Dieu, que nous lui appartenons et qu’il a placé en nous son Esprit, de sorte que nous sommes en mesure de discerner le bien et le mal, il est normal d’être dégoûté par le mal que nous faisons.  Il est normal (et même souhaitable) d’abhorrer ce que Dieu abhorre.  La colère que nous éprouvons face à nos péchés tire même sa source de la colère que Dieu éprouve lui-même envers le péché.  Haïr le péché est donc juste et bon.

Le problème survient lorsque notre haine du péché est détournée de l’acte vers l’acteur, lorsque notre haine du péché se transforme en haine de nous-mêmes.  Il est naturel de faire cette erreur car nous savons que le péché n’existe pas par lui-même.  Si un péché est commis, il y a un perpétrateur .  Et c’est ce dernier qui devrait être puni.  Notre sens de la justice nous pousse donc à vouloir expier nos fautes, comme certains païens le font.  Nous désirons nous haïr et même nous faire du mal pour ne pas avoir été à la hauteur des standards de Dieu.  Mais ce réflexe est tordu et permettra seulement au diable de nous tenir plus longtemps enfoncé dans la boue.

La haine de soi est un mépris du sang versé sur la croix

Si nous sommes chrétiens, nous savons ce que représente la croix.  Mais peut-être que nos regrets et déceptions ont commencé à nous faire oublier ce qui s’est vraiment produit sur la croix il y a 2000 ans.  Jésus ne s’est pas livré à ce supplice simplement pour nous démontrer son amour.  Il l’a fait afin d’accomplir un acte scurnaturel d’expiation.  Avant que Jésus ne meurt sur la croix, chacun devait payer de sa propre vie pour ses péchés.  L’existence humaine était un long couloir de la mort, où les gens s’entassaient en attendant le jour de leur exécution.  Mais Dieu a envoyé son Fils unique, afin de prendre sur lui nos fautes et de payer le prix à notre place.  Il s’est substitué à nous sur la chaise électrique.  Il a retiré le noeud coulant qui était placé autour de notre cou pour le placer autour du sien.  Il s’est injecté lui-même le mélange létal qui devait nous être injecté.  Jésus a pris notre peine de mort afin de nous donner sa vie.  Et il a subit le rejet du Père afin que nous n’ayons jamais à vivre ce rejet.  Sur la croix, il a supporté la colère divine, a été brisé par la furie de la vengeance de Dieu, afin que nous n’ayons jamais à goûter cette colère inimaginable.  Jésus était l’Agneau de Dieu, une victime sans tache, parfaite, immaculée, offerte en rémissions de nos péchés.  Le châtiment que nous méritions est tombé sur lui.  Par sa mort, nous avons été sauvés.  Et avant son dernier souffle, il s’est écrié: « TOUT est accompli ».  Dès lors, il n’y avait plus rien d’autre à ajouter à ce sacrifice.  Par ce acte d’amour absolu et inconditionnel, Jésus nous affranchissait des chaînes du péché.

Sachant tout cela, il faut se poser la question: Que pensons-nous accomplir en choisissant de nous haïr pour nos péchés?  Notre Dieu juste et saint avait toutes les raisons du monde pour nous broyer dans sa colère et nous faire périr dans la géhenne.  Et pourtant, il a placé entre nous et lui son fils crucifié afin que ce soit ce dernier qui reçoive la punition pour nous.  Et le Fils a payé ainsi l’entièreté de notre dette.  L’entièreté, jusqu’au dernier centime.  Il a payé pour TOUS nos péchés passés, présents et futurs.  Il n’y a donc rien que nous puissions ajouter à ce sacrifice.  En vérité, tenter d’ajouter à ce sacrifice n’apporterait rien mais ne ferait qu’amenuiser la valeur de ce que Jésus a fait pour nous.  Lorsque nous décidons de nous haïr ou de nous punir pour ce que nous avons fait, nous déclarons à Dieu: « Merci d’avoir sacrifié ton Fils unique pour le pardon et l’expiation de tous mes péchés… mais permet-moi d’ajouter mon propre sacrifice. »  Quelle ignorance et quel orgueil!  Nous pensons pouvoir bonifier le sacrifice de Jésus sur la croix, le sacrifice de DIEU lui-même, le sacrifice d’un Agneau pur et sans tâche, en ajoutant notre propre sacrifice aux motifs douteux et complaisants, venant d’une âme coupable et meurtrie par le péché!

Accepter le don gratuit de la vie éternelle offert par Jésus, c’est accepter le pardon total de tous nos péchés.  Et accepter ce pardon, c’est renoncer à tout jamais à tout sentiment de condamnation. Car le fait de retenir quoi que ce soit contre nous-même ne démontre pas de l’humilité ou de la contrition, mais seulement de l’incrédulité vis-à-vis la parfaite oeuvre de rédemption accomplie en Jésus sur la croix.

Maintenant, si nous savons que tous nos péchés ont été pardonnés et expiés mais que nous insistons pour en payer le prix… quelle peut bien être notre motivation?  Il y a quelques pistes à explorer:

  1. L’orgueil: L’homme a de la difficulté à accepter que sa vie spirituelle soit entièrement dépendante de la grâce de Dieu, qu’il soit question de son salut ou de sa sanctification.  Il semble être réticent à accepter que toute bonne chose en lui soit un don immérité de Dieu.  Il essaie donc d’y ajouter sa contribution.  Alors plutôt que d’accepter que Jésus a tout expié pour lui, il insiste pour se sacrifier, se mortifier, se détester, afin de démontrer son regret et rétablir la justice (alors que toute justice a déjà été accomplie à la croix).  Il est important de comprendre que rien de ce que nous pouvons faire ne peut apaiser la colère de Dieu ou satisfaire sa justice.  Le seul sacrifice valable à ses yeux est le sang de Jésus.
  2. Le confort: Lorsque nous sombrons dans la haine envers nous-même,  nous libérons des hormones qui peuvent avoir un effet sédatif.  De plus, l’apitoiement peut devenir une zone de confort.  Une zone émotionnelle qui, malgré son aspect désagréable, peut devenir familière au point d’être plus attrayante que le changement.  Si nous craignons de nous lever et de mener le bon combat, l’apitoiement offrira la possibilité de jouer le rôle de la victime.  Et le rôle de la victime justifiera nos échecs.  Nous pourrons alors pleurer sur notre sort en prétendant que nous sommes à la merci des circonstances de notre vie, plutôt que de saisir les armes spirituelles que Dieu nous a données afin de vaincre le péché.
  3. La manipulation: Dans un contexte relationnel, l’apitoiement peut devenir une stratégie efficace (et mesquine) pour éviter d’affronter les conséquences de nos péchés.  Dans mon propre couple, par exemple, il m’est souvent arrivé de me retrouver dans des discussions plutôt émotives avec ma femme, en lien avec mes péchés et leur effet sur notre vie familiale.  Or, plutôt que d’offrir écoute et compréhension dans un esprit d’humilité, j’ai souvent débuté par la justification, pour ensuite verser dans l’opposé extrême, c’est-à-dire en verbalisant à ma femme la haine que j’avais pour moi-même et en m’attribuant des adjectifs peu flatteurs.  La « beauté » de cette stratégie est que l’attention est aussitôt déplacée des émotions de ma femme vers les miennes.  Magie!!!  Ma femme, qui avait besoin d’exprimer ses émotions et d’être consolée, se retrouve soudainement à s’occuper de MES émotions et de tenter de ME consoler.  Cette stratégie, qu’elle soit consciente ou non, est néanmoins malsaine et témoigne d’une grande immaturité affective.  La femme a besoin que son conjoint soit pour elle un homme qui est capable de recevoir ses émotions plutôt qu’un gamin qui fuit dans un cycle d’apitoiement afin d’échapper à ses responsabilités.  Notons que cette forme de manipulation peut se retrouver non seulement dans le couple mais dans tous les types de relations (parents-enfants, amis, famille, membres de l’église, etc.)

Cinq bonnes raisons pour cesser l’apitoiement

  1. D’abord, l’apitoiement n’honore pas Dieu.  Il faut toujours garder à l’esprit que nous sommes sur un champ de bataille et que la souffrance est inhérente à notre mission.  Se planquer derrière un arbre et geindre comme un bébé ne va certainement pas nous mériter des médailles et faire reluire la réputation de notre commandant.  Jésus nous a bien dit que celui qui se prépare à la guerre doit d’abord en calculer le coût et s’assurer qu’il est prêt à s’engager dans le combat (Luc 14.31).
  2. Ensuite, la haine de soi est un acte de rébellion.  Pensez-y.  Nous avons un Père céleste qui est amour et le premier commandement qu’il nous donne est l’amour.  La haine est donc une désobéissance fondamentale à Dieu.  Nous n’avons pas plus le droit de nous haïr nous-même que d’haïr Dieu ou le prochain.  La haine est proscrite de la vie chrétienne.  Point à la ligne.
  3. Ensuite, la haine de soi est un sentiment toxique qui envenime le climat conjugal et familial.  La haine est un repli sur soi et il est difficile de se donner entièrement à l’autre si nous nous détestons.  De plus, cette haine rend le coeur amer et cela se manifestera tôt ou tard par du ressentiment envers les autres, de l’impatience, de l’agressivité ou même de la violence.
  4. Ensuite, la haine de soi prépare le parfait terreau pour le péché, particulièrement pour le péché sexuel.  Le ressentiment, qu’il soit dirigé vers les autres ou vers soi-même, créé un climat émotionnel insupportable et le péché s’offrira tôt ou tard comme antidote à ce climat écrasant.
  5. Finalement, la haine de soi affecte la santé psychique et peut conduire à la dépression ou même au suicide.

Comment mettre fin à la haine de soi?

D’abord, il est primordial de se rappeler que le premier des commandements est celui de l’amour.  La haine de soi ne possède donc pas le moindre germe de vertu, elle ne rétablit aucune justice, elle n’attire pas la faveur de Dieu.  En fait, elle est la manifestation d’un esprit orgueilleux, complaisant et immature.  Elle est une désobéissance au premier commandement.  Une désobéissance possiblement encore plus grave que l’impureté sexuelle elle-même.

Toute pensée de haine envers soi-même constitue donc un péché.  Elle est une pensée qui déplaît à Dieu.  Si vous lisez la Bible, vous remarquerez que l’apitoiement n’a jamais touché le coeur de Dieu.  Au contraire, l’apitoiement et les complaintes ont souvent attirée son irritation et même sa colère.  Nous avons donc le devoir de traiter toute pensée haineuse de la même façon que nous traitons les pensées impures, c’est-à-dire en les assujettissant à la vérité.  Et la vérité, c’est que nous sommes pardonnées par Dieu.  Il n’y a donc aucune condamnation (Romains 8.1), aucun motif de nous en vouloir.

La seule réponse valable à nos offenses, la réponse biblique et mature, est celle de la repentance et de la réparation.  Si nous offensons quelqu’un par nos péchés, nous demandons pardon à Dieu et à cette personne, nous changeons de comportement par la grâce de Dieu, et s’il y a lieu, nous faisons acte de réparation pour aider les personnes lésées à guérir.  Et ce processus n’est possible que si nous acceptons pleinement le pardon de Dieu et que nous refusons catégoriquement tout forme de haine envers nous-mêmes, sachant que cette haine poserait obstacle à la repentance et ne permettrait pas de réparer les liens brisés avec les autres.

Le rôle du diable dans la haine de soi

Il est important de se rappeler que le réflexe de s’haïr soi-même sera toujours exploité par l’ennemi.  Lorsque nous réalisons le mal que nous avons fait, le diable sera toujours au rendez-vous pour transformer la conviction du péché en culpabilité, en honte et en haine de soi.  Notre arme contre ces attaques demeure toujours la vérité.  Et la vérité, c’est que Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais ait la vie éternelle (Jean 3.16).  Le Fils de Dieu est mort sur la croix pour que nous goûtions la liberté.  Il est venu pour nous sauver et non pour nous condamner.  Il est venu pour nous purifier de toute iniquité, pour nous rendre blancs comme la neige.  Il est venu pour que nous goûtions au bonheur extraordinaire d’une conscience tranquille et que nous puissions recevoir la paix surnaturelle de Dieu, une paix unique aux âmes rachetées qui se savent aimées de Dieu.  La haine de soi n’a donc aucune place dans ce plan divin.  Et tous les arguments de Satan visant à nous condamner et nous haïr nous-mêmes ne sont que des mensonges dégoûtants que nous avons le devoir de rejeter avec force.

Oui, nous tombons parfois dans un domaine ou un autre de notre vie.  Et oui, le péché déplaît à Dieu.  Mais ces péchés ont été portés par notre Sauveur.  Jésus s’est chargé d’eux et a subi la pleine rétribution de ces péchés.  Nous n’avons donc aucun droit de prendre ce rôle d’expiation.  Nous n’avons rien à payer pour nos fautes, quelle que soit leur gravité.  Nous sommes à jamais libres de toute dette.  Si donc nous faisons le mal, saisissons l’occasion en remerciant Dieu pour ce qu’il a fait pour nous sur la croix.  Ce que Dieu attends de nous n’est pas un spectacle d’auto-flagellation nombriliste mais plutôt des actions de grâce pour la miséricorde infinie qu’il nous a témoigné.

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