2015… par sa grâce

psg 2015-01-01Bonne nouvelle année à tous mes lecteurs.  J’aimerais débuter cette année avec une citation que j’ai lu récemment et qui m’a marqué, non seulement à cause des sentiments qu’elle décrit et auxquels je peux si bien m’identifier, mais aussi à cause de l’homme qui en est à l’origine:

«Je ne voudrais pas être le jouet et la proie de pensées vaines, incohérentes, insensées et souvent pire encore que tout cela; mais ce mal est attaché à moi: mon coeur est comme un grand chemin, comme une ville qui n’aurait ni muraille ni portes.  Il n’y a rien de si faux, de si frivole, de si absurde, de si impossible ou de si horrible qui ne puisse y avoir accès, et cela en tout temps et en tout lieu: mon cabinet, la chaire, la table du Seigneur elle-même, ne m’en mettent pas à l’abri.  Je compare quelquefois mes paroles aux notes aiguës d’un instrument que mes pensées accompagnent comme une espèce de basse ou plutôt d’anti-basse, qui viole toutes les règles de l’harmonie, introduit toutes les combinaisons possibles de discordance et de confusion, et détruit entièrement la mélodie.  Ah!  quelle musique feraient souvent mes prières et mes prédications aux oreilles de l’Éternel des armées, s’il les écoutait comme venant uniquement de moi!  Les hommes n’entendent que la partie aiguë; et je n’ai guère sujet de me féliciter, s’il leur arrive de m’adresser des louanges, lorsque ma conscience me dit qu’ils seraient saisis d’étonnement et d’horreur s’ils pouvaient entendre tout.

Mais si, dans l’état présent de la  nature humaine, on ne peut entièrement éviter ce déplorable effet de la corruption du coeur, je ne voudrais pas du moins m’y laisser aller volontairement, et cependant je sens que c’est ce que je fais.  En dépit de mon jugement et de ma volonté, je trouve au-dedans de moi quelque chose qui caresse et nourrit ces mauvaises pensées qui ne devraient m’inspirer que des sentiments d’horreur.  Ah!  combien doit être pervers le coeur qui peut entrer en pourparler avec de telles abominations, lorsque je connais si bien leur nature et leur tendance.  Certainement celui qui se trouve capable d’une telle indignité peut, sans la moindre affection d’humilité (quelque belle apparence que puisse avoir sa conduite extérieure), se reconnaître le moindre de tous les saints et le premier des pécheurs.

(…) Je ne voudrais pas m’attacher à une alliance fondée sur les oeuvres: il semblerait, d’après ce que je viens de dire, et d’après plusieurs autres choses que j’aurais pu ajouter, que j’ai assez de motifs qui doivent m’en éloigner.  Cependant, ce mal est encore attaché à moi.  (…)  J’embrasse comme une parole certaine et digne d’être entièrement reçue, que Jésus-Christ est venu au monde pour sauver les pécheurs; et la première affaire, comme la plus grande jouissance de ma vie, est de faire sentir la nécessité de ce médiateur entre Dieu et l’homme qui suffit à tous nos besoins, et de célébrer sa justice et sa seule justice.  Mais ici, comme dans tout le reste, je trouve une grande différence entre mon jugement et mon expérience.  Je suis invité à prendre de l’eau vive sans qu’elle me coûte rien, et cependant je suis souvent découragé, parce que je n’ai rien pour payer.  Si je suis quelquefois assez favorisé pour être délivré, jusqu’à un certain point, de tous ces maux que je viens d’exposer, cela sert plutôt à me donner une opinion plus favorable de moi-même qu’à augmenter mon admiration pour la bonté du Seigneur envers une créature si indigne de ses bienfaits; et lorsque les effets de ma corruption reparaissent et viennent me convaincre que je suis toujours le même, un esprit incrédule et légal voudrait me porter à en conclure que le Seigneur est changé; ou du moins je me sens fatigué de lui être redevable de pardons si multipliés, et je crains qu’une partie de ma lutte contre le péché et de mes efforts pour avancer dans la sainteté, n’ait sa source dans un désir secret de ne pas lui être si absolument et si entièrement obligé.»

Ce qui précède est une citation qui exprime si bien les paradoxes que je vis intérieurement que j’aurais pu remplacer l’article précédent par ce texte seulement.  Savez-vous d’où sont tirés ces mots?  D’une lettre écrite en 1772 par John Newton, pasteur anglican et auteur du cantique Amazing Grace (Grâce infinie).

L’année 2014 s’est terminée dans un chaos sans précédent et une confusion énorme quant à mon salut.  Je me suis aventuré dans des eaux interdites, j’ai été frappé par un orage d’une violence dévastatrice, puis je me suis retrouvé avec un navire réduit en épave, flottant à la dérive et sans le moindre repère.  J’ai alors tenté de jeter l’ancre afin de stopper ma dérive mais sans résultat.  Il semblait que l’ancre ne pouvait atteindre le fond.  Je ne pouvais qu’observer ma propre dérive et espérer de ne pas rencontrer un autre orage qui achèverait mon navire déjà endommagé et le ferait couler pour de bon.  Satan m’avait promis l’expérience de ma vie.  Ce fut effectivement le cas, mais pas dans le sens qu’il le disait.  J’ai plutôt fait l’expérience des plus profondes ténèbres.  Des ténèbres qui dépassaient les ténèbres dans lesquelles je vivais avant d’être sauvé.  Comme l’a dit Jésus: « Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres! » (Matthieu 6.23).

Dieu a permis que je dérive ainsi pendant un bon moment afin que j’expérimente toute la portée de mon impuissance.  Comme dans le cas de John Newton, les merveilles que Dieu avait accompli dans ma vie m’avaient amené à entretenir une haute opinion de moi-même plutôt qu’une reconnaissance plus grande pour la bonté de Dieu.  L’automne dernier a été une dure leçon sur le fait que je ne suis rien par moi-même et que mon salut et ma sanctification sont impossibles sans le secours continuel et miraculeux de mon Seigneur.  La Parole me nomme saint, non pas parce que j’ai atteint un quelconque degré d’avancement spirituel, mais parce que Jésus est mort pour moi et que son sang efface toutes mes fautes.

Comme il est intéressant de constater à quel point ma nature charnelle déploie continuellement des efforts pour s’attribuer des mérites qui ne reviennent qu’à Dieu.  Lorsque la grâce agit dans ma vie et me transforme à l’image de Jésus-Christ, ma nature déchue arrive à récupérer la situation et à se décerner la médaille.  Quelle dépravation et quel orgueil!  Nous voyons bien le gène adamique qui est toujours actif en moi, qui me pousse toujours, très subtilement, à prendre la place de Dieu.  Mais Dieu, dans sa souveraineté, n’a pas permis que cette prétention perdure devant sa face.  Il a permis que j’expérimente une défaite magistrale, que je tombe face première dans le fumier, afin que je me rappelle qu’il ne m’a pas sauvé afin que je me glorifie moi-même mais que je le glorifie, lui seul, le Dieu éternel.

Depuis quelques jours, je vogue dans des eaux paisibles et le soleil brille à nouveau.  Dieu a permis que je sois désespéré au point de douter de mon salut, afin que je revienne complètement à lui, que je ne prenne plus pour acquis son oeuvre dans ma vie et que je découvre à nouveau la signification du mot « grâce », d’où le titre de cet article.  L’année 2015 débute donc très bien.  Elle débute sur un fondement solide, sur la certitude que sans Dieu, je ne suis rien et ne peux rien. Jésus a bien dit: « (…) sans moi vous ne pouvez rien faire. » (Jean 15.5)  La foi chrétienne repose sur une vérité facilement vérifiable, à savoir que l’homme est un cas désespéré.  Il est si enclin à chérir le mal que seule une action surnaturelle de Dieu peut le transformer véritablement.  Et même lorsque Dieu a sauvé un homme de la damnation et l’a établi dans la justice et la sainteté, cet homme peut très bien oublier les bienfaits de Dieu et retourner se souiller, ce qui démontre avec une évidence encore plus frappante combien la grâce est indispensable à chaque seconde de notre vie.  Le sang de l’Agneau n’est pas seulement nécessaire pour l’instant de notre salut, mais pour chaque instant, chaque seconde qui suit, pour notre vie entière… sans quoi notre nature humaine nous ramène vers le bas avec autant de fidélité que la loi de la gravité.  Je savais déjà ces choses intellectuellement.  Mais de toute évidence, cette connaissance n’était pas implantée assez profondément en moi.  Car j’ai réussi à me convaincre de mon auto-suffisance au point de lâcher la main de Dieu et de marcher en retrait de son indispensable présence.  Et l’ennemi attendait patiemment ce moment afin de me lancer son ultime assaut.

Je prie que cette nouvelle année en soit une de transformation radicale et permanente pour chacun de nous et que Dieu révèle sa gloire à travers chacune de nos vie.  Notre recherche de la sainteté n’est pas un exercice d’actualisation de soi fondé sur nos efforts humains, mais un abandon toujours plus grand à la puissance de Dieu.  Ce n’est que par Lui que nous pouvons marcher dans la vertu et être une lumière pour ce monde.  Que Dieu nous donne la sagesse et l’humilité nécessaires pour renoncer à toute tentative d’amélioration de notre vie fondée sur nos propres forces ou notre propre volonté.  Nous n’avons rien de bon en nous-mêmes.  Seul Dieu est bon.  Et seul Lui peut susciter en nous la volonté et les sentiments nécessaires pour marcher fidèlement dans ses sentiers.  Si 2014 a été pour vous parsemé d’échecs… ou même marqué par le désastre comme dans mon propre cas, je vous encourage à relever la tête.  Car Dieu a pour nous des promesses extraordinaires.  Sa mission envers nous n’est pas une mission de condamnation mais de salut et de restauration, peu importe la lourdeur de notre passé:

Ils portent le deuil de Sion, mais j’ai mission de remplacer les marques de leur tristesse par autant de marques de joie : la cendre sur leur tête par un splendide turban, leur mine douloureuse par une huile parfumée, leur air pitoyable par un habit de fête. Alors on les comparera à des arbres qui font honneur à Dieu, à un jardin qui révèle la gloire du Seigneur. (Ésaïe 61.3 – Français Courant)

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