Ground Zero – Mise à jour

psg 2015-02-14

Samedi dernier, ma femme et moi avons décidé de louer une chambre dans un petit gîte situé à proximité d’une famille chrétienne que nous affectionnons particulièrement.  Nous avons passé un très beau temps avec cette famille au restaurant –  sans les enfants – et avons discuté entre couples des choses de Dieu.  Par la suite, ma femme et moi nous nous sommes dirigés vers le gîte.  Là aussi, ce fut un très beau temps.  Au moment de réserver plus tôt dans la journée, nous devions avoir le gîte à nous seuls… mais arrivés sur place, deux jeunes couples festoyaient autour de la table à dîner, ce qui rendait l’atmosphère beaucoup plus bruyante que prévu.  Mais notre chambre était à l’écart et nous avions quand même de l’intimité.  Ce fut un long moment à discuter au lit, blottis l’un contre l’autre.  Toutefois, à mesure que nous parlions, un sentiment de danger imminent m’envahit.  Je vivais dans la pureté sexuelle depuis quelques semaines et j’eu soudain la certitude que Satan préparait une attaque imminente.  Une attaque majeure.  Je partageai cette conviction avec ma femme et j’insistai pour qu’elle soit particulièrement fidèle à prier pour moi pendant toute la semaine.  De son côté, ma femme eut la forte conviction que nous devions prier également pour notre protection spirituelle pendant notre séjour dans ce gîte.

Vers 1h00 du matin, nous avons éteint les lumières pour pouvoir dormir.  De mon côté, le sommeil ne me gagnait pas facilement.  Je ressentais une atmosphère électrique, une tension palpable autour de moi.  Je n’arrivais pas à cerner la nature de cette tension mais je me sentais fort spirituellement alors cette étrange sensation ne m’alarma pas.  Je regardais fixement la fenêtre dans la pénombre et pensais à Dieu en ressentant un amour pour lui que je n’avais pas ressenti depuis… le mois d’août dernier.  J’étais comblé de joie.  Et c’est dans cet état que je me suis finalement endormi.

Vers 3h00 du matin, je me suis réveillé.  Ou pour être plus précis, j’ai été réveillé par un flot d’images sexuelles.  Des images très réalistes, en haute définition.  Mon corps a aussitôt été investi de vagues immenses de désirs.  Si la première pensée m’avait été imposée, j’avais par contre ensuite le choix de répondre de façon adéquate.  La grâce de Dieu était à ma disposition.  Et mon épouse était juste à mes côtés pour que je dirige vers elle mes désirs.  Mais je n’ai pris ni l’un ni l’autre de ces choix.  Je me suis abandonné aux fantasmes.  Pendant environ une demi-heure.  Après ce long moment, je savais que j’étais sur le point de « rechuter complètement » et que je devais reprendre le contrôle.  J’ai donc tenté de retrouver le sommeil, confus de constater que je pouvais m’endormir avec les yeux fixés sur Jésus puis me réveiller avec les yeux fixés sur le péché.  Après un bref moment de sommeil agité, je me suis finalement levé, me suis installé dans un sofa et, après avoir demandé pardon à Dieu pour cette orgie mentale, je me suis mis à écrire.  Après une demi-heure, le sommeil m’a gagné et je suis retourné au lit.

Le matin venu, nous nous sommes retrouvés à table avec les deux jeunes couples de la veille.  Leur air éméché donnait un indice sur l’alcool qu’ils avaient ingurgité la veille.  Lorsque l’un des deux jeunes hommes se fit demander comment il voulait son café, une des jeunes femmes répondit à sa place: « Black.  Comme le métal qu’il écoute. »  Effectivement, le jeune homme semblait amateur de musique Black Metal.  Sur son chandail apparaissait une femme nue enroulée dans des fils barbelés.  De la pornographie imposée.  Au cours du déjeuner, il mentionna à ses amis qu’il avait rêvé à Satan.  Je ne doute même pas qu’il disait vrai.  Car Satan était passé par ma chambre aussi.  En considérant le portrait d’ensemble, il m’est apparu plutôt évident que l’ennemi m’attendait de pied ferme à cet endroit.  En dehors de la saison touristique, dans un gîte en retrait de la civilisation, alors que personne n’avait réservé de chambre quelques heures plus tôt, nous nous retrouvions soudainement, comme « par hasard », en compagnie de deux couples dont la gente masculine était adepte de musique satanique (l’autre jeune homme portait un chandail qui n’arborait pas la même image mais qui venait du même groupe.)  Je ne pointe pas du doigt ces jeunes hommes.  Je ne me déresponsabilise pas en mettant la faute sur de « vilains pécheurs adeptes de musique du diable ».  J’aimais ces deux jeunes couples.  Comme j’aime tous les pécheurs.  Mais je suis conscient que nous portons avec nous une ambiance spirituelle.  Nous ouvrons à notre insu des portes sur l’autre monde.  Certaines portes ouvrent l’accès au Royaume de Dieu.  D’autres ouvrent l’accès au royaume des démons.  Je suis très sensible à l’atmosphère spirituelle d’un endroit ou aux esprits qui accompagnent les gens.  La fameuse atmosphère électrique que je ressentais la veille au moment de fermer les lumières était l’atmosphère d’un combat imminent.  Des anges nous environnaient, prêts à me prêter main forte.  Mais des démons rôdaient, attendant que je dorme pour déployer leur attaque.  La faille a été dans ma propre réponse à cette attaque.  Plutôt que de me réfugier en Christ, je me suis abandonné à l’idole de la luxure.

Cette attaque nocturne était-elle la concrétisation de l’attaque que je pressentais?  C’était possible et logique.  Mais j’avais néanmoins le sentiment que la véritable attaque aurait lieu plus tard.  Et les jours suivants furent effectivement de plus en plus pénibles.  Je n’arrivais plus à connecter émotionnellement et spirituellement avec Dieu et ma femme.  J’étais de plus en plus renfermé.  Je priais souvent au cours de la journée mais les émotions me submergeaient.  Principalement du ressentiment (le plus grand carburant de la dépendance, dit-on).  Lorsque nous n’avons pas recours à nos anciens mécanismes de survie pour apaiser notre agitation émotionnelle, nous traversons parfois des moments très difficiles.  Nous apprenons à naviguer dans la tempête sans céder à la peur.  Et dans ce cas-ci, la tempête a pris de l’ampleur pendant toute la semaine, pour atteindre son point culminant hier et ce matin.  Et ma femme en a ressentie une grande insécurité.  Ce qu’il faut savoir, c’est que nous avons mis en place à la maison un système de contrôle parental digne de la CIA (Qustodio), installé d’un commun accord, qui permet à ma femme de voir tout ce que je fais sur n’importe-quel ordinateur ou appareil mobile de la maison.  Mais mon environnement de travail ne dispose d’aucune mesure de sécurité ou de contrôle efficace, si bien que tout comportement anormal de ma part pourrait signifier que j’ai secrètement renoué avec ma maîtresse de l’automne dernier.  Cette peur favorise le maintient d’un cercle vicieux: plus ma femme est craintive, plus elle est émotive.  Plus elle est émotive, plus je me place sur la défensive et m’isole émotionnellement.  Plus je m’isole émotionnellement, plus ma femme se sent rejetée et plus je semble confirmer ses craintes.  Nous marchons donc à tous les jours sur un terrain miné.

Au cours d’un conflit survenu le mois dernier, la tension était tellement à son apogée que ma femme était persuadée que je lui mentais sur toute la ligne depuis décembre et que je correspondais toujours au bureau avec sa rivale.  Elle s’est alors dirigée vers son bureau, m’annonçant qu’elle allait prendre le téléphone et tout dévoiler au mari de mon ancienne maîtresse.  Elle parlait sous l’effet de la colère et ne comptait pas le faire réellement mais sur le moment, je ne connaissais pas ses intentions et me suis rué vers la boîte téléphonique pour arracher tous les fils avant qu’elle ne puisse appeler.  Bref, vous voyez un peu le topo.  Pas exactement le portrait d’une famille chrétienne stable.  Une autre fois, à cause d’un certain concours de circonstances, les policiers sont venus nous visiter pour s’assurer que tout allait bien.  Ils ont confisqué mon arme à feu pour s’assurer que personne n’allait faire de bêtise.  Il n’y avait aucun risque à ce chapitre mais c’était la procédure.  Pour que je puisse récupérer mon arme, nous devrons aller en cour le mois prochain, rapport du médecin à l’appui, pour convaincre le juge que ma femme n’est pas suicidaire et que je ne suis pas meurtrier.   Charmant.  Notre médecin de famille était ébahi de voir les proportions ridicules que l’affaire prenait.  Suite au rapport des policiers, la Protection de la Jeunesse est même venue nous visiter à son tour pour s’assurer que nos enfants étaient en sécurité.  Évidemment, leurs conclusions ont été favorables. Mais tout cela génère de la honte et nous fait réaliser que rien n’est gagné d’avance.

Et comment tout cela a-t-il commencé, déjà?  Ah oui… un regard trop insistant posé sur une femme au bureau le 8 septembre dernier.

Maintenant, vous saisissez pourquoi cet article est intitulé Ground Zero.  Ce terme anglais est utilisé pour indiquer l’endroit précis sur le sol où a eu lieu une explosion.  L’expression est tout indiquée pour décrire notre situation actuelle.  Suite à ma relation adultère avec Thalia (nom fictif), plus rien n’est pareil. Dans les premiers jours de notre fréquentation, Thalia disait qu’il y aurait désormais un avant et un après 8 septembre. C’était vrai, mais pas dans le sens que je l’espérais à l’époque. Le 8 septembre n’a pas marqué le début d’une grande aventure mais plutôt d’une immense dévastation. Depuis cette date, ma relation avec mon épouse n’est plus la même, ma relation avec mes enfants n’est plus la même, ma relation avec Dieu n’est plus la même, ma relation avec moi-même n’est plus la même, ma relation avec le monde, l’univers, l’existence, n’est plus la même. Je ne suis plus le même.  Je vois Dieu à l’oeuvre.  Je vois que dans l’ensemble, il y a malgré tout de grandes améliorations.  Il y a des moments d’accalmie de plus en plus prolongés, des jours ensoleillés où nous avons l’impression que cette histoire est derrière nous. Mais il suffit de peu pour que les choses tournent à la catastrophe, démontrant ainsi que si le péché de l’adultère est effectivement derrière nous, ses conséquences ont laissé des déchirements profonds et des peurs qui influencent toujours nos pensées, comportements et réactions. Nous sommes dans une zone d’après-guerre, mais la résistance ennemie est loin d’être complètement détruite. Il y a toujours des embuscades qui jalonnent notre marche.  Nous sommes donc entièrement dépendants de la grâce de Dieu.  À la fin de mon deuxième article de la série Chute et rédemption, je concluais mon texte un peu à la manière d’un conte de fées, comme si tout était rentré dans l’ordre suite à mon épisode d’adultère. J’étais d’une naïveté déconcertante.  J’ignorais que le combat ne faisait que commencer.

Je désirais vous tenir au courant de la situation afin que vous sachiez que si j’écris toujours sur ce blog, ce n’est pas dans une position de force et de victoire mais de grande faiblesse.  J’ai d’ailleurs contesté à maintes reprises avec Dieu à cause du travail qu’il m’a confié.  J’ai voulu supprimer mon blog ou garder le silence pendant des mois, d’autant plus que mon adversaire me chuchote si souvent que je ne suis pas en position de parler pour Dieu.  Mais la conviction que j’ai à coeur, c’est que je ne dispose pas de temps pour devenir le bon petit chrétien que j’aimerais être avant de servir Dieu.  Les temps sont difficiles, les mariages et les familles sont violemment secouées par la pornographie et l’adultère partout autour de nous.  Et Dieu a besoin de chaque ouvrier disponible pour parler et agir en son nom.  Je ne me donne pas une mission messianique.  Personnellement, je préférerais l’anonymat et le silence.  Mais j’ai une telle certitude que Dieu m’appelle à poursuivre l’écriture et que je ne peux donc pas battre en retraite.  Dieu aime agir de cette façon.  Il aime prendre des outils inadéquats et défectueux pour accomplir sa volonté, de façon à ce que nous ne nous accordions pas le mérite mais que nous lui rendions toute gloire.  Une chanson de Josh Wilson exprime bien cette réalité que je vis en ce moment:

« If it’s weakness that You want, I’ve got more than enough.  But some days I am so afraid to show this fragile love.  But I’ll give You all of me and my insecurities.  God I don’t have what it takes, but here I am anyway.  Here I am anyway. »  (Here I Am Anyway)

(Traduction: Si c’est de la faiblesse que Tu recherches, j’en ai plus qu’il n’en faut.  Mais certains jours j’ai tellement peur de montrer cet amour fragile.  Mais je vais te donner tout ce que je suis, avec toutes mes insécurités.  Dieu, je n’ai pas ce qu’il faut, mais me voici malgré tout.  Me voici malgré tout.)

C’est à cause de cette réalité que je suis éperdument amoureux de Jésus.  Il est Celui qui m’a révélé que mon salut ne peut dépendre de ma vertu mais seulement de la bonté de Dieu, sans quoi je serais le premier disqualifié.  Et quand je sens le découragement me gagner, quand je suis affligé par mes propres faiblesses et que je supplie Dieu de m’amener à la perfection afin d’être trouvé digne à ses yeux, il me rappelle ces mots adressés à l’apôtre Paul: « Ma grâce te suffit. »

Malgré la semaine difficile que nous venons de traverser, l’harmonie est revenue ce matin au sein de notre couple.  Le jour de la Saint-Valentin semblait être fichu mais nous nous sommes réconciliés et nous nous préparons à regarder ce soir un film romantique en amoureux.  Et non, ce ne sera pas Fifthy Shades of Grey, ce film qui exalte une sexualité tordue et dysfonctionnelle, mais le film très prometteur « The Song », un film chrétien qui relate l’histoire d’un couple déchiré par l’adultère mais restauré par Dieu. Encore une fois, alors que tout semblait conspirer cette semaine pour notre défaite, nous nous retrouvons en position de victoire.  Nous servons un Dieu puissant.

Avec du recul…
12 juillet 2016

Initialement, cet article du 14 février 2015 a été publié parmi plusieurs autres articles que j’avais publié au début de cette année-là, alors que je tentais toujours de retrouver une certaine stabilité suite à l’adultère.  Ces autres articles n’ont pas été conservés car je m’étais remis à l’enseignement alors que je n’étais définitivement pas prêt à cela.  J’avais entre autres publié une longue série sur la sexualité selon Dieu intitulée Le meilleur sexe de votre vie, dont les motivations réelles étaient douteuses puisqu’elles étaient issues d’un état d’esprit toujours ambivalent vis-à-vis l’adultère.  Puis j’avais enchaîné avec une série d’articles portant sur l’enfer (quelle ironie!), dont une partie fut rédigée alors même que j’avais repris contact avec ma maîtresse.  Bref, cette période en était une de confusion et même d’hypocrisie.  Je n’ai donc conservé que cet article-ci, où j’expose honnêtement l’état réel de ma situation de l’époque, ainsi que les quatre suivants, qui ne sont que des chansons que j’avais alors partagé.  Suite à ces articles apparaîtra un long silence de quelques mois, correspondant à la période pendant laquelle ma relation adultère relatée dans la série Chute et rédemption a repris vie et est entrée dans une deuxième et dernière phase, celle-là encore plus grave, qui est relatée dans l’article du 16 septembre 2015 (lien à venir).

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