Chute et rédemption (Des ténèbres à la lumière)

psg 2015-09-18

Vendredi le 28 août, je partis travailler, non sans prendre un moment pour m’assurer que je n’avais laissé aucun fichier compromettant sur l’ordinateur de mon épouse.  C’est effectivement à partir de cet ordinateur que j’avais fait le montage de ma vidéo pour Thalia.  Ma vérification fut plutôt sommaire.   J’étais parvenu à entretenir cette relation adultère depuis bientôt cinq mois alors j’étais de plus en plus sûr de moi, de plus en plus téméraire.  Et cette négligence fut salutaire.

Lorsque je revins pour le dîner, ma femme m’attendait en haut des escaliers, le visage défait par les larmes.  Elle avait envoyé les enfants au restaurant afin que nous puissions être seuls.  Elle avait vu les fichiers et savait maintenant que je lui mentais.  Après avoir feint l’innocence, je finis donc par avouer.  Mais contrairement aux fois précédentes, je ne comptais pas répondre à la situation en versant des larmes et en lui disant que j’allais rompre avec Thalia.  Ma décision était maintenant prise.  Je voulais partir.  La discussion se déroula néanmoins dans le calme.  Je voyais cependant que mon épouse expérimentait  une énorme détresse intérieure.  Alors je tentai de la réconforter, de me montrer affectueux envers elle.  Elle me demanda à quel moment je comptais la quitter, afin qu’elle puisse se planifier.  Je n’en avais aucune idée car j’étais dans une énorme confusion.  Allais-je partir dans les jours suivants?  Ou dans quelques mois?

Je retournai au travail et annonçai à Thalia que Mélanie savait tout, y compris ce qui s’était produit au motel, un détail que nous avions pourtant convenus de ne révéler à personne.  Je la rassurai cependant sur le fait que mon épouse ne comptait pas pour l’instant dévoiler le secret à son mari.   Pendant ce temps, à la maison, ma femme élabora un plan avec les filles.  Elle leur dit qu’elles allaient toutes les trois être une lumière pour moi, prier pour moi et combattre le bon combat de la foi.  Elle leur partagea sa certitude concernant la souveraineté de Dieu dans cette épreuve et les encouragea, en dépit des apparences, à déclarer leur foi plutôt que d’écouter la voix de l’ennemi.

Le soir venu, l’ambiance était évidemment très pénible dans la maison.  Même s’il n’y avait pas de crises, il y régnait une tristesse oppressante. Je ne savais pas encore à quel moment j’allais partir.  Ma femme me dit que peu importe la décision que j’allais prendre, elle allait la respecter.  Elle me dit que si j’avais besoin d’aller jusqu’au bout de cette expérience et d’aller voir ce que c’était que de vivre avec Thalia, elle allait demeurer fidèle à son mariage et m’attendre.

Je descendis au salon afin de prendre des nouvelles de Thalia. Rapidement, je dus interrompre la conversation car ma femme descendait me rejoindre, Bible à la main.  Elle me dit qu’elle avait fortement à coeur de me lire le deuxième chapitre du livre des Proverbes.  Je considérais cela comme de la manipulation mais je la laissai parler.  Lorsqu’elle eut terminé, elle remonta prier.  Elle revint ensuite pour me proposer une activité en famille afin d’alléger un peu l’atmosphère.  Elle suggéra d’abord de regarder le film Do you believe qui venait tout juste de sortir mais ma conscience était tellement souffrante que la dernière chose que j’avais envie de voir était un film chrétien.  Je suggérai donc plutôt un jeu de cartes.  Ma femme accepta et je lui demandai de me laisser seul un moment.

Le même scénario que celui de l’automne dernier se répétait: Je m’entêtais comme une mule à marcher dans une direction mais j’avais le grave pressentiment que je m’opposais à Dieu lui-même.  C’était plus qu’un phénomène émotionnel ou intellectuel.  C’était une certitude qui émanait de ma conscience.  Je savais que je savais.  Et lorsqu’un homme s’oppose à cette connaissance intérieure, surtout s’il est un disciple de Jésus-Christ, il se place dans la position peu enviable que décrit le prophète Jérémie avec une justesse sidérante:

Je suis l’homme qui a vu la misère sous la verge de sa fureur. Il m’a conduit, mené dans les ténèbres, et non dans la lumière. Contre moi il tourne et retourne sa main tout le jour. Il a fait dépérir ma chair et ma peau, il a brisé mes os. Il a bâti autour de moi, il m’a environné de poison et de douleur.

Il me fait habiter dans les ténèbres, comme ceux qui sont morts dès longtemps.  Il m’a entouré d’un mur, pour que je ne sorte pas; il m’a donné de pesantes chaînes.

J’ai beau crier et implorer du secours, il ne laisse pas accès à ma prière. Il a fermé mon chemin avec des pierres de taille, il a détruit mes sentiers.

Il a été pour moi un ours en embuscade, un lion dans un lieu caché. Il a détourné mes voies, il m’a déchiré, il m’a jeté dans la désolation. Il a tendu son arc, et il m’a placé comme un but pour sa flèche. Il a fait entrer dans mes reins les traits de son carquois. (…)

Il m’a rassasié d’amertume, il m’a enivré d’absinthe. Il a brisé mes dents avec des cailloux, il m’a couvert de cendre. Tu m’as enlevé la paix; je ne connais plus le bonheur.  (Lamentations 3:1-13, 15-17)

J’étais donc sous le poids de la correction divine.  Et bien évidemment, cette correction n’avait pas pour but de me détruire mais de me sauver de mon aveuglement, comme le précise Jérémie un peu plus loin:

Car le Seigneur ne rejette pas à toujours. Mais, lorsqu’il afflige, il a compassion selon sa grande miséricorde; car ce n’est pas volontiers qu’il humilie et qu’il afflige les enfants des hommes. (Lamentations 3.31-33)

Tandis que je ployais sous le poids de la main de Dieu, Marianne, ma fille de 16 ans, vint me voir à son tour dans l’obscurité du salon.  Elle me dit qu’elle voulait me parler.  Je sentais qu’elle avait rassemblé tout son courage pour venir me confronter.  Elle s’assit à mes côtés et m’ouvrit son coeur.  Elle me dit combien elle avait de la peine.  Elle me dit qu’elle espérait avoir une année scolaire normale (celle de l’année précédente avait été pénible à cause du chaos dans lequel j’avais plongé ma famille).  Elle ajouta qu’elle voulait que je me tienne debout en tant que père, que je sois le leader que j’étais à appelé à être.  Son plaidoyer dura à peine une minute mais ses mots m’ébranlèrent jusqu’aux tréfonds de l’esprit.  Lorsqu’elle eut terminé, je lui fis une longue étreinte et nous pleurâmes tous les deux.  Elle me dit que si je partais, elle m’aimerait quand même mais qu’elle aurait beaucoup de peine.

Jour fatidique

Dans la nuit du vendredi au samedi, ma femme me réveilla et me demanda si j’accepterais d’être intime avec elle pour une dernière fois, puisque nous ne le serions probablement plus jamais par la suite.  Je consentis à le faire.  Ce fut un moment étrange.  Mes émotions allaient dans tous les sens et je n’arrivais pas du tout à être présent.  Lorsque ce fut terminé, je sombrai dans le sommeil pour être ensuite réveillé à quelques reprises pendant la nuit par ma femme  qui pleurait ou était soudainement prise de panique face aux problèmes que mon départ allait provoquer.  J’étais déchiré de voir le mal que je lui faisais mais je me convainquais que je devais tenir bon et rester ferme dans ma décision.  Je me disais que c’était un dur moment à passer mais qu’à long terme, tout le monde allait être plus heureux.  Après tout, me disais-je, elle m’avait dit si souvent que je la rendais malheureuse.  J’allais enfin la libérer de moi-même.  Autrement dit, ma solution était d’appuyer sur le bouton d’éjection et de laisser l’équipage dans un avion en feu qui était sur le point de crasher, plutôt que de prendre mes responsabilités, éteindre le feu  et sauver l’équipage du désastre que j’avais moi-même provoqué.

Cela démontre encore une fois à quel point « Tout homme devient stupide par sa science » (Jérémie 10.14).  Dieu lui révèle la vérité mais parce que cette vérité n’accommode pas ses plans, il préfère renoncer à la sagesse et se perdre dans ses propres raisonnements:

Ce n’est pas à l’intelligence que l’insensé prend plaisir, c’est à la manifestation de ses pensées. (Proverbes  18.2)

Tôt le lendemain matin, ma femme et moi eûmes une discussion.  Nous étions tous les deux épuisés par notre courte nuit.  Et en un rien de temps, la discussion frappa un noeud.  Mon attitude compréhensive de la veille faisait maintenant place à un ton intransigeant et sarcastique.  Non seulement je la quittais mais je m’irritais contre son émotivité.  Ma femme perdit alors patience et quitta la chambre pour aller à son ordinateur.  De mon côté, j’empoignai mon cellulaire et descendis au sous-sol pour discuter avec Thalia sur Facebook.  Elle n’était pas en ligne mais je découvris son dernier message  qui disait:

Si tu veux essayer de restaurer ton mariage, je suis prête à te laisser l’espace nécessaire pour le faire.

Mes yeux restèrent fixés sur cette phrase pendant de longues minutes.  Je ne savais pas quoi répondre.  Je savais que Thalia voulait faire le grand saut tout comme moi.  Mais elle avait probablement perçu dans mes messages de la veille que j’étais de plus en plus rongé par les remords.  Et comme à d’autres occasions dans le passé où elle avait ressentie mes tourments, elle m’offrait une porte de sortie.

C’est à ce moment que ma femme vint me voir et me dit sur un ton de colère qu’elle venait de tout dévoiler au mari de Thalia par courriel.  Elle avait même envoyé un message au père de ma maîtresse et à une de ses très bonnes amies.  Elle venait de tout faire éclater au grand jour au moment même où je considérais la possibilité de mettre un terme à toute cette histoire.  Son geste me rendit furieux.  J’estimais que ma femme venait de se tirer dans le pied royalement.  Car dans l’éventualité où le mari de Thalia la jetait à la porte, elle serait aussitôt disponible et il serait alors trop tard pour revenir en arrière.  J’irais nécessairement la rejoindre.  Je n’allais certainement pas lui faire faux-bond alors que l’aveu de ma femme venait probablement de ruiner son mariage et sa famille.  Mon hésitation des dernières minutes fit alors place à la conviction que je devais partir.  J’étais certain à 99% de devoir le faire.  Le 1% résiduel dépendait de ce qui allait se passer du côté de Thalia, maintenant que son mari savait.

Brisement et rupture finale

La journée de samedi fut hautement émotive et pénible pour tout le monde.  Jusqu’alors, le divorce me semblait être une décision logique.  Mais maintenant que le processus était concrètement enclenché, je réalisais plus que jamais le tort que je causais à ma famille.  Je croisais mes filles, qui osaient à peine me regarder et marchaient le coeur gros.  Isaac, lui me faisait de grosses étreintes, me disant qu’il ne voulait pas que son papa quitte la maison.  Je me disais alors que j’avais probablement ressenti la même chose que lui lorsque mon propre père avait quitté le foyer familial alors que j’étais tout petit.  Ma vie entière m’avait permis d’expérimenter les effets d’un père absent.  Et je m’apprêtais à faire exactement la même chose à mon fils.  Et pourquoi déjà?  Pour un mariage en difficulté?  Un mariage que j’avais en majeure partie ruiné moi-même par mon immaturité et ma dépendance?

Alors que les heures s’écoulaient, j’allais régulièrement sur Facebook pour  voir où en était la situation avec Thalia.  Je m’inquiétais grandement de la réaction de son mari suite au courriel de mon épouse.  Thalia me donnait de l’information au compte-goutte.  Elle me disait que c’était un gâchis total chez elle, que son mari était dévasté.  Elle me dit toutefois que sa réaction la surprenait.  Elle s’attendait à se faire traiter de tous les noms possibles mais son mari demeurait plutôt silencieux et pensif.  Je ressentais qu’elle était touchée par son attitude.

En après-midi, n’en pouvant plus de tourner en rond et de me torturer les méninges sur le prochain pas à faire, j’invitai Rébecca, ma fille de presque 15 ans,  à prendre une marche en forêt avec moi et le chien.  J’avais besoin  de me changer les idées et je voulais passer du temps avec les enfants, en prévision de mon éventuel départ.  Après avoir marché un long moment, je lui demandai comment elle se sentait.  Rapidement, la conversation s’orienta vers ma décision de partir.  Je commençai alors à lui exposer la situation et à justifier ma décision de divorcer par différents arguments et exemples.  Je lui dis: « Tu sais, tu as parfois le sentiment que maman te traite de façon injuste.  Et je sais que ça cause en toi beaucoup de tristesse et de révolte.  Mais tu as toujours la possibilité de te dire, quand ça arrive, que tu pourras quitter la maison à 18 ans.  Mais dans mon cas, quand je sens que je suis traité injustement, je sais qu’il n’y aura probablement pas de fin, que ce sera jusqu’à ma mort… »

Il ne manquait plus que des violons.

Rébecca me répondit sans hésiter qu’effectivement, dans le passé, elle avait souvent été révoltée dans ces moments où elle ressentait de l’injustice, mais qu’elle avait fini par comprendre qu’elle devait respecter et honorer ses parents même lorsqu’ils avaient tort, que c’était ce que l’amour exigeait.  Tout à coup, je commençais presque à regretter que ma femme et moi ayons élevé nos enfants dans les voies de Dieu.  De plus, Rébecca était une redoutable argumentatrice.  Elle se mit à défaire un à un mes arguments en les exposant à la lumière de la Parole de Dieu.  J’essayais de contre-argumenter mais je n’y arrivais pas car je savais qu’elle avait raison.  À chacun de ses arguments, ma conscience s’écriait: Amen!  Et cela m’irritait énormément.

Finalement, lorsque notre marche fut terminée, j’étais drôlement mal en point.  Tout convergeait vers la nécessité de faire un 180 degrés, de me repentir de ma folie.  Mais je pensais toujours à Thalia, à son mariage qui était probablement sur le point d’éclater à cause de moi.  Je ne pouvais me résoudre à la laisser tomber.  Au cours de l’après-midi, je devins extrêmement tendu et peinais à contenir mon agressivité.  Un combat énorme faisait rage en moi.  Je partis m’enfermer dans mon studio et improvisai un air au piano.  Mes doigts glissaient tout seuls sur les touches et une mélodie mélancolique mais extrêmement douce jaillissait des hauts-parleurs et apaisait mon âme assiégée par les remords.  Des larmes abondantes se mirent à couler.  Je priai Dieu:

« Éclaire-moi, Seigneur.  Je veux faire le bon choix.  Si tu veux que je reste, tu dois agir.  Ouvre la porte, trace un chemin.    Sinon je serai contraint de partir car je ne peux pas abandonner Thalia à son sort. »

Le bon choix était évident.  D’autant plus que même si je décidais d’aller vers Thalia pour lui éviter des souffrances, j’allais en causer à tous ceux que j’allais laisser derrière moi, ce qui était absurde.  Mais mes émotions faussaient mon jugement.  Lorsqu’il est question de porno, le mal est facile à définir et à rejeter.  Mais lorsqu’un autre être humain est impliqué, que des sentiments sont en cause, alors tout se brouille et Satan dispose d’une multitude d’arguments supplémentaires pour tenter de maintenir notre esclavage.

En soirée, je pris des nouvelles de Thalia.  Elle réitéra que la réaction de son mari l’étonnait.   Il lui avait dit au cours de la journée: « For better or for worse » (Pour le meilleur et pour le pire) .  Thalia me dit qu’elle réalisait que son mari était une perle, qu’il réagissait comme un homme d’honneur.  Cet aveu était la réponse à ma prière.  Son mariage n’était peut-être pas condamné, finalement.  Et pour la première fois depuis des mois, Thalia faisait l’éloge de son époux, ce qui me donnait l’impression qu’elle était prête à reconstruire son mariage.  Je m’empressai de lui dire qu’elle avait raison, que son mari réagissait avec noblesse, que c’était un homme bon.  J’ajoutai que ma femme réagissait aussi de façon honorable.  Thalia me dit: « Je crois que c’est terminé ».  Je confirmai.  Nous nous échangeâmes quelques mots d’adieux, puis nous mirent fin à la conversation en nous souhaitant bonne chance.  Je savais que cette fois, c’était vraiment terminé.   Nous étions tous les deux passés à un cheveu du désastre.  Mais par la grâce de Dieu, et à cause de l’amour que ma femme avait pour moi et que le mari de Thalia avait pour elle, nous avions une seconde chance.  Lorsque je fermai mon cellulaire, une paix et une joie profonde m’envahirent.

Je me dirigeai vers notre chambre, où mon épouse était couchée.  Elle discutait au téléphone avec une amie.  Cette dernière l’encourageait face à la pénible situation où elle se trouvait.   Je me couchai à ses côtés et attendis que la conversation se termine, regardant fixement son visage dont je redécouvrais soudainement la beauté.  Lorsqu’elle raccrocha, je lui dis tout simplement que j’étais son mari à elle.  N’étant pas certaine du sens de mes paroles, elle me demanda de préciser.  Je lui confirmai alors que c’était terminé avec Thalia.  Et que cette fois c’était définitif.  J’allais rester et nous allions reconstruire notre mariage.  Ma femme avait tellement prié dans les dernières heures pour un tel revirement, appuyée par plein de gens qui intercédaient pour que Dieu intervienne.  Elle croyait que j’allais un jour revenir à la raison, que ce soit dans quelques mois ou quelques années.  Mais elle ne s’attendait certainement pas à ce que Dieu agisse aussi rapidement.  Lorsqu’elle vit à mon regard décidé que j’étais sincère, elle éclata en sanglots.  Et je fis de même.  La joie que Dieu m’avait communiqué dans les dernières minutes se transforma aussitôt en un profond brisement, douloureux mais nécessaire.  L’année complète défila dans mon esprit.  Tout le mal que j’avais causé à mon épouse percuta ma conscience.  Je n’avais plus l’impression de tenir dans mes bras une adversaire mais une fleur fragile que j’avais brisée par ma méchanceté et ma folie.  Et j’étais maintenant prêt à tout faire pour réparer le mal que je lui avais fait.

Après un long moment à lui demander pardon et à pleurer avec elle, je me levai et rejoignis les filles dans leur chambre.  Elles ne dormaient pas et ignoraient ce qui se passait.  Je leur expliquai que j’avais fait demi-tour et leur demandai pardon pour le mal que je leur avais fait.  Marianne me fit une longue étreinte.  Le cauchemar venait de terminer pour tout le monde.  Le lendemain, dimanche 30 août, ce fut au tour d’Isaac d’apprendre avec joie que son papa n’allait pas partir.  La paix que je ressentais était incroyable.  Je voyais ma femme et mes enfants reprendre vie.  Je me rendais alors compte à quel point les cinq mois précédents avaient été cinq mois de ténèbres.  Je réalisais à nouveau que ce n’est pas en suivant les désirs de notre coeur que nous expérimentons le vrai bonheur mais en nous conformant à la volonté de Dieu.  Lui sait mieux que quiconque ce dont nous avons besoin.

Le coeur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant: Qui peut le connaître? (Jérémie 17.9)

Celui qui a confiance dans son propre coeur est un insensé, mais celui qui marche dans la sagesse sera sauvé. (Proverbes 28.26)

Le combat pour garder la raison

J’aimerais que l’histoire se termine sur une note aussi parfaite.  Mais les jours suivants allaient démontrer à quel point cette relation adultère était malsaine, dépendante, obsessive et destructrice.

Le lendemain, lundi 31 août, je reçus au bureau un courriel de Thalia.  Nous nous étions pourtant promis de ne plus nous écrire.  Nous étions supposés être revenus tous les deux à la raison.  Mais elle expérimentait à nouveau la réalité déchirante du deuil et sentait le besoin de me le partager.  Je ressentis que son courriel dénotait une ouverture.  Le simple fait qu’elle m’écrive malgré les adieux que nous nous étions faits samedi soir semblait être une dernière perche qui m’était lancée in extremis.  Mais c’était maintenant le temps d’assumer enfin ma responsabilité d’homme de Dieu et de ne pas céder.  Je pris tout de même la peine de lui répondre, lui expliquant que le deuil était inévitable mais que c’était vraiment terminé.  Je lui confirmai que les sentiments que nous avions vécu étaient réels mais que nous savions tous les deux que c’était mal.  Je lui fis ensuite à nouveau mes adieux.

À ce moment précis, je ne ressentais visiblement pas la même douleur qu’elle.  La joie d’avoir retrouvé Dieu et ma famille occupait toute la place de mon coeur.  Le deuil m’effleurait à peine.  C’est donc dans cette position de force que je reçus le courriel de Thalia et fus en mesure de lui répondre avec douceur mais fermeté.  Satan tenta alors de me convaincre de passer ce bref échange de courriels sous silence.  Mais j’eu aussitôt la conviction que Dieu ne voulait pas que je laisse la moindre place au secret.  Sinon, j’allais donner du pouvoir à l’ennemi et rechuter.  Émotionnellement, ce n’était pourtant pas l’impression que j’avais car j’étais dans d’excellentes dispositions.  Mais j’obéis à la volonté de Dieu, sachant qu’il me connaissait plus que je ne me connaissais moi-même.  Et les prochains jours allaient me le prouver.  Je montrai donc à ma femme le courriel de Thalia et la réponse que je lui avais envoyé.  Puis en après-midi, je bloquai les adresses courriels de Thalia et mis en place un filtre basé sur certains mots-clé stratégiques pour éviter de recevoir d’autres messages de sa part.

Le lendemain, mardi 1er septembre, tout se déroula bien mais je ne pouvais m’empêcher de penser au courriel que j’avais reçu de Thalia.  Pourquoi m’avait-elle écrit?  Ne s’était-elle pas réconciliée avec son mari?  Avait-il finalement décidé de la répudier?  J’ignorais tout de ce qui lui arrivait.  Tout ce que je savais, c’est qu’elle souffrait.  Et je ressentais une certaine colère d’avoir reçu ce courriel car il ne me permettait pas de tourner la page avec l’esprit tranquille.

Ce soir-là, étant décidé à vaincre, j’écrivis à Louis, un frère dans la foi, afin de lui demander s’il acceptait d’être mon partenaire de redevabilité.  Je savais que je ne pouvais gagner ce combat seul.  Il accepta et me dit qu’il allait m’appeler le lendemain.

La redevabilité était l’un des nombreux outils que je comptais mettre en place pour m’extirper des griffes de la dépendance.  Je me mis aussi à lire de la littérature sur la restauration du mariage.  J’étais maintenant conscient de mon devoir de réparation et ce changement d’attitude toucha le coeur de mon épouse, qui vit que cette repentance était sans doute la plus profonde depuis le début des événements.  Nous prîmes aussi l’habitude d’avoir des moments de rapprochement sexuel presque quotidiens.  Cette approche pouvait sembler contre-intuitive à priori suite à la trahison que ma femme avait subit, mais cette dimension sexuelle s’avérait être un outil très puissant pour réparer ce que l’adultère avait brisé entre nous.  Malgré les blessures de mon épouse et malgré ma peur de l’intimité, faire l’amour détruisait les murs qui nous séparaient.

Le mercredi 2 septembre, je constatai que la fermeté des mes décisions commençait déjà à chanceler.  Même si j’avais mis en place des filtres au bureau pour supprimer les courriels de Thalia, j’avais toujours la possibilité, en deux clics de souris, de vérifier si un courriel envoyé de sa part avait été supprimé.  Et si c’était le cas, j’avais la possibilité de le restaurer et de le lire.  En avant-midi, je cédai à la tentation de vérifier si elle m’avait écrit.  Sur l’heure du dîner, je le confessai à ma femme.  C’était un détail mais je sentais que Dieu m’appelait à être TOTALEMENT transparent sur tout.  Je ne pouvais dissimuler quoi que ce soit.  En après-midi, le combat en moi repris, mais cette fois avec encore plus de violence.  Je vérifiai à nouveau si Thalia m’avait écrit.  Pire encore, je vérifiai si j’étais capable de voir, via Google, sa photo de profil sur Facebook.  J’écrivis à ma femme pour lui confesser à nouveau ce que j’avais fait et lui demandai de prier pour moi.

À ce moment précis, sans plaisanter, si on m’avait proposé de m’enfermer pour plusieurs jours dans une pièce isolée, avec une camisole de force, j’aurais accepté l’offre.  Je me sentais à ce point hors de contrôle.  Je ressentais toute mon impuissance face à la pulsion de renouer avec Thalia.  Ma repentance du week-end était pourtant bien réelle, comme celles de septembre, octobre, novembre et décembre dernier.  Mais une fois de plus, ma faculté de raisonner se brouillait totalement.  J’étais captif de cette relation.

Aucun de ceux qui vont à elle ne revient, et ne retrouve les sentiers de la vie. (Proverbes 2.19)

À moins d’une intervention surnaturelle de Dieu, j’allais donc m’égarer à nouveau.  Je commençais à le pressentir et ce sentiment de ne plus être en contrôle de ma propre vie, de mes propres désirs et pensées, m’effrayait énormément.  Je faisais le mal que je ne voulais pas faire.  Même si je risquais de perdre ma famille.

Ce soir-là, je parlai à mon frère Louis au téléphone.  Nous priâmes l’un pour l’autre.   Ce fut un moment de bénédiction qui me fortifia énormément.  Mais le lendemain matin, jeudi le 3 septembre, alors que je m’enfermais dans mon bureau pour prier, j’entrai dans une bataille déchaînée contre le diable.  Mes moments de faiblesse de la journée précédente, même s’ils semblaient à priori bénins, avaient créé une brèche dans mon armure.  Je n’arrivais pas à fixer mon attention sur Dieu et la nostalgie de ma relation adultère se jetait sur moi en vagues successives.  Je passai presque une heure et demi en prière, tentant de vaincre ce désir obsessif que je subissais mais que ne voulais pas.  Je demandais à Dieu de m’en délivrer mais mon erreur était de ne pas utiliser l’épée de la Parole de Dieu pour vaincre les mensonges de l’ennemi.  J’argumentais intellectuellement contre Satan.  Une erreur monumentale car Satan est le père du mensonge.  Et de par sa nature angélique, quoique déchue, il possède une intelligence hautement supérieure à la nôtre.  On ne peut donc pas résister à sa logique perverse.  Alors finalement, je cédai.  « Juste un tout petit courriel… juste pour m’assurer que les choses se replacent avec son mari… »

Tous les ordinateurs de la maison étaient sécurisés par un programme de surveillance mais celui de mon bureau ne l’était pas car il n’était pas branché à Internet.  Je tentai donc d’utiliser une clé wi-fi USB qui permet de relier n’importe-quel ordinateur à un réseau sans fil.  Mais étant trop loin du modem, la connexion était intermittente.  J’ajoutai alors un câble de rallonge afin de pouvoir brandir ma clé USB dans les airs à la manière d’une antenne de réception.  La connexion fonctionnait mais à peine.  Le junky de l’adultère était maintenant à court de ressources.  C’est alors à ce moment précis que ma femme s’approcha de mon bureau.  Je dissimulai mon dispositif de fortune derrière moi tandis que ma douce moitié entrait dans la pièce.  Elle me demanda si ça allait bien.  Je lui dis que oui.  Elle m’expliqua alors qu’elle était descendue me voir car elle avait la forte impression que Dieu l’avait tirée du lit, l’avertissant que quelque chose n’allait pas.  Mélanie me dit qu’elle avait le sentiment que j’allais écrire à Thalia. Plus haut dans cet article, j’ai dit qu’à moins d’une intervention surnaturelle de Dieu, j’allais m’égarer à nouveau.  Eh bien Dieu démontrait une fois de plus sa fidélité en évitant que le pire arrive.

Je dis à ma femme que je ne comptais pas écrire à Thalia et que de toute façon je n’avais pas de connexion Internet dans mon bureau.  Le réflexe de mentir, que j’avais développé et perfectionné pendant des mois,  remontait rapidement à la surface.  Ma femme me demanda alors si elle pouvait vérifier l’ordinateur.  Après avoir jeté un oeil à mon historique de navigation, elle parut soulagée, quoique pas tout à fait convaincue.  Car elle avait vraiment sentit que quelque chose n’allait pas.  Elle me demanda si j’avais envie d’aller prier avec elle dans le lit.  J’acceptai.  Après un bref moment de prière, Dieu me pressa d’avouer ce que j’avais fait.  Encore une fois, j’eu la conviction que si je ne confessais pas tout, j’allais donner du pouvoir à l’ennemi et rechuter.  Je mis donc tout en lumière et demandai pardon en pleurant.  Il s’agissait d’une autre grande victoire sur la voie de mon rétablissement.

Réalisant à quel point j’étais dépendant de cette relation, je me mis à craindre énormément la rechute.  À peine quelques jours s’étaient écoulés depuis la dernière rupture et j’étais déjà tenté de replonger dans l’adultère.  Je savais que cette folie devait cesser une fois pour toute avant que je détruise entièrement ma famille et celle de Thalia mais je ne savais pas comment.  Ma femme et moi avons alors décidé d’un commun accord de demander deux jours de vacances pour me donner une chance de reprendre le contrôle.  Nous savions que le bureau où je travaillais était la plus grande source de tentation et que j’avais besoin de m’en éloigner pour quelques jours.  Les événements de ce jeudi matin prouvaient en effet que j’étais encore extrêmement vulnérable.

J’obtins mes deux jours de vacances.  Ce laps de temps à l’écart du bureau allait m’aider mais je craignais néanmoins le retour au travail.  Non seulement à cause de la tentation qui s’y trouvait mais parce que les événements de la dernière année m’avaient totalement vidés émotionnellement, mentalement et physiquement.  J’étais extrêmement anxieux, avais pris l’habitude de prendre de un à deux calmants par jour, et ma femme soupçonnait un début de dépression.  Je consultai donc le médecin le même jour et me fis prescrire un arrêt de travail de quelques semaines.

Pendant ces deux jours de vacances précédant le week-end, je parlai au téléphone avec un autre frère chrétien, Yvan, qui allait être mon deuxième partenaire de redevabilité.  Je ne pouvais peut-être pas me balader avec une camisole de force mais je pouvais dresser le plus grand nombre de  remparts possible.  Le fait de connecter avec d’autres chrétiens, de leur confesser mes faiblesses et tentations et de prier avec eux me permettait de vaincre le réflexe d’isolement dans lequel Satan voulait me maintenir.

Ce repos me fit énormément de bien.  Le temps passé loin du travail me permis de retrouver la fermeté de mes intentions.  La restauration de mon lien avec Dieu était sans doute l’aspect le plus spectaculaire de ma nouvelle repentance.  Après avoir passé des mois entiers sans être en mesure de lui adresser la parole, sa présence et son amour étaient comme une source d’eau fraîche sur la terre désertique de mon âme.  Je savourais chaque moment passé avec lui plus que jamais.  De plus, je tombais à nouveau en amour avec ma femme et expérimentais la joie de connecter à nouveau avec mes enfants.  Je revenais littéralement à la vie.

Mais le combat était loin d’être gagné pour autant.  Les jours s’écoulaient avec leurs hauts et leurs bas, leurs phases de deuil, leurs émotions et pensées contradictoires.  Je pris l’habitude de ne rien dissimuler, de tout mettre en lumière: Nostalgie, flashs, tentations sexuelles, etc. Rien ne devait rester dans l’ombre afin que l’ennemi ne gagne pas la moindre parcelle de territoire.  C’était un combat de tous les instants.

Le 8 septembre fut parmi les jours les plus éprouvants.  Je craignais ce jour car il s’agissait de l’anniversaire de ma première rencontre avec Thalia en 2014.  La journée débuta pourtant fort bien.  Cette journée-là, nous devions aller à Gaspé, à une heure de route de chez-nous, pour des rendez-vous et emplettes.  L’avant-midi se déroula dans la paix,  malgré la courte nuit précédente. Je ne ressentais aucune nostalgie.  Mais en après-midi, les émotions fondirent sur moi sans avertissement.  Le sentiment de manque dura des heures.  Je le confessai à mon épouse, lui disant que je ressentais une connexion avec Thalia, que je ressentais sa propre peine, mais que ce n’était pas ce que je voulais.  Mon épouse était affligée.  D’une part parce qu’elle avait le sentiment de toujours devoir se battre pour ne pas être deuxième dans mon coeur.  Et d’une autre part parce qu’elle voyait que l’ennemi gagnait du terrain, que je ne semblais pas lutter avec une pleine conviction, que mon coeur dérivait à  nouveau.

Le jeudi 10 septembre  survint le premier conflit majeur depuis ma repentance du 29 août.  L’ennemi en profita immédiatement pour insuffler ses mensonges de part et d’autre, disant à ma femme qu’elle aurait désormais à devoir toujours rivaliser avec Thalia, que sa vie ne serait plus qu’une suite  de montagnes russes émotionnelles, de bonnes résolutions de ma part puis de rechutes, comme c’était le cas avec le porno.  Et à moi, il disait: « Tu vois, ta femme redevient ce qu’elle était.  Tu as renoncé à Thalia pour une femme qui te rendra malheureux. »  Tandis que ma femme allait en prière pour confier ses émotions à Dieu, je n’eus pas le même réflexe et m’enfermai plutôt derrière une épaisse muraille de ressentiment.  Alors lorsque mon épouse revint pour me demander pardon pour sa colère, je m’accrochai à ma rancune.  12 jours plus tôt, j’étais encore sous la domination de Satan alors une partie de moi tendait toujours à retourner sous ce joug plutôt que de se soumettre à la seigneurie de Jésus Christ.

Ayant fermé mon coeur au pardon, je me retrouvai en plein territoire ennemi et devins soudainement semblable à un alcoolique en manque qui cherche désespérément une bouteille d’alcool partout dans sa maison.  J’essayais frénétiquement de trouver une façon d’écrire à Thalia.  Je songeais même à aller au bureau, qui n’était qu’à quelques coins de rue, pour le faire.  Mais ne pouvant m’y résoudre, je partis faire la sieste.

Jésus a dit un jour:

Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première.  (Matthieu 12.43-45)

L’année d’infidélité qui venait de s’écouler démontrait la vérité de ce principe spirituel.  J’avais chassé à maintes reprises les esprits d’impureté et d’adultère.  Je m’étais repenti.  Mais je n’avais pas veillé et prié assidûment, si bien que ces esprits étaient revenus à chaque fois avec toujours plus de renfort afin d’exercer leur pouvoir sur moi.  Et en ce 10 septembre, malgré l’oeuvre que Dieu avait fait dans mon coeur au cours des derniers jours, j’étais à nouveau possédé par la fièvre de l’adultère.  Et si j’avais eu un quelconque accès facile à Internet, je sais que j’aurais rechuté.    Il était donc temps que je cesse de combattre ces démons par mes propres forces car ils étaient manifestement beaucoup plus forts que moi.  Ma bonne volonté ne suffisait pas.  J’avais besoin de la grâce de Dieu.

Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. (Matthieu 26.41)

Mon blog s’appelle PAR SA GRÂCE… mais je dois plus que jamais aller au-delà de ces mots et les appliquer, sans quoi je ne survivrai pas.  Je ne peux être porté indéfiniment par les prières de ma femme, de mes enfants et de mes frères et soeurs dans la foi.  Je dois me lever et me battre comme un soldat de Dieu.

Et maintenant

Voilà où j’en suis, après une année qui a été ruinée à bien des égards mais qui m’a appris beaucoup sur moi-même.   Un frère chrétien avec qui ma femme discutait l’automne dernier lui avait dit  que le Seigneur avait probablement permis que tout cela arrive afin d’exposer mon coeur.  Et c’est vrai.  Jusqu’au 8 septembre 2014, je croyais avoir un coeur pour Dieu.  Si c’était le cas, mon amour pour lui était néanmoins contaminé par de nombreuses impuretés.  Les rechutes sporadiques de pornographie me le prouvaient, mais il aura fallu un profond désastre moral pour que  je réalise à quel point je n’avais pas encore livré mon coeur totalement à mon Sauveur.  Cette réalité me ramène donc au premier commandement:

Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force.  (Deutéronome 6.5)

Ce commandement est le plus important, d’abord parce qu’il nous ramène au but-même de notre existence, qui est d’aimer et servir Dieu.  Mais aussi parce que lorsque nous enlevons ce fondement, tout s’écroule.  Que ce soit au niveau personnel ou social.  L’amour pour Dieu est l’ancre, la seule ancre, qui permet à l’âme humaine de ne pas dériver, s’échouer et couler.  J’ai tenté pendant les derniers mois de bâtir ma vie sur un autre fondement.  Sur mes propre désirs.  Et me voici un an plus tard rempli de regrets, blessé, endeuillé, aux prises avec un combat de tous les instants, enchaîné comme je ne l’avais pas été depuis très longtemps et réalisant que j’ai fait énormément de mal à ceux que j’aime.  Il y a un an, j’étais plein de vie.  Je suis maintenant en arrêt de travail et sur les antidépresseurs.

S’il a confiance dans le mal, il se trompe, car le mal sera sa récompense. Elle arrivera avant le terme de ses jours, et son rameau ne verdira plus. Il sera comme une vigne dépouillée de ses fruits encore verts, comme un olivier dont on a fait tomber les fleurs.  (Job 15.31-33)

Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. (Galates 6.7-8)

Heureusement, malgré mes erreurs, je sais que je peux m’appuyer sur ces paroles:

Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. (Romains 8.28-30)

Tout concoure au bien de ceux qui aiment Dieu.  Même nos gaffes monumentales.  Car elles nous ramènent ultimement à la croix, elles nous rappellent que nous ne sommes rien et que toute bonne chose en nous est purement le fruit de la grâce.  Comme ce vieux cantique qui dit: « Nothing in my hand I bring, simply to Thy cross I cling » (Je n’apporte rien dans mes mains… je m’accroche simplement à ta croix)

En ce moment, voilà exactement ce que je fais: je m’accroche à la croix. Je suis comme un homme pris dans un ouragan.  Ma seule chance de survivre est de tenir fermement à cette croix, de mettre toute mon espérance dans la force et la sagesse de Dieu et non dans mes propres forces et ma propre sagesse.  Je suis tombé il y a quelques jours sur ce sage conseil « Ne croyez pas tout ce que vous pensez ».  Voilà qui résume bien ce que dit la Parole de Dieu à ce sujet.

Mon fils, n’oublie pas mes enseignements, et que ton coeur garde mes préceptes; car ils prolongeront les jours et les années de ta vie, et ils augmenteront ta paix.

Que la bonté et la fidélité ne t’abandonnent pas; lie-les à ton cou, écris-les sur la table de ton coeur. Tu acquerras ainsi de la grâce et une raison saine, aux yeux de Dieu et des hommes.

Confie-toi en l’Éternel de tout ton coeur, et ne t’appuie pas sur ta sagesse; reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. Ne sois point sage à tes propres yeux, crains l’Éternel, et détourne-toi du mal: Ce sera la santé pour tes muscles, et un rafraîchissement pour tes os.

(…) Mon fils, ne méprise pas la correction de l’Éternel, et ne t’effraie point de ses châtiments; car l’Éternel châtie celui qu’il aime, comme un père l’enfant qu’il chérit.

Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse, et l’homme qui possède l’intelligence! Car le gain qu’elle procure est préférable à celui de l’argent, et le profit qu’on en tire vaut mieux que l’or; elle est plus précieuse que les perles, elle a plus de valeur que tous les objets de prix. Dans sa droite est une longue vie; Dans sa gauche, la richesse et la gloire. Ses voies sont des voies agréables, et tous ses sentiers sont paisibles. Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent, et ceux qui la possèdent sont heureux.  C’est par la sagesse que l’Éternel a fondé la terre, c’est par l’intelligence qu’il a affermi les cieux; c’est par sa science que les abîmes se sont ouverts, et que les nuages distillent la rosée.

Mon fils, que ces enseignements ne s’éloignent pas de tes yeux, garde la sagesse et la réflexion: Elles seront la vie de ton âme, et l’ornement de ton cou. Alors tu marcheras avec assurance dans ton chemin, et ton pied ne heurtera pas. Si tu te couches, tu seras sans crainte; et quand tu seras couché, ton sommeil sera doux. Ne redoute ni une terreur soudaine, ni une attaque de la part des méchants; car l’Éternel sera ton assurance, et il préservera ton pied de toute embûche.  (Proverbes  3:1-26)

Seigneur, je m’en remets totalement à toi.  Je sais que ma volonté est impuissante face à l’ennemi qui se trouve devant moi.  Tu es ma force et mon soutien.  Sans toi je défaillis, mais en toi je trouve la paix.  Sauve ton serviteur de sa propre folie, délivre-le des chaînes qui le lient.  Manifeste ta bonté parmi les vivants afin que ton nom soit glorifié.  Je reconnais ma petitesse, ma corruption et mon impuissance.  Je reconnais que toi seul est Dieu et que c’est toi qui trace mes voies.  Donne-moi la grâce de marcher dans tes sentiers et de ne dévier ni à gauche ni à droite.  Quoique ma chair se plaise au mal, je la crucifie afin que mon esprit vive et te serve pendant les jours de ma vie sur terre.  Étend ton bras puissant, brise mes ennemis, restaure ton serviteur et sa bouche chantera tes louanges.  Apprends-moi à marcher dans la droiture et à chérir la famille précieuse que tu m’as confié.  Sois la lumière qui brille à travers mon regard et mes gestes, afin qu’aucun d’eux ne se perde.  Sois mon rocher, mon soutien.  Je t’appartiens, Roi de ma vie.  Je sais et déclare que tu es Dieu et que ma vie est entre tes mains.  Enseigne-moi la crainte de l’Éternel afin que je croisse en sagesse et en amour.  Ne permets jamais que mon coeur se refroidisse et oublie tes commandements.  Je veux te servir, t’honorer et t’aimer de tout mon coeur, de toute mon âme, de toutes mes forces.  Béni sois le Dieu d’Israël.

Je réparerai leur infidélité, j’aurai pour eux un amour sincère; car ma colère s’est détournée d’eux. (…) Je l’exaucerai, je le regarderai, je serai pour lui comme un cyprès verdoyant. C’est de moi que tu recevras ton fruit. Que celui qui est sage prenne garde à ces choses! Que celui qui est intelligent les comprenne! Car les voies de l’Éternel sont droites; les justes y marcheront, mais les rebelles y tomberont. (Osée14.4-9)

Avec du recul…
21 juillet 2016

Je me réjouis aujourd’hui que cet article soit bel et bien le dernier de la série.  Bientôt, cela fera un an que ma relation avec Thalia est définitivement terminée.  Cette année aura-t-elle été parfaite?  Pas tout-à-fait.  Quelques mois après avoir écrit cet article, j’écrivis à Thalia dans un moment de faiblesse.  Bien que mes intentions étaient ambiguës à ce moment précis, je voulais avant tout savoir si elle s’en sortait bien.  Mais cette fois, c’est Thalia qui se montra assez forte pour garder la porte fermée.  Au départ, j’en éprouvai de l’amertume.  Mais quelques jours après, j’en éprouvai une immense reconnaissance.  Ce fut le spasme final de cette relation, avant qu’elle ne s’éteigne à jamais.

Après ce dernier contact, Dieu a poursuivi son oeuvre en moi.  Et cette fois, il a trouvé un coeur prêt à se laisser modeler.  Je n’avais plus aucune prétention.  Je connaissais ma dépravation.  Au printemps de cette année, j’ai traversé des périodes de contrition d’une profondeur que je ne connaissais pas.  En avril et mai seulement, je crois avoir pleuré plus que pendant les dix dernières années.  À chaque fois que je regardais mon épouse, mes yeux se remplissaient d’eau car je ne pouvais m’empêcher de voir le contraste entre sa valeur immense et la façon dont je l’avais traitée.  À chaque fois que j’allais à Dieu dans la prière, mes yeux se remplissaient également d’eau car je ne pouvais m’empêcher de voir le contraste entre sa perfection et ma méchanceté.

Je suis devenu très sensible.  Mais aussi très vulnérable.  J’ai remarqué que depuis l’adultère, toute rechute dans le péché n’est plus banale.  Mes pensées et mes émotions s’emballent rapidement et je peux plonger dans un gouffre de ressentiment ou de haine de moi-même qu’il m’est difficile de contrôler.  Avant de connaître Thalia, je voyais l’allégorie du diable rôdant comme un lion rugissant d’une façon différente que je la vois maintenant.  À l’époque, je me représentais  ce lion rugissant comme une bête qui va et qui vient dans la forêt et que je pouvais donc croiser à tout moment.  ‘Maintenant, je ne le vois plus comme une bête qui vagabonde aléatoirement mais comme un prédateur qui me talonne 24 heures sur 24.  Je dois donc rester vigilant.  Je ne peux plus me permettre de vivre une vie chrétienne tiède, ne serait-ce que pour une journée.  Chaque faux pas peut être désastreux.

Parce que cet adultère m’a profondément brisé, je ne suis pas encore revenu totalement à la normale.  Je suis dans un état de transition plutôt étrange.  Dieu laboure mon coeur profondément, me guide dans des réflexions qui portent à la sobriété.  Ma théologie subit des bouleversement majeurs.  Au bureau, je suis très peu bavard.  J’ai besoin de solitude et me mêle donc rarement aux gens pendant les pauses.  Avec ma famille et mes proches, je suis relativement normal.  Mais dans l’ensemble, ma personnalité est encore affectée par le chaos que j’ai vécu.  Mais je sais que tout cela est pour le mieux.  Le Seigneur se servira de ce brisement pour accomplir son oeuvre.  Ce blog, entre autres, bénéficiera d’une plus grande profondeur mais aussi, je l’espère, d’une plus grande humilité, d’une plus grande conscience de mon inaptitude à avancer sans l’aide de Dieu.

Je suis conscient que pour certains, l’aveu de ces péchés aura peut-être un effet répulsif.  Le lecteur pourrait être scandalisé par mes innombrables offenses et m’estimer indigne d’oeuvrer pour Dieu après tout ce que j’ai pu faire.  Je comprends.  J’ai moi-même naturellement tendance à être intransigeant face à des chrétiens qui commettent des péchés aussi grossiers que les miens, en particulier dans le domaine sexuel, ce qui est plutôt ironique.  Mais de plus en plus, je comprends que lorsque nous sommes témoins des péchés de notre prochain, nous observons en réalité une facette de nous-mêmes.  Car nous avons tous le potentiel de faire d’horribles choses.

Notre nature est si corrompue, notre coeur si tortueux, que nous devrions craindre sérieusement tout sentiment d’accomplissement spirituel.  Car c’est souvent lorsque nous commençons à nous considérer comme des héros de la foi que le Seigneur permet que nous expérimentions la réalité de ce que nous sommes vraiment, en nous livrant aux mains de l’adversaire.  Il est évident que je regrette amèrement l’adultère mais je ne peux nier que je chéris les précieuses leçons que j’en ai tiré.  J’arrive difficilement à imaginer comment j’aurais pu apprendre autant en si peu de temps, n’eut été de ce plongeon dans l’abysse de ma corruption.  Par ce péché, Satan désirait me détruire.  Mais au bout du compte, je constate qu’il a lamentablement échoué.  Dieu s’est servi de ces événements pour rendre notre famille plus unie, plus forte, plus vibrante de foi, plus proche de Dieu.  Je rends donc grâce à mon Roi et Seigneur pour les miracles qu’il a opéré dans notre foyer.

Aujourd’hui, je suis heureux.  Maintenant que le péché est loin derrière, je goûte à une paix insurpassable.  Une paix que je n’échangerais pas pour tout l’or du monde… ni pour toutes les femmes du monde.  J’ai redécouvert celle que j’aime, la femme de ma jeunesse, celle avec qui je veux vieillir et un jour, par la grâce de Dieu, franchir les portes de la cité céleste, où nous serons éternellement les meilleurs amis au Ciel.

Gloire à Dieu.  Il est souverain et rien ne peut arracher ses élus de sa main.

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