Enivré de la femme de ma jeunesse (1 de 2)

Mon épouse et moi, automne 2016
Mon épouse et moi, automne 1996

Que ta source soit bénie, et fais ta joie de la femme de ta jeunesse, biche des amours, gazelle pleine de grâce: Sois en tout temps enivré de ses charmes, sans cesse épris de son amour.  (Proverbes 5.18-19)

En cette nuit du 5 avril 1996, alors que Mélanie et moi avons ouvert nos coeurs l’un à l’autre afin de dévoiler les sentiments que nous éprouvions, il n’y avait déjà aucun doute sur ce qu’impliquait pour nous une telle déclaration d’amour.  Nous n’avions pas l’intention de simplement « essayer »… nous nous engagions dans une relation durable et exclusive.  En cette nuit mémorable, la première question que j’ai posé à celle qui faisait battre mon coeur a été: « Crois-tu en l’amour éternel? »  Elle y croyait.  Et moi aussi.  Nous nous sommes alors dirigés vers une petite chapelle pour nous y agenouiller et demander à Dieu de bénir notre union.

À partir de ce moment précis, avant même de m’unir à cette ravissante jeune femme par les liens sacrés du mariage, mon désir était de lui être entièrement fidèle, autant en pensée que physiquement.  Ma récente conversion à la foi chrétienne m’avait déjà amené à la conviction qu’il n’y avait plus aucune place en moi pour l’impureté sexuelle.  Je voulais honorer Dieu et ma bien-aimée par ma façon de vivre.   Pourtant, dans les mois qui ont suivi, j’ai été confronté aux faiblesses de ma chair.  Les fantasmes dont Dieu m’avait délivrés ont réapparu en moi, me poussant à rechercher le plaisir à l’écart de ma fiancée.  Une très longue guerre débutait alors, une guerre dont l’ampleur et la durée nous échappaient totalement.

L’année suivant notre rencontre, alors que nous étions sur le point de nous marier, je savais que je devais gagner une fois pour toutes le combat pour la pureté.  Décidé à remporter cette victoire, j’ai alors pris un engagement envers ma fiancée:

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Ces mots, je les pensais et les ressentais réellement.  Ils reflétaient mes désirs les plus profonds.  Mais j’allais apprendre au cours de notre mariage qu’une bonne volonté ne suffit pas toujours à vaincre le péché.  Chaque chrétien fait face tôt ou tard à une épreuve, un obstacle, un ennemi qui dépasse de loin ses propres forces. Pour moi, il s’agissait du péché sexuel.  Et il m’a fallu beaucoup de temps pour reconnaître ma complète impuissance devant un tel ennemi.

Pourtant, j’ai toujours su que Dieu était ma force et ma victoire.  Mais jusqu’à tout récemment, cette connaissance n’était pas ancrée suffisamment dans les profondeurs de ma conscience.  Trop souvent, mes choix quotidiens indiquaient que j’étais encore trop suffisant, que je m’appuyais sur mes propres forces pour renverser les obstacles et accomplir le plan de Dieu pour ma vie.  Je négligeais ma relation avec le Dieu de mon salut, si bien que ce dernier n’était souvent réduit qu’à une bouée de sauvetage jetée dans l’océan de ma propre stupidité dans les moments où je frôlais la noyade spirituelle.    Cette grave négligence m’a amené à faire beaucoup de mal autour de moi, surtout à celle à qui j’avais fait cette grandiose promesse de fidélité absolue.  La forteresse de l’impureté sexuelle, qui avait été érigée en moi dès mon adolescence, n’avait jamais été attaquée de façon impitoyable de façon à ce qu’elle soit conquise et réduite en cendres par le Dieu de victoire qui habite en moi.  Alors pendant de longues années, j’ai dérivé à l’écart du plan de Dieu pour moi, à l’écart du standard de pureté et de sainteté que Dieu me demandait.  Si bien qu’après plus de 17 ans de mariage, j’en suis venu à m’éprendre d’une autre femme et à briser les voeux de mon mariage.

Pendant d’interminables mois, j’ai été totalement subjugué par l’ennemi.  Pris dans le piège de l’adultère, je me suis enfoncé dans une obscurité de plus en plus profonde.  J’en suis venu à idéaliser puis à idolâtrer une autre femme que la mienne.  Cette idolâtrie m’a aveuglé au point tel que j’ai perdu de vue la valeur et la beauté de celle que Dieu avait déjà placé à mes côtés.  Je me suis mis à oublier la longue et riche histoire que je partageais avec la femme de ma jeunesse.  Je me suis mis à croire que l’amour que j’avais éprouvé jadis pour mon épouse n’avait aucune mesure avec ce que j’éprouvais maintenant pour cette femme mystérieuse rencontrée au travail.

Ces mois d’adultère furent interminables et dévastateurs pour celle qui vivait à mes côtés et qui tentait de sauver notre mariage de ma folie.  Afin de justifier mes péchés, je ne me contentais pas d’idéaliser ma maîtresse mais je critiquais systématiquement tout ce que ma femme disait et faisait.  Ma langue était devenue une arme tranchante qui lui lacérait le coeur et qui l’amenait de plus en plus à croire qu’elle n’avait plus de valeur.  Celui qui devait la chérir et l’aimer était devenu dur, intransigeant, acerbe, insensible.  Elle se sentait comme une fleur foulée à mes pieds jour après jour, presque morte, sans eau ni nourriture.

Par l’ineffable miséricorde du Père céleste, mes chaînes ont finalement été brisées.  Gloire à notre Dieu, j’ai été délivré de mon aveuglement et je redécouvre plus que jamais la valeur et la beauté de celle qui partage ma vie depuis si longtemps.  Mais si les ténèbres ont été chassées, les blessures demeurent et nécessiteront du temps pour guérir complètement.  C’est pourquoi je me consacre maintenant à restaurer le coeur brisé de celle qui n’a jamais cessé de m’aimer malgré tout.  Je m’applique à chaque jour, chaque heure, chaque seconde, à démontrer à mon épouse qu’elle a une valeur immense à mes yeux, que notre mariage n’est pas cette chose sans valeur que je lui décrivais à tort au cours de cette année d’infidélité.  Je me consacre à lui prouver, en gestes et en paroles, qu’elle est une femme exceptionnelle et qu’elle est la seule et unique femme de ma vie, celle que Dieu m’a choisi.

La vérité sur l’amour que j’ai pour ma femme

Il y a quelques jours, j’ai ouvert une vieille boîte qui contenait les premières lettres  adressées à ma douce moitié dans les jours suivant notre déclaration d’amour.  C’est dans cette boîte que j’ai  déniché l’engagement de fidélité que j’ai partagé plus haut.  C’est aussi dans cette boîte que j’ai trouvé la preuve que le « coup de foudre » que j’ai eu pour ma maîtresse en septembre 2014 n’était pas une première, comme je me plaisais alors à m’en convaincre.  J’avais été éperdument amoureux dans le passé, comme en témoignent les extraits suivants tirés d’une lettre écrite alors que j’avais 21 ans.  Ma relation avec Mélanie venait tout juste de débuter, tout comme ma relation avec Jésus, que j’avais rencontré quelques mois seulement auparavant:

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Ces mots passionnés attestent de la profondeur et de l’intensité des sentiments que j’éprouvais alors.  Lorsque je m’y replonge, je réalise que cet amour était même le plus grand de tous.  Jamais je n’avais autant aimé dans le passé et jamais je n’allais autant aimer dans le futur.  Car non seulement cet amour était intense mais il était béni par Dieu.  Il n’était pas un amour coupable, le fruit d’une convoitise interdite.  Il était pur, innocent et magnifique.  Et il allait donner lieu à un mariage, à des enfants, à une longue histoire unique, riche et irremplaçable.

Considérons encore l’extrait d’une autre lettre de l’époque, qui me permet de plonger dans la réalité de l’amour que j’éprouvais à nos tous débuts:

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Lorsque les années s’écoulent et que la vie quotidienne nous emporte dans son tourbillon de préoccupations, il est facile d’oublier l’intensité d’un tel coup de foudre.  Et parce qu’un mariage unit deux pécheurs, les mésententes peuvent même nous conduire à une sorte d’amnésie amoureuse, où nous perdons de vue toutes les qualités qui nous ont jadis séduites chez l’être aimé et où les défauts, même petits, semblent occuper toutes nos pensées.  Et j’ai tristement constaté que lorsque survient une situation d’adultère, ce phénomène peut être décuplé.  L’amnésie tourne à la démence, à un mépris de l’autre et à une glorification de soi.   Rendu à ce stade, nous ne sommes plus aptes à reconnaître la vérité, nous fermons les yeux volontairement sur les qualités de l’autre et amplifions outre mesure ses défauts.

Par ce que je viens de partager, j’ai voulu dans un premier temps rétablir la vérité.  Mon épouse est loin d’être une femme ennuyeuse et criblée d’horribles défauts, comme je lui ai fait croire alors que j’étais dans l’adultère.  Et l’amour que nous avons l’un pour l’autre n’a rien d’un amour routinier, prévisible et sans saveur.  Et si j’ai songé à quitter mon mariage, ce n’est certainement pas parce que ma femme n’était pas adéquate, qu’elle n’était pas assez intéressante ou assez belle.  Si j’ai voulu partir, c’était par pur égoïsme.  J’étais aveuglé par le péché.  Et même si j’avais été marié à la perfection-même, j’aurais pris les mêmes décisions stupides.  Car l’adultère n’est JAMAIS causé par la personne qui est trompée.  JAMAIS.  L’adultère est une décision prise par une personne qui est captivée par un mirage dans le désert et qui, par manque d’intégrité, renie ses propres engagements afin de poursuivre ce mirage.  Une décision que Dieu réprouve au plus haut point:

Voici encore ce que vous faites: Vous couvrez de larmes l’autel de l’Éternel, de pleurs et de gémissements, en sorte qu’il n’a plus égard aux offrandes et qu’il ne peut rien agréer de vos mains. Et vous dites: Pourquoi?… Parce que l’Éternel a été témoin entre toi et la femme de ta jeunesse, à laquelle tu es infidèle, bien qu’elle soit ta compagne et la femme de ton alliance.  (Malachie 2.13-14)

La journée du 8 octobre qui débute en ce moment marque l’anniversaire de mon épouse.  Elle marque également le 40e jour suivant ma rupture avec ma maîtresse.  Ce qui est extraordinaire, c’est que le Seigneur ne m’a pas seulement permis de réaliser à quel point j’ai aimé ma femme dans le passé, mais il a ressuscité cet amour d’une façon tout à fait renversante au cours des dernières semaines.  Alors maintenant que j’ai partagé à mes lecteurs quelques bribes de notre passé, le prochain article portera sur le présent, sur l’amour consumant que j’éprouve depuis quelques temps pour celle que Dieu m’avait destiné avant même la fondation du monde.  Par cet article, je désire honorer ma femme en lui témoignant mes sentiments les plus profonds.  Je désire aussi donner de l’espoir aux couples qui voient leur mariage dévasté par le péché.  Ce que Mélanie et moi avons vécu est une preuve que notre Dieu est le Dieu de l’impossible.  Il y a quelques semaines, le scénario le plus probable était le divorce.  J’étais si endurci et ma femme si blessée qu’en apparence, rien n’allait pouvoir sauver cette relation.  Mais non seulement Dieu a sauvé notre mariage, mais il nous a amenés tous les deux à un niveau d’amour réciproque qui nous chavire totalement.  Nous expérimentons un sentiment de bonheur profond.  Et nous n’avons pas eu besoin d’années de psychothérapie pour y arriver.  Il a suffit que Dieu m’amène à un état de brisement complet, afin que je m’abandonne totalement à son Esprit et que je cherche à aimer ma femme comme Dieu aime son Église.  Un amour fou et inconditionnel, plus grand que nature, qui chasse les plus grandes ténèbres et guérit les plus graves blessures.  Et c’est à cet amour que je puiserai pour la rédaction du prochain article.

Mélanie.  Tu es une femme exceptionnelle et je t’aime d’un amour sans bornes.  Tu es la femme de ma vie et je te dédie cet article (et celui qui suivra) pour ton anniversaire.  Que Dieu te garde.  Et que jamais cet amour qui brûle en moi ne se refroidisse.  Au contraire, qu’il grandisse à chaque jour, jusqu’à notre vieillesse, jusqu’à ce que la mort nous sépare.

Mon épouse et moi, automne 2016

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