Enivré de la femme de ma jeunesse (2 de 2)

psg 2015-10-09

Mélanie.  Elle est une princesse.  Je suis son chevalier.  Mandaté par le Roi des rois pour la protéger.  Il y a longtemps, je me suis agenouillé devant Celui qui règne éternellement afin de recevoir de ses mains l’épée de la vérité et l’arsenal nécessaire à ceux qui marchent sur des chemins étroits.  Aimer, chérir et protéger la fille bien-aimée du Roi de l’univers était une mission d’une grande noblesse, entourée d’honneur et de gloire.  Mais il s’agissait aussi d’une mission périlleuse car au-delà de l’enceinte du Royaume,  un adversaire meurtrier guettait.  Ennemi du Roi, ennemi de la justice et de la vertu, ange de lumière exclu de la cour céleste et devenu dès lors un serpent, un dragon.  Cet ennemi n’avait pour ambition que d’assouvir sa soif de vengeance.  Et ne pouvant attenter à la vie de Celui qui est, il était déterminé à décimer et détruire sa postérité royale.

Mon épouse était de cette postérité.   Alors tandis que le Roi plaçait dans ma main gauche le bouclier de la foi, il m’adressa ces mots:

« Voici ton épouse.  Celle qui sera à tes côtés jusqu’à ton dernier souffle.  Elle sera ton aide, celle qui te complète et t’accompagne.  Elle t’aimera et te chérira jusqu’à ce que la mort vous sépare.  Je te demande de l’aimer et de la chérir en retour comme moi je t’aime.  Je te demande de la protéger comme moi je te protège.  Je vous envoie tous les deux dans le monde, afin de répandre la bonne nouvelle de l’Évangile et de conquérir le territoire occupé par l’ennemi.  Mais là-bas, dans ce monde où règnent les ténèbres, celle que je te donne pour femme sera en danger.  Car l’ennemi la déteste comme il me déteste.  Je te conjure donc de ne pas faire comme ces prétendus chevaliers qui se parent volontiers de leur armure mais qui désertent le champ de bataille lorsque l’amour requiert le sacrifice.  Je te conjure de demeurer ferme.  Sois fort et courageux.  C’est moi, le Dieu du ciel et de la terre, qui te confie cette mission.  Et je ne la confie à personne d’autre.  Si tu échoues, tu devras en répondre devant moi. »

Malgré la gravité de cet avertissement, c’est avec enthousiasme que j’acceptai cette mission.  Car quel homme ne désire pas être un héros?  Quel homme refuserait la gloire des conquérants?  Sauf que j’ignorais le prix à payer.  J’ignorais que j’allais devoir braver la mort.  Non pas la mort physique mais la mort à moi-même.  Or, je n’étais pas né d’une lignée de guerriers mais plutôt de déserteurs.  Je n’avais eu dans ma vie aucun modèle de courage, d’abnégation, de sacrifice.  J’étais né dans le règne du Soi, de l’auto-préservation, de la complaisance.  J’étais le produit d’un monde où les émotions triomphent des principes, où le plaisir est la clé de toutes les décisions.  Me confier cette mission représentait donc un risque énorme pour Dieu.  Mais parce qu’il m’avait adopté, il fit le choix de me confier cette femme extraordinaire en vertu de mon identité royale et en dépit de mon lourd passé.

Ainsi mandaté par Dieu comme chef de cette jeune famille, je franchis les portes du domaine royal avec mon épouse à ma suite.  Et parce que je mettais par le fait même le pied dans le territoire ennemi, il fallut peu de temps pour que je me retrouve nez à nez avec le dragon.

Cette rencontre devait déclencher une bataille décisive.  De là-haut, les anges observaient déjà la scène avec expectative, attendant que je dégaine l’épée et terrasse l’ennemi au nom de l’Éternel des armées.  Mais en fixant l’adversaire dans les yeux, j’eus un moment d’hésitation.  Car s’il s’agissait de mon premier duel contre lui, ce n’était toutefois pas le premier contact.  Loin de là.  Car ce dragon avait longtemps été mon compagnon de route.  Par le passé, il était celui qui m’avait enseigné l’art de vivre comme lui de façon indépendante, à l’écart de mon propre Créateur.  Il était celui qui m’avait encouragé à m’émanciper de toute autorité.  Une émancipation qui, ironiquement, m’avait conduit à un profond esclavage.  Il était aussi celui qui m’avait appris à trouver refuge auprès des dieux de ce monde, à chercher la plénitude dans le plaisir.  Ce dragon, c’était le dragon de l’impureté.

Même si j’étais maintenant en mesure de reconnaître la vraie nature de cette bête qui se trouvait devant moi, je restai paralysé.  Ma main n’arriva pas à lever l’épée de la vérité contre elle.  J’étais submergé par les souvenirs qui me liaient à elle, par ses promesses d’autrefois, par nos escapades de jadis dans les contrées du péché.

Alors  que la nostalgie du passé s’emparait de moi, je perdis de vue ma mission.  Et à ma plus grande honte, je trahis la confiance du Roi en refusant de mettre à mort ce compagnon d’autrefois.  Tandis que je fixais toujours l’ennemi du regard, je remis l’épée dans son fourreau, pris la main de mon épouse et lui dis: « Viens, suis-moi » tout en passant à côté du dragon et en poursuivant ma marche sur le terrain ennemi.

Je venais de laisser la vie sauve à celui que je devais trucider.  Mais le dragon ne se servit pas de cette opportunité pour se retourner contre nous et nous embraser d’un torrent incandescent, comme l’auraient fait les dragons qui peuplaient autrefois la terre.  Dans le domaine spirituel, les dragons ne détruisent pas par le feu.  Lorsqu’ils ouvrent la gueule, ce n’est pas pour faire jaillir des flammes mais pour vomir le mensonge.  Nous voyant passer outre, le dragon se contenta donc de sourire et d’emboîter le pas derrière nous.

Alors que nous avancions plus profondément dans la vallée de l’ombre de la mort, notre procession attira l’attention des démons qui vagabondaient tout autour.  Ils remarquèrent que malgré le sceau royal que je portais, je ne livrais aucune bataille au dragon de l’impureté qui nous suivait.  Je le laissais nous accompagner comme s’il s’agissait d’un bon ami.

– Regardez, fit l’un des démons.  Ce disciple de Christ tolère l’impureté.  Ce mariage nous appartient donc.  Nous le détruirons sans la moindre difficulté.  Il suffira d’attendre que le chef soit neutralisé par le péché et nous pourrons ensuite nous occuper de celle qui lui tient la main ».

Alors un à un, les démons se joignirent à nous, formant un imposant cortège de compagnons de route aux intentions meurtrières.

À mesure que nous marchions, le dragon de l’impureté gagnait en proximité, si bien que j’en vins bientôt à discerner un faible chuchotement émanant de lui.  Au début, il s’agissait de mots indistincts, semblables au lugubre sifflement d’un vent glacial.  Mais bientôt, je pus cerner les paroles.  Le dragon proférait ses mensonges:

– Dis-moi.  Pourquoi ne m’as-tu pas décapité alors que tu en avais l’occasion?  Pourquoi as-tu bravé les ordres du Roi pour m’épargner et me laisser marcher avec toi et ta femme?  Cela n’indique-t-il pas que tu es toujours dans le même camp que moi?  Tu sais, j’ai vu beaucoup d’hommes comme toi qui ont été rachetés par le Roi.  Et tous obtiennent rapidement la victoire sur le péché.  Mais toi… regarde-toi!  Tu es entouré de démons.  Qu’est-ce qui te fait donc croire qu’un sang royal coule dans tes veines?  Comment peux-tu être certain que le sceau posé sur toi n’est pas une contrefaçon? Ne reconnait-on pas l’arbre à ses fruits?  Ta vie ne démontre-t-elle pas que tu m’appartiens toujours?

À mesure que nous marchions, le dragon poursuivait inlassablement son discours.  Ma partenaire, inquiète de cette présence, me répétait néanmoins: « Ne l’écoute pas.  Il ment. »  Mais les mots de l’ennemi se frayaient un chemin en moi.  Il y avait longtemps que je n’avais pas été dans la présence du Roi.  Il y avait longtemps que je ne m’étais pas délecté de sa présence.  Le souvenir de son visage, et même de sa réalité, devenait de plus en plus brouillé et fugace.  Tout ce qui me restait, tout ce qui me semblait concret, était cette sombre mais réconfortante présence qui nous accompagnait sur la route, cet ami d’enfance qui me parlait sans cesse.

Un matin, après avoir dormi à la belle étoile avec mon épouse, je portai la main à ma ceinture et réalisai que j’avais égaré l’épée de la vérité.  Je regardai tout autour et compris que je ne trouvais pas non plus le bouclier de la foi.  Voyant ma soudaine angoisse, le dragon s’approcha de moi:

– Ne t’inquiète pas pour ton épée et ton bouclier.  Tu n’en as pas besoin.  Je serai là pour te défendre s’il t’arrive quelque chose.

Un peu à contre-coeur, je repris donc la route en compagnie de ma bien-aimée.  Ce jour-là, je remarquai que la voix du dragon me parvenait avec beaucoup plus de limpidité qu’à l’habitude.   Et très tôt, le dragon en profita pour m’adresser une demande:

– Viens, suis-moi.  Quitte un moment ce chemin étroit.

– Mais… ma mission… ma femme..?

– Ta femme?  Pourquoi t’inquiéter pour elle?  Elle peut prendre soin de sa propre vie.  Elle est une adulte comme toi et est responsable d’elle-même devant Dieu.

Alors je quittai le chemin tracé par Dieu.  J’abandonnai celle que le Roi m’avait confié.  Je la laissai seule en terrain hostile et suivis les pas de mon ancien maître.

Pendant que j’étais absent, les démons qui nous suivaient s’approchèrent à leur tour de ma femme pour lui susurrer leurs mensonges:

– Tu sais ce que fais ton mari en ce moment, n’est-ce pas?  Il rêve à d’autres femmes que toi.  La mission que Dieu lui a donné ne lui plaît plus.  À preuve: Il te laisse seule, à notre merci.  Et tu sais pourquoi?  Parce que tu n’as aucune valeur à ses yeux.  Puisque tu n’as pas été à la hauteur, il s’est désintéressé de toi.

Ma princesse était déchirée par ces paroles.  Mais comment pouvait-elle s’objecter?  Mes comportements donnaient raison aux démons.  Je me détournais d’elle pour regarder de la pornographie.

Ce scénario se répéta inlassablement.  Jour après jour.  J’abandonnais la précieuse fille du Roi des rois pour aller me vautrer dans le péché que le dragon m’offrait.  Oh, presque à chaque fois, je revenais vers ma femme et promettais de ne plus me laisser berner.  Car après avoir consommé l’acte, je réalisais bien que ce que je venais de faire était mal.  Je comprenais que j’avais trahi mon Dieu.  Mais ce n’était pas suffisant.  Car malgré mes bonnes résolutions, je finissais toujours par prêter l’oreille aux suggestions de l’ennemi.  Je n’osais jamais lever l’épée contre lui pour le décapiter une fois pour toutes.  Et c’est ainsi que le temps s’écoula et que le compromis devint mon mode de vie.   Cette marche qui au départ  devait être une marche triomphante vers la terre promise devint une marche erratique dans le désert, une succession de bonne résolutions et de rechutes.  Et à chaque fois que je méprisais le mandat que Dieu m’avait donné et que je me plaçais sous la gouverne du dragon, je donnais à ce dernier encore plus de pouvoir et permettais aux démons de s’en prendre toujours plus violemment à mon épouse.  Et elle, à force de souffrir, perdit son parfum d’innocence.  Lacérée par les douleurs de la trahison, par les mensonges incessants, elle était de plus en plus triste, découragée.  Ses rêves s’évanouissaient en même temps que ses espoirs.  Et elle-même commençait à dériver à l’écart du droit chemin.  Sa foi en Dieu était alourdie par l’amertume, la colère, l’incompréhension.  Pourquoi son chevalier était-il devenu l’ami d’un dragon?

Je constatai avec le temps que ma femme n’était plus la même.  Je vis qu’elle était comme une fleur fanée, ployant sous le poids de mon indifférence.  Car même si je revenais toujours à elle, ce n’était jamais complètement.  Mon coeur était contaminé, mes pensées corrompues, mon esprit divisé.

Combien de fois Dieu n’intervint-il pas afin de m’amener à la repentance?  Combien de fois ne me somma-t-il pas de renoncer une fois pour toutes au péché et de réparer le mal que j’avais fait à ma princesse.  Mais plutôt que de panser les plaies de ma bien-aimée, j’endurcis mon coeur, me campai dans l’orgueil et adoptai une attitude accusatrice envers celle que j’avais trompé.  Le dragon m’avait enseigné que je n’avais pas à prendre la responsabilité de son état.  Car après tout, n’avais-je pas eu le courage d’accepter une mission que la majorité des époux écartent du revers de la main?  Ne menais-je pas un combat pour la pureté dans un monde où tant d’hommes se vautrent dans le péché sans éprouver  le moindre remord?  Qu’avait-elle donc à se sentir ainsi?  Pourquoi devais-je m’excuser d’être celui que j’étais?  Étais-je supposé être parfait?  Et elle, n’avait-elle pas également des péchés?  L’orgueil m’aveuglait et asphyxiait l’amour en moi.

Puis un jour, le dragon me conduisit très loin.  Si loin que je perdis complètement de vue celle que je devais aimer et protéger.

– Où va-t-on? demandai-je au dragon

– Tu verras.  C’est un endroit que je ne t’ai jamais fait visiter

– Vraiment?  Ne m’as-tu pas déjà tout montré?

– Oh, fit le dragon en gloussant.  Tu ignores ce que je te prépare.

Après un long voyage, je me retrouvai sur un autre chemin, parallèle au chemin étroit où je marchais habituellement.  Ce chemin-ci était large, spacieux. Et beaucoup, beaucoup de gens y circulaient.  Et parmi ces gens, j’aperçus une femme qui attira mon attention.

– Qui est-elle?

– C’est celle que je t’ai préparé.  Celle qui est pour toi.  Celle qui t’apportera la plénitude.

La plénitude?  N’était-ce pas Dieu qui devait m’apporter une telle chose?  Une femme pouvait-elle être porteuse de si grandes promesses?  Malgré mes doutes, cette possibilité m’ouvrit tout un univers de désirs et de rêves insoupçonnés.  Et ce jour-là, je ne revins pas auprès de ma femme comme je l’avais toujours fait dans le passé.  Je commençai à marcher aux côtés de celle que le dragon m’avait offert, abandonnant la femme de ma jeunesse à une solitude et une souffrance que les mots ne peuvent décrire.

Ma rébellion me disqualifiait maintenant comme soldat de Dieu.  Mais le Roi de gloire voyait toujours en moi un fils.  Et comme tout père qui aime son enfant, il  me réprimanda sévèrement.  Mais au lieu de me repentir, je lui répondis par une horrible arrogance.  Pour traduire cette arrogance en mots, j’emprunterai ici la formulation du pasteur Voddie Baucham dans un sermon portant sur l’adultère:

« [Seigneur], je sais que tu m’aimes et que tu avais l’intention de pourvoir à mes désirs. Toutefois, je ne suis pas satisfait de la façon dont tu as pourvu à ces désirs. Je veux y pourvoir d’une autre façon car bien franchement, j’estime être un peu plus sage que toi en matière de besoins et de désirs… Je vais donc aller dans cette direction, vers cette autre relation qui ne respecte pas tes exigences mais qui me permettra d’expérimenter la plénitude que TOI, ô Dieu, est INCAPABLE d’apporter dans ma vie. »

Le Roi de l’univers aurait pu me pulvériser de plein droit pour une attitude aussi insolente.  Mais il savait que j’étais sous une puissance de séduction.  Il savait que sans une intervention souveraine de sa part, j’étais condamné à la perdition.

Tandis que je marchais auprès de cette femme étrangère, les démons assaillaient mon épouse.  Des démons de toutes sortes qui la déchiraient sans pitié comme des hyènes affamées.  Son mari, son chevalier, l’avait totalement abandonné.  Après toutes ces années à l’avoir meurtri, il la laissait finalement à son sort, à son désespoir, dans une terre inhospitalière.  Elle en avait perdu le goût de vivre.  Ses jours n’étaient plus qu’une longue agonie, une plainte qui s’élevait vers les cieux, suppliant Dieu d’intervenir ou de lui enlever la vie.  Et à travers ses pleurs, elle ne pouvait entendre que ces voix démoniaques qui lui répétaient encore et encore qu’elle n’avait aucune valeur, qu’elle était bonne à jeter, que personne ne se souciait d’elle.

Mais Dieu est fidèle.  Il recueillait chacune de ses larmes, entendait chacun de ses cris.  Si bien que vint le jour où il étendit son bras afin de mettre un terme à ce cauchemar.  Il s’empara de moi, m’arracha de la voie de la perdition, me traîna dans la boue, me rua de coups, afin que je ne périsse pas et que je revienne à la raison.  Et finalement, je me réveillai.

Bien des fois par le passé, j’étais revenu sur le droit chemin.  Mais ce jour-là, quelque chose de différent se produisit.  Quelque chose que je ne saurais expliquer.  La lumière de Dieu brilla en moi de façon si fulgurante que j’en fus totalement anéanti.  Une lumière proportionnelle aux ténèbres dans lesquelles j’avais plongé.  Je pris conscience comme jamais auparavant de la magnificence de Dieu et de mon extrême corruption.  Je pris conscience de l’abjecte rébellion dont je m’étais rendu coupable.  Je pris conscience des souffrances inimaginables que j’avais infligé à la fille bien-aimée du Dieu vivant.

Le coeur broyé et les yeux en larmes, je me relevai et récupérai le bouclier de la foi.  Puis j’empoignai l’épée de la vérité et me dirigeai vers le dragon d’un pas rapide, les yeux remplis de haine envers lui.  Sans même qu’il puisse ouvrir la gueule pour proférer un mensonge de plus, je lui déclarai:

« Tu as tort.  Je ne t’appartiens plus.  Je ne suis plus de ce monde.  Je suis disciple de Jésus Christ.  J’ai été racheté par son sang.  J’ai été déclaré juste et saint par lui.  Je ne suis donc plus esclave du péché.  Je ne suis plus soumis à ta volonté.  Je renonce à toi et à tes oeuvres et je te maudis dans le nom de Jésus! »

Sur ces mots, je brandis très haut dans les airs la longue lame reluisante de mon épée et tranchai la tête du dragon d’un mouvement sec et brutal.  Puis je me dirigeai vers ma femme.  Les démons qui l’assaillaient avec leurs mensonges infernaux se tournèrent alors vers moi afin de m’affronter.  Je m’adressai alors à chacun d’eux, tour à tour:

Esprit de rejet, je te réduis au silence au nom du Roi des rois!!!  Alors que ma princesse a vécu le rejet si souvent pendant son enfance, elle croyait enfin avoir trouvé en moi un homme qui l’accepterait et l’aimerait à sa juste valeur.  Mais parce que j’étais maladivement obsédé par moi-même et que je préférais répondre à mes propres besoins plutôt qu’aux siens, je lui ai fait sentir année après année un rejet encore plus cinglant que tout ce qu’elle avait expérimenté jusque là.  Je me suis montré bien souvent insensible à son sort, à ses émotions, au langage de son âme.  Je l’ai laissé pleurer seule pendant des heures, des nuits.  Je l’ai condamné à une vie de solitude, de déconnexion émotionnelle, d’absence d’intimité.  Puis j’ai poussé le rejet jusqu’à la méchanceté, la ridiculisant en secret alors que je marchais en compagnie de la femme que le dragon m’avait offert.  Et toi, esprit de rejet, tu t’es servi de cette profonde trahison pour lui faire croire qu’elle n’avait aucune valeur et qu’elle méritait d’être rejetée.

Mais aujourd’hui, je prends l’épée de la vérité afin de réduire à néant tes mensonges.  Esprit de rejet, que ta malédiction soit brisée à tout jamais.  Je te maudis et te précipite dans l’abîme de feu!!!

La vérité, c’est que mon épouse est une femme exceptionnelle.  Une femme qui possède une personnalité unique et délicieuse.  Elle est bourrée de qualités humaines qui font d’elle une amie et une compagne merveilleuse.  Toute personne qui la connaît réellement et intimement se considère choyée.  Il n’y a donc rien en elle qui mérite ou justifie le rejet.  Ce dernier n’est pas le fruit de ses propres manquements mais plutôt de la corruption du monde déchu dans lequel elle vit.  Dans sa parole, Dieu révèle que ma bien-aimée a une valeur infinie:

… ma vie sera d’un grand prix aux yeux de l’Éternel et il me délivrera de toute angoisse.  (1 Samuel 26:24)

Il l’a trouvé dans une contrée déserte, dans une solitude aux effroyables hurlements; il l’a entouré, il en a pris soin, il l’a gardé comme la prunelle de son oeil, pareil à l’aigle qui éveille sa couvée, voltige sur ses petits, déploie ses ailes, les prend, les porte sur ses plumes.  (Deutéronome 32.10-11)

Mélanie, je te demande pardon de t’avoir fait ressentir si souvent le rejet, de t’avoir donné le sentiment de ne pas avoir de valeur.  Par la grâce de Dieu, je veux que tu te sentes désormais libre d’être toi-même avec moi, que tu n’aies plus peur d’être rejetée, que tu te sentes parfaitement accueillie, aimée et chérie.

Esprit d’abandon, je te réduis au silence au nom du Roi des rois!!!  Alors qu’elle était enfant, ma princesse a été abandonnée par son père terrestre.  Puis par son beau-père.   Et ce fut finalement à mon tour de passer à un cheveu de l’abandonner pour une autre femme.  Et toi, esprit d’abandon, tu t’es servi de ces multiples rejets pour lui faire croire qu’elle était fondamentalement inadéquate, qu’elle ne serait jamais aimée, qu’elle finirait seule et abandonnée.

Mais aujourd’hui, je prends l’épée de la vérité afin de réduire à néant tes mensonges.  Esprit d’abandon, que ta malédiction soit brisée à tout jamais.  Je te maudis et te précipite dans l’abîme de feu!!!

La vérité, c’est que mon épouse est une femme attachante et aimable.   Elle s’investit dans ses relations avec un coeur immense et une grande générosité.  Elle se dévoile, se rend vulnérable, cherche à établir un lien d’intimité authentique.  Elle ne se cache pas derrière une façade et ne cherche pas à se mettre constamment en valeur.  Elle écoute les gens, les accompagne, les aide.  Si donc elle a été abandonnée, ce n’est certainement pas parce qu’elle le méritait.  Ce n’est certainement pas parce qu’elle était inadéquate.  C’est plutôt parce que son adversaire voulait la confiner à la solitude afin de mieux la détruire.  Mais l’abandon n’est pas l’héritage des enfants de Dieu:

Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles?  Quand elle l’oublierait, moi je ne t’oublierai point.  (Ésaïe 49.15)

Mélanie, je te demande pardon d’avoir contribué à cette peur de l’abandon.  Que le reste de ma vie soit consacrée à te prouver que tu mérites de recevoir autant que tu donnes, que ton amour pour les gens n’est pas condamné à obtenir pour réponse l’injustice de l’abandon.  Sache que tu n’as pas à me prouver quoi que ce soit pour que je reste à tes côtés.  Tu n’as pas à me séduire ou à me convaincre de t’aimer.  Tu n’as pas à craindre de faire un faux pas sous peine d’être délaissée.  Tu me séduis et je t’aime.  En fait, tu es la femme qui me séduit le plus au monde.  Et il en sera ainsi pour toujours.

Esprit de honte, je te réduis au silence au nom du Roi des rois!!!  La honte a souvent collé à la peau de ma bien-aimée.  Alors que c’est moi qui vivait dans le péché, alors que c’est moi qui me souillait auprès de mes idoles, c’est elle qui ressentait l’étreinte poisseuse de l’impureté.  C’est elle qui devait se fabriquer un masque afin de dissimuler en public la gêne d’avoir pour mari un chevalier poltron.  C’est elle qui portait le fardeau de mes fautes, un fardeau que je refusais souvent de porter et que je lui confiais lâchement, l’accusant d’être la cause de mes propres malheurs.  Et toi, esprit de honte, tu t’es servi de ce poids pour l’écraser, pour lui donner le sentiment d’être vile, sale, impure.

Mais aujourd’hui, je prends l’épée de la vérité afin de réduire à néant tes mensonges.  Esprit de honte, que ta malédiction soit brisée à tout jamais.  Je te maudis et te précipite dans l’abîme de feu!!!

La vérité, c’est que mon épouse n’a pas à porter de honte.  Car notre Seigneur et Sauveur Jésus a porté cette honte sur la croix pour elle et pour moi.  Mes péchés ne sont pas les siens.  Et ce fardeau ne lui appartient pas.

J’ai cherché l’Éternel, et il m’a répondu; il m’a délivré de toutes mes frayeurs. Quand on tourne vers lui les regards, on est rayonnant de joie, et le visage ne se couvre pas de honte.  (Psaumes 34.4-5)

Mélanie, je te demande pardon de t’avoir communiqué toute cette honte. Parce que nous ne faisons qu’une seule chair, mes péchés t’ont affectés plus que je ne le réalisais.  Mes propre ténèbres ont empoisonné ton coeur et tes pensées.  Par la grâce de Dieu, ma prière est que je ne sois plus jamais pour toi un sujet de honte mais bien au contraire un sujet de joie, de fierté et d’admiration.  Je désire t’honorer comme je ne l’ai jamais fait auparavant.

Esprit de peur, je te réduis au silence au nom du Roi des rois!!! Ma dépendance a généré tellement de chaos et d’instabilité au sein de mon mariage que ma princesse a dû apprendre à composer avec un perpétuel sentiment d’insécurité.  Alors que Dieu m’avait placé à ses côtés pour la protéger, j’ai gravement manqué à mon devoir en transformant nos sentiers en sables mouvants.  J’ai si souvent été imprévisible, parfois même menaçant.  Et toi, esprit de peur, tu t’es servi de la vulnérabilité de ma bien-aimée pour cultiver l’angoisse en elle.  Tu lui a donné le sentiment qu’elle n’était à l’abri nulle part, qu’une menace pesait continuellement sur elle.

Mais aujourd’hui, je prends l’épée de la vérité afin de réduire à néant tes mensonges.  Esprit de peur, que ta malédiction soit brisée à tout jamais.  Je te maudis et te précipite dans l’abîme de feu!!!

La vérité, c’est que mon épouse repose à l’abri du Très-Haut.  Elle n’est pas sans protection car l’Éternel est son rocher et son salut.  Peu importe les tempêtes qui s’abattent sur sa maison, elle demeurera droite  et marchera à jamais dans la dignité.

Si tu traverses les eaux, je serai avec toi; et les fleuves, ils ne te submergeront point; si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne t’embrasera pas. Car je suis l’Éternel, ton Dieu, le Saint d’Israël, ton sauveur…  (Ésaïe 43.2-3)

Il te couvrira de ses plumes, et tu trouveras un refuge sous ses ailes; sa fidélité est un bouclier et une cuirasse. Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour… (Psaumes 91.4-5)

Mélanie, je te demande pardon d’avoir été une source de peur plutôt que de sécurité.  Je te demande pardon de ne pas avoir eu de colonne vertébrale dans les moments où tu avais besoin d’un homme à tes côtés.  Je te demande pardon d’avoir vécu au gré de mes émotions plutôt que dans l’obéissance aux parfaites lois de Dieu.  Sache que j’admire ton courage, que je suis sans mot devant ta force de résilience et ta volonté de sauver notre mariage même dans les moments les plus terrifiants et incertains.   La peur frappera encore à la porte de ton coeur au cours de ta vie.  Mais mon désir est de ne plus jamais être la source de cette peur.  Si elle doit venir, qu’elle ne vienne plus de notre propre mariage mais de l’extérieur.  Et dans ces moments, que je sois celui qui te tienne la main afin de te protéger et te réconforter.

Esprit de dépréciation, je te réduis au silence au nom du Roi des rois!!!  Parce qu’elle s’est souvent sentie comme la dernière de mes priorités, ma bien-aimée en est venue à croire qu’elle était moche et laide.  J’ai dilapidé tellement de temps dans les chemins tortueux du péché ou tout simplement  dans mes petits projets personnels dépourvus de valeur et de sens.  Je n’ai souvent consacré que quelques minutes par jour à celle qui devait être ma première priorité après Dieu.   Et toi, esprit de dépréciation, tu en as profité pour avilir l’image que ma femme avait d’elle-même.  Tu as exacerbé son manque d’assurance.  Tu lui as même dit qu’elle n’était pas intéressante, qu’elle était sotte.

Mais aujourd’hui, je prends l’épée de la vérité afin de réduire à néant tes mensonges.  Esprit de dépréciation, que ta malédiction soit brisée à tout jamais.  Je te maudis et te précipite dans l’abîme de feu!!!

La vérité, c’est que mon épouse est une femme passionnante à côtoyer et à découvrir.  Elle est intelligente et réfléchie.  Ses champs d’intérêts sont extrêmement vastes.  Elle se passionne pour la politique, l’actualité, l’éducation.  Elle s’intéresse au jardinage et aux animaux.  Elle rêve d’un mode de vie alternatif en campagne car elle se rit du conformisme et possède  une vision à long-terme de la vie.  Elle fait l’école à nos enfants, une tâche titanesque pour laquelle je lui lève mon chapeau.  Elle s’investit dans la vie de ses enfants, les éduque, les conseille à la lumière de la sagesse de Dieu.  Elle est sensible et intuitive.  Elle est remplie de compassion pour les gens autour d’elle.  Elle a un grand sens de l’humour et est capable de voir le bon côté des choses.  Elle est courageuse, combative et têtue lorsqu’il le faut.  Elle se lève pour ses valeurs, s’efforce de vivre toujours plus en accord avec ses principes, désire se rapprocher toujours plus de Dieu.  Elle est absolument unique et irremplaçable.

Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes oeuvres sont admirables, et mon âme le reconnaît bien.  (Psaumes 139.14)

Mélanie, je te demande pardon de t’avoir fait croire que tu comptais peu à mes yeux, que tu n’étais d’aucun intérêt.  Je t’aime et je te trouve fascinante.  Je te trouve belle et désirable.  Tu es mon parfait genre de femme.  Je ne veux personne d’autre.  Et je veux consacrer le reste de ma vie à t’étudier, à en apprendre davantage sur la merveilleuse personne que tu es.  Je veux m’investir en toi, te démontrer que tu es plus importante que quiconque et que tu es ma priorité numéro un.

Esprit de dépression, je te réduis au silence au nom du Roi des rois!!!  Les épreuves incessantes découlant de ma désobéissance ont drainé tant d’énergie chez celle que j’aime.  Toujours forcée de s’adapter et de prendre sur elle les responsabilités que je négligeais d’assumer, elle en est souvent venue à se sentir dépassée, exténuée, abattue, au bout d’elle-même, confuse, désorientée et désorganisée.  Et toi, esprit de dépression, tu en as profité pour tenter d’aspirer ma princesse vers l’abîme du découragement et du désespoir.  Tu lui as murmuré que ses rêves n’étaient que des chimères, que la vision que Dieu lui avait donnée n’allait jamais s’accomplir.  Tu lui as volé ses forces, tu lui as dérobé sa vigueur.

Mais aujourd’hui, je prends l’épée de la vérité afin de réduire à néant tes mensonges. Esprit de dépression, que ta malédiction soit brisée à tout jamais. Je te maudis et te précipite dans l’abîme de feu!!!

La vérité, c’est que l’Éternel soutient ceux qu’il aime.  En Lui, ma bien-aimée est restaurée et revigorée.  L’éternel pose les pieds de ma princesse sur le roc, la remplit de force et d’assurance, réanime les rêves et les visions qu’elle avait autrefois.

Il donne de la force à celui qui est fatigué, et il augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance. Les adolescents se fatiguent et se lassent, et les jeunes hommes chancellent; mais ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles; ils courent, et ne se lassent point, ils marchent, et ne se fatiguent point.  (Ésaïe 40.29-31)

Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance.  (Jérémie 29:11)

Mélanie, je te demande pardon de t’avoir légué tous ces fardeaux.  Dans plusieurs sphères de notre vie, j’ai vécu avec immaturité, sans chercher à comprendre tes besoins et à travailler en équipe avec toi.  J’étais trop égaré dans mes pensées, trop absorbé par moi-même.  J’ai été aux antipodes du gentleman.  Mais si j’ai grandi sans modèle masculin significatif, j’ai par contre dans les cieux un Père qui peut et veut m’apprendre à être un homme conforme au standard biblique, un homme sur lequel tu pourras compter.  Un homme de pureté, d’honneur et de sainteté.  Je ne veux pas que ces qualificatifs ne soient que le slogan de ce blog mais mon code d’honneur.

Esprit de souffrance, je te réduis au silence au nom du Roi des rois!!!   Ma princesse rêvait de fonder une famille chrétienne heureuse et épanouie.  Mais au fil des années, elle a été confrontée à mes manquements, mes mensonges, mes trahisons.  Elle en a été brisée  jusqu’à ce que la douleur tourne à l’agonie, à une souffrance insupportable de l’âme qu’elle ressentait jusque dans son corps.  Et toi, esprit de souffrance, tu as joué avec cette douleur comme avec un instrument de torture afin de briser davantage celle que j’aime.  Et tu as tenté de la convaincre que cette souffrance serait la compagne de toute sa vie, qu’elle ne pourrait jamais expérimenter une vie normale et heureuse.  Et même lorsque le soleil brillait à nouveau, tu lui chuchotais à l’oreille que ça ne durerait pas longtemps.

Mais aujourd’hui, je prends l’épée de la vérité afin de réduire à néant tes mensonges. Esprit de souffrance, que ta malédiction soit brisée à tout jamais. Je te maudis et te précipite dans l’abîme de feu!!!

La vérité, c’est que pour les enfants de Dieu, le passé ne détermine pas l’avenir.  Dieu se glorifie dans les situations les plus désespérées en apportant la grâce et la rédemption.  Il prends des coeurs dévastés et les restaure à nouveau.  Il tire la beauté des cendres et des ruines.  Et c’est ce qu’il fera avec la femme de ma vie.

L’Éternel est près de ceux qui ont le coeur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement.  (Psaumes 34.18)

Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés en Jésus Christ à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous perfectionnera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables.  (1 Pierre 5.10)

Mélanie, je te demande mille fois pardon pour tous ces moments où je t’ai blessé, pour toutes les fois où j’ai eu le coeur si endurcit que tu en as ressenti le déchirement de l’âme et du coeur.  Je te demande pardon pour les paroles acerbes ou injustes, le blâme, l’indifférence, les emportements de colère, les accès de violence et tous les comportements absolument indignes d’un fils de Dieu.  Je suis déterminé, avec l’aide surnaturelle du Père, à restaurer ton coeur.  Je suis déterminé à compenser au double pour toutes les blessures que je t’ai causé.

Esprit de doute,  je te réduis au silence au nom du Roi des rois!!!  À force d’être trahie et de devoir déjouer mes mensonges, ma princesse en est venue à ressentir parfois un état de désillusion.  Elle voulait tellement avoir confiance en moi.  Mais fois après fois, je brisais cette confiance, si bien qu’elle ne pouvait plus savoir ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas.  Une situation aliénante dans un mariage où la confiance doit être l’un des piliers de la relation.  Et toi, esprit de doute, tu en as profité pour torturer mon épouse avec l’incertitude et le souvenir des trahisons passées.  Tu lui a dit qu’elle ne pourrait plus jamais me faire confiance.

Mais aujourd’hui, je prends l’épée de la vérité afin de réduire à néant tes mensonges.  Esprit de doute, que ta malédiction soit brisée à tout jamais. Je te maudis et te précipite dans l’abîme de feu!!!

La vérité, c’est que la confiance reviendra.  Le mariage chrétien repose sur quelque chose qui est beaucoup plus grand que notre faiblesse humaine.  Il repose sur les promesses de Dieu.  Et ces promesses se réalisent tôt ou tard.  Nous ne mettons donc pas notre confiance en l’homme mais en celui qui nous sanctifie et nous perfectionne.

Heureux celui qui a pour secours le Dieu de Jacob, qui met son espoir en l’Éternel, son Dieu! Il a fait les cieux et la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve. Il garde la fidélité à toujours.  (Psaumes 146.5-6)

Mélanie, je te demande pardon d’avoir trahi ta confiance aussi souvent.  Peu de femmes auraient manifesté une telle patience et m’auraient pardonné encore et encore comme tu l’as fait.  Je suis conscient que tu ne peux avoir en ce moment une confiance aveugle en moi.  Ce n’est d’ailleurs pas ce que je désire car ce serait malsain.  Je sais que mon passé n’a pas démontré que j’étais digne de confiance.  Mais je sais par contre que tu peux placer ta foi dans le Dieu qui est en moi.  Je sais qu’il m’a transformé et qu’il continuera de le faire à un point tel que les mauvais souvenirs se dissiperont avec le temps et qu’un jour, tu pourras avoir parfaitement confiance en moi comme j’ai parfaitement confiance en toi.  Et je suis prêt à attendre aussi longtemps qu’il le faudra pour que cette confiance revienne. Si je dois attendre le matin de mon 119e anniversaire pour qu’elle revienne, alors soit!  Je travaillerai sans relâche d’ici là pour te montrer que je suis capable, par la grâce de Dieu, d’être l’homme intègre que tu as toujours voulu.

Enivré de la femme de ma jeunesse

Le livre des proverbes dit que la femme vertueuse a bien plus de valeur que les perles. (Proverbes 31:10)  Les perles offrent une très belle métaphore car elles se forment dans un habitat naturel lorsqu’une impureté telle qu’un grain de sable pénètre une huître.  Cette dernière, afin de se protéger de cet irritant, l’entoure de couches successives de nacre, ce qui, au bout de quelques années, forme une magnifique perle.  De la même façon, la femme vertueuse a cette aptitude à transformer les épreuves en bénédictions.  Elle métamorphose les irritants en joyaux.

Lorsque je considère notre parcours de vie maritale, je suis tout simplement terrassé par la grandeur d’âme de celle que Dieu m’a confié.  Vivre avec moi n’a pas été de tout repos.  Ma femme a dû supporter un homme aux humeurs imprévisibles, un homme qui a souvent usé de contrôle et de manipulation pour pouvoir entretenir sa dépendance.  Elle a souvent eu le sentiment de ne pas avoir de mari mais plutôt un adolescent attardé qui ne se prenait pas en main, un homme qu’elle devait remorquer derrière elle alors qu’elle espérait que je me lève et assume mon rôle de leader.  Il aurait été si facile pour elle de se laisser piéger par l’amertume, la frustration et la colère.  Elle aurait eu toutes les raisons du monde pour devenir une femme cynique et désillusionnée.  Et lorsque j’ai commis l’ultime trahison conjugale au cours de la dernière année, elle avait tous les motifs logiques et même bibliques pour me plaquer et refaire sa vie.  Mais ma femme est une femme vertueuse.  Être vertueux ne signifie pas être parfait mais aimer et poursuivre le bien.  Être vertueux signifie que l’on choisit d’aimer, pardonner et croire malgré tout.

Peu de gens ont compris l’acharnement de mon épouse à sauver notre mariage.  Pour ce monde, pardonner à répétition est un signe de faiblesse.  Mais ma compagne de route n’a pas fondé sa vie sur la sagesse du monde mais sur celle de Dieu.  Elle a répondu à l’appel exigeant de Jésus:

Alors Pierre, s’approchant de lui, dit: Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je? Sera-ce jusqu’à sept fois? Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.  (Matthieu 18.21-22 Darby)

[L’amour] supporte tout, croit tout, espère tout, endure tout. L’amour ne périt jamais. (1 Corinthiens 13.7-8 Darby)

Si vous désirez obtenir une démonstration de cet amour qui pardonne jusqu’à soixante-dix fois sept fois, de cet amour qui supporte tout, croit tout, espère tout et endure tout, lisez ce texte que mon épouse m’a écrit QUELQUES JOURS seulement après avoir appris, l’an dernier, que j’étais tombé amoureux d’une autre femme:

À mon mari, mon meilleur ami, l’homme de ma vie
Voilà près de deux décennies que nous avons entrepris
D’escalader ensemble le chemin de l’amour infini
Un amour entrelacé avec Dieu, un amour béni

Même si le chemin a parfois été rocailleux
Je continue de voir en toi un être merveilleux
Une superbe créature à l’image de Dieu
Un homme exceptionnel et talentueux

Quoiqu’il arrive sur notre sentier,
Je serai éternellement à tes côtés.
Car tu es ma moitié, mon bien-aimé
Ce que Dieu a uni, rien ne peut le séparer

Malgré les turbulences,
Je sais que je suis une meilleure femme parce que tu es mon mari
Et sincèrement je le pense
Nos chemins depuis le début des temps étaient destinés à être unis

Il n’y a personne comme toi
Tu m’inspires à être une meilleure moi
Quand je vois le coeur que tu as pour Dieu
Ça me donne envie de t’offrir mon mieux

Malgré la faiblesse,
Je sais que tu es un homme de conviction
Et c’est avec toute ma tendresse
Que je t’offre mon pardon

Je veux éternellement partager tes sentiers
Vieillir avec toi et toujours demeurer ta moitié

N’est-ce pas une magnifique démonstration de l’amour inconditionnel dont je suis l’objet?

Depuis quelques jours, je suis particulièrement émotif.  Je pleure énormément.  Lorsque je médite sur celle que Dieu m’a confié, lorsque je réalise à quel point elle m’aime alors que j’ai si souvent brisé sa confiance, je suis dévasté.  Je sais qu’elle m’a pardonné.  Je sais que Dieu m’a pardonné.  Je me suis aussi pardonné.  Mais la réalité demeure douloureuse.  La gravité de mes manquements ne peut que me déchirer les entrailles.  L’égoïsme que j’ai manifesté tout au long de ma vie et particulièrement depuis le 8 septembre 2014 ne peut que me pousser sur mes genoux.  Je ne peux qu’implorer Dieu de me rendre toujours plus humble, contrit, honnête et aimant.

Au cours de la dernière année, l’esprit de l’adultère a tenté de me convaincre que je n’avais pas marié la bonne personne.  Aujourd’hui, je sais qu’il s’agit d’un mensonge ridicule.  Je sais maintenant, sans l’ombre d’un doute, que Mélanie est non seulement la bonne personne pour moi mais la meilleure.  Personne ne se compare à elle.  Elle est un joyau, une merveille.  Elle est un vin mûr et parfumé dont je m’enivre  au quotidien.  Je lui ai donné solennellement ma vie il y a longtemps et je veux la lui donner à nouveau à chaque jour qui se lève.  Mélanie, je t’aime et je remercie Dieu que tu sois dans ma vie.  Tu es définitivement la plus belle et la plus précieuse bénédiction de toute ma vie.  Que je sois pour toi également la plus belle et la plus précieuse bénédiction de toute ta vie.

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