L’homme de Dieu est pauvre en esprit

psg 2016-02-27

Définir ce qu’est un homme de Dieu est une tâche colossale.  Au cours des derniers jours, je me suis torturé l’esprit à ce sujet, cherchant à déterminer par où je devais commencer.  Je voulais en effet reprendre la rédaction de ce blog en brossant d’abord le portrait d’un idéal masculin selon les standards bibliques.  Mais pour ce faire, il est nécessaire de jeter par terre à peu près tout ce qui nous a été enseigné par la société.  Il faut être prêt à remettre en question tous les stéréotypes masculins, à pourchasser et abattre sans pitié toutes les vaches sacrées que notre culture chérit jalousement.

C’est ce matin que j’ai découvert l’angle sous lequel j’allais attaquer le problème.  En étudiant la Parole de Dieu, j’ai lu et médité le Sermon sur la montagne, un enseignement que Jésus a livré au début de son ministère et qui propose un standard de vie radical.  Ce sermon s’adresse à tout croyant mais revêt une importance particulière lorsque nous l’appliquons spécifiquement à l’homme.  Nous réalisons alors que le modèle de masculinité proposé par Jésus n’est pas seulement différent de celui qui nous a été inculqué par le monde.  Il en est l’antithèse.  J’ai donc estimé que ce sermon était l’endroit idéal pour débuter.

Heureux les pauvres en esprit

Or, Jésus, voyant la multitude, monta sur une montagne; et lorsqu’il fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Et ouvrant sa bouche, il les enseignait, en disant: Heureux les pauvres en esprit; car le royaume des cieux est à eux. (Matthieu 5.1-3)

Avant toute chose, il est primordial de préciser que la pauvreté d’esprit dont parle Jésus n’a rien à voir avec la simplicité d’esprit.  Dans la langue française, être simple d’esprit signifie que nous n’utilisons pas efficacement notre faculté de raisonnement, que nous percevons la réalité d’une façon superficielle ou que notre intelligence est située en-deçà de la moyenne.  Or, les Saintes Écritures ne nous encourageront JAMAIS à faire de la simplicité d’esprit un idéal à atteindre.  Bien au contraire, Dieu a donné l’intelligence à l’homme pour qu’il s’en serve.  Il suffit de faire une recherche sur le thème de l’intelligence dans la Bible pour réaliser qu’elle est une des vertus les plus encouragées:

Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse, et l’homme qui avance dans l’intelligence ! (Proverbes 3.13)

Les seuls passages où Dieu s’en prend à l’intelligence humaine surviennent lorsque l’homme exclut Dieu de sa logique.  Les prémisses de ses raisonnements sont alors faussées, ce qui le condamne à penser et agir comme un insensé.  Dans ces situations, Dieu ne s’irrite pas contre l’homme parce qu’il use de son intelligence mais parce qu’il pense et agit comme s’il n’en avait pas reçu:

Ne soyez pas comme le cheval et comme le mulet sans intelligence, dont il faut serrer la bouche avec un mors et un frein, de peur qu’ils n’approchent de toi. (Psaume 32.9)

Lorsque Jésus apporte sa bénédiction aux pauvres d’esprits, il fait donc référence à une toute autre chose que la simplicité d’esprit.  L’esprit dont il parle ne désigne pas l’intelligence mais l’âme humaine, la dimension invisible et éternelle qui est en chacun de nous (en grec: pneuma ou πνεῦμα).  Il est donc question ici de pauvreté de l’âme.  Qu’est-ce que cela signifie?  Et en quoi la pauvreté de l’âme peut-elle constituer une bénédiction?  Répondre à ces questions nous conduit au coeur-même de l’enseignement de Jésus.

Ce que Dieu recherche en nous

Dans une magnifique parabole, Jésus nous donne la clé pour comprendre ce qu’est la pauvreté de l’âme:

Deux hommes montèrent au temple pour prier; l’un était pharisien, et l’autre péager. Le pharisien se tenant debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ni aussi comme ce péager; Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. Mais le péager, se tenant éloigné, n’osait pas même lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur ! Je vous le dis, celui-ci redescendit justifié dans sa maison préférablement à l’autre; car quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. (Luc 18.10-14)

Dans cette parabole, Jésus dépeint d’abord l’attitude contraire à la pauvreté de l’âme.  Avec son humour satyrique habituel, il utilise un pharisien, qui était à l’époque le représentant de l’establishment religieux.  Ce pharisien approche Dieu avec suffisance, convaincu de la noblesse de son âme, de la valeur de ses devoirs religieux et surtout de sa supériorité sur le péager.  Le péager – aussi appelé publicain – était à l’époque méprisé des juifs puisque sa fonction était de collecter les taxes pour l’empire de Rome.  Et pourtant, Jésus le décrit comme celui qui est justifié aux yeux de Dieu.  Pourquoi?  Parce qu’il approche Dieu non pas comme un prince mais comme un mendiant.  Conscient de ses péchés, il adopte une attitude d’humilité et de soumission face à Dieu et implore sa miséricorde.  Alors qu’il s’abaisse ainsi, Dieu affirme qu’il sera élevé.  Étant pauvre d’esprit, il sera béni.  « Heureux les pauvres en esprit ».

Cette attitude est fondamentale pour tout homme qui désire vivre selon les standards de Dieu.  Et c’est sans doute pour cette raison que Jésus ouvre son discours de cette façon.  Sachant que « la crainte de l’Éternel est le commencement de la science » (Proverbes 1.7 LSG), l’homme de Dieu doit approcher son Roi avec révérence et avec la conscience de sa petitesse et de sa corruption humaine.

Une attitude à contre-courant

Cette attitude d’humilité est naturellement aux antipodes des valeurs véhiculées par notre société.  Depuis le berceau, nous avons été gavés par le concept de « l’estime de soi ».  Conditionnés par une vision humaniste de la réalité, les psychologues et différents spécialistes formulent toutes leurs théories en prenant pour acquis que l’homme est fondamentalement bon.  Ils accordent donc une importance primordiale, voire divine, au Soi.  Le Soi est l’unité fondamentale de l’existence, il est la mesure de toute chose.  Selon eux, il faut donc avoir de l’estime de Soi.  Il faut avoir confiance en Soi.  Il faut penser à Soi.  Dès le début de son sermon, Jésus attaque donc de plein fouet cette première vache sacrée de la sagesse humaine.  L’homme de Dieu n’est pas appelé à cultiver l’estime de soi mais au contraire à prendre conscience de la corruption du soi et à approcher Dieu avec cette compréhension lucide de lui-même.  Si le Soi n’est pas détrôné, Dieu ne sera jamais reconnu tel qu’il est, c’est-à-dire parfait, saint et souverain.  Il sera plutôt considéré comme un subalterne, une entité spirituelle au service du Soi.  Et ainsi, toute notre religiosité sera irrémédiablement corrompue et abominable aux yeux de Dieu.

Jésus avait autant de sympathie pour le Soi que pour une teigne accrochée à notre pantalon.  S’adressant à ses disciples, il déclara:

Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et me suive.  (Matthieu 16.24)

Renoncer à soi-même est donc un prérequis élémentaire de toute vie spirituelle.  Sans ce renoncement, aucune croissance intérieure n’est possible.  Sans humilité, toute votre religiosité sera semblable aux gesticulations d’un bébé qui est incapable de marcher.  Vous n’arriverez pas même à effectuer un premier pas sur le chemin étroit qui mène à la vie éternelle, car votre orgueil surdimensionné vous empêchera de vous y engager. Comme il est écrit, »Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. »  (Jacques 4.6)

La promesse de Dieu aux pauvres d’esprit

La pauvreté d’esprit est un appel exigeant.  Mais dans sa bonté, Dieu lui rattache une promesse extraordinaire:

Heureux les pauvres en esprit; car le royaume des cieux est à eux. (Matthieu 5.1-3)

Pour plusieurs, une telle promesse est peut-être un peu trop abstraite pour susciter de l’intérêt.  Alors pour mieux comprendre, considérons pour un moment la récompense qu’obtiennent ceux qui sont au contraire « riches » en esprit, qui adoptent une attitude de suffisance et d’estime de soi.  Qu’obtiennent-ils en retour?  À vrai dire, ils obtiennent eux aussi un royaume.  Un royaume terrestre.  Forts de leur confiance en eux-mêmes, plusieurs se construisent leur propre petit empire sur terre.  Ils s’amassent des trésors, se construisent une réputation, se fabriquent une personnalité, élaborent un système moral dont ils sont les législateurs.  Puis un jour, un cancer, un arrêt cardiaque ou un accident de voiture met fin abruptement à leur règne. Ils sont alors dépouillés de tout leur patrimoine, de tout ce qu’ils avaient accumulés et chérit, et se présentent nus devant Dieu, les mains totalement vides.  Le roi Salomon dépeint  l’absurdité d’une telle vie en ces termes:

Et j’ai haï cette vie; car les choses qui se font sous le soleil m’ont déplu; car tout est vanité et tourment d’esprit. Et j’ai haï tout le travail que j’ai fait sous le soleil; parce que je le laisserai à l’homme qui sera après moi. Et qui sait s’il sera sage ou insensé ? Cependant, il sera maître de tout le travail auquel je me suis livré, et de ce que j’ai fait avec sagesse sous le soleil. Cela aussi est une vanité. C’est pourquoi je me suis mis à n’espérer plus rien de tout le travail auquel je m’étais livré sous le soleil. Car tel homme a travaillé avec sagesse, science et succès, et il laisse tout en partage à un homme qui n’y a point travaillé. Cela aussi est une vanité et un grand mal. Que reste-t-il, en effet, à l’homme de tout son travail, et du tourment de son coeur, de ce dont il se fatigue sous le soleil ?  (Écclésiaste 2.17-22)

À l’inverse d’une telle vie où nous construisons un royaume temporel qui sera dissipé par le vent, Dieu nous offre le Royaume des cieux.  Un royaume éternel où nous régnerons avec Christ (2 Timothée 2.12).  L’homme n’est donc pas appelé à abandonner un monde de plaisirs prometteurs pour un jour aller s’ennuyer éternellement sur un nuage et y jouer de la harpe (comme le diable aimerait nous le faire croire).  Il est plutôt appelé à abandonner sa vaine et imaginaire royauté pour régner réellement et éternellement avec le Dieu qui a créé l’univers.  Et ce règne n’est pas seulement réservé à l’après-vie mais débute dès le moment où nous nous soumettons à la volonté de Dieu.  En effet, Jésus ne promet pas que le royaume de Dieu APPARTIENDRA au pauvre en esprit.  Il promet qu’il lui APPARTIENT DÉJÀ.  C’est pourquoi il est écrit:

Et il nous a ressuscités ensemble, et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ; Afin de montrer dans les siècles à venir les immenses richesses de sa grâce, par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. (Éphésiens 2.6-7)

A celui qui nous a aimés et qui nous a lavés de nos péchés par son sang, et qui nous a faits rois et sacrificateurs de Dieu son Père; à lui soient la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen.  (Apocalypse 1.6)

Cette vérité est particulièrement important pour le genre masculin, en qui Dieu a placé un instinct de leadership, de conquête et de défis.  La foi chrétienne n’est pas une foi passive et introvertie à vivre dans le confort de son salon.  Elle est une foi audacieuse et conquérante qui doit être mise au service d’un royaume éternel.  C’est ce que la Parole de Dieu enseigne constamment.  Et c’est aussi en grande partie ce que ce blog est destiné à démontrer.  Mais le premier pas à franchir coûte beaucoup.  Il s’agit du pas de l’humilité.  Pour régner adéquatement, il faut d’abord apprendre à servir.  Et pour servir, il faut reconnaître la souveraineté de Dieu sur notre vie et admettre que nous dépendons de lui en toute chose, que nous sommes des mendiants spirituels, des pauvres en esprit, qui ne peuvent rien accomplir sans la grâce de Dieu:

Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruit; car sans moi, vous ne pouvez rien faire.  (Jean 15.5)

Un homme véritable, un homme de Dieu mature, comprend cette vérité et s’applique avec diligence à la méditer.  Ainsi, il ne devient pas un de ces « monsieur-je-sais-tout » ou de ces « monsieur-je-n’ai-rien-à-me-reprocher », qui constituent un sérieux irritant non seulement pour Dieu mais pour ceux qui les côtoient.  Il marche plutôt avec humilité, conscient de ses faiblesses et de sa totale dépendance vis-à-vis Dieu.

2 réflexions sur “L’homme de Dieu est pauvre en esprit

  1. Mon frère, je t’exhorte à continuer dans le don de dieu pour l’enseignement et la méditation de la parole, que la paix du seigneur soit avec toi et avec les tiens, gloire à dieu.

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