L’homme de Dieu affronte la souffrance

psg 2016-02-28Lorsque Dieu a créé l’homme et la femme, il les a placé dans un jardin luxuriant où ils expérimentaient une communion parfaite avec Dieu.  Ils vivaient dans un état de béatitude totale et permanente.  C’était le paradis.  Puis le premier péché a été commis.  La chute originelle est survenue, forçant Dieu à chasser nos ancêtres de l’Éden, les condamnant à la souffrance et à la mort.

Cette sentence était sans appel.  Il n’était plus possible pour Adam et Ève de rebrousser chemin et de retrouver le paradis perdu.  L’accès leur était désormais fermé, à eux et à leur descendance:

Et l’Éternel Dieu le fit sortir du jardin d’Éden, pour cultiver la terre d’où il avait été pris. Il chassa donc l’homme; et il plaça à l’orient du jardin d’Éden les chérubins et la lame d’épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie. (Genèse 3.23-24)

Depuis ces événements survenus il y a environ 6000 ans, l’humanité erre sur la planète, à l’écart de la félicité, sous le joug de la condamnation divine.  Pourtant, le paradis n’a pas été totalement oublié.  En chacun de nous subsiste cette recherche instinctive de l’Éden.  Mais puisque son accès nous est bloqué, il ne nous reste plus qu’à tenter de recréer ce jardin idyllique dans le monde où nous vivons.  Il ne nous reste plus qu’à minimiser la souffrance et à maximiser le plaisir afin de nous rapprocher le plus possible de la béatitude que nous expérimentions jadis.  Et c’est de cette façon que nous réglons nos comportements et notre moralité.  Nous nommons généralement « bien » ce qui apporte du plaisir et « mal » ce qui nous apporte de la douleur.  Notre société est plus que jamais construite autour de cette logique toute simple.

Or, c’est dans ce contexte que Jésus apporte un enseignement qui défie radicalement cette façon de penser:

Heureux ceux qui sont dans l’affliction; car ils seront consolés.  (Matthieu 5.4)

Comment Jésus peut-il tenir de tels propos?  La douleur et les afflictions ne sont-elles pas plutôt à éviter si nous voulons expérimenter le bonheur?

Éviter la souffrance à tout prix est un piège

Lorsque l’homme s’engage à suivre Jésus, il doit comprendre que sa décision a un prix.  Il devra en effet abandonner ses voies de jadis car ces voies sont guidées par le plaisir et contournent les épreuves.  Il est donc nécessaire d’abandonner ces voies tortueuses pour s’engager sur le chemin droit et étroit de la vertu, où il devra affronter la souffrance avec courage afin de rester fidèle à Dieu.  C’est ce que Jésus indique par ces paroles:

… celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi.  (Matthieu 10.38)

Pourquoi en est-il ainsi?  Est-ce parce que Dieu est sadique?  Bien sûr que non.  C’est plutôt que la moralité chrétienne n’est pas posée sur les mêmes fondements que ceux de notre société.  Elle n’est pas conditionnée par la recherche du plaisir et la fuite de la souffrance.  Elle est déterminée par la volonté de Dieu.  Et souvent, la volonté de Dieu exige de faire face à la douleur.  Elle exige du courage et du sacrifice.  Elle exige de renoncer à nous-mêmes, de faire fi de notre instinct d’auto-préservation.  Et c’est une des raisons pour lesquelles peu de gens s’engagent sur un tel chemin.

La souffrance dans une perspective éternelle

Nous savons pourtant tous que la souffrance n’est pas toujours maléfique.  Il suffit de penser à la correction faite à un enfant pour réformer ses mauvais comportements.  Cette brève affliction l’attriste, mais elle vise à redresser son caractère et à le rendre apte à vivre de façon adéquate en société, un acquis qui lui apportera à long terme beaucoup plus de bonheur que si on lui évitait la correction.  Sur un autre plan, nous pouvons penser au traitement de chimiothérapie administré à un patient souffrant du cancer.  Ce traitement peut être pénible et causer parfois d’insupportables souffrances.  Mais cette brève affliction vise à le sauver de la mort.  Nous pourrions multiplier les exemples de ce genre indéfiniment car la vie est remplie de ces situations paradoxales où l’on doit supporter une brève affliction afin d’en récolter à long terme des fruits positifs.  Parfois, nous accepterons ces situations lorsqu’elles nous sont imposées où que les enjeux sont trop importants pour que nous puissions échapper à la souffrance sans graves conséquences.  Mais en général, nous préférerons éviter la souffrance à court terme car elle nous semble beaucoup plus réelle et concrète que les bénéfices que nous pourrions en retirer à long terme.

Or, la vie chrétienne exige de penser autrement.  Nous ne pouvons plus fuir la douleur comme nous le faisions auparavant.  Nous devons l’affronter car nous poursuivons un idéal beaucoup plus élevé que la recherche du plaisir, du confort et de la sécurité.  Nous cherchons à honorer Dieu par notre obéissance.  Et si cette obéissance implique de supporter des afflictions pendant un certain temps, nous devons l’accepter.  Et même si cette affliction menace de se prolonger pendant notre vie entière, nous devons également l’accepter.  Car nous ne sommes sur terre que pour un bref moment.  Notre vie est une vapeur face à l’éternité.  Bénéficiant de cette perspective éternelle, nous ne cherchons donc plus à construire un faux paradis ici bas, dans cette vallée de larmes.  Nous assumons les souffrances qu’implique notre allégeance à Dieu, sachant que nous recevrons tôt ou tard notre récompense, que ce soit dans ce monde-ci ou dans l’autre monde.

Pourquoi la voie chrétienne doit-elle comporter des afflictions?

Lorsque Jésus nous dit que nous devons porter notre croix, il n’exprime pas une possibilité mais une certitude.  Il s’agit même d’une promesse:

Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi; vous aurez des afflictions dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. (Jean 16.33)

L’apôtre Pierre nous exhorte également à être conscient que la souffrance fait partie de la vie spirituelle:

Bien-aimés, ne soyez point surpris de la fournaise qui est au milieu de vous, pour vous éprouver, comme s’il vous arrivait quelque chose d’étrange.  (1 Pierre 4.12)

Les persécutions et les souffrances sont inséparables de la vie chrétienne car en devenant enfants de Dieu, nous devenons enfants de lumière et devenons aussitôt ennemis de ce monde de ténèbres.  Trois adversaires implacables se dressent contre nous: notre propre nature charnelle, le monde et Satan.  Dès lors, nous sommes assurés de devoir livrer bataille et de souffrir.

Prenons un exemple très courant: Dieu s’oppose à toute forme d’adultère, que ce soit en pensées ou en actions.  Les relations sexuelles sont en effet destinées exclusivement au mariage.  Or, en tant qu’hommes, nous pouvons être tentés d’entretenir des fantasmes adultères ou de visionner de la pornographie.  Et le monde dans lequel nous vivons, puisqu’il construit sa moralité autour du plaisir, nous encourage fortement à nous abandonner à ces désirs.  Après tout, « ce qui nous fait du bien ne peut nous faire du mal », non?  Et les esprits impurs, qui cherchent continuellement notre perdition, s’assurent quant à eux de jeter de l’huile sur le feu, de nourrir notre imagination et de proposer des arguments rationnels pour que nous succombions.

Obéir à Dieu exigera de repousser ces tentations, ce qui infligera nécessairement des afflictions.  Résister au désir sexuel est difficile et exigeant.  Prendre le contrôle de ses pensées est difficile et exigeant.  Limiter notre accès à Internet est difficile et exigeant.  Détourner les yeux en présence de l’impudicité est difficile et exigeant.  Prendre position pour la pureté sexuelle et être ridiculisé pour notre pudeur est difficile et exigeant.  Mais c’est ce que font les hommes de Dieu.  Ils s’engagent dans un chemin de droiture et d’honneur, quel que soit le prix à payer.  Ils ne dirigent pas leurs pas en fonction du plaisir mais des préceptes de Dieu.

À court terme, il est beaucoup plus facile de succomber à la facilité.  Même lorsqu’elle ne nous apporte pas le paradis promis.  Et lorsque nous nous retrouvons déçus, honteux et vides après avoir succombé, notre monde s’évertue aussitôt à nous convaincre que le bonheur se trouve au prochain tournant, qu’il suffit d’obtenir davantage de plaisir.  Mais nous savons que c’est un mensonge.  Au prochain tournant, nous ne trouverons qu’un sentiment de vide encore plus grand.  Car le bonheur ne se trouve pas dans le plaisir mais dans l’obéissance à Dieu.

Un pas essentiel pour chacun de nous

Personnellement, j’ai grandit en évitant systématiquement la souffrance.  J’ai avalé le mensonge de ce monde qui m’a promis que je trouverais le bonheur en me construisant un paradis artificiel.  J’ai succombé à d’innombrables tentations.  J’ai désobéi ouvertement à Dieu.  Et en réalisant que je n’étais pas plus heureux, j’ai noyé ma frustration et mon vide intérieur avec davantage de plaisir.  J’ai ainsi sombré dans des comportements obsessifs-compulsifs.  Je me suis emmuré dans un univers parallèle.  Je me suis privé des épreuves qui étaient destinées à forger mon caractère.  Plutôt que de devenir un homme mature, je suis resté coincé au stade de l’adolescence.  Je suis devenu faible, anxieux, ayant de la difficulté à affronter la réalité.  Mais le Père céleste a entrepris en moi un travail de restauration.  Avec une patience infinie, il m’apprend quotidiennement à délaisser cette ancienne nature pour embrasser courageusement les exigences de la vie chrétienne.  Et il a placé à mes côté une femme exceptionnelle qui m’aide à me dépouiller de cette immaturité et à incarner la véritable masculinité.

Si vous désirez être un homme de Dieu, vous devez laisser Dieu faire également ce travail en vous.  Plus vite vous accepterez les afflictions qui jalonnent le chemin de la vie éternelle, plus vos progrès seront marqués et rapides.  Personne n’aime souffrir.  Moi le premier.  Mais éviter la souffrance à court terme ne fait que garantir de plus grandes souffrances à long terme.  Et à l’inverse, souffrir à court terme pour Dieu nous fait bénéficier des promesses de Dieu rattachées à cette souffrance:

Heureux ceux qui sont dans l’affliction; car ils seront consolés. (Matthieu 5.4)

Ceux qui sèment avec larmes, moissonneront avec chants de triomphe.  (Psaume 126.5)

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