L’homme de Dieu est débonnaire

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Lorsque l’homme ne reconnaît pas la supériorité de Dieu, il tend naturellement à s’élever au-dessus de tous.  Son coeur devient idolâtre et le Soi constitue rapidement le premier objet de son adoration.   La vie entière d’un tel homme devient alors consacrée à nourrir la haute estime qu’il a de lui-même. Il suffit d’écouter son discours pour remarquer combien il s’assure de promouvoir auprès de ses semblables la valeur de sa personne, de ses opinions, de ses sentiments, de ses réalisations et de ses exploits.  Chez certains, cette obsession de soi-même peut prendre des formes très subtiles.  Mais elle se trouve irrémédiablement en tous.  Dès que nous refusons de nous soumettre à Dieu, l’orgueil devient notre compagnon de route et notre principal conseiller.

Puisque notre société est essentiellement constituée d’hommes et de femmes qui se livrent ainsi à l’adoration d’eux-mêmes, il est normal que l’orgueil soit omniprésent, qu’il imprègne toutes les sphères d’activités humaines, que ce soit au niveau de la culture, des médias, de l’éducation, des valeurs sociales et même de la religion.  Alors non seulement sommes-nous naturellement épris de nous-mêmes, à cause de la nature de péché que nous avons hérité d’Adam, mais nous sommes continuellement encouragés dans cette voie par notre environnement social.

À cause de cette misérable condition dans laquelle l’homme se trouve, il supportera très mal tout ce qui porte atteinte à la haute opinion qu’il a de lui-même.  À la manière d’un pseudo-mini-dieu, il exécutera fidèlement sa vengeance contre toute personne qui le brime, qui le contredit, qui le ridiculise, qui l’offense, qui le lèse, qui le trahit, qui ne lui manifeste pas adéquatement l’amour et l’admiration qui lui sont dus.  Oeil pour oeil et dent pour dent.  Parfois, cette vengeance n’éclatera pas au grand jour.  Elle couvera en silence sous la forme du ressentiment.  Mais d’une façon ou d’une autre, le coeur se tournera contre l’offenseur et lui déclarera la guerre, qu’il s’agisse d’une guerre froide ou d’une guerre nucléaire.

C’est de cette façon que se déchirent les mariages, les familles, les amitiés, les églises, les nations.  Chacun se sent offensé par les agissements de son prochain et décide de se faire justice.  Et si nous cherchons conseil auprès de nos proches, nous obtiendrons aisément leur sceau d’approbation:

Ne te laisse pas faire!
Tu mérites mieux que ça!
Fais-toi respecter!
Pense à toi!

La réponse de Dieu

Encore une fois, Jésus confond cette « sagesse » populaire en posant un standard totalement contraire:

Heureux les débonnaires; car ils hériteront de la terre.  (Matthieu 5.5)

Heureux les miséricordieux; car ils obtiendront miséricorde.  (Matthieu 5.7)

En français, le mot « débonnaire », signifie « d’une bonté extrême, un peu faible » (le Robert).  Dans le Dictionnaire des synonymes et des antonymes, on lui rattache les mots « bénin, bonasse, clément, conciliant, doux, indulgent, inoffensif, pacifique, patient ».

Le mot grec original  (praus (πραΰς)) renferme toutefois une nuance importante: la débonnaireté dont parle Jésus n’est pas le fruit d’une faiblesse de caractère ou de lâcheté, ce qui lui enlèverait toute sa noblesse.  Il s’agit plutôt d’une force contenue, d’une qualité morale par laquelle l’homme traite intentionnellement son prochain avec gentillesse, humilité et considération, là où il pourrait le traiter avec dureté et violence.

Le meilleur exemple de débonnaireté est celui de Jésus-même.  Alors qu’il était Dieu et qu’il avait le pouvoir de pulvériser ses ennemis, il s’est volontairement comporté avec eux en démontrant une extrême humilité.  Jésus se décrivait en ces termes:

…apprenez de moi, parce que je suis doux et humble de coeur (Matthieu 11.29).

Dans ce verset, le mot « doux » est l’équivalent de « débonnaire » dans le grec.  De la même façon, lorsque Jésus entre à Jérusalem avant sa crucifixion, il exprime son humilité en choisissant de monter sur un âne, accomplissant ainsi la prophétie qui annonçait cet événement:

Or, tout ceci arriva, afin que ces paroles du prophète fussent accomplies: Dites à la fille de Sion: Voici ton roi qui vient à toi, débonnaire et monté sur un âne, sur le poulain de celle qui porte le joug. (Matthieu 21.4-5)

La vie entière de Jésus a exprimé cette humilité.  Elle ne venait pas d’une faiblesse de caractère mais d’une entière maîtrise de soi.  Là où il était en droit de se faire de justice, de se venger et de manifester sa force comme le fait si naturellement le commun des mortels, il a choisit de s’humilier, de se faire serviteur de tous, y compris de ceux qui le persécutaient.  Il était pourtant Dieu.    Toutefois, il « n’a point regardé comme une proie à saisir d’être égal à Dieu; Mais il s’est dépouillé lui-même, ayant pris la forme de serviteur, devenant semblable aux hommes »  (Philippiens 2.5-7).

Pour nous qui sommes prisonniers de l’orgueil, cette attitude « bonasse » de la part de Dieu est incompréhensible. Alors que Dieu est lent à la colère et riche en miséricorde (Exode 34.6), nous, en tant que pseudo-mini-dieux, sommes à l’inverse riches en colère et lents à la miséricorde. Notre réponse naturelle face à toute offense est la rancune. Et non seulement nous éprouvons de la rancune mais nous nous y accrochons.  Certains iront même jusqu’à s’en vanter, déclarant à qui veut l’entendre qu’ils ne pardonneront jamais à ceux qui les ont offensés.  Et si finalement nous consentons à pardonner, c’est parce que nous réalisons que notre ressentiment nous détruit. Soyez attentif à ce que l’on dit dans notre société à propos du pardon. Lorsqu’on en fait la promotion, ce n’est pas pour sa valeur intrinsèque ou parce que Dieu le demande, mais parce que la rancune est nocive pour notre santé physique et mentale. Comme d’habitude, tout est toujours évalué en fonction du Soi.

La miséricorde est un trait caractéristique de l’homme véritable

Parce que la rancune, la dureté ou la violence revêtent une apparence de force, l’homme croira à tort qu’il doit cultiver ces attitudes afin de démontrer sa virilité.  Mais à la lumière de la Parole de Dieu, il s’agit d’une grave méprise.  En vérité, n’importe quel premier venu peut agir de la sorte.  Observez un bébé: la colère est sa réponse instinctive et naturelle face à toute contrariété.  Il pétera les plombs parce qu’il n’a pas sa bouchée de purée dans les délais attendus.  Ou si un autre bébé lui vole son jouet, il lui flanquera un coup de hochet derrière la tête.  Et bien des hommes continuent de se comporter de la sorte une fois adultes.  Il n’y a pourtant aucune vertu à être colérique ou rancunier de la sorte.   Je vois souvent des gens qui s’emportent facilement et se vantent ainsi d’avoir « du caractère ».  Mais il s’agit en fait de l’exact opposé: leur impulsivité est la preuve d’une faiblesse de caractère, d’un manque de contrôle de soi, d’un tempérament faible et orgueilleux.  Si une telle attitude est souvent valorisée par notre monde, le chrétien veillera à la fuir comme la peste car elle une contradiction de la nature de Dieu:

Vous avez entendu qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent; faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous outragent et qui vous persécutent; Afin que vous soyez des enfants de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Car si vous n’aimez que ceux qui vous aiment, quelle récompense en aurez-vous ? Les péagers même n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne faites accueil qu’à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les péagers même n’en font-ils pas autant ? Soyez donc parfaits, comme votre Père qui est dans les cieux est parfait.  (Matthieu 5.43-48)

Jésus a incarné lui-même cette débonnaireté pendant sa vie entière et a ainsi posé le standard que chacun de nous devait suivre.  Ce standard est particulièrement important pour l’homme, qui est appelé à être le chef de sa famille et à exercer son leadership dans la société.  À cause de ce rôle que Dieu lui a donné, il peut facilement transformer son leadership inné en oppression.  Afin qu’aucun homme n’ose ainsi abuser de son pouvoir, Jésus a fréquemment enseigné la nécessité de marcher avec humilité.  Un de ses enseignements les plus poignants fut celui qu’il livra peu de temps avant d’être crucifié.  Afin d’illustrer son propos, il s’agenouilla et lava les pieds de chacun de ses disciples.  Le Dieu de l’univers s’abaissa ainsi volontairement face à la créature pécheresse afin de se donner en exemple.  Ce faisant, il lava même les pieds de Judas, alors qu’il savait très bien que ce dernier s’apprêtait à le livrer aux autorités en échange d’une poignée d’argent.  Puis après avoir terminé, il conclut par ces paroles:

Savez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites vrai; car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait.  (Jean 13.12-15)

En cultivant cette humilité, l’homme de Dieu démontre la force de son caractère et de surcroît, il témoigne de son appartenance au Père.  Ainsi, il est heureux et béni car il héritera un jour de la terre et régnera éternellement avec Christ.  Parce qu’il a su s’abaisser, Dieu l’élèvera et l’appellera son fils.

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