L’homme de Dieu a faim et soif de sainteté

psg 2016-08-06

La vie chrétienne ne sera jamais une vie de perfection.  Mais elle est par contre toujours caractérisée par un désir inextinguible de sainteté.  En dépit de notre nature pécheresse, notre esprit régénéré lutte intérieurement pour être en parfaite communion avec Dieu, pour se conformer à sa volonté et pour rejeter tout ce qui pose obstacle à cette communion.  L’homme de Dieu ne se contentera donc jamais du statut quo.  Il n’atteindra jamais une étape de sa vie où il considérera qu’il est spirituellement accompli.  Au contraire, sa proximité grandissante avec Dieu exposera de plus en plus ses failles, contrariant son désir de sainteté et le poussant à se confier de plus en plus en la grâce de son Dieu, sans laquelle aucun progrès n’est possible.

C’est cette réalité que Jésus exprime dans cette déclaration:

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! (Matthieu 5.6)

Ici, le mot « justice » relève d’une lacune du vocabulaire français qui empêche de bien rendre le sens du terme grec original.  La justice dont parle Jésus n’est pas celle à laquelle nous nous référons habituellement.  Elle ne concerne pas l’équité dans le monde ou dans le domaine judiciaire.  Elle se réfère plus exactement à ce qui est juste, vrai, bon, saint.  Ultimement, Jésus désigne notre conformité à la volonté de Dieu.  Et il déclare heureux ceux qui ont faim et soif de cette conformité, de cette sainteté sans laquelle nous ne pouvons entrer en communion avec le Seigneur (Hébreux 12.14).

Les églises sont tragiquement peuplées de « fidèles » qui n’ont pas en eux cette faim et cette soif de sainteté.  Beaucoup professent Christ, accomplissent leurs devoirs religieux, affichent une apparence de sainteté, mais leur coeur est fondamentalement attaché au péché et leur vie est vendue à l’esprit de ce siècle.  Ils aiment le monde et ses plaisirs, si bien que dès qu’ils sont à l’écart des projecteurs, leur vie en est une de tiédeur, de compromis, de dissolution et de résistance obstinée contre la main de Dieu.  Cette bénédiction de Jésus ne s’adresse donc pas à eux.  Ils ne comptent pas parmi ses brebis.  Ce sont des boucs qui seront retranchés du Royaume de Dieu (Matthieu 25.32) car ils ont estimé la créature au-dessus du Créateur.  Ils ont accordé plus de valeur à ce monde déchu qu’au Ciel.  Ils ont eu faim et soif de plaisir et de gratification personnelle, plutôt que d’avoir faim et soif de sainteté, échangeant ainsi l’exquise bénédiction de ce verset pour la malédiction réservée à ceux qui s’attachent au mal.

L’homme de Dieu s’assure donc de ne pas se tromper lui-même par une vaine religiosité mais cherche la face de Dieu de tout son coeur, de toute son âme et de toute sa pensée.  Son amour pour Dieu, qui est l’objet du premier et du plus grand commandement (Matthieu 22.37-38), est donc au sommet de toutes ses priorités, sachant que la bénédiction de Jésus ne sera jamais accessible à l’homme pour qui Dieu est d’un intérêt vague et secondaire.

Bien entendu, l’homme de Dieu doit se préparer à subir le revers de cette consécration.  Sa soif et sa faim de sainteté lui attireront les railleries et l’opposition de ses semblables.  Les incroyants le taxeront d’illuminé, de fanatique, d’extrémiste.  En un sens, le chrétien est effectivement extrémiste par nature.  Sauf que son extrémisme religieux ne s’exprime pas par le désir de faire mourir les autres mais par le désir de mourir à lui-même et à ses désirs corrompus.  Sa foi ne le pousse pas à l’orgueil mais à la reconnaissance de sa propre ruine intérieure.

À l’opposition des incroyants s’ajoutera celle des membres de l’église qui n’aiment pas le Seigneur au-dessus de toute chose.  Ces derniers le traiteront de légaliste, d’hypocrite, d’orgueilleux et de bien d’autres termes qui leur permettra de se rassurer vis-à-vis leur propre tiédeur.  Si ce rejet lui cause de la souffrance, l’homme de Dieu ne tentera toutefois pas d’échapper à cette souffrance en compromettant son désir de sainteté au profit de l’approbation de ses semblables.  Il est conscient que Christ l’a averti d’avance qu’il sera haï de tous (Matthieu 10.22; Marc 13.13; Luc 21.17) et il accepte et porte donc cette croix.  Mieux encore, il se réjouit d’être persécuté à cause de sa fidélité à Dieu, sachant que c’est ainsi que les prophètes ont été traités depuis le début de l’humanité et que Jésus lui-même, qui était pourtant Dieu fait chair, a été traité par ses contemporains.

C’est en Christ que nous trouvons la justice

Jésus a promis à ceux qui ont faim et soif de justice qu’ils seront rassasiés.  Mais ce rassasiement ne vient certainement pas de notre propre justice.  Les rudiments de la foi chrétienne nous apprennent dès le départ que nous sommes incapables de vertu, incapables d’atteindre le standard divin.  Nous sommes tous privés de la gloire de Dieu (Romains 3.23), ce qui signifie que même nos efforts personnels les plus louables ne nous permettent pas de réparer la brisure qui s’est produite entre Dieu et le genre humain lors du péché originel.  Nous devons donc nous tourner vers Christ, non seulement pour notre rédemption mais pour notre sanctification.  Ce n’est que par sa grâce que nous pouvons être rassasiés.  Jésus a dit à la foule:

Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif.  (Jean 6.35)

Beaucoup de gens tentent de s’abreuver de leurs propres oeuvres, de leur propre religiosité.  Mais ils se nourrissent ainsi d’un pain moisi fabriqué de leurs mains souillées et s’abreuvent d’une eau impure venant de leur propre source corrompue.  La religion humaine ne peut ni les sauver ni satisfaire leurs aspirations spirituelles.  Leur religion se compare à un circuit fermé dans lequel ne peut que circuler indéfiniment le même poison, celui du péché qu’ils ont hérité d’Adam.  C’est pourquoi l’homme de Dieu ne place aucune confiance en sa propre chair et méprise sa propre vie.  Il se tourne vers Dieu afin d’être nourri et abreuvé.  Prêtez attention à ce passage de l’Apocalypse:

Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif je donnerai de la source de l’eau de la vie, gratuitement.  (Apocalypse 21.6)

La justice de Dieu, la vertu, la sainteté, la communion avec le Père, sont offerts gratuitement, une vérité qui est réitérée dans le chapitre suivant.  Nul ne peut dire: « J’ai payé pour obtenir ma place au Ciel » ou « J’ai mérité la faveur de Dieu ».  Nul ne peut se glorifier d’avoir offert quoi que ce soit à Dieu en échange d’une quelconque bénédiction.  Car tout ce que l’homme mérite est la colère de Dieu.  Tout ce que ses vains efforts peuvent obtenir est le reproche d’un Maître saint et glorieux qui sonde les coeurs et voit au-delà de notre mince vernis pharisaïque.  La source de l’eau de la vie est donc une grâce imméritée, un cadeau gratuit, l’expression ultime de l’amour infini de Dieu pour nous.  Et l’homme qui accepte de recevoir ce don est béni et heureux.  Car tout ce qui vient de Dieu est saint et parfait.  Les eaux vives de Christ apaisent son coeur, nourrissent son âme, abreuvent son esprit, purifient sa conscience.

Que jamais, donc,  nous ne cédions à la tentation d’établir notre propre justice, de nous rassasier de nos propres oeuvres.  Toute bonne chose vient de Dieu et de Dieu seul.  À lui revient toute la gloire, pour toujours et à jamais.

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