Si indigne et pourtant si aimé

psg2016-11-12

Avant d’entreprendre la rédaction des prochains articles, je désire prendre un moment ce soir pour vous partager ce que je vis spirituellement.  Depuis l’an dernier, je n’ai en effet publié aucun article à caractère personnel et je crois important que mes lecteurs sachent où se situe celui qui, il y a un peu plus d’un an, était suspendu au-dessus des flammes de l’enfer et avait perdu presque entièrement la raison.

Le chemin parcouru depuis août 2015 n’a pas été de tout repos.  Remettre sur les rails un mariage que l’adultère a plongé au creux d’un profond ravin est une entreprise colossale, voire démesurée.  C’est pour cela que la plupart des couples ne résistent pas à cette épreuve.  Il y a eu beaucoup de moments glorieux mais aussi quelques moments difficiles.  En avril dernier , un mois après être retourné au travail, j’ai même pété les plombs après une chicane de couple et j’ai écris un courriel à celle que je devais oublier.  J’ai aussitôt regretté et dans la même semaine, j’ai mis un terme à la conversation.  Il m’aura fallu des mois pour arriver à confesser ce dérapage à mon épouse.  Et ce n’est qu’aujourd’hui que je partage cet événement avec vous.

Suis-je donc un cas désespéré?  Certains commencent peut-être à le croire.  Je me suis moi-même posé la question au printemps après avoir réalisé que je venais de flancher à nouveau.  Toutefois, depuis cette rechute d’avril dernier, le Seigneur a fait en moi une oeuvre qui me dépasse totalement.  En fait, il s’est servi de ce péché pour me révéler ce que je suis et surtout qui IL est.  Avril 2016 est désormais pour moi un moment charnière de ma vie spirituelle.  À un point tel que je ne sais même plus si j’étais sauvé avant ce moment.  Bon, je présume que oui.  En fait, oui… car j’ai été choisi avant la fondation du monde.  Mais depuis avril, plus rien n’est pareil.  Je suis comme un courant d’eau entre les mains de Dieu.  J’ai l’impression de ne plus avoir de substance, mais dans un sens positif.  Lorsque le Seigneur me dirige vers la droite, je vais vers la droite.  Lorsqu’il me dirige vers la gauche, je vais vers la gauche.  Lorsqu’il me dit: « Arrête » ou « Avance », je me soumets à sa volonté.  Et lorsque je résiste (car je le fais encore évidemment très souvent), je suis rapidement frappé d’une conviction qui m’amène à confesser mon arrogance et à chercher en lui la grâce d’obéir plus parfaitement.

Je suis esclave de l’amour de Jésus-Christ et je ne rougis pas de cette affirmation.  Je suis littéralement esclave de son amour.  Je suis obsédé par sa volonté.  Je chéris jalousement la relation qui m’unit à lui.  J’ai en horreur tout ce qui éteint son Esprit en moi et je recherche avidement ce qui le glorifie.  Je suis las et dégoûté de moi-même, de ma propre volonté, de mes désirs futiles, de mes plans tissés de vanité, de ma propre importance.  J’essaie chaque jour de mourir toujours plus à moi-même et à me consacrer toujours plus à celui qui a versé son sang pour moi.  Et parce que j’échoue si souvent, je pleure presque tous les jours.  Je pleure aux pieds de Dieu en prière.  Je pleure en plongeant mon regard dans celui de mon épouse.  Parce que réalise constamment combien je suis faible et égoïste sous bien des aspects.  Je suis tellement frappé par l’ampleur de ma propre dépravation et tellement consumé par le désir d’honorer Dieu que je me suis demandé à certains moments si je perdais la tête.  Est-ce normal de prendre les paroles de Jésus à ce point au sérieux?  Est-ce normal d’être si affligé de mes défaites?  Est-ce normal de pleurer autant?  Est-ce normal d’avoir une âme grave et solennelle face à la gravité du péché?  Suis-je en train de sombrer dans une sorte de délire religieux?  Devrais-je retourner au mode superficiel?

Mes inquiétudes se dissipent toutefois lorsque je constate les fruits de cette destruction systématique de mon ego.  Je vois le regard de ma femme qui se porte sur moi avec ébahissement.  Je vois l’affection que mes enfants m’expriment comme jamais auparavant.  Je vois ma vie autrefois dysfonctionnelle à bien des égards et qui est de plus en plus marquée par l’ordre, le calme, l’harmonie, la maîtrise de soi, le sens des priorités.  Il n’y a plus de conflits depuis des mois.  Je vois les finances qui se redressent.  Tout semble prendre sa place.  Tout semble imprégné de l’onction de Dieu.  Même dans les journées plus difficiles, je me sens ancré sur le roc, immuable, capable de tout.  J’affronte les situations avec une sagesse que je n’avais pas auparavant.  Je renonce à mes propres désirs avec un renoncement qu’il m’était difficile d’accepter auparavant.  J’entends sortir de ma bouche des paroles qui ressemblent plus à celles de Christ qu’aux miennes.  Je vois mes mains travailler à servir Dieu et mon prochain plutôt que de servir mes propres intérêts.  Je n’ai plus de temps pour moi ou presque et même si parfois une telle vie afflige ma chair, mon esprit s’en délecte et me pousse toujours un peu plus loin.  Faire le deuil du « soi » comporte une part de tristesse et de déchirements… mais cette tristesse est noyée dans la joie de Dieu.  Je n’ai jamais expérimenté un tel bonheur.

J’ai probablement rencontré Dieu en 1996 comme je l’ai souvent cru.  Mais il aura fallu 20 ans pour que je comprenne ce que signifie l’obéissance.  Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons mettre en pratique à notre convenance seulement.  Si Dieu est réellement Seigneur, ses paroles ne peuvent être discutées.  Sa volonté ne peut être remise en question.  Ses commandements ne peuvent faire l’objet d’un quelconque pouvoir discrétionnaire de notre part.  Il est Seigneur et Maître.  Nous sommes à lui.  Nous sommes sur terre pour le servir et l’aimer.  Toute autre forme de christianisme est un déshonneur.

Oh… je sais ces choses depuis si longtemps.  J’écris sur ces vérités depuis des années.  Et c’est ce qui est si terrifiant.  Nous pouvons savoir tant de choses et pourtant mettre si peu en pratique et s’illusionner profondément sur notre condition spirituelle.  Comprenez bien ce que je dis ici.  Ce blog n’a jamais été pour autant une fraude.  Je n’ai pas rédigé des articles sur la pureté et la sainteté depuis 2008 afin de dissimuler une vie de dissolution.  Mais je me suis si souvent relâché dans le combat.  J’ai baissé ma garde.  Je suis devenu somnolent.  Et j’ai ainsi essuyé des revers terribles.  J’ai été indigne de mon appel. Indigne du nom de Christ.

Rencontre avec la grâce

Je ne me suis jamais autant félicité d’avoir appelé ce blog PAR SA GRÂCE.  Lorsque ce titre m’est venu au cours d’un long brainstorming, il s’est démarqué du lot et m’est apparu soudainement comme le seul nom possible.   Et je comprends maintenant pourquoi.  La grâce est la pierre angulaire de notre foi mais nous ignorons presque complètement ce qu’elle est.  Par les diverses épreuves, tentations et chutes de ma vie, le Seigneur a toutefois voulu me faire expérimenter la grâce à un degré qui me donne le vertige et qui me dévaste.  Le contraste entre ma dépravation sans fond et la bonté torrentielle de Dieu me laisse totalement confus et brisé.  Sans arrêt, je me demande « Pourquoi moi?  Pourquoi Dieu m’a-t-il choisi? »  Avant, je ne me posais pas cette question car je croyais que le salut était ma récompense pour avoir choisi Dieu plutôt que le monde.  Maintenant, je comprends que je n’ai rien choisi du tout.  J’ai toujours été trop stupide et obsédé de moi-même pour choisir Dieu.  C’est LUI qui m’a choisi.  Alors que j’étais mort dans mes péchés et que j’étais incapable de me sauver moi-même, c’est mon propre créateur qui m’a appelé d’entre les morts afin que je vienne vers lui.  Et s’il ne l’avait pas fait, je serais mort dans mes péchés.  Mort et damné.  Et ma damnation aurait été une parfaite exécution de la justice divine.  Je ne méritais pas de vivre.  Je ne méritais pas la félicité éternelle.  Je ne méritais pas d’être assis à la droite de Christ.  Je ne méritais pas ce sang royal qui coule dans mes veines.  Je ne méritais pas d’avoir ce nom délectable sur mes lèvres.  Je ne méritais rien sinon la colère d’un Dieu saint et parfait.  Et pourtant, et pourtant… me voici, aimé de Dieu… en dépit de ma méchanceté et de mes péchés abominables.  Me voici pardonné, lavé et purifié, revêtu de Christ.  Et je n’ai rien fait pour cela.  Dieu n’a trouvé rien en moi qui pouvait lui donner le désir de m’extirper des griffes de la mort.  Et pourtant, il l’a fait pour des raisons que je ne peux sonder.  Dans sa sagesse incompréhensible, il a décrété que moi, le chef des pécheurs, j’allais servir à manifester sa gloire.

Comment pourrais-je ne pas aimer un tel Dieu?  Comment pourrais-je ne pas répondre à cette grâce par une obéissance sans compromis?  Devant quelle autre personne ou quelle autre chose pourrais-je me prosterner, alors qu’il m’a tout donné?

Jésus prit la parole, et lui dit: Simon, j’ai quelque chose à te dire. -Maître, parle, répondit-il. – Un créancier avait deux débiteurs: l’un devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l’aimera le plus? Simon répondit: Celui, je pense, auquel il a le plus remis. Jésus lui dit: Tu as bien jugé.  (Luc 7.40-43)

Cette parabole est d’une immense importance.  Elle nous rappelle que notre amour pour Dieu est proportionnel à la dette qu’il nous a remis.  Et ce n’est pas tant que certains d’entre nous, plus vertueux que la moyenne, avions une plus petite dette que les autres; en effet, nous avons tous été des transgresseurs compulsifs des commandements de Dieu.  C’est plutôt que certains d’entre nous n’ont jamais pris conscience de la dette que Dieu leur a remis.  Or, plus nous sondons les profondeurs abyssales du péché qui nous sépare de Dieu, plus son pardon immérité nous pousse à genoux et nous fait nous écrier; « Mon Seigneur et mon Maître! »  Plus nous réalisons que nous ne sommes rien et que Dieu est tout, plus nous sommes prompts à renoncer à notre pseudo-royauté de pacotille pour nous mettre humblement au service du Roi des rois.

À venir…

Mon temps étant presque entièrement passé hors ligne à cause de mes responsabilités, il m’est difficile d’écrire sur ce blog.  Toutefois, je souhaite partager dans les prochaines semaines une vision biblique du mariage qui s’est clarifiée au cours des derniers mois comme jamais auparavant.  Je compte viser juste et frapper fort.  Il n’y aura donc pas de fioritures psycho-pop et de clichés inutiles.  Je désire exprimer avec le plus de force possible le sens sacré du mariage et surtout dégager, à partir de la Parole de Dieu, une vision glorieuse de notre rôle en tant qu’époux.

Pour clore cet article, je vous partage les paroles d’un cantique que j’ai composé l’automne dernier lorsque Dieu m’a arraché des griffes du péché, dans lequel je témoigne de la beauté de cette grâce incommensurable que nous avons reçus en Jésus-Christ:

Ainsi donc

Ainsi donc ton choix s’est porté sur moi
Sur le plus indigne des pécheurs
Dédaignant les sages, autant que les rois
Tu m’as choisis pour ta demeure

Alors que j’étais épris de moi-même
Alors que je ne te cherchais pas
Tu m’as témoigné la grâce suprême
Et m’a fait don de la foi

Ainsi donc ton cœur plus vaste que le ciel
S’est ému d’une grande compassion
En considérant ma vie éternelle
Condamnée aux tourments des démons

La somme de mes fautes réclamait justice
Exigeait que tu détournes ta face
Mais tu as choisi pour sacrifice
Ton Fils unique sur la croix

Ainsi donc l’écho de ta glorieuse voix
Avant même la fondation du monde
A déclaré que je serais à toi
Malgré mes ténèbres profondes

Pourtant tu savais que je trahirais
Cet amour que je ne mérite pas
Mais en cela-même, toi tu te plais
Car ta bonté montre ta gloire

Ainsi donc ton trône se dresse devant moi
Et je peux m’en approcher sans peur
Mes transgressions sont clouées sur la croix
Je suis le bien-aimé du Seigneur

Je n’peux que chanter et me prosterner
Devant celui qui m’a tout donné
Et qu’en réponse à ta grande bonté
Ma vie te soit consacrée

psg2016-11-12

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