Le mari est chef de la femme (2 de 2)

psg2016-12-04Le titre de chef de famille peut a priori exciter l’ego et donner l’impression que nous avons, en tant qu’hommes, hérités de la position la plus enviable au sein de la famille.  Toutefois, une étude de notre rôle à la lumière des Saintes Écritures nous montrera que si notre position d’autorité est effectivement un immense honneur accordé par Dieu, il s’agit en même temps d’une position qui présente beaucoup plus de responsabilités que de privilèges.  Être chef de famille selon les standards bibliques ne signifie pas que la maisonnée est vouée à servir nos moindres désirs et besoins, mais plutôt que nous sommes avant toute chose responsables du bien-être physique et spirituel de ceux que Dieu nous a confiés.

L’amour est l’élément-clé du leadership masculin

Si l’amour du prochain est un impératif pour tout chrétien, il devient particulièrement important dans le cadre de l’exercice de notre autorité envers notre épouse.  La position d’honneur que cette dernière occupe au sein de la famille exige que tout ce que nous fassions envers elle soit essentiellement motivé et conditionné par l’amour :

Que tout ce que vous faites soit fait avec amour.   (1 Corinthiens 16.14 – Segond 21)

L’amour dont il est question ici ne doit cependant pas être confondu avec l’amour humain qui est promu dans le monde.  L’amour humain est effectivement un amour faible, conditionnel, calculateur, tourné vers soi, sujet aux émotions et aux caprices de la nature humaine.  Cet amour ne peut donc servir de guide, que ce soit pour notre leadership ou pour notre vie chrétienne en général.  Nous sommes en effet témoins des fruits qu’un tel amour produit tout autour de nous.  Nous voyons des unions qui se forment dans un grand élan d’enthousiasme puis qui se fragilisent peu à peu et s’effondrent finalement au bout de quelques semaines, quelques mois ou quelques années.  Et lorsque l’union résiste à l’épreuve du temps, elle demeure néanmoins dans un état qui se situe bien en-deçà des standards bibliques.  C’est pourquoi Dieu a fourni à l’homme un modèle d’amour auquel il est appelé à se conformer afin d’accomplir adéquatement son mandat :

Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle… (Éphésiens 5.25)

Comparée à l’idée spectaculaire de l’amour qui nous a été inculquée par Hollywood, cette vision proposée par la Parole de Dieu donnera peut-être à certains esprits charnels l’impression d’un amour peu excitant.  Aimer « comme Christ a aimé l’Église » sonne plutôt religieux et ne semble pas cadrer avec la passion, le sensualité et la romance auxquelles nous associons généralement l’amour.  Mais en réfléchissant à la façon dont Christ a aimé ceux qui lui appartiennent, nous découvrons que l’amour auquel Dieu nous appelle est au contraire infiniment supérieur à l’amour hollywoodien.  Nous découvrons que l’amour que nous voyons dans les films romantiques est d’une superficialité ridicule et d’un ennui mortel, que sous ses apparences pompeuses se trouvent un néant immense, un vide qui ne permet de construire aucune fondation solide pour un mariage heureux.

Ce qui suit présente différentes facettes de l’amour de Christ pour son Église qui nous enseignent comment nous devons aimer nos femmes.  Ces différentes facettes forment la fondation à partir de laquelle notre autorité doit être exercée.  Il ne s’agit pas d’une liste exhaustive car l’amour de Dieu est d’une richesse qui dépasse l’esprit humain mais il permettra de relever quelques éléments essentiels à comprendre.  Aussi, il ne s’agira pour l’instant que d’un survol rapide car chaque point mérite de s’y attarder très longtemps.  Cet article servira donc en quelque sorte de tremplin pour de nombreux autres articles plus détaillés qui seront publiés dans le futur, Dieu voulant.

1. Élection: Christ a estimé et choisi son Église

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais moi, je vous ai choisis… (Jean 15.16)

Votre union avec votre femme n’est pas le fruit du « destin » ou de forces mystérieuses mais d’un acte de votre volonté orchestré par la providence divine.  Que vous ou votre femme ayez fait les premiers pas au début de cette relation est un détail secondaire car ultimement, en tant qu’homme et chef, VOUS avez élu cette femme.  Parmi les dizaines, centaines ou milliers de femmes que vous avez rencontré, c’est elle qui est devenue l’élue de votre cœur.  Vous avez estimé qu’elle pouvait être une bonne compagne de vie.  Vous l’avez trouvé attirante, avez vu en elles différentes qualités qui vous ont donné envie de vous engager dans une relation avec elle.  Il est important de se rappeler de ce premier point car de nombreux hommes parlent de leur relation comme s’ils en étaient les victimes alors qu’ils en sont les instigateurs.  Plutôt que de croire qu’ils sont la cible d’un mauvais tour du destin, ils devraient donc assumer pleinement leur choix, comme de grands garçons, et travailler sur leur couple plutôt que de geindre comme des enfants.

2. Alliance: Christ a scellé sa relation avec son Église

Par la bouche du prophète Jérémie, Dieu avait annoncé qu’il scellerait avec son peuple une nouvelle alliance (Jérémie 31.31) et Christ réitéra celle alliance lors du dernier repas qu’il prit avec ses disciples (Matthieu 26.27-28) et la scella de son propre sang.  Cette alliance n’a rien à voir avec une entente humaine.  Elle n’est pas comme un vulgaire contrat de téléphone mobile que l’on signe pour en tirer quelque bénéfice pour ensuite l’annuler à notre guise, moyennant seulement quelques pénalités.  Elle est un engagement total, inconditionnel et indestructible, de la part de Dieu:

Les malheureux et les indigents cherchent de l’eau, et il n’y en a point; leur langue est desséchée par la soif. Moi, l’Éternel, je les exaucerai; moi, le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. (Ésaïe 41.17)

Nul ne tiendra devant toi, tant que tu vivras. Je serai avec toi, comme j’ai été avec Moïse; je ne te délaisserai point, je ne t’abandonnerai point. (Josué 1.5)

Christ a confirmé cet engagement indéfectible envers ceux qui le suivent :

Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.  (Matthieu 28.20)

C’est pourquoi l’homme qui aime sa femme comme Christ aime son Église respectera nécessairement deux principes :

  1. D’abord, il s’engage promptement par les liens du mariage avec celle qu’il aime.  Il ne se contente pas de lui ravir son cœur pour ensuite lui dire : « Oh, je t’aime mais je ne suis pas prêt à m’engager ».  Ce genre de déclaration détestable et pourtant si commune signifie en fait ceci : « Je suis prêt à tirer profit de toi physiquement et émotionnellement mais je ne suis pas prêt à me donner à toi ».  Il s’agit donc d’une manifestation profonde d’égocentrisme et d’immaturité.  Toute femme qui n’est pas encore mariée et qui entend un prétendant lui servir un tel discours devrait s’enfuir à toutes jambes avant de s’engager plus sérieusement avec un tel poltron.
  2. Une fois que la mariage est scellé, l’homme doit prendre la clé et la jeter à la mer.  Il ne doit jamais penser au divorce, parler du divorce ou menacer de divorcer, peu importe les circonstances.  Un chef de famille ne quitte jamais sa femme ou ses enfants, comme le capitaine d’un navire ne quitte jamais son bateau en laissant l’équipage à bord.  Une fois que vous avez prononcé vos vœux, votre union est scellée par Dieu.  C’est ce que Jésus déclare explicitement lorsqu’il dit : « Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. (Matthieu 19:6) »  Vous ne pouvez donc jamais envisager de défaire ce que Dieu a établi par le sacrement du mariage.  Les difficultés que vous rencontrez dans votre mariage ne sont pas un signe que vous avez marié la mauvaise personne (ce qui insinuerait que Dieu s’est trompé en vous unissant) mais que votre caractère a besoin d’être sanctifié par les épreuves.  Le mariage n’est pas destiné à vous procurer du bonheur mais à vous transformer à l’image de Christ.

3. Fidélité: Christ manifeste un amour dévoué, inconditionnel et exclusif

La Bible relate l’histoire d’un Dieu qui, parmi toutes les nations, se choisit un peuple envers lequel il manifeste un amour dévorant, passionné, jaloux et exclusif.   Considérez cette promesse de Dieu envers ceux qu’il aime :

Cette ville sera pour moi un sujet de joie, de louange et de gloire, parmi toutes les nations de la terre, qui apprendront tout le bien que je leur ferai; elles seront étonnées et émues de tout le bonheur et de toute la postérité que je leur accorderai.  (Jérémie 33.9)

Le monde est-il étonné et ému du bonheur et des innombrables bénédictions que vous accordez à votre épouse ?  Démontrez-vous par vos pensées, vos paroles et vos gestes qu’elle n’est pas une femme comme les autres ?  Votre attitude prouve-t-elle qu’elle est à vos yeux la femme la plus exceptionnelle au monde ?  Ou indique-t-elle au contraire que votre femme est prise pour acquis, qu’elle est sans importance et pourrait être facilement remplacée ?  Usez vous d’un ton dur, irrité ou sarcastique envers votre compagne de vie tout en usant d’un ton attentionné et même mielleux avec les autres femmes que vous rencontrez ?  Enviez-vous d’autres hommes pour la femme qu’ils ont à leur côté ?  Convoitez-vous sexuellement d’autres femmes ?   Vous abandonnez-vous sans cesse à des fantasmes ? Consommez-vous de la pornographie ?  Utilisez-vous des paroles, une attitude ou un style vestimentaire destinés à séduire celles qui ne vous appartiennent pas ?

Si vous êtes chrétien, tentez d’imaginer le désarroi et la solitude que provoquerait en vous un Dieu qui, malgré son alliance envers vous, exprimerait sans cesse son insatisfaction et son désir de vous abandonner au profit d’autres personnes plus aptes à répondre à ses attentes.  Que ressentiriez-vous s’il cessait de vous témoigner son amour fidèle pour se tourner vers d’autres?  Après tout, n’aurait-il pas à ses disposition des motifs suffisants pour le faire ? Que diriez-vous s’il convoitait les musulmans pour leur dévotion publique exemplaire ?  Que diriez-vous s’il convoitait les bouddhistes pour la paix et le détachement qu’ils affichent ?  Que diriez-vous si ses pensées, ses paroles et ses gestes exprimeraient sans cesse que vous êtes pour lui une charge et non l’objet d’un amour dévorant et inconditionnel?  Votre état serait désespéré et votre cœur serait anéanti.  Vous n’auriez plus aucun espoir en ce monde.  Mais Christ VOUS a choisi et ce choix s’est manifesté par un amour sans faille.  Et c’est ce même amour que nous sommes appelés à manifester à l’élue de notre cœur.  Il n’y a pas de pire sentiment pour une femme que de sentir qu’elle est inadéquate, qu’elle n’est pas à la hauteur des attentes, qu’elle doit rivaliser avec d’autres femmes.  Ces sentiments la minent intérieurement et l’homme en est grandement responsable par son attitude négligente et son cœur adultère.

4. Grâce: Christ pardonne sans cesse

Christ est l’exemple de la miséricorde et de la grâce.  Il nous a exigé de ne mettre aucune limite à notre pardon (Matthieu 18.21-22) comme lui-même ne met aucune limite au sien.  Or, au sein du mariage, le pardon n’est pas seulement un remède à la colère mais à une maladie beaucoup plus subtile et insidieuse : le ressentiment.  Lorsque l’homme refuse de passer l’éponge sur tel ou tel comportement, qu’il s’agisse d’un péché ou tout simplement de quelque chose qui l’irrite, il permet à l’ennemi d’établir une forteresse en lui et d’affaiblir les fondations du mariage.  Le ressentiment, lorsqu’il n’est pas extirpé promptement, agit comme un poison qui détruit toute forme d’intimité affective dans le couple et qui dresse d’énormes murs entre les deux partenaires.  Le ressentiment produit l’amertume du cœur et un cœur amer est une négation de l’amour qui attriste l’Esprit de Dieu.  Le ressentiment saccage donc non seulement notre mariage mais notre relation avec Dieu (Matthieu 6.15) et notre vie de prière (1 Pierre 3.7).  C’est pourquoi il est écrit :

N’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ.  (Éphésiens 4.30-32)

Et encore :

Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés;  (Hébreux 12.14-15)

5. Estime: Christ a élevé son Église en dignité

Christ n’était pas qu’homme mais également Dieu, Roi et Maître.  En s’incarnant parmi ses sujets, il était en droit de traiter les hommes en accord avec son absolue souveraineté, en exigeant qu’ils le servent et le vénèrent.  Et pourtant, la Bible nous montre un maître qui n’appelle pas ses disciples « serviteurs » mais « amis » (Jean 15.15), un Dieu qui « s’est dépouillé lui-même, prenant une forme de serviteur » (Philippiens 2.7), un Seigneur qui, en dépit de sa majesté, est « doux et humble de cœur » (Matthieu 11.29).  Il ne considère par son statut divin comme une proie à arracher (Philippiens 2.6) mais reconnaît que sa gloire lui vient du Père et désire partager cette gloire avec ceux qu’il aime (Jean 17.22) afin de faire d’eux un peuple de rois et de sacrificateurs (Apocalypse 1.6).

Si donc Dieu, dans toute sa majesté, a fait preuve d’une telle humilité envers nous en dépit de sa position hiérarchique et de son statut divin, à combien plus forte raison ne devons-nous pas faire preuve d’humilité envers la femme que Dieu a placé sous notre autorité, nous qui ne sommes que des hommes faibles et méprisables qui avons tant besoin du pardon divin?  Aucun d’entre nous n’est en position d’établir un règne de tyrannie au sein de sa famille, ainsi que nous le rappelle Jésus en ces mots:

«  Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. »  (Matthieu 20.25-27)

Le chef de famille reconnaît donc l’autorité que Dieu lui a remis mais il ne se sert pas de cette autorité pour s’élever au-dessus de sa femme.  Au contraire, il se fait lui-même serviteur et élève sa femme en dignité, sachant qu’elle a été rachetée comme lui à grand prix par le sang de Christ sur la croix et qu’elle est donc également héritière de «la grâce de la vie » (1 Pierre 3.7)

6. Enseignement: Christ a sanctifié son Église par la vérité

Christ désire faire paraître devant lui une Église glorieuse, sainte et irrépréhensible (Éphésiens 5.27).  C’est en vue de cette sanctification qu’il lui a légué sa Parole.  De la même façon, l’homme est appelé à sanctifier sa femme par la Parole de Dieu.  La Bible doit donc occuper une place de choix dans la vie de tout chef de famille.  Elle doit être estimée, lue et méditée continuellement, afin que par le renouvellement de son intelligence, l’homme puisse acquérir la sagesse nécessaire à son mandat et qu’il puisse instruire son épouse dans les voies de Dieu.  La femme peut certes tirer profit des sermons à l’église, de ses lectures saintes ou de diverses sources d’enseignement, mais le mari doit également être un participant actif à son édification spirituelle.  L’idée ici n’est pas d’agir comme un prédicateur auprès de notre femme mais plutôt d’utiliser les différentes opportunités du quotidien pour illustrer et appliquer des principes bibliques, pour citer les Écritures lorsque les circonstances s’y prêtent et pour aider celle que Dieu nous a confié à acquérir et développer une vision biblique de la réalité.

7. Correction: Christ a exhorté son Église

L’homme doit se rappeler que sa compagne de vie est aux prises comme lui avec une nature pécheresse qui requiert de la grâce et de la miséricorde.  Il doit donc s’abstenir de soulever chaque défaillance de caractère, chaque faute, chaque péché.  La bouche d’un mari doit être une source de vie, pleine de mots qui louangent, édifient et encouragent celle que Dieu lui a confié, et non une source d’eaux amères, pleines de reproches et de mots qui déchirent.  L’homme qui met sa confiance en Dieu et non en sa propre intelligence sait que l’Esprit Saint est lui-même chargé de convaincre sa femme de ses péchés et qu’il ne doit donc pas usurper le rôle de Dieu à ce chapitre.  Cela étant établi, l’homme remarquera parfois que son épouse commet des péchés dont elle ne semble pas prendre conscience ou pour lesquels elle ne semble éprouver aucune contrition.  Ce sont des sphères de sa vie où elle est imperméable à la direction de l’Esprit Saint.  Chacun de nous avons ces zones de faiblesse ou de rébellion et il est donc important dans ces moments d’intervenir, particulièrement pour les péchés qui se démarquent par leur gravité ou leur fréquence.

Reprendre sa femme face à ses péchés est l’un des aspects les plus délicats du leadership masculin.  Ce devoir est potentiellement une source de conflits et plusieurs maris y renoncent donc, préférant laisser leur femme dans leurs péchés plutôt que de risquer la confrontation.  Naturellement, ce désistement n’est pas un signe d’amour pour l’autre mais pour soi-même.  Nous préférons voir le péché dominer celle que nous aimons, plutôt que de subir l’inconfort émotionnel que provoque souvent l’exhortation dans un mariage.  Que Dieu nous garde de ce leadership lâche qui tolère le mal et qu’il nous rappelle en tout temps que la réprimande n’est pas une négation de notre amour pour l’autre mais au contraire une source de vie (Proverbes 15.31).

Pour qu’une exhortation soit faite correctement, elle doit être faite dans l’amour et surtout pas d’un ton condescendant ou avec une attitude défensive.  Une des clés d’une exhortation biblique réussie est d’approcher l’autre avec la conscience de nos propres péchés devant Dieu.  Tout sentiment de supériorité morale sera perceptible dans notre ton et dans le choix de nos mots et ne fera que mettre de l’huile sur le feu.  Mais si nous sommes conscients de notre dépravation, nous approcherons l’autre avec compassion.  Une telle attitude ne préviendra pas tous les conflits car peu de gens – y compris nous – arrivent à recevoir une exhortation avec le sourire aux lèvres.  Mais en approchant notre épouse avec amour et humilité, nous limiterons les frictions et aiderons l’autre à ouvrir son coeur à l’Esprit Saint et à se repentir plutôt que de se braquer et d’endurcir son coeur.

8. Intercession: Christ a prié pour son Église

L’homme qui désire voir son épouse avancer dans la sainteté doit toujours se rappeler que la prière est son outil le plus puissant.  Le coeur humain étant tortueux par-dessus tout (Jérémie 17.9), seul Dieu peut le sonder et y effectuer un travail en profondeur par la puissance de son Esprit.  La prière ne nous dispense pas du devoir d’enseigner et d’exhorter mais elle est plutôt l’élément de notre leadership qui permettra à celle que nous aimons de répondre favorablement à la grâce de Dieu et à la direction du chef de famille.

Lorsqu’un homme prie pour sa femme, il devrait toujours être motivé par deux principaux objectifs, soit la gloire de Dieu et le salut de sa femme.  Le mari n’utilise pas la prière de façon égoïste pour obtenir ce qu’il veut de sa femme (ce type de prière n’étant pas considérée par Dieu de toute façon (Jacques 4.3)) mais pour que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel, pour que le règne de Dieu soit manifeste au sein de la famille.  Il prie pour que sa femme puisse se rapprocher sans cesse de Dieu et avancer de vertu en vertu et de gloire en gloire.  Il prie pour qu’elle soit libre du péché et pour qu’elle soit délivrée de la maladie.  Il couvre ainsi celle qu’il aime d’un manteau protecteur.  Il est à l’image de Christ, qui est assis à la droite du Père et qui intercède pour nous nuit et jour (Romains 8.34).

9. Exemple: Christ a incarné ce qu’il a enseigné

Il y a peu de choses qui peuvent irriter autant la femme et les enfants qu’un chef de famille qui exige beaucoup moralement des autres mais qui vit lui-même dans le péché.  Ce double standard discrédite totalement le mari en tant qu’autorité spirituelle et devient une occasion de chute pour ceux qui tentent de lui obéir mais qui constatent l’hypocrisie dont il fait preuve.  Un homme de Dieu doit veiller à être beaucoup plus exigeant envers lui-même qu’envers les autres.  Il doit s’assurer d’être irréprochable dans sa marche avec Dieu afin d’établir un leadership inspirant et rassembleur.  Être irréprochable ne signifie pas que nous avons atteint la perfection mais que nous luttons jusqu’au sang contre le péché et que nous employons tous les moyens mis à notre disposition pour vivre une vie pieuse et sacrificielle.

10. Provision et protection: Christ a pourvu aux besoins de son Église

« Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle. »  (1 Tite 5.8)

L’apôtre Paul rappelle ici très clairement à chaque homme que son leadership est indissociable de ses devoirs de pourvoyeur.   À moins d’en être empêché par une maladie ou un handicap grave, tout homme doit s’assurer que personne ne manque de rien sous son toit.  Un homme qui se dit chrétien mais qui, tout en étant marié, reste à la maison dans l’indolence et ne veille pas à pourvoir aux besoin de son épouse et de ses enfants, renie carrément sa foi.  L’homme de la maison est appelé à être l’instrument de la providence divine.

11. Sacrifice: Christ n’a pas vécu pour lui-même mais pour son Église

Lorsqu’un chef de famille vit pour lui-même, tout le monde le voit et le sait.  Être sous sa responsabilité devient alors un fardeau et une honte.  Mais si l’homme marche dans les traces de son Seigneur et sacrifie sa propre vie pour sa famille, il devient comme Jésus un homme qui « n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête » (Luc 9.58) parce que sa vie entière est consacrée à servir Dieu et son prochain, alors être sous sa responsabilité devient une joie et un honneur.

Je regardais l’autre jour un court extrait vidéo d’un sermon de Matt Chandler où il exprime son indignation face à tous ces hommes qui vont au lit le soir remplis d’énergie alors que nous devrions être épuisés lorsque vient le temps de dormir.   Si nous prenons vraiment à coeur toutes les responsabilités que nous venons de mentionner plus haut, il est évident que nous n’aurons plus à notre disposition de larges plages-horaires consacrées à des futilités.  Toutes nos énergies seront investies dans le Royaume, sans égard pour ce que nous obtenons en retour ou pour le temps qu’il nous reste pour nous-mêmes.  Si vous résistez à une telle conception de la vie chrétienne, c’est que vous avez peut-être oublié ces paroles de Jésus:

Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. (Matthieu 10.39)

Perdre sa vie ne signifie pas nécessairement mourir comme martyr pour la cause de Christ.  C’est avant tout de renoncer à soi-même pour la cause du Royaume.  C’est cesser de penser en termes de droits et libertés pour penser en termes de devoirs et de responsabilités.  Vivre en calculant sans arrêt ce que nous obtenons versus ce que nous donnons nous condamne à une existence misérable, alors qu’une vie de don inconditionnel nous transforme à l’image de Christ et produit une abondance de bénédictions en ce monde-ci et dans l’autre monde.

12. L’amour du Père avant toute chose

Certains hommes se demandent peut-être en ce moment quel est l’avantage d’être un chef de famille à la lumière des exigences que nous venons d’énumérer.  La question sera particulièrement pressante si vous imaginiez votre leadership comme celui d’un César qui est avachi sur son divan et qui claque des doigts pour qu’on lui apporte un sac de croustilles pendant qu’il regarde son équipe de sport favorite à la télé.  La réponse est simple: vous n’avez pas été nommé leader pour en tirer de quelconques avantages mais pour servir et honorer Dieu.  Votre épouse a son propre lot de défis et de responsabilités et vous avez les vôtres.  Chacun a sa place dans la hiérarchie familiale et aucun n’est avantagé ou désavantagé par sa position.  Toutefois, répondre à vos devoirs spécifiques vous apportera un sentiment d’accomplissement que rien au monde ne pourrait vous apporter.  Dieu vous a créé de façon à ce que vous soyez un chef, un guide, un pourvoyeur et un guerrier.  Et diriger une famille selon des standards bibliques vous permet d’accomplir ces multiples mandats et de vous réaliser pleinement en tant qu’homme.  Si vous vous désistez, vous serez forcément malheureux.  Vous trouverez peut-être des solutions de remplacement.  Vous tenterez éventuellement de jouer aux chefs sur le marché du travail.  Ou de vous imaginer être un guerrier en jouant à des jeux vidéos.  Mais si vous remplacez la mission que Dieu vous a confié par du vent, vous aurez à en répondre devant votre Créateur.

Dans ce domaine comme dans tous les autres domaines de notre vie chrétienne, l’amour que nous avons pour Dieu doit être l’élément fondamental, sans lequel rien n’aura de solidité et de cohérence.  L’amour que nous avons pour Dieu sera le carburant de notre vie sacrificielle.  Et il sera aussi le guide qui empêchera que notre vie de service devienne une vie d’asservissement.  En effet, l’homme qui tente de répondre aux besoins et aux désirs de sa femme sans suivre une trajectoire préalablement tracée par Dieu transformera son amour conjugal en idolâtrie, plaçant la satisfaction des désirs et besoins de sa femme au-dessus de toute autre considération.  Mais si l’homme cherche d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, alors tout le reste suivra de façon ordonnée, selon la volonté du Père.

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