Ne prenez pas de résolutions

psg-2016-12-30

Soyons honnêtes.  La beauté et la bonté de Dieu devraient nous pousser à chérir chaque moment passé à ses pieds dans la prière.  Et pourtant, nous sommes si enclins à négliger la prière au profit de nos activités mondaines.  La perfection délectable des voies de Dieu devrait nous pousser à dévorer sa Parole avec enthousiasme.  Et pourtant, nous peinons à ouvrir notre Bible pour y trouver notre pain quotidien.  Les bénédictions incalculables et pourtant imméritées que Dieu nous accorde devraient nous pousser à tomber à genoux, subjugués de reconnaissance.  Et pourtant, nous sommes pétris d’ingratitude, insatisfaits de la vie que Dieu nous a donné.  Les épreuves que Dieu place souverainement sur notre chemin pour notre sanctification devraient ouvrir nos yeux sur la bienveillance de notre Père céleste.  Et pourtant, nous murmurons contre cette discipline paternelle et espérons vivre une vie exempte de souffrance, comme si nous n’étions pas issus d’une race pécheresse.  Dieu nous a préparé une demeure dans le Royaume des cieux, où nous jouirons éternellement des récompenses obtenues au centuple pour tout ce qui aura été fait sur terre pour la gloire de notre Dieu.  Et pourtant, nous méprisons ces trésors célestes au profit des vers et de la pourriture que nous trouvons sur cette terre.  Dieu a conclu une alliance avec ses rachetés, une alliance scellée par son propre sang versé sur la croix.  Et pourtant, nous sommes oublieux de cette grâce infinie et laissons le monde et sa vanité ravir notre affection et nos pensées.

Il ne s’agit là que d’un infime échantillon de notre dépravation totale.  Et ce bref aperçu devrait suffire à nous rappeler à quel point nous avons désespérément besoin d’un Dieu de grâce, d’un Dieu qui sauve.  Nous ne sommes pas spirituels.  Nous ne sommes pas de « bons chrétiens », nous ne sommes pas des hommes de Dieu.  Nous sommes des serviteurs indolents, indisciplinés, charnels et ingrats.  Nous méritons l’enfer et rien d’autre.  Et pourtant, Dieu a placé sa main sur nous.  Il a déterminé dans sa miséricorde et sa sagesse insondables que nous allions devenir des vases de sa grâce, des objets de son amour indéfectible.  Ce contraste entre la bonté de Dieu et la misère de notre humanité devraient nous laisser confus et brisés.  Notre condition devrait nous jeter face contre terre dans un élan d’adoration continuelle.  Elle devrait nous pousser à approcher Dieu comme le publicain que Jésus prit en exemple dans Luc 18.10-14, avec le sentiment profond de notre insuffisance.  Et elle devrait également nous pousser à approcher la nouvelle année avec la certitude d’êtres impuissants à réformer notre propre vie.

Pourtant, plusieurs d’entre nous entreprendrons la nouvelle année avec de bonnes résolutions, comme le veut la tradition populaire.  Nous déterminerons que nous cesserons telle ou telle mauvaise habitude ou que nous adopterons telle ou telle discipline.  Et nous misons sur notre bonne volonté, sur notre sincérité, sur notre motivation à faire le bien.  Une partie de nous croit inconsciemment en sa propre bonté.  Et nous comptons presser cette supposée bonté comme l’on presse un fruit afin d’en extraire le contenu.  Nous comptons fermer les poings, serrer les dents et déployer toute l’énergie de notre volonté afin de réaliser nos aspirations.  Certains arriveront peut-être à de quelconques progrès.   Nous parviendrons peut-être à colmater une fuite ou deux d’un toit qui coule de partout.  Nous parviendrons peut-être à fermer une ou deux blessures d’un corps totalement fracturé et à l’agonie. Mais de façon générale, ce que nous obtiendrons sera le reflet de ce que nous sommes humainement.  Devant les difficultés, nous rebrousserons chemin.  Devant le prix à payer pour progresser dans la sanctification, notre volonté nous désertera et nous prostituerons notre âme avec une facilité navrante.

Vous trouverez peut-être que cet article n’est pas très motivant à la veille d’une nouvelle année.  Si c’est ce que vous ressentez, alors j’ai atteint mon but.  Car je veux qu’aucun de nous ne place sa confiance en lui-même.  Je veux qu’aucun de nous ne mise sur sa volonté à faire le bien.  Je veux que le jour du 1er janvier nous trouve à genoux, suppliants Dieu de nous secourir, criant vers lui pour qu’il nous extirpe de notre vie stérile.

Tous nos comportements sont le reflet de la condition de notre coeur.  Et un coeur arrogant ne peut produire aucun bon fruit.  L’orgueil précède la chute et une année abordée avec le sentiment de notre suffisance ne sera qu’une année de plus à l’école de l’échec.  Dieu ne permettra pas que nous nous en tirions comme si nous étions des parvenus qui n’ont pas besoin de Christ.  Nous nous sommes courbés devant la croix pour notre salut éternel.  Et nous devrons nous courber à la croix pour vivre une vie qui glorifie vraiment Dieu.

Voulons-nous vraiment que cette nouvelle année soit une copie conforme de l’année qui vient de s’écouler?  Ou voulons-nous plutôt voir la gloire de Dieu faire trembler les montagnes et détruire les forteresses du péché dans notre vie?  Si nous voulons changer, nous devrons nous humilier devant Dieu et reconnaître que sans Lui, nous ne pouvons rien faire (Jean 15.5).

Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.  (1 Corinthiens 2.2)

Nous, chrétiens, sombrons si facilement dans la religiosité stérile.  Nous contemplons Christ un moment, puis nous détournons les yeux et tentons de trouver à l’extérieur de lui la vie et la liberté.  Nous misons sur des règles, des rituels, des résolutions, comme si ces choses possédaient en elles-même la vie et pouvaient apporter le repos de nos âmes.  Mais c’est une erreur.  Car Christ est le début et la fin de toute chose.  Il est l’Alpha et l’Omega.  Il est le Chemin, la Vérité et la Vie.  Si nous ignorons ou oublions que toute notre foi repose sur une personne, Christ, et non sur des rituels et observances, nous serons confrontés à l’impuissance de notre religiosité.  Nous n’en conserverons que l’apparence mais en renierons ce qui en fait la force (2 Tite 3.5). Les défaites s’accumuleront sur notre parcours comme les rochers d’une avalanche afin de bloquer notre route et nous obliger à faire demi-tour et à retourner vers le Dieu de notre salut.

Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui. Jésus donc dit aux douze: Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? Simon Pierre lui répondit: Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle.  (Jean 6.66-68)

Aspirer à des grands accomplissements pour l’année qui vient n’est pas une chose mauvaise en soi.  Aspirer à une vie pieuse, exemplaire, marquée par le progrès et les victoires, est certainement louable.  Mais nous devons comprendre que ces choses ne sont pas notre religion.  Notre religion est une personne: Christ.  Et être uni intimement à cette personne devrait être notre désir le plus pressant.  Aimer Dieu de tout notre coeur devraient être la pensée maîtresse de toute notre vie, la douce obsession de notre âme.  Car toute bonne chose dépend de cet amour, de cette relation qui nous unit à notre Seigneur et Sauveur.  Tenter de réformer nos comportements sans soigner cette relation est folie et idolâtrie.  Tenter de changer sans être UN avec celui qui est source de tout changement ne fera de nous que des pharisiens.

À quoi ressemblera le matin du 1er janvier?  Serons-nous armés de nos bonnes intentions, de notre agenda rempli de projets, de notre horaire bien planifié, de notre plan de lecture de la Bible?   Serons-nous imbus de suffisance, confiants en la puissance de notre volonté?  Ou serons-nous aux pieds du trône de grâce, cherchant la face de celui qui nous aime et désire nous accorder tellement plus que ce que nous pouvons obtenir par nos propres efforts ridicules?

Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. (1 Corinthiens 2.2)

La nouvelle année sera une année glorieuse si nous nous joignons à Paul et ne cherchons pas à savoir autre chose que Jésus Christ.  Car nous avons été créés par lui et pour lui.  Il est notre raison d’être.  S’il s’éclipse de notre conscience, ne serait-ce qu’une seule journée, nous nageons dans la pure vanité.  Si nous négligeons la deuxième personne de la Sainte Trinité pour lui préférer notre moralité et nos rituels, nous courons vers notre défaite.  Car Christ est notre vie.  Non seulement Christ, mais Christ crucifié.  La distinction qu’apporte l’apôtre dans ce verset est cruciale.  Car elle nous force à nous poser une question essentielle à l’approche du nouvel an: Suis-je crucifié avec Christ?  Ou ma vie gravite-t-elle autour de moi-même et de mes désirs?  Dieu est-il réellement l’objet premier de mon affection?  Me rapprocher de lui et mieux le connaître est-il le but ultime de ma religion?  Ou mon Créateur est-il pour moi accessoire et secondaire?

Je dois confesser qu’à ce chapitre, mes propres motivations sont souvent désespérantes.  J’atteins souvent des états où je peux visiblement me contenter d’une vie chrétienne sans Christ, d’une vie spirituelle sans Dieu. Je confonds ma religion avec son objet et mon coeur sombre alors dans une tiédeur alarmante.  J’oublie à quel prix j’ai été racheté.  J’oublie que je ne m’appartiens plus.  J’oublie que je suis aimé et que j’ai un devoir sacré d’aimer en retour.  Je suis spirituellement amnésique, bipolaire et masochiste.  Je m’inflige moi-même l’absence du réconfort divin en me confiant en mes propres forces.  Je passe devant mon lieu de prière comme si Dieu ne m’y attendait pas.  J’ai tellement besoin de mon Sauveur.  J’ai tellement besoin d’un réveil personnel, d’une révolution de l’esprit.  Que Dieu aie pitié de moi et de ma dévotion nonchalante.  Que son Esprit souffle sur le feu chétif qui sommeille au fond de mon coeur afin de le transformer en un feu dévorant.  Car sans amour pour Dieu, je ne suis rien.  Et toutes mes résolutions seront vaines et inutiles.

Cela étant établi, est-ce mal de prendre des résolutions?  Bien sûr que non.  J’ai intentionnellement abordé cet article de façon à  provoquer, à secouer mes frères qui se seraient persuadés de leur propre vertu.  Je voulais élever au-dessus de toute autre chose notre Dieu et la puissance de son salut.  Mais une fois que cela est compris, une fois que nous savons que nous sommes incapables de réformer notre propre vie en-dehors de la grâce sanctifiante de Dieu, nous pouvons certainement prendre des résolutions.  Le meilleur exemple que je connaisse est celui de Jonathan Edwards, un pasteur de la grande tradition puritaine qui, à l’âge de 20 ans, rédigea pas moins de 70 résolutions modelées sur les Saintes Écritures, qui devinrent son code de conduite et qui inspira sa vie chrétienne toute entière.  La vie de Jonathan Edwards fut non seulement marquée par une grande sainteté mais elle contribua à un réveil spirituel de grande envergure en Amérique.  Si vous n’avez jamais lu ces résolutions, je ne peux que vous encourager chaudement à prendre le temps de les lire en suivant ce lien: Les résolutions de Jonathan Edwards.  Ces résolutions sont très inspirantes mais elles débutent par un rappel fondamental, que chacun de nous devrait également s’approprier lorsque nous prenons des résolutions:

« Etant conscient de mon incapacité à faire quoique ce soit sans l’aide de Dieu, je le supplie humblement par sa grâce de m’habiliter à garder ces résolutions, autant qu’elles soient agréables à sa volonté, pour l’amour de Christ. »

Amen!  Que Dieu nous montre continuellement notre faiblesse et qu’il nous rappelle que Lui seul est capable de nous transformer à l’image de Christ.

psg-2016-12-30

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s