Quelques mots sur le temps qui passe…

psg 2017-03-13

Paix en Jésus Christ à tous mes frères et soeurs dans la foi.  J’ai été silencieux pendant un long moment, non par manque d’inspiration mais plutôt parce que le temps me file entre les doigts et que ce blog, même s’il m’est cher, n’est pas au sommet de mes priorités.  J’arrive à peine à remplir mon rôle en tant qu’époux et père, alors il est évident que passer des heures devant l’écran pour rédiger des articles serait désordonné.

Je suis plus que contrarié de ne pas pouvoir investir plus de temps à ce blog car l’an dernier, je m’étais fixé de grands objectifs.  J’avais démarré une série de textes intitulés « 10 vérités que tout homme doit savoir »… mais cette série inachevée est sur les tablettes depuis plus d’un an.  J’avais consigné des dizaines et des dizaines d’idées d’articles, mais peu d’entre eux ont vu le jour.  Bref, ce blog ressemble à une sorte de navire inachevé qui vogue sur les eaux du web.  À une certaine époque, j’aurais remédié à ma contrariété en dégageant de l’espace dans mon emploi du temps pour écrire.  Mais aujourd’hui, je sais qu’en agissant ainsi, je remplacerais les priorités de Dieu par mes propres priorités, un choix qui est toujours ridicule et lourd de conséquences.

Actuellement, la plus grande partie de mon temps libre est consacré à un projet d’entreprise plutôt colossal.  Ce temps est tiré de mon quotidien comme l’on tire les dernières gouttes du jus d’une orange.  Et souvent, trop souvent, j’éprouve de l’irritation vis-à-vis le manque de temps.  Je sais qu’il ne faut pas éprouver d’envie mais j’en éprouve quand même envers ces hommes hyperactifs qui arrivent à mener une vie hyper-productive tout en ne dormant que 4 ou 5 heures… et parfois moins.  J’ai lu et écouté des tonnes d’histoires du genre.  Mais hélas, si j’ai hérité du même esprit bouillonnant qu’eux, j’ai reçu un corps qui refuse de carburer à moins de 7 heures par nuit.  J’ai essayé pendant des années, avec un entêtement digne de mention, de convertir ces heures de sommeil en heures de productivité, mais sans succès.  Invariablement, je me retrouve dans un état second, irritable et beaucoup plus enclin au péché, notamment au péché sexuel.  Et au final, j’accomplis moins dans une journée que si je dormais plus, ce qui est assez ironique.

Un jour, j’ai entendu John Piper dire que nous avions ce besoin de dormir pour nous rappeler que nous n’étions pas Dieu.  Même s’il plaisantait à moitié, son commentaire m’a énormément aidé à lâcher prise sur ces limites de ma nature humaine.  Mais néanmoins, je dois toujours me parler à moi-même pour ne pas sombrer dans un état où je me sens dépassé par l’ampleur de mes responsabilités.  Accepter la réalité et faire la paix avec cette dernière n’est pas naturel chez moi car j’ai longtemps fuit cette réalité.

Je crois que mon combat continuel avec le temps est un signe d’un manque de soumission à Dieu.  Lorsque je rêve secrètement qu’une journée puisse comporter plus que 24 heures, je questionne la sagesse souveraine de Dieu.  Et lorsque je laisse ce manque de temps me ravir la paix à laquelle Dieu m’a destiné, je démontre  que je marche par mes propres forces et non par la grâce de Dieu.  Mon Seigneur et Maître m’a donné une Parole à écouter et à mettre en pratique.  Et il a placé en moi le désir de me conformer à cette parole.  Mais il ne m’a donné que quelques heures par jour pour y arriver.  Il est évident qu’il m’a placé sciemment dans cette position impossible afin que je m’appuie sur lui.  Si je disposais de journées de 72 heures, j’arriverais à tout faire.  Je serais l’époux parfait, le père parfait, le bloggeur parfait, et plus encore.  Mais la réalité, c’est que mon temps est limité et il m’échappe continuellement.  Et la parfaite vie chrétienne que j’aimerais mener est en fait un étrange mélange de désastre humain et de puissance divine.  Si je m’attarde aux imperfections de ma vie, j’ai l’impression que c’est un gâchis total.  Mais lorsque je regarde le plan d’ensemble, je réalise que Dieu arrive tout de même à faire concourir toutes choses pour mon bien et pour sa gloire.

Tout cela me montre aussi que je suis né pour vivre éternellement.  Avoir en moi ce puits sans fond de désirs et d’aspirations, sans avoir le temps requis pour tout mener à bien, serait une réalité cruelle si je n’avais pas la perspective d’habiter un jour un royaume éternel.  Mais un jour, j’abandonnerai derrière moi ce monde si limité pour entrer dans ma vraie patrie, où les richesses extraordinaires de Dieu seront à la hauteur des aspirations de mon esprit.  Je pourrai savourer la présence de Dieu et l’adorer sans aucune opposition de ma chair.  Je pourrai me mettre au service du mon Roi sans aucune contrainte de temps.  Je serai plongé dans l’éternité comme un poisson est plongé dans l’eau.  Je serai enfin dans mon élément naturel.

Mais d’ici là, je dois réellement apprendre à mieux composer avec mes limitations.   Je dois passer plus de temps avec Dieu et avec sa parole afin d’être façonné par Lui et penser comme Lui.  Et il s’agit là d’un autre combat.  Puisque je me sens pressé par le temps, j’ai encore si souvent le réflexe d’amputer mon temps de prière.  Mais ce choix est comparable à celui d’amputer ma nuit de sommeil.  Ce sacrifice n’apportera aucun rendement supplémentaire mais bien l’inverse.  Les Saintes Écritures sont ma nourriture.  Ma communion avec Dieu est l’eau qui désaltère mon âme.  Comment une journée pourrait-elle être plus productive en renonçant à la nourriture et à l’eau dont j’ai besoin?  Comment un être sur le bord de la déshydratation et de l’inanition pourrait-il accomplir adéquatement la lourde tâche de Dieu lui a confié?  C’est pourtant la situation dans laquelle je me place souvent moi-même.  Et je prie Dieu de me débarrasser de cette logique de clown.  Je prie Dieu de me donner la grâce de chérir sa présence plus que toute autre chose sur terre, sans quoi tout le reste n’est qu’agitation et vanité.  Un des pièges les plus tristes (et pourtant parmi les plus courants) dans lequel un chrétien peut tomber est de se prendre d’affection pour le service pour Dieu tout en perdant son affection pour Dieu lui-même.  Notre coeur accepte si facilement de remplacer Dieu par autre chose et c’est une condition terrible de notre nature humaine pour laquelle il faut prier continuellement.

Bon, il est temps de dormir.  Je reviendrai faire un tour ici lorsque j’aurai un moment de libre. J’ai tellement de choses à partager et je prie Dieu de me donner le temps et la sagesse nécessaire pour pouvoir mettre un peu plus de matériel sur ce blog dans les prochains mois.  D’ici là, que Dieu vous bénisse tous abondamment et qu’il vous guide afin que vous soyez de bons intendants du temps qui vous est alloué sur cette terre.

 

3 réflexions sur “Quelques mots sur le temps qui passe…

  1. Bonjour frère, Tu dis : « Si….Je serais l’époux parfait, le père parfait, le bloggeur parfait, et plus encore ». Cela porte ma réflexion un peu plus loin. D’abord, une question : Est-ce que Dieu aurait le bras trop court pour nous rendre parfait ? Non, bien sûr !
    Je crois qu’en vérité, ce n’est pas son dessein que l’on soit parfaits ici, à cause de cette terre déchue. Il sait que c’est impossible de par nos limites terrestres elles-mêmes : comme tu l’écris,nous vivons dans un systême de temps, lui non, notre énergie est réduite selon la vie que chacun mène, la puissance limitante de la chair en nous, etc.. . Tout donc ici est imparfait de par la chute. Mais que nous aspirions à la perfection est justement « la carotte qui fait avancer l’âne ». Et si tu es tellement désireux de poursuivre la perfection, c’est que ton coeur est selon le Seigneur.
    Tu dis aussi que : « Et la parfaite vie chrétienne que j’aimerais mener est en fait un étrange mélange de désastre humain et de puissance divine ». Je dis que c’est une vraie bénédiction que cette analyse. Car nous sommes ce que nous somme en chair, mais par la foi, nous sommes une nouvelle créature. Que le Seigneur nous donne de comprendre que c’est par la foi seulement, et non par la vue.
    Passe une bonne journée,
    Aline

  2. @Aline: Merci pour ta réflexion sur le sujet. Nul doute que Dieu possède la puissance pour nous élever à la perfection instantanément mais qu’il lui a plu d’ordonner les choses de façon à ce que nous passions plutôt par le processus de la sanctification progressive, un chemin long et étroit mais qui, en contrepartie, permet à la grâce de Dieu de briller là où nos faiblesses sont les plus grandes et nos ténèbres les plus épaisses.

    @Béréenne attitude: REMERCIER est un mot-clé que j’oublie souvent et c’est un important rappel. Il est difficile de s’irriter contre les contraintes de notre vie terrestre lorsque nous cultivons cet esprit de reconnaissance que la Parole de Dieu nous exhorte à développer en toutes circonstances…

    Merci à vous deux et que Dieu vous bénisse abondamment, chères soeurs en Christ.

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