Autopsie d’un dialogue avec un athée (partie 1: Introduction)

PSG 2017-12-24Pendant longtemps, j’ai cru que je pouvais convaincre un non-croyant de l’existence de Dieu par la force de mon argumentation. C’était la « bonne vieille époque », où j’étais à la fois naïf et très peu instruit théologiquement. Depuis, j’ai appris que la foi en Dieu ne dépend pas d’un discours persuasif.  Même si l’on fait appel à la raison d’un homme en démontrant une rigueur intellectuelle irréprochable, cet homme demeurera imperméable à tout argument si Dieu n’éclaire pas son intelligence. La foi est une œuvre surnaturelle de Dieu dans le cœur de l’homme et si Dieu n’agit pas, aucune conversion ne se produira. C’est vrai pour tout athée que nous approchons. Et c’est vrai pour chacun de nous. L’apôtre Paul a décrit cette réalité en citant ces mots de l’Ancien Testament :

Nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu; tous sont égarés, tous sont pervertis; (Romains 3:11)

Cette déclaration est des plus catégorique et elle inclut tous les hommes sans exception. Ça ne signifie évidemment pas que les hommes sont totalement dépourvus de la faculté de raisonner. La terre est au contraire peuplée d’hommes extrêmement brillants… mais lorsque ces mêmes hommes considèrent l’existence de Dieu, leur intellect leur fait tout à coup tragiquement défaut. Leur faculté de raisonner s’embrouille. Pourquoi? Parce que l’homme est pécheur. Il ne cherche donc pas Dieu mais au contraire le fuit. C’est le premier réflexe qu’ont eu nos premiers ancêtres après avoir désobéi à Dieu pour la première fois:

Alors ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l’Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin. (Genèse 3:8)

Depuis cet événement, l’homme continue de fuir la voix de Dieu et de se cacher. Il ne le fait pas physiquement mais intellectuellement. Il ne se cache pas au milieu des arbres du jardin mais au milieu de raisonnements tordus visant à justifier sa vie d’impiété. Et si Dieu n’intervient pas, cette inimitié entre l’homme et son Créateur est inexorable. L’homme n’a pas plus de chance d’aller vers Dieu qu’un criminel notoire n’a de chance d’aller vers les autorités. Dieu n’est pas pour lui une source de vie et de paix mais une source de tourment pour sa conscience coupable. Dieu est son ennemi et il fera tout pour le maintenir à l’écart… y compris compromettre sa propre faculté de raisonnement et parfois même s’attaquer verbalement ou physiquement à ceux qui tentent de le raisonner. L’ultime démonstration de cette vérité se trouve dans la vie de Jésus Christ. Alors qu’il était la lumière du monde, il a été rejeté et tué brutalement. Et Jésus a confirmé la raison de ce rejet:

(…) la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées. (Jean 3:19-20)

Ce qui précède ne devrait toutefois pas nous décourager d’engager une discussion avec les non-croyants que nous rencontrons ni de faire appel à leur raison.  Car si notre acuité intellectuelle ne peut suffire en elle-même à les raisonner, nous savons néanmoins que Dieu peut agir en eux comme il a agi en nous et que c’est par la prédication de l’Évangile que Dieu a décidé de se révéler aux hommes (1 Corinthiens 1.21). Toutefois, en comprenant la condition morale dans laquelle les non-convertis se trouvent, en sachant qu’ils sont fondamentalement ennemis de Dieu comme nous l’avons jadis été, nous éviterons bien des pièges et pourrons orienter la discussion dans la bonne direction.  Et surtout, nous nous tournerons vers Dieu dans la prière pour qu’il transforme les coeurs. Nous ne nous reposerons pas sur nos propres forces mais sur la grâce de Dieu.

La série que je débute aujourd’hui fait suite à une discussion à la quelle j’ai participé sur Internet. Tout a débuté lorsque mon épouse a partagé sur sa page Facebook un clip vidéo faisant la promotion d’un documentaire exposant l’incohérence de l’athéisme, intitulé « The atheist delusion« .  Un de ses contacts Facebook a réagi promptement.  Pour le besoin de cette série, nous lui donnerons le nom fictif de Jack. Étant lui-même un athée fervent, Jack a exprimé son profond désaccord avec les prémisses de ce documentaire et s’est lancé dans un long débat avec mon épouse pour tenter de lui démontrer que sa foi n’était pas plus rationnelle que de croire aux licornes. Au bout de quelques jours, plutôt lasse et dépassée par les proportions que prenait ce débat, elle m’a invité à me joindre à la discussion, ce que j’ai fait.

La présente série sera une analyse de cette discussion que j’ai eu avec Jack. La raison pour laquelle j’ai décidé de transformer ce débat en une série d’article est double:

  1. Je désire analyser le plus objectivement possible mon approche,  tant d’un point de vue biblique que philosophique. Je veux noter mes forces et mes faiblesses et déterminer au final qui a « gagné » le débat.
  2. Je désire aider les chrétiens qui ont à discuter avec des athées, en leur apportant des connaissances dans le domaine de l’apologétique chrétienne, du présuppositionalisme, de la logique et de l’argumentation. Pour certains, il s’agira d’une initiation alors je tenterai d’être le plus clair possible.

Il fut un temps où l’athéisme pur et dur était un phénomène extrêmement marginal. Aujourd’hui, l’athéisme a le vent dans les voiles et est propagé avec zèle sur la place publique. Il est organisé, agressif et militant. Il a ses héros (Richard Dawkins, Sam Harris, Christopher Hitchens, Stephen Hawkins, etc.) et démontre une allégeance impressionnante envers sa vision purement matérielle de l’existence. Bien qu’une telle vision comporte d’énormes failles logiques et n’offre aucun fondement moral pour une société saine et épanouie, l’athéisme continue pourtant de trouver des adeptes et de gagner en influence. Il contribue à la remise en question de nos valeurs, de nos moeurs, de notre législation. En tant que chrétiens, nous devons donc prendre le temps de réfléchir à ce mouvement et à son discours.  Nous devons être préparés à défendre notre foi face à cette vague déferlante. Mais nous devons aussi éviter de céder au défaitisme ou à la panique. Car cet athéisme n’est pas nouveau. Il existe depuis le début de l’humanité. Et même s’il se recycle constamment sous différentes formes, il demeure toujours fondamentalement le même et apporte toujours les mêmes arguments erronés. En nous appuyant sur la simple logique et sur la Parole de Dieu, nous pouvons donc faire face à ses objections avec une pleine assurance.

J’espère que cette longue série aidera mes frères dans la foi à mieux comprendre l’athéisme, à réfléchir à ses présuppositions et à ses implications logiques, à être mieux outillés pour discuter eux-mêmes avec leurs proches athées.  Cette série aura un accent fortement intellectuel mais il est essentiel de toujours garder à l’esprit la réalité spirituelle sous-jacente. Un débat avec un athée ne doit en aucun temps être réduit à une simple joute intellectuelle. Il s’agit d’une interaction avec une âme éternelle. La décision de croire ou de ne pas croire aura donc pour cette personne des conséquences éternelles. Son choix la conduira ou bien au Ciel ou en Enfer. Évidemment, tout ne repose pas nécessairement sur une seule discussion. Et comme nous l’avons dit plus haut, la conversion est ultimement le fruit d’une oeuvre surnaturelle de Dieu. Mais nous ne voulons certainement pas être pour cet athée une occasion de chute.  Nous ne voulons pas causer le scandale en agissant ou en parlant de façon emportée, arrogante ou insensée. Nous voulons être un instrument de Dieu pour apporter cette personne à Jésus-Christ. Nous voulons témoigner de la rigueur intellectuelle mais aussi de l’amour et de la compassion.  Si nous n’approchons pas nos détracteurs avec ces dispositions, il vaut mieux pour nous – et pour eux – de ne pas parler.

Le passage suivant, qui doit être compris d’abord dans le contexte de nos liens avec nos frères et soeurs dans la foi, s’applique aussi parfaitement à nos liens avec les athées:

Repousse les discussions folles et inutiles, sachant qu’elles font naître des querelles. Or, il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des querelles; il doit, au contraire, avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner, doué de patience; il doit redresser avec douceur les adversaires, dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité, et que, revenus à leur bon sens, ils se dégageront des pièges du diable, qui s’est emparé d’eux pour les soumettre à sa volonté. (2 Timothée 2:23-26)

 

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